‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 76 sur 111 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

DBS CLIMATS.

Le mot Climat (xiif*5, région , xXc'uaf, degré) désignait autrefois A désigne encore clans le langage de quelques hygiénistes (2), une bande de terre comprise entre deux cercles parallèles à l'équateur. Lêfc anciens géographes avaient partagé l'espace de l'équateur au pAle en trente climats , dits astronomiques ou mathématiques, dont ringt- quatre entre l'équateur et le cercle polaire, et six de ce cercle lit pôle ; ils les avaient calculés d'après la longueur des jours com-

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXIX, p. 695, séance du 10 décembre 1849.

(fc) traité d'hygiène, par Tourielle, avec notei de M. Bricheleau, 1838, î. f 88 ; Guérira*, Dictionnaire de médecine en J0 vol., 2* édit., t. VIII, p. 1 1 7.

Vil* uv.ie.ne Pinif

parée a celb- ries nuits . au solstice il'étê : «le la le nom de rUm** tU dïmi-htiir? florin'; aux c imats renfermés entre l'équateur et I** cercle polaire, parce qu'au solstice d'été le jour se prolonge , pour chacun d'eux , d'une demi-heure de plus : et le nom de climat* d* moi*, imposé aux climats situés entre le cercle polaire et le pâle. et dans clianin dfsqu»!s le jour augmente d'un mois. Les géogn plies modernes partaient l'intervalle de l'équateur an prVeen 00 degré*, ce qui représente le quart de la circonférence du cercle. La division moderne, en multipliant les parallèles, augmente aussi. pour ceux qui l'ont appliquée à l'hygiène, le nombre des climat*. M:ii« les influences dont l'ensemble caractérise un climat ne se distribuent point entre les diverses régions du globe avec autant de régularité, et ne «e prêtent point à une classification mathématique. Les phénomi'iif « météorologiques ni les conditions du sol ne sont pas identiques dans toutes 1rs contrées placées >ur le même parallèle; en ne consultant que la latitude , on s'expose à eml rasser dans un même système de climats des régions qui différent complètement par leurs éléments et par l'action qu'elles exercent sur les êtres organisés. Or le mot climat emporte l'idée d'uniformité, ou au moin* de similitude de conditions ; dans son acception la plus naturelle, il désigne une étendue plus ou moins vaste du globe qui offre sur tous ses points les mêmes conditions d'existence à l'homme. Il s'ensuit qu'il est impossible de déterminer les climats par des lignes purement géographiques .

Humboltlt a substitué , a la considération pour ainsi dire brute des parallèles, un tracé de lignes qui circonscrivent les contrées auxquelles est départit*, par «aisons et par année, une égale quantité de chnlcur. Si la distribution du calorique solaire ne rencontrait aucune cause perturbatrice à la surface du globe, ni dans l'atmosphère qui l'enveloppe, les lignes d'égale température moyenne par année (isothermes), par été .'isothèros), et par hiver (isochimène>\ se confondraient avec les latitudes géographiques, c'est-à-dire que de l'équateur aux pôles on observerait un décroissement régulier rf graduel de la chaleur; mais en raison d'un grand nombre de circonstances que nous avons mentionnées en parlant des eaux et du sol, le* courbes isothermes subissent des inflexions plus ou moin? considérables, et ne conservent leur parallélisme que dans la proximité de la zone torride. Pour déterminer leur direction, Humboldi a été conduit à analyser toutes les causes atmosphériques, géologiques, naturelles et accidentelles qui influent sur l'état thermique

atcrarosA. — dis climats. 549

Heqx ; tes recherches eu ont suscité d'autres , et l'on connaît rhoi numériquement les véritables rapports de la répartition chaleur à la surface du globe v rapports exprimés sur la par les inflexions des lignes isothermes ; par là des résuld'uii grand intérêt ont été mis au jour. La marche des lignes à travers les deux continents montre que les climats de îpe jouissent d'une température moyenne plus forte que ceux l*Atie centrale et de l'Amérique ; que l'hémisphère boréal reçoit de chaleur que l'hémisphère austral : la différence se raanidès le vingtième parallèle, et va croissant jusqu'à proximité île polaire ; entre zéro et 60 degrés de latitude, elle n'est pas Ire de 9 degrés centigrades. Dans le môme hémisphère , et la même latitude» la chaleur annuelle diminue rapidement de k l'est, dans l'intérieur des terres, tandis qu'elle suit une lion inverse de l'est à l'ouest vers les côtes. Il existe donc, les deux continents et dans le môme hémisphère, entre les ils dé l'est et ceux de l'ouest , une opposition qui résulte de contraire des masses continentales, et des masses liquides 'diaphanes. Cette opposition se prononce encore davantage daus "'partage de la chaleur entre les saisons : ainsi, à latitude égale, [ue a des étés plus ardents , des hivers plus rigoureux, des intermédiaires plus variables, que l'Asie et l'Europe ; môme itraate pour chaque continent, entre les régions de l'est et celles de l'ouest. Les lignes isochiroènes, prolongées de l'est à l'ouest, en et en Asie, peuvent traverser les pays dont la latitude difmVtf de 9 à 10 degrés de latitude , et plus ; les lignes isothères rap- ^JÉrochent des contrées que séparent 11 degrés de latitude, etc.

Le système des isothermes conduit à distinguer sept espèces de ' cfimats :

t.GNnatbrftliiitdaiislaioDetorridede 2T,5 à 25* de tempérât, moyenne.

^ a, — chaud dans la xone de 25 i 20 — —

-|L — doux id 20 à 15 — —

~4. — tempéré id 15 à 10 — —

• S. — froid id 10 à 5 — —

a» — trètfroid id . 5 à 0 — —

T. — glacé fcf au-dessouf de léro.

Chacun de ces climats, ou bandes isothermes, peut se subdiviser en climats constants, climats variables et climats excessifs ; les preoffrent dans le cours de l'année peu de différence entre les

5j0 HY'.!E>E privée.

ma xi ma et 1rs min m* • 1-r- chaleur iï dr froid ; ces différences se prononcent dans les clirn.its v. mbl-s et devieniï^riteices.sivesddijsie$ climats «le ce nom \\»ici dr* exemples de celte gradation clniatoionique :

7»-r:^-i- T- ït : r.!.

l*n-f-»'» . m.» r»-t b< int»c N-m» ■»«■;.-• b n«:u » . n» ■:* ir

Climat coosiaiii Funthil . . . -,'.1 3 2i.î !7.3 T.u

^Siinl-M*!o 12.3 19.4 VI !*.«

Gimal* îariabif*... Pari» !<■.$ !>.'• 2.3 16.3

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a.miufic^...(P^ |2| s>| 4I srs

11 est r\.ii»"-iil «pi* l.t cliiii.Uvi.i»ji" a—j ..-rt u:;e <.vri -ne jr-eiS"» •.•iï >"iij.»pu\a;.t sur li ■ ■ -lis .:'**.:■ *e «!» * ï:; *>**^ t> -le terhj» r.rture .ju'uffiviit t-'j^ les ;i»-iix du j!oU- ani:u»'.!e:ii- :;t. • :. •-.- -1 *.-n liSer; nous ai c.'rtli.uis encore »j j»* 1 1 v. r: ■!:<.•■■ :• > iriiiî^T-iiu: -.s <iu\ ji-vi « iituniiiK' t->! exiiMS»" diins 1rs ïirty:'-:!!-* p*rt c> I ; « .«Le *>i U piu* puiss-tn'.*- d— »■ fiius— i|u: tr-r.deit t d.v» rs fuz ie> «: :niils: Hj-ai* c-'uvei ti'- <• résument j t* »uf. "»-!Viiît-ii: i.t: s !.i t'i-mv>'.\»p «■; IIumlNi.lt lui-mrnie le r*.'*: ■:.!..*: t. i ir ,'. •-ii;»-nd p.i! l .n.a: toutes le? m ■ ':!ii i!:'«!»s d*- i";ttni">[-ii^f •!"■ t i.n* rr1- * *■-•■.; .iff^-t-^ d me m.n.i» !•• *f :.*.b.-. le!li-s ;ii- ! t '.r-n-pt-r .:v-. "u im 1.:*. » \.»r.tioris de .t pinson b<r.-:n ■'.!■. |'i- . i., t- ■»:.}!;: ■■> • :•■ 1 *•.-.. i.q irf effvts tir* îi> irT'»r.\m»-* . <t iï. r.:»- -u t ; ;.i?.!".ï ■ v îe:v.«- r»rctri'i'i- . Ki j.iit-i»- de ; air n:i *♦** iifiad.'-s ..vo <i < «^râ. i?. iU.-xis £tit-u<*r* j' '!> mi iii'i n> !!•» tf.ttr»-* . *iiti\ r ■ ii-«i-- de d.ap..i:rte hah ÎU-IV. fil> Tirii-:- d : • >■) - ;:: j. •; . ;.; [..il ', r t] j-i.ci» ij'i t-.itf t.\r-ri"«' r^-î'-M-ijî-iiit-ii! *i.;r •»- r «)•»!. i.ttijvmî i . *■. . >i: :e ii--\e •■*'- |iell!»'fr d- < li*>-> .■rj.i!::-; «^ !i:>!»< \- „• ".v;\. »t "i it: i!;ir t: ••!) d«-s !• i * . iii.iî» an*>i *ii' i riiS'.iiii' • •!»* .n.;»ït>> i:> «ju.. «1 i.j* !->

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R-'iii.t i|':»'Z«|«ie l ivitli-rtï;:».-. «■ ; .'-«.» = .[«• d' ïrnij» -.turr îi.-\-i :>: •fstivalf. tn\»*ii-.ale rt amrj il»1, i.r* •••■liN-r i-»ii.l iu\ r^ • i s du

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HR*!!!»"» »^|»t",r-< .nniiKt!» ^ : u * tem^'iat^re^ • Ntr^nir * e\» uern "*-.HiS ce rapjn>rt unr uiliiifii ■ »- .1» ■■ i>i\e : .^i:»- .^>-s dc^r--* iï*«-riï*-»n.-t.-:quf? île p u> «ni •!«• ïn.'i:.* r. i.i n.ùnr • ^ îni:ts «•i.i «»■ » ti*. r> ,, i|fr>. Reniai juon^. m nu'.ir. »j:>- i .ipp.it ji;--ii •ir- ia -i ";:r ne ir> 4 ^n-s is*)tlifiii-f* tuv i!e> sy^terhe-s dt- c .rti^îs >i'iei.i"li-|ï:e* ? «mi re.s. car ils ne pn?M?iit»Mât paî un» surfac» cmiiin'ie ■ de< r-'gi-.-u* fc^r^ par

CIBCUMFU$jy. — DES CLIMATS. 551,

d|e* distances énormes font partie d'un môme groupe isothermique % Içur liaison, non fondée en géographie , ne résulte que d'une 0j£ration de l'esprit, qui a le privilège d'effacer le$ intervalles et d^ circuler d'un hémisphère à l'autre pour recueillir les matériau^ çîç 9a synthèse ; mais, en hygiène, les cl.ir9.ats ne peuvent être eu visage idéalement, et l'unité de lieux ne peut être romojoe ; pour 11914$, 'e* deux conditions essentielles du climat sont, dune part* la çonti,-. fuitç du sol; d'autre part, une influence approximatlyeniej^ \$ fyépiç. $ur ççux qui l'habitent ; il ne n présente à la pens.ee qu'i^nç agrégation de localités analogues quai M, aux modifications physiologiques, et pathologiques quelles impriment à l'homme, ^.a ques- \j()H des climats se résout donc dans ce lk d»ls localités, comme l£ problème de la constitution, individuelle. s§ décompose, en un$.§gi;ie: çéJLudes qui ont pour objet le tempénunçnt, l'idiosyncra^ia, îhéç^-. djtft etc. C'est pourquoi no.us pensons , contrairement à M,. Ç.qfc Ç)cd (1), que l'exploration des localités doit précéder ççll/ç» d^a cil/pais, qui généralisent et superposent les. éléments si variés, d^ Igpoftrapljies.

^çlimpt étant aux Localités ce que le genre esta l'çsgèçe., LL api^e nécessairement qu'il encad/'e dans sa circonscription djç^ çjiippU. cartels qui diffèrent par leurs phénomènes : ainsi, l'île ^'Qyiïlï, quoique située sous le tropique austral, jouit d,'u.n£ tpnpératiire rpoyenne de 27 degrés centigrades.; dans les. *one^ tmpérée^ qp trouvent des localités qui, par leur météorologie, se. faççjrocl^nt, celles-ci des régions polaires, celles-là. des contrée^ aaploriajes ; mais un fait général justifie le partage de chaque lié—. miaptyèreen de4 larges zones qui résultent de l'agrégation desjoca-. In&: c'est que les circonstances qui modifient les effets de l'irra- (fia^on, polaire, 51 nombreuses qu'elles soient, n'agissent en définitive qpig.fiaps une. mesure restreinte ; çlles engendrent les dissemblance^ lpçale^;. elles. individualisent le sol dans de médiocres étendues; çlle* allèrent l'égalité de la progression décroissante de l'influence iblaire di^'équateur au pôle ; mais de 10 en 10 degrés de latitude, çn observe. qu4 Içs températures annuelles, hivernales et estivales •'élèvent en allant vers la ligne, et s'abaissent en rétrogradant \ers li^ pâles. II résulte de celte loi qu'en se plaçant nu centre de vastes. ippéa, et çn négligeant Ips. divergences qui naissent des localités, on voU les influences cosmiques et atmosphériques réaliser, sur de

grandes échelles, un même type de végétation et d animalité, les mêmes conditions de santé et de maladie pour l'homme ; sous la ligne, près du pôle, elles atteignent leur maximum d'opposition ; à distance égale du pôle et de la ligne , elles se balancent , elles se neutralisent; dans les intervalles qui séparent ces points culminants de l'action climatérique , mélange, croisement, lutte, progression ou décroissance de causes et d'effets, [.a distinction des climats chauds , froids et tempérés , est donc un fait d'observation f mais soumis à la double restriction des nuances intermédiaires de climat et des singularités topographiques.

La série des climats chauds, tempérés et froids, que l'on parcourt de l'équateur au ptMe. se répète suivant la hauteur, qui agit comme la latitude sur l'état du sol et de- eaux, sur les qualités de l'air, sur la végétation, etc. Au pied des montagnes, on trouve la flore qui convspond au climat de la région: à mesure qu'on s'élève, les végétaux de la plaine font place a ceux qui caiactérisent des climats plus froids ; ainsi, s'élever dans l'atmosphère ou marcher vers le pôle, c'est traverser successivement des zones de plus en plus boréales qui ont une fixité r» marquable pour les productions du sol. M Ch. Martins a constate <1ue- même -ur le versant méridional des Alpes, les rhododendrons, végétation intermédiaire entre le$sapin> et les plantes alpines, ne se remontrent ni au dessous de 1517 mètres ni au-dessus de -1^9 Dans i es Alpes et les Pyrénées, le châtaignier dis*ar.tit a 7S0 mètres, le nover a 800. le hétrt à 1500. » epicea a l>00: s .r Ja pente mrr.d.-onaîe des Pyrénées, les sapins s'urrèttiit a 2570 mètres. Ors imvtes \ont s'abaissant vers le$iK'li*: .iin>i. tandis» que ie b.>u.&au b.ài.c c*.»e de croître sur le vtrsai.t Mkpteiiir:i>n.i. du lir.n:>e'.. a IvTj îiîei:..- Martins . le bouleau n.i. i. i e >c i\iuo;.::e ;*■': .> :. I. 'r.« • < .t a i. -i.it».. -. Je 5S3 raètrex D.iî s lc>A -/.es. le n;.ti* mù:.î v i\-ree :•«■ >7è et llo.» u.èîres. sur ie ii\ii> i.ord du M-. i t-R.-se. .". "*r î.'ia.sîc j- us a !3vo mètres: t; e :iK»'t:e a l.oo sur \ ^\e> >- :. I. Arvr " ;-e nwid.-.iiij'e a des motibous de t'romtni :î ;.i :»..:> -: r-. t*'*. ^ f-: £\.h-j me'.res JVWvaUïn. de x*.gV v\ A **$* t : :•■: 2 • - e: : v ."* t.: Num^p et Ctt Lapooe. les eu iuîys iip.rvi ; * ; .*.,:-:> .e-:..* lies *:e nieire» au~*W**u*duni\eju de U nn-r. M.-. - v e> : •;* tes >:* r:.:.ei.: d .n.to»l plw lai\ii\«* qu\vi >Y e»t p u> h*-", i*:» .es n>.^u^i^>. la le- (rtalwn $^numv ne srsutori r:.r .*> *-\ r.jcœ*c.< J t..i.> i VlUfeie* Sur * >omrfe>< ou F*-.:.'.-:t. v;. > • -*tk j&sî 3it-irt>. . jt ■* taMf*nutiiY afe*\t*ipe am jt.* .>. — - î: ^ct^nades. >^ u>

CIICUMFUSA. — DBS CLIMATS. 553

on climat plus froid que celui du cap Nord (71° de latitude), en butte à tous les vents, croissent près de 200 espèces de plantes dont 126 phanérogames qui fleurissent pendant l'été, un été de Spitzberg (Hartins et Bravais).

Les hautes montagnes, telles que l'Himalaya, le Chimboraço, le Liban présentent donc une série de climats différents, étages les ans sur les autres. On a calculé le rapport thermométrique de la superposition des climats à leur projection horizontale. 11 est admis généralement qu'une ascension de 100 mètres équivaut, pour l'effet thermométrique, au déplacement de 1 à 2 degrés vers les pôles. Sous la ligne, 1 degré de froid correspond à une élévation de 219 mètres. Bischof a calculé, d'après les observations de M. Bousringault, que dans les Andes équatoriales, un degré de refroidissement correspond à 195 mètres de hauteur (1). En Europe, le décroissement de la chaleur dans les montagnes est plus rapide le jour que la nuit, en été qu'en hiver; entre Genève et le Saint- Bernard, pour voir le thermomètre descendre d'un degré, il faut s'élever

mùtiei. mitres.

An printemps, de. . 179 I En automne, de... 210 En été 185 I En hiver 232

Un grand nombre de causes accidentelles troublent le décroissement régulier du calorique suivant la hauteur, tels sont le rayonnement de plateaux échauffés, la nature et la couleur des roches, la présence et l'étendue des forêts , l'humidité ou la sécheresse du sol, la proximité des glaciers, la prédominance des vents plus ou moins froids et secs, l'accumulation des nuages, etc. ; en un mot, les causes accidentelles qui contribuent à modifier les climats en projection horizontal*», agissent aussi sur les climats superposés, élèvent ou abaissent la limite des neiges; celle-ci n'est pas la même sur le versant méridional que sur le versant septentrional de l'Himalaya; par 14 et 16 degrés de latitude sud, les neiges perpétuelles ne se rencontrent qu'à ftOO mètres au-dessus du point qu'elles occupent sous l'équateur. Par 46 degrés de latitude, ou aborde à 3000 mètres d'élévation le climat de la Lapouie, et à 2500 mètres au-dessus de dos têtes pusse la courbe des neiges éternelles, cercle polaire du la climatologie verticale.

[I) Humboldt, Asie centrale, t. III. p. 223.

3ft

HYGIÈNE FtlVÉI.

Hauteur des principales montagnes du globe.

Eu 80 PB-

mètres. j£

Mont-Blanc 4810! Saint-Gothard 1

Mont-Rose 4 63«> j La Bièihede Roland '* \

Flasleranhorn (Suisse) 4 362 j Karpalhes (plusieurs cime*),.. I

Mont-Petvoux 4 200 Surul (Transylvanie) .' j

Jung-Frau 4 1 80 Monte- Rotoudo (Corse).

Scbreckborn 4 079.

Ortler (Tyrol) 3908

dimplon 3710

Mtfbt-Cenis 3600

ajalalpisen (Grenade) 3 555

ûraud-Saint -bYrnard 3 470

rtkpire du Saint Bernard 2 491

Malahile (Pyrénées) 3 404

ftJpnt-Prrdu 3851

Le Cylindre 3 322

ftna 3 315

Sa* b&len (Norwege).

Monte-Vcîlino (Apennins) Monl-PHate".': "..'..,

Le Fourmalet

Mont Atbos .«

Mon l- Dore

Mont des Géants (Bohème)....'

Pu y- de- Dôme

Pointe noire an Spîtzberg

Broken (Saie)

Hécla (Islande) ,

Asie.

Kunchfnginga iSîkim) 8 588

Çhawalagîri ( Montagne -Blanche 8 556

Jawahir 7 818

Elbrouz (Caucase) 5 009

Afrique.

Pic de la frontière de la Gbiaj%

et de la Russie

Ophyr (Sumatra)

Mont Liban

Petit Altaï

Pic de TVnériffe 1710

Montagne d'Anbotismène (Madagascar) 3 507

Piton des neiges ( Ile Bourbon ) •

Montagne de la Table »

AméRIQUB.

Le Sorato 7 696

Ulimani 7 315

Chimborazo 6 530

Volcan d'Antisana 5 833

Cotopaii 5753

Volcan d'Arequipa 5 600

I*opocatepec (Mexique) 5 400

Cerro de Potoû.

Maison du poste d'Ancoroarca.*

Sierra Nevada Mexique)

Ville de Potosi

Montagne d'Oiahiti

Volcan de Sol fa tara (GuaoN^ loupe ) •

Hauteur des plateaux dans les deux continents.

inèlres.

Le plateau de l'Auvergne a 339

— de la Bavière 50&

— de l'Espagne 68*

— de Mysore 897

— de Caracas 936

— de Popayau 1754

— de l'Abyssinie (lac Tzana) 1 859

— de l'Abyssinie australe 1919

— de l'Abyssinie axum 2159

— de Mexico 2276

— de Quito. 2£04

— du lac de Titicaca 4*<f3T

CWCmrÇSi. — DIS CLIMATS. %jt

I chacune des trois zones, clans chaque système de climat». Talion des météorologistes a établi deux divisions, fondées KHDbruet sur l'étendue des vicissitudes qui affectent l'atmos- ; l' Toutes les régions qui «voisinent des masses d'eau consi- P], comme celles qui se terminent par des cotes maritimes, iont baignées par de larges .rivières, jouissent d'un état atmps- N'fçlalivVrnent très uniforme, c'est-à dire qui varie peu d'un itulre, du matin au soir, de mois eu mois : ce sont les çl.i- ■qlsires, littoraux, maritimes. Ainsi, grâce au voisinage ijê ou trouve dans la zone équa tonale, dé zéro à 15 degrés ne iuue tempéra lure moyenne annuelle de 27 degr.es cenlïm l'on omet quelques localités exceptionnelles, telles que nary; 2* une autre catégorie de contrées se distingue, an re, par des mutations brusques, fréquentés, considérables es 'qualités physiques de leur atmosphère, de (elle sojjte contraste avec les régions maritimes ou insulaires, et par lg Jfçité, et par retendue de ses variations météorologiques, «second ordre de climats, que Humboldt iiidiuue, après Buf- 01 le nom de climat» continentaux, parce qu'ils se protonloi n des iiWs, dans l'intérieur des terras, les différences de nuire, d/ hygrométrie, d.' pression barométrique, etc. , sont fat entre le, soir et le matin', du jour au le/iïlemain, de mots b; les maxima et les minLma des qualités de l'ait y détermine longue éehelte de vicissitudes : aussi les a-t-on appelés dimats excessif*, l-a capacité de l'eau pour, la, chaleur, et la 'quantité de calorique qui devient libre par la précipitation Mors, et latent par leur retour a l'état aéri forme, voilà, les ife la différence toujours croissante entre la te rqné rature dé celle de l'hiver, à mesure que l'on, s'enfonce dans l'intérieur; itiiietits. Dans les climats marins, dans les lies, sur les cotes, 1 péninsules, les moyennes de l'hiver et de l'été diffèrent peu ; aiere de ces deux saisons est moins froide, la seconde moins ; tes hivers sont doux en Angleterre, parce que les vents du i communs en celle île, lui amènent l'air humide et chaud de Atlantique; les vapeurs qu'ils roulent dégagent du calori- •éprécipilHiit et s'dpposnnten même lemps;iu rayonnement Sur les côtes do Glenarm, en Irlande, par une latitude de

fie myrte' réussit en plein air comme en Portugal, et bien leurs.de l'été ne suffisent pas à la maturation du raisin, serve rarement les phénomènes de la gelée. Les cotes du

556 BTGIEÎIE PRIVÉE.

Devonshire ont des hivers si cléments que les orangers en espaliers y fleurissent quelquefois. La côte méridionale de l'Angleterre a une moyenne hivernale de 5* + c. à 68* + c, quoiquesa température annuelle moyenne ne s'élève guère au-dessus de il*. Ce n'est que par exception que le thermomètre descend en Angleterre au-dessous de 10 degrés : or ce degré est la moyenne hivernale que l'on trouve, sous des latitudes à peu près égales, à l'intérieur du contiuent. Dans l'Allemagne occidentale, lé voisinage de la mer réduit à 16 degrés centigrades la différence entre l'hiver et l'été, tandis qu'elle est de 20 degrés d;m> la partie orientale. A Dantzig même, on sent la faible influence de la proximité de la Baltique. L'hiver est relativement très doux sur la côte occidentale delà Norwége; les mares et les petits lacs des Iles de Feroê ne se couvrent pas de glaces, et, bien qu'elles soient situées par 62* de latitude, la moyenne de l'hiver y est + &*,3, et celle de l'été n'est pas supérieuce à 12" ou 13°. Le voisinage de la mer compense certaines différences de latitude dans la déterminatiou de la température moyenne, comme on le voit par le tableau ci-dessous:

Lieux. Température moyenne. Lalilude.

Paris 10,8 48,50'

Londres 10,4 51,31

Maeitricht 10,1 50,50

Harlem 10,0 52,23

Dublin 9,5 53,23

Manchester 8,7 53,29

Edimbourg 8,6 55,57

Franchissez la crête des Alpes Scandinaves, el vous éprouverai toutes les rigueurs de l'hiver. A latitude à peu près égale en Angleterre et en Russie, la température moyenne est très différente. Dans les régions éloignées de l'Atlantique comme la Russie, un ciel sans nuages active le rayonnement du sol en hiver et le refroidit, taudis qu'il y rend les étés plus chauds qu'en Angleterre. L'influence des continents, 1 eloigneinent des mers ne se bornent point à rendre les étés plus ardents, les hivers plus rigoureux. D'après un ensemble d'observations laites en Europe et en A&ie, la température moyenne annuelle s'abaisse à mesure que l'on s'enfonce dans l'intérieur des terres vers les régions de l'est. Humboldt impute cet effet à l'action réfrigérante des vents domiuanls. Voici quelques données qui font ressortir la marche de la diminution de température, depuis le lit* toral occidental de l'Europe jusqu'au delà du méridien de la mer Caspienne :

aftcimrusA. — dis climats. 557

Utils. Littitadt. Température rauyenHe.

Amsterdam 52,22' 9°, 8

Berlin 52,31 8,6

Copenhague.... 55,41 8,2

Kasan 55,48 2,2

L'Europe peut se partager en cinq zones climatériques. Dans la première, où les glaces et les neiges subsistent en grande masse à l'ombre, sont compris l'Islande, la Laponie suédoise, danoise, rusnenne, le pays des Samoïèdes européens. La deuxième, caractérisée par an été très chaud, par un hiver long et rude, sans saisons intermédiaires marquées, se compose de la Norwége, de la Suède, du Danemark, du nord de l'Ecosse, de la partie septentrionale de la Pologne, de laCourlande, etc. La troisième, où l'hiver est court et rigoureux, l'automne et le printemps prolongés, et d'une température assez modérée, contient l'Irlande, les Pays-Bas, la Hollande, le nord de l'Allemagne, etc. La quatrième zone, située à peu près au milieu de l'hémisphère boréal, à distance égale du pôle et de la ligne, réunit les caractères du climat tempéré ; mais les saisons, quoique très distinctes, y sont très versatiles et fréquemment traversées par des intempéries : la France, l'Allemagne du midi, la Hongrie, la Moldavie, la petite Tartarie, la Russie méridionale, etc , en font partie. Enfin, la cinquième zone a le plus d'affinités avec les contrées tropicales, sans en reproduire néanmoins la turbulente météorologie : des printemps-délicieux, des étés secs et brûlants, des hivers courts et presque toujours exempts de gelées et de neiges durables, tel est le climat de la France méridionale, de l'Espagne, de l'Italie, de la Grèce, du smi do laCrimée,etc. Les sub-climatsde la France peuvent être déterminés par quelques lignes principales de culture: de Saint- Jean-Pied-de-Port à Briançon, s'étend la ligne au-dessous de laquelle l'olivier croit et se multiplie; entre la Rochelle et Toul, le sol se prête à la culture du mais, qui s'arrête au&O*, au A5* degré de latitude; enfin, Granville et Rocroy sont les deux limites extrêmes de la récolte du vin en France. Cette division des régions agricoles s'applique aussi à l'Europe, et correspond à celle qui, fondée sur l'arboriculture, est indiquée par Schouw (1) : 1' Région des arbres à feuillage toujours vert ; 2° celle du châtaignier et du chêne ; 3° celle du chêne et du hêtre ; 6* celle du pin et du bouleau. H est entendu que ces divisions, empruntées à la géo-

(1) Kuropa, physisch-geographische Svhilderung. Kopenhâgeo, 1833.

560 BTG1ÈNB FMVtB.

de Panama; et dans l'Amérique méridionale, toute bttM les Guyanes, le Paraguay et la partie septentrionale de teHl les Antilles, situées dans le golfe du Mexique et appelées vM Indes occidentales.

L'irradiation perpendiculaire du soleil accumule sur Vép le maximum de calorique ; la moyenne annuelle t'égale 27 il la moyenne de Tété, 28 à 32°,5 ; celle de l'hiver, 27°,6 et aa-dfli celle du printemps, 28*,7; enfin, celle de l'automne, 26',8 ; entendu que ces résultats sont obtenus à l'ombre. Les régie* picales de l'ancien monde s'échauffent plus que celles do M continent. D'après Humboldt, les maxima de l'air contineaUl lent àPondichéry, à Madras, àBénarès, dans la haute Egypte, &0 et &6°,8. Dans le voisinage de l'équateur, la chaleur i lentement, de zéro à 10 degrés de latitude. Cet abaissant s'exprime que par + 1 degré, tandis qu'en France un pwj 5 degrés de latithde vers le nord donne lieu à une dépressif! mométrique de 3 degrés. Sous la zone torride, les tramK température sont rares et peu considérables pendant le joo ne dépassent guère 8à9 degrés; leur fréquence etleoî sont moindres dans le nouveau monde que dans l'ancien, côtes que dans les terres, dans les régions de l'ouest que di de Test. On retrouve d'ailleurs ici l'influence de l'élévatioi nature du terrain, de l'état de sa surface et de son orienta Ainsi le pays plat de la Guayra, exposé à une réverbén forte et abrité des vents alizés, éprouve des variations d rature moins nombreuses et moins tranchées que Carac dans la même zone, mais à plusieurs centaines de mètres i de la mer; au Sénégal, la différence atteint jusqu'à 26*,f la saison sèche (1), ce qui est excessif. En général, la ch plaines équinoxiales se maintient entre 18 et 39 degrés; jour à la nuit, elle s'abaisse souvent de 20 degrés thermon tant le rayonnement nocturne de la terre est activé dans a par la pureté du ciel et par la durée môme de la nuit. L tion est en proportion de la chaleur; de là les pluies dilu tombent annuellement et qui occupent toute une sa humide ou d'hivernage, par opposition à la saison sèche, laquelle il pleut très rarement. Le partage de Tannée é< en deux saisons n'est pas très exact. A l'exemple de

(1) TbéffDOt, Traité des maladies des pays chauds. Paris, f 840, ii

M. Levnclier et j"aauts Ma quatre saisons: liçnfi-».

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562 HYGIÈNE PRIVÉI.

brises. En outre, les contrées tropicales ont leurs vents extraordinaires dont les effets varient, et dont les plus ordinaires sont l'harmattan des côtes de Guinée, le simoun de celles de Barbarie, le chamsin d'Egypte, les collas de Manille, etc. L'harmattan (vent d'est) est le vent de la saison sèche ; il souffle en décembre, janvier et février : un peu moins fort que la brise de mer, il se lève trois ou quatre fois par an, et dure chaque fois de un à quinze jours ; sa température est de 29 degrés à l'ombre, et de 40 degrés au soleil ; il est précédé, le matin, d'un calme ou d'une petite brise de terre qui est froide ; la chaleur sèche qui le caractérise augmente jusqu'à midi, rarement jusqu'à quatre heures; il produit des tourmentes ou tourbillons saus orages; il s'accompagne d'un brouillard sablonneux très épais, qui dépose sur tous les objets une poussière blanche: il consume et flétrit tout ce qu'il touche ; sous son influence, les meubles et les boiseries se fendillent, se disjoignent, la peau se racornit, les orifices muqueux se dessèchent et se gercent ; néanmoins, avec son apparition, on voit coïncider la cessation des fièvres endémiques, et des affections contagieuses, telles que la variole, perdre de leur virulence. Le simoun règne dans le grand désert de Sahara; il répand une telle chaleur, que dans les lieux abrités le thermomètre peut monter à US degrés ; il soulève en colonnes les sables du désert et les accumule en montagnes de 20 pieds delévation ; en s'écroulant, celles-ci donnent lieu à des nuages de poussière qui communiquent au soleil une teinte jaune ou bleue uniforme. Ce vent est connu en Italie sous le nom de sirocco; même après avoir roulé sur la mer, il fait sentir encore à Naples et à Palerme l'elîet connu de son extrême sécheresse. Le chamsin, en Egypte, souffle cinquante jours, ainsi que son nom l'indique, vingt-cinq avant l'équiuoxe du printemps, et vingt-cinq jours après. Pendant la saison sèche, les côtes du Malabar et du Coromandel, l'Arabie, la Perse, la Syrie, etc., sont désolées par des vents analogues aux précédents. Les collas des Philippines soufflent du sud-ouest, et amènent des pluies torrentielles, des inondations, de légers tremblements de terre au milieu d'un brouillard épais; ces tempêtes furieuses appartiennent à la saison intermédiaire, qui aboutit ou plutôt qui prélude à l'hivernage ; sur les côtes d'Afrique, elles sont appelées tornades, typhons dans la mer des Indes, ouragans dans l'archipel des Antilles. C'est aux régions tropicales que semblent réservés ces bouleversements, ces ouragans si justement redoutés ; presque incounus dans les zones tempérées, ces phéno-

ClftCOMrUSA. — DBS CLIMATS. 563

mines y marquent presque inévitablement la transition de l'hivernage à l'été, et de Tété à l'hiver : ils résultent alors du choc des Vents contraires du sud et du nord, et de Test et de l'ouest; elles •ont en môme temps le théâtre des manifestations les plus énergiques de l'électricité, dont les fluctuations diurnes y sont faciles à observer, et qui joue un rôle certain, quoique inconnu, dans la production des orages et des catastrophes si fréquentes dans ces latitudes.

En résumé, Tannée tropicale se caractérise par la permanence et

l'intensité de la chaleur : six mois de sécheresse et de chaleur

intenses; six mois d'humidité avec un léger abaissement de température qui ne constitue pas un hiver réel ; entre la saison des pluies et celle des chaleurs arides, des saisons intermédiaires que signalent des perturbations atmosphériques ; l'automme et le printemps de la zone torride, remarquables par les brusques variations de la température et de l'humidité, et ressemblant, par cette versatilité météorologique, aux saisons équinoxialesde tous les climats : mais ces deux saisons sont fort courtes, et les mutations qu'elles déterminent dans la température n'affectent, comme celles de l'hivernage, que les degrés supérieurs de l'échelle thermométrique (1); car le terme extrême de l'abaissement général de la chaleur entre les tropiques ne dépasse pas moyennement 18 degrés: ainsi, le trait le plus constant, le plus invariable, le plus efficace, des climats équatoriaux, c'est la chaleur : cette influence souveraine, l'homme, réactif à double face, en témoigne et par sa modalité fonctionnelle et par ses manifestations pathologiques.

Nous avons étudié plus haut les effets de la chaleur. L'habitant des climats équatoriaux les éprouve dès sa naissance; il les subit sans interruption jusqu'à sa mort: son organisation, composée des éléments d'une hérédité spéciale, est donc l'expression la plus vraie et la plus complète de la puissance de cet agent; elle porte le cachet de l'action solaire comme tous les produits de la nature qui l'environne. Le propre de la chaleur est d'exalter les organes de la périphérie, de déterminer un mouvement centrifuge: exagération habituelle des fonctions extérieures, abaissement des fonctions centrales, tel est le rhythme de l'indigène de la zone torride. La chaleur aride resserre, crispe, irrite ses tissus cutanés ; la

(1) Fuster, Des maladies de la France dans leurs rapports avec les saisons. Paru, 1 8 40, p. 446.

5G'4 HYG1ÈNB PRIVÉE.

chaleur humide les détend par la sueur, et souvent par les éruptions; dans l'un et l'autre cas, les fluides sont attirés vivement sous la pets, qui &e décolore et acquiert un haut degré de sensibilité; les organes qui sympathisent directement avec la peau reçoivent une égale impulsion, notamment les sens et l'appareil génital. La surexcita* tion cutanée a pour conséquence la dépression vitale des muqueuses: aussi les forces digestivcs languissent, l'élaboration du chyle est incomplète; le sang, fourni d'ailleurs par une alimentation peu substantielle, reste séreux et peu stimulant; portédans les poumons dont l'activité est diminuée, il ne s'artérialise point d'une manière aussi complète que dans les pays froids où la respiration est plus énergique. Le docteur Copcland a constaté que, dans les climats chauds, il s'échappe une moindre proportion d'acide carbonique par les voies respiratoires; aussi le carbone prédomine dans les fluides organiques qui manquent de plasticité ; il se fixe dans le pigment, dont la formation augmente ; l'économie ne tarderait point à être surchargée de ce principe contraire à la vie. si elle n'en expulsait une partie par la peau et par le foie, qui s'animent d'une activité supplémentaire à celle du poumon ; le carbone, quo ce dernier viscère n'élimine plus sous forme d'acidecarbonique, le foie l'évacué dans le tube digestif sous forme de bile. A toutes les époques de la vie, depuis l'état embryonnaire, on observe cet antagonisme entre le foie et le poumon ; liés par un rapport inverse de développement et d'activité, dès que l'un de ces organes se ralentit, l'autre s'exalte; le climat agit en cela comme l'àgt\ comme les maladies : il crée des idiosyncrnsies spéciales, et amortit celles qui existaient. Ainsi, la transpiration cutanée, la sécrétion de la bile, la déposition plus copieuse du pigment, voilà le triple travail qui domine la physiologie des pays chauds; la peau et le foie sont les organes les plus vivants ; sur eux aussi se dirige plus particulièrement l'imminence morbide. Chez les indigènes de ces contrées, la forme la plus ordinaire de la santé ne sera donc point le tempérament sanguin, qui traduit une chylification et une hématose parfaites; mais ils offriront, comme type général, les caractères de la prédominance bilieuse, les signes d'une véritable saturation de carbone, combinés avec ceux du tempérament lymphatique ou du tempérament nerveux. Leur constitution témoigne des influences énervantes du climat: tous les observateurs y ont signalé le contraste de la faiblesse radicale, du relâchement des tissus, de l'indolence et de Tapathie avec l'exaltation du système nerveux, la fougue

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des passions, les saccades d'activité physique et morale. L'affaiblissement général de ces races est favorisé encore par la nature du régime alimentaire, peu réparateur au fond, malgré le piment et les assaisonnements incendiaires par lesquels elles s'efforcent de réveiller l'inertie de leurs organes digestifs, par les excès vénériens qu'elles commettent sous la stimulation spéciale du climat, par les désordres de tout genre auxquels les entraînent leur luxure naturelle, l'oisiveté et le dévergondage des mœurs.

Les maladies équatoriales ont été observées dans des régions diverses par un grand nombre de médecins : dans les Indes orientales, par Bontius, Annesley, Johnson et Twining; aux Antilles, par MH. Bally, Roclioux et Levacher; à Cayenne, par Bajon et Segond, etc. En écartant de leurs descriptions ce qui dépend des circonstances locales, on arrive comme l'a fait M. Fuster (1), à déterminer les traits généraux de la pathologie équatoriale. 1* L'affection dominante de la saison sèche est une lièvre continue rémittente, accompagnée de congestions rapides qui s'opèrent tantôt sur l'encéphale ou les méninges, tantôt sur le tube digestif et ses annexes. Ce n'est pas ici le lieu de retracer la marche de cette fièvre, son invasion bruyante, ses complications phlegmasiques, ses paroxysmes pernicieux, ses formes convulsives, soporeuse, délirante, etc., ses solutions éminemment critiques. L'analyse de ses phénomènes et de son traitement a conduit M. Fuster à l'assimiler au vrai causos d'Hippocrate, à la fièvre ardente bilieuse à son plus haut point. Avec cette affection coïncident des maladies locales, fébriles ou apyrétiques : la chaleur sèche dispose aux hypérémies cérébrales, aux méningites, aux encéphalites, aux apoplexies; l'éclat de la réverbération solaire provoque des ophlhalmies; la peau, siège d'une incessante stimulation, se couvre d'éruptions diverses, sudamina, papules, érythèmes, érysipèles, boutons ardents ; la rougeole et la variole, qui n'épargnent aujourd'hui aucune nation du globe, sont originaires des climats chauds. Les appareils digestif et biliaire s'irritent à leur tour, soit directement ou par sympathie : les gastrites, les gastro-entérites, les colites, les dysenteries, les hépatites, se montrent en foule, enveloppées d'une violente fièvre primitive régnante ; mais celle-ci ne tarde point à imprimer son cachet à ces phlegmasies; il n'est point jusqu'aux fièvres traumatiques qui n'en revêtent la nuance spéciale (Pouppé-Desportes, Bajon, Rochoux).

(i) Loc. ctt., p. 451.

La saison humide vient achever, par son action dissolvante, 'it prostration de l'économie, épuisée par la surexcitation qu'ont entretenue les chaleurs de la saison précédente; les premières oudéei qui détrempent la terre desséchée font fermenter la couche dtf débris organiques qui la recouvrent; bientôt la surface du sol n'est plus au loin qu'un limon fétide, et sur toute retendue de la zone torride s'opère un dégagement d'émanations délétères, principalement le long des côtes marécageuses, dans les terrains bas et dans les pays boisés : alors apparaissent les endémies de fièvres intermittentes el rémittentes, suivies ou compliquées d'hépatite, de dysenterie, de choléra-morbus ; les lésions locales manifestent une plus grande tendance à la suppuration, à la gangrène. Tandis que la fièvre de la saison sèche se fait remarquer par la persévérance de la surexcitation initiale jusqu'au moment de la catastrophe, celle de la saison humide débute par des symptômes d'abattement, et s'accompagne d'une prostration qui va croissant avec la décomposition des fluides organiques; aussi a-t-elle été appelée fièvre bilieuse putride par plusieurs observateurs des pays chauds. L'extrême danger de lasuison humide, pour les indigèneset pour les acclimatés, est bien connu des naturels de l'Afrique qui, à l'approche des pluies, se retirent dans leurs cases et allumeut des feux. Ils attribuent une action pernicieuse à la pluie, et surtout aux premières ondées ; s'ils en sont mouillés pendant leurs sorties, ils se lavent avec soin et s'empressent de se sécher (1) : opinion et pratique populaires, parfaitement motivées par l'effet commun des premières pluies sur un sol desséché, brûlant et chargé de détritus organique. La mortalité des indigènes atteint son maximum pendant la saison pluvieuse. Les étrangers ne sont pas épargnés: c'est depuis juillet jusqu'au mois d'octobre que la lièvre jaune les moissonne aux Antilles; là où ils échappent à ce fléau, ils sont décimés par les dysenteries, les fièvres des tropiques, le choléra sidérant; c'est pendant les pluies que périssent tant d'Européens à Calcutta, à Chandernagor, à Java, à Batavia, au Sénégal, etc. D'après les calculs de M. Thévenot, les quatre cinquièmes de la mortalité annuelle des Européens au Sénégal pèsent sur les deux trimestres qui correspondent à la saison des pluies.

Les saisons intermédiaires de la zone torride, appelées aussi saisons des tempêtes, troublent l'équilibre entre la transpiration

(I) Golbéry, cité par Fuster, p. 47.

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