DIS LOCALITÉS
e l'atmosphère maritime est généralement sain ; néani. sur une limite qui se confond plus ou moins avec la ligne w du liiioral , elle entre en conflit avec l'atmosphère contilaMonl lu température est moins constante, moins uniforme, e la. a punie, la fréquence et la soudaineté des variations theritétriques et hygrométriques qui sont le fléau des ports de mer ; ) la encore les vapeurs qui s'arrêtent et s'accumulent le long des , sous forme de brouillards qui rendent insalubre la navisur les cotes, la plus froide des deux atmosphères, maritime ^terrestre, condensant les vapeurs de l'autre. Le voisinage de la r ne devient une cause d'insalubrité que par des circonstances iculières : tels sont les amas d'algues , de débris de plantes et nimaux marins que les vagues rejettent , et dont la déeomposi- ». accélérée souvent par un soleil ardent, vicie accidentellement b des rivages ; ailleurs, la disposition naturelle des cotes, interespar des sinuosités profondes ou par les travaux de l'homme, itdans les bassins, les rades, les ports, etc., les eaux de la qui, manquant de reflux, deviennent stagnantes et infectes, s'est promené le soir sur le port de Marseille ou de "'ci a ressenti les etfets de cette corruption des eaux maritimes "T*nl d'énionctoire à toute une population, cloaque immense """on n'a appliqué jusqu'à présent que des moyens insuffisants La configuration des côtes influe principalement sur abrité ; les roches abruptes de l'Ecosse , battues par des et /* fr"'''s l*1 humides; les rivages de Naples, où l'on passe d'une t(.' e"r 'l'Afrique à des vents brusques et froids ; la côte de laNou- 1^ r'éaus avec ses alterrissements marécageux, u" jp, ,asme léthal de la lièvre jaune; Dieppe avec fc-LÎ
doit
5ûl
ian-
' Boulogne, dont le sable lisse et moelleux invite les pieds du
'"^ur, sont des localités aussi différentes que plaine et mon-
l-'appréciation hygiénique des contrées voisines de la mer
a«j|t ,i -»i«('n.« -™ -jo 1 — — — — —
^ . '°n«; porter sur un ensemble de circonstances qui sont propres c,*ne d'elles, et enfontautantd'individualitéslopographiques.
leur
^•"Oximilé des fleuves a ses avantages et ses inconvénie
*lttiosphère est humide , et devient par là meilleure conduc-
^ l*es émanations nuisibles; ils désolent les contrées riveraines,
** Par )eurs incursions, qui laissent après elles un dépôt fangeux,
*°xt V»r l'abaissement annuel de leurs eaux, qui dénude leur bord,
«>Wfti)i une partie de leur lit , et livre ainsi aux réactions de l'air
vt des rayons solaires des loyers d'infection multiples. Dans les
542 BTG1È5E PtITtl.
climats chauds, il n'en faut pas plus pour engendrer des endémie! meurtrières : mais dans nos zones tempérées cette influence parait peu active, d'après les recherches de M. Yillermé, qui n'a point observé de différence de mortalité entre les quartiers voisins de 11 rivière et ceux qui en sont éloignés M) . La proximité de cours d'eau et la configuration des terrains favorisent , aux époques des crues annuelles, les inondations qui changent le caractère des localités; c'est a cette cause que sont dues les ûèvres endémiques des bord* du Nil, du <>ange, du Mississipi, du Sénégal, de la Gambie, du Niger, etc. Les côtes des terres équatoriales sont bordées d'eue bande d'épais mangliers et de palétuviers, alternativement notM par la mer et les torrents et dénudée par le retrait des eaux ; de II l'atmosphère miasmatique qui ceint les Antilles, les rivages de Madagascar, etc. Le morhiis hungaricut sévit dans les contrées basses de la Hongrie, fréquemment submergées par les eaux delà Daveet du Danube '2). MM. F. Jacquot, Rodde et Froussart ont fait ressortir le rôle des inondations dans la production des fièvres de quelques localités d'Afrique -3;.
La salubrité des localités peut être compromise par le voisinage des établissements que l'industrie crée aujourd'hui sur de grandes échelles : les fabrications dont ils sont le siège modifient l'atmosphère, dans un rayon plus ou moins étendu t par le mélange de poussières, de vapeurs, de gaz, d'exhalaisons animales ou végétales; elles n'épargnent pas le sol . qui se laisse pénétrer par les eaux de fabriques. D'après les investigations de MM. Lombard , Benoislon, Johnson, Knight, les poussières minérales ont une action d'autant plus dangereuse qu'elles ont acquis un plus grand degré de division et de ténuité: plus grossières, comme celle du plâtre, elles paraissent moins nuisibles que ne l'ont pensé Ramazzini, Leblanc, Pâtissier et d'autres. On a remarqué que les individus qui vivent ao milieu des poussières de nature organique sont plus exposés aox maladies de poitrine : tels sont les ouvriers qui battent le coton (Lombard, Johnson), les plumassiers, chez l'un desquels M. Patrir aurait trouvé des plumes dans les bronches (Pâtissier), etc. Les vapeurs métalliques, arsenicales, mercurielles, etc., ne tardent pas à se condenser à la température de l'air extérieur, ce qui les rend peu
(t) Annales d'hygitne et de médecine légale, t. III, p. 294.
(2) Monro, t. II, p. S89.
(8) toherchm nrlm causes de* fièvres à quinquina, tic. Parte, 1848.
CIRCUMrUSA. — DIS LOCALITÉS. SU
redoutables pour les localités où elles se dégagent ; certains oxydes, certains sels en poudre, comme ceux de zinc , de plomb, etc., en raison de leur pesanteur, ne peuvent être entraînés au loin que par les vents. Les émanations putrides, qu'elles proviennent des substances animales ou végétales, ne sauraient avoir l'inuocuité qu'on a cherché à leur attribuer en ces derniers temps; cette question sera discutée en son lieu ; bornons-nous pour le moment à signaler comme autant de foyers d'insalubrité directe ou secondaire, les lieux où s'accumulent les vidanges, les voiries, les buanderies, les fabriques de sel ammoniac et de noir animal, celles où se dégage de l'acide sulfureux , et surtout de l'huile pyrogénée. Le moindre inconvénient de ces établissements est de répandre au loin des odeurs infectes qui révoltent les personnes impressionnables, et vicient la pureté de l'air. Les eaux qui s'écoulent do certaines fabriques entraînent dans leurs cours des matières délétères ; on reproche à celles des féculeries , d'infecter les étangs , de faire mourir le poisson, de faire naître parmi les riverains des maladies analogues à celles qui résultent de l'impaludation. En pénétrant dans le sol, les eau de fabriques peuvent fuser à travers des couches crayeuses ou ablonneuses, atteindre des nappes d'eau à des profondeurs plus ou moins considérables, altérer d'une manière plus ou moins grave les eaux des puits. Un équarrisseur de Montfaucon ayant conduit dans m grand puits les eaux de sa voirie , l'infection se communiqua sot puisards des habitations voisines; à Bicétre, les vidanges coulèrent jusqu'à un village assez éloigné, etc. De quelque manière qu'on envisage le mode d'influence des substances gazeuses, pulvérulentes on liquides qui s'échappent des usines, fabriques, voiries, etc., quoique l'enquête scientifique ait produit des faits contradictoires, el oppose à d'anciennes appréhensions l'autorité d'obserrateurs ëminents, il restera toujours acquis à l'hygiène : 1° que ces différents genres de modificateurs n'ajoutent rien à la salubrité des lieux où ils sont en action ; 2* qu'ils sont, en général, de nature à nuire à la santé ou au moins au bien-être des habitants ; 3° que plusieurs d'entre eux entratnent des inconvénients et même des dangers manifestes. Ces conclusions, que nous énonçons par anticipation, trouveront leurs preuves dans l'étude des professiona
Les qualités de l'atmosphère propre à chaque localité dépendent des circonstances que nous venons de passer en revue : ainsi, une vaste surface de marais, la multiplicité des grandes fabriques, l'en tassement des populations, versent dans le milieu local des prin-
5A& HTGIÈNl PRIVER.
cipes étrangers: on trouve dans l'air de Paris du sulfliydrate d'ammoniaque ; dans celui de Londres, de l'acide sulfureux ; l'acide chlorhydrique sedégage abondamment à Marseille, près des grandes fabriques de soude artificielle; dans le voisinage des mines de mercure en voie d'exploitation, on saisit dans l'air des traces de vapeur mercurielle, etc. L'eudiomètre sert à déterminer la proportion d'oxygène que contient l'air; pour la constater, le médecin peut recourir encore à d'autres méthodes plus commodes et suffisamment approximatives; mais la stabilité des proportions d'oxygène et d'azote qui constituent le mélange atmosphérique de toutes les localités le dispense généralement de cette vérification. L'appareil suivant peut servir à la détermination de l'acide carbonique et de plusieurs substances qui n'entrent point dans la composition normale de l'air ; on établit un écoulement d'air constant au moyen d'un gazomètre ou simplement de deux tonneaux, dont le premier, rempli d'eau, ne communique avec l'atmosphère qu'à l'aide d'uo tube ouvert par les deux bouts et pénétrant à frottement jusqu'à quelques pouces du fond ; un tube à robinet, disposé au niveau de son fond, sert à conduire l'eau qu'il contient dans le second tonneau plein d'air. L'eau du premier tonneau, à mesure qu'elle coule dam le second, en expulse des quantités d'air égales dans des temps égaux ; cet air passe par un tube de communication dans un ou plusieurs appareils destinés à différentes espèces d'analyse. Pour déterminer la quantité d'acide carbonique, l'appareil doit consister dans un tube plein de chlorure de calcium, un tube à trois boules à moitié pleines dune solution de potasse, et un second tube de chlorure de calcium; l'air du tonneau, passant bulle à bulle dans l'appareil, cède son humidité au chlorure de calcium du premier tube, son acide carbonique, à la solution potassiquedes trois boules, et laisse dans le second tube à chlorure l'humidité enlevée à cette même solution ; l'excédant de poids acquis par le tube à boules et parle second tube à chlorure calcique, représentera rigoureusement le poids de l'acide carbonique dont l'air aura été privé. S'agit-il de vérifier dans l'atmosphère des traces d'hydrogène sulfuré, l'air du gazomètre sera dirigé à travers une solution d'acétate de plomb très légèrement acide; la couleur bruneet le poids de sulfure obtenu feront connaître la présence et la proportion de l'hydrogène sulfuré dans l'air. Pour la recherche des traces d'acide chlorhydrique, on mettra dans les flacons une solution acide de nitrate d'argent, et l'on dosera \o chlorure au moyen du chlorure d'argent produit.
CIRCUMFUSA. — DBS LOCALITÉS. 545
L'existence de l'acide sulfureux dans l'air esl constatée par une solution de chlore saturée qui fait passer ce gaz à l'état d'acide sulfurique, qu'il est facile de doser, en formant un sulfate de baryte. Les matières organiques qui se volatilisent dans l'air n'échappent point à l'analyse. Après avoir lavé l'air dans un premier flacon, où Use dépouille des corps en suspension, on le dessèchedans un tube à chlorure calcique; puis on le fait circuler lentement par un tube rempli d'amiante humecté d'acide sulfurique concentré, qui se colore promptement par la carbonisation des particules de matière animale ou végétale. Plus cet effet de coloration sera rapide et prononcé, plus l'air aura contenu de matière organique volatilisée. Les substances organiques ou autres, qui sont solubles dans l'eau, peuvent se trouver en suspension dans l'air, en proportions minimes; il suffit alors de faire passer cet air à travers une suite de vases d'une température très basse : la vapeur d'eau contenue dans l'air, et qui sert de véhicule aux principes étrangers, se condense sous forme de rosée ou de neige artificielle, et le liquide qu'on en obtiendra fournira des réactions caractéristiques; en l'absence de moyens d'analyse chimique, on peut tirer de sa facilité à se putréfier des inductions touchant la salubrité d'un local. Cette expérience de laboratoire, la nature l'accomplit elle-même, en précipitant le soir avec la rosée les miasmes des marais. Dans le voisinage des fabriques de soude artificielle, les gouttes de rosée dissolvent l'acide chlorhydrique en quantité telle, qu'elles corrodent la végétation par le seul effet de leur contact.
La transparence du ciel varie nécessairement suivant l'exposition, la hauteur, la proximité de la mer, des montagnes, des forêts, etc. Or cette circonstance intervient activement dans le climat des localités : elle détermine, surtout dans les pays chauds, des contrastes de température diurne et nocturne ; des plateaux très élevés, et, sous un ciel presque toujours serein, accumulent pendant le jour le calorique solaire, et l'émettent rapidement pendant la nuit. Le magnifique plateau de Caxamarca au Pérou, dont Htimboldt évalue &1&69 toises l'élévation au-dessus du niveau de la mer, jouit d'une température moyenne de 18 degrés centigrades, et néanmoins le froment y gèle souvent de nuit.
En somme, l'influence prépondérante dans la détermination des localités est la même que pour les climats, la température; et celle ci dépend de causes générales et de causes particulières: 3#toiT. — i. 35
\h% nvi;iÈ*E PRivtl.
i 1-* . \ t.llif mie .
neYalc* S A,t,lode-
' Position relative des continents et des mer>.
Degré d'humidiiê.
l*Atm<Msphe>-| Variations barométriques, vents.
' rique». . . j Pureté de l'air.
\ Tranquillité ou agitation de l'air, etc.
Inégalités des terraios.
Dira lion des chaînes de montagnes.
Forme et masse des terres.
II. Causes . *• i>m*irM< l cur prolongement \m les pôles, particulières. c rmwci \ Eut de la surface du sol.
f Quantité de neige qui le couvre en hiver. Nudité du Sol ou végéta lion.
Kflets de la culture, furets, etc.
. Configuration des cotes à Test ou à l'ouest descoèV- \ nents.
3U Maritimes Présence plus ou moins prolongée des glaces ps- ! laires.
Courants marins chauds on froids, etc.
Les loca lires exercent sur l'homme une influence physiologique è\ une influence pathologique. La première se révèle dans les différences d'organisation et de fonctionnalité, si souvent signalées, depuis II ippoc rate, entre les habitants des vallées et ceux des montagne*, entre les riverains des murai* et les cultivateurs des plaines Tertih's et bien exposées, etc. ; la seconde s'exprime, soit par h forme que revêtent les mêmes maladies dans différents lieux, soit par l'existence des endémies, c'e>l a-dire des maladies qui, propres à certains pays, dé|>endent de causes souvent incouii':es, mais ordinairement locale- i-t pf rmanentes. Dan* les contrées humides et froides, la l'orme catarrhaic domine; dans les lieux élevés, secs, activement ventilés c'est la Tonne inflammatoire. Tout praticien doit se rappeler le mot île Ba<*livi : Si-rib» farr in nrr* rvmnno [Praxis mrtiiar. Quant aux endémies. »'les sont le produit de causes qui a^isH'iit ârtTl t ines épines il»* î\iiiiire. comme les foyers de matières animah-s soumi< a un certain de-r de chaleur et d'humidité, ou b1 résultai «! influences b •cales. d^nl lactiou est constante et certaine qunitpie ignorée dans son essence II sera question ailleurs des endémie* //y//^»' iiuAHijit* dont l'éiiologie et le traitement relèvent entièrement «le l 'hy^ene. mais remarquons tout de suiu1 qu'en les rattachant aux loc.t Mes. nous sonnies loin d'imputer b-nr !f entrât »on à liriflu. nce exclusive de t--î ou tel modilicateur l-y^iéniqne: c'e^t ici que o'a^iaud.t la >i unification du terme ioen- ;.■"••• II désigne non plu* seulement I mr. les taux et le sol, mais encore les aliments et les boissons qui composent le régime des dilfe-
CIRCUMFUSA. — DES LOCALITÉS. 547
rents groupes de populations, et jusqu'aux coutumes et aux mœurs qui les distinguent. Nous retrouvons ici l'entrecroisement de causes et d'effets qui complique un si grand nombre de problèmes de notre science. Toutefois le sol, l'eau et l'atmosphère dominent toujours les autres séries d'influences, et les expliquent en grande partie; ils déterminent les qualités des productions, et, par conséquent, le régime alimentaire: le régime réagit, qui le nierait? sur les manifestations de l'intellect et sur le mode d'existence sociale. En hygiène comme en médecine pratique, la vérité gil souvent dans la connaissance d'un ensemble de causes dont les résultats convergent : le crétiiiisrne et le goitre affligent le Valais, la haute et la basse Haurienne ; on les trouve dans, la Carintliic, la Tartarie chinoise, à Java. à Sumatra, à Mexico, etc. Quelle est donc l'origine de cette forme si répandue de la dégradation humaine ? Les influences atmosphériques, dit l'un; nourriture insuffisante et malsaine, dit l'autre; celui-ci accuse la désoxygénation de l'eau, celui-là la nature des terrains; H. Grange dénonce la magnésie contenue dans les eaux, et promet la guérison moyennant l'usage prolongé, pendant une innée, du sel ioduré à ta dose maximum de 5/10000° (1). Réunissez plusieurs de ces causes, toutes peut être; car l'endémie des Yillées subalpines est l'expression pathologique de la localité prise ilàns sa signification la plus larue, avec l'inévitable concours de ia itcé et de l'hérédité.