‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 81 sur 111 · CI1CU1IFUSÀ. — DES HABITATIONS ET DE L'AIR CONFINÉ. 62S · texte numérisé non relu

CI1CU1IFUSÀ. — DES HABITATIONS ET DE L'AIR CONFINÉ. 62S

à l'eau (ciment hydrau1i(|ue) et qui forme une masse dure et non sujette à s'affaisser. Plusieurs quais de Paris reposent sur des fondations de ce genre. Les matériaux de construction les plus avantageux seraient ceux que l'expérience aurait démontrés à la fois les plus solides et les plus légers, mauvais conducteurs du calorique, nullement h ygrosco piques, ni susceptibles de donner lieu ft un dégagement de gaz délétères. Les substances propres aux travaux de maçonnerie abondent en France; les plus dures, les granits de Cherbourg, de la Bretagne, de l'Auvergne, du midi, etc., ne sont guère employées qu'aux bordures des trottoirs, aux piédestaux, aux bornes, aux dallages, aux soubassements, etc. Viennent ensuite les calcaires des terrains secondaires et des terrains tertiaires; les premiers difficiles à tailler à cause de leur dureté, mais cbhservant la vivacité de leurs arêtes et bien appropriés à une des* lination monumentale; les autres, moins durs, mais très solides néanmoins, très répandus et fournissant en abondance aux constructeurs les moellons et les pierres de taille. Parmi ces dernières, la meulière, par su dureté et sa résistance, convient dans les endroits humides (égouts) ou exposés aux chocs (remparts). Le grès rouge qui existe dans les Vosges et qui a servi à édifier la cathédrale de Strasbourg est aussi une matière de bon choix ; les autres grès ont l'inconvénient d'être ou trop tendres ou trop durs. Dans le midi de Il France, on se sert de 1» craie, qui y offre une assez grande dureté. Certaines pierres, très dures en apparence, ne résistent pas tul gelées et se fendent en tous sens, comme il arrive souvent pour le calcaire dur si abondant dans la vallée de la Seine (pierres gélives). De bonnes pierres qu'on a le tort d'employer immédiatement après leur extraction deviennent gélives; un intervalle de quelques tttnainesest nécessaire entre leur extraction et leur mise en œuvre, les matériaux les moins secs doivent être appliqués dans les parties de l'habitation où le soleil et l'air ont le plus d'accès. Les pierres de taille et les moellons ne durèrent que par leurs dimensions et le soin avec lequel sont taillés leurs parements ou surfaces apparentes. Il ne suffit pas de les bien choisir ; il faut les cimenter avec des mortiers de bonne qualité; la chaux et le sable qui composent 1 ces mortiers seront choisis avec attention : la chaux doit être bien *^Ê éteinte et former, après cette opération, une pâte solide, homogène; *~m elle ne sera mise en contact avec l'air qu'au moment de son mélange M ivec le sable qui lui-même aura été purifié de toute matière étran- " 1 gère; le sable de rivière convient mieux pour cette raison. Les

joints des constructions on pierres de taille, ayant très peu d'épaisseur, exigent un ciment préparé avec du sable très fin (sable 3, chaux 1). La chaux hydraulique peut seule être employée dans la construction des murs de quais, des piles et culées des ponts et de toutes les parties exposées aux infiltrations de liquides. M. Kuhlmann a trouvé le moyen d'améliorer la nature de la pierre et de la préserver de l'humidité et du salpétrage en l'arrosant et en l'imprégnant de silicate de potasse ; par ce procédé, la pierre tendre devient d'un aus^i bon usage que la pierre dure (t).

Le plâtre récemment solidifié renferme les deux tiers de son poids d'eau ; aussi est-il une cause d'humidité pour les murailles sur lesquelles il est appliqué par couches épaisses. A proximité du sol, Use nitrifie et relient beaucoup d'eau : il faut ici lui préférer la chaux et les divers ciments dont elle fait partie. Sous le nom de plâtre durci ou aluné, ou prépare depuis quelque temps une nouvelle substance plastique qui a le poli du marbre, mais qui résiste mal aux intempéries de l'air. On fait du stuc à la chaux en mêlant de la chaux éteinte qui provient de bonnes pierres de cette matière avec une certaine quantité de poudre de marbre blanc. Le stuc de plâtre se fait avec le plâtre provenant d'excellentes pierres de cette matière qu'on a préalablement cuites; au sortir du four, le plâtre est pulvérisé, tamisé, puis gâché avec de l'eau où Ton a fait dissoudre de la colleforte et quelquefois de l'iehthyocolle et de la gomme arabique. Ce stue, susceptible d'un très beau poli et plus dur que le précédent, ne trouve comme lui sou emploi que dans l'intérieur des maisons, car extérieurement il serait altéré par l'humidité et par les vicissitudes de l'atmosphèie. Le béton de M. Coiguet, composé de cailloutis, Claviers, terre crasse et chaux, s'emploie comme le pisé au moyeu d'encaissements; les murs et les voûtes ainsi construites sont aussi solides que s'ils l'étaient en moellons, et coûtent beaucoup moins cln r. Vu autre béton du même inventeur, composé de cailloux, de sable, de terre cuite pilée, de cendre de houille et de chaux hydraulique, a la «lui été de la pierre de taille et coûte huit fois moins.

Les Iniques mal cuilrs se délitent : bien travaillées et sèches, elles sont d'un excellent emploi, ainsi que le témoignent les vestiges de murs romains où on les a fait entrer. Elles valent mieux alors que les moellons recouverts dune forte quantité de plâtre qui sont

(1) La lilicntiiatiun d'une façade quelconque ne coule que I franc 50 cetlimes par mètre superficiel.

EncmrusA. — »ss kabitstioms et di l'air cohfihé. «5 ■e dans les nivaux de Paris, et qui gardent longtemps leur kiilé. Oit n vit a l'Exposition industrielle de 1855 des briques s ou lubulaires qui, grâce à leurs rides, sont mieux cuites, s légères et en même temps plus solides que les briques ordi- ; elles nu sont pss plus dispendieuses. Depuis longtemps, les Kirs n'emploient plus pour les cheminées que les tuyaux ■ ■ cuile inventés par un architecte, M. Gourlier. La terre ellel, lorsqu'elle n'est ni trop grasse ni trop maigre, peut servir construction la pi us convenable à cet usage est la terre abrii. Le pisé (c'est le nom que l'on donne à ce mode de conatruc- ^sj est très employé dans le midi de la France ; la terre est passée raversuue claie qui retient les parties delà grosseur d'une noix; ■ ensuite avec de l'eau et malaxée jusqu'à ce qu'elle conte la l'orme imprimée par les mains, on la mélange et pétrit avec kl paille ou du foin [tour la préserver des fissures. Préparé avec Bel recouvert d'un enduit, le pisé acquiert avec le temps uns e solidité ; il abrite coutre l'humidité et ne livre point passage > insectes, nvautages qui, pour les constructions rurales, le mt préférable au bois. Les bois bien desséchés peuvent seuls rir utilement a la confection des charpentes ; préservés de l'htililé et disposés par piles, ils se conservent longtemps sans allé- . Le procédé d injection appliqué récemment par un médecin x arbres sur pied, pour augmenter la compacité et la durée de r bois, :■:■■■■■» aux constructions particulières comme à celles ■ marine, si les expériences instituées par le gouvernement en ;.. ... ; ; les avantages. MM. B. Hutin et Bouti^ny ont proposé nmerger les extrémités des pièces de bois dans un carbure d'hytgène quelconque, l'huile de schiste, par exemple, qui le pénétre c rapidité, d*y mettre le feu, et au moment où la flamme s'éteint, r le bois a la hauteur de quelques centimètres dans un éiange de poix noire, de goudron et de gomme laque; ce ménge est aspiré entre les fibres et forme à chaque extrémité du s une sorte de cachet hermétique et relativement inaltérable; a ■ ■ i 1 1 ■ ■: i !■ ensuite le bois dans toute son étendue par les protfés ordinaires I). H. Boucherie infiltre les bots avec du sulfate le cuivre et les préserve ainsi de la corruption ; des traverses de diverses essences, bouleau, chêne, orme, préparées par ce procédé et enterréspendant huit ans pour supporter les rails d'un chemin

(|] Annales de ; tûeet itpkytiqv*, 3* série, L XX III. p. 3S1.

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de fer ont été trouvées en 1855 aussi saines que si elles nVrltat |r pas servi, tandis que d'autres traverses non préparées et etilerité ju dans le même endroit tombaient en pourriture (1). L'emploi iâ V métaux dans la construction des maisons a pris une extension stft ji considérable qu'avantageuse à leur salubrité et à leur durée; Bl ii tendent à se substituer de plus en plus aux charpentes de bon. (4 ^ colonnettes de fonte supportant des poitrails de fer ou de bois ra# L placent les piles de pierre du rez-de-chaussée, augmentent l'espM ij disponible et laissent pénétrer plus d'air et de lumière dans kl * boutiques; les planchers de fer sont moins épais que ceux de boil; n les persiennes et les fermetures de tôle sont plus légères, ne jouai & pas, sont incombustibles, etc. \:

Nous n'indiquons pas les éléments spéciaux qui entrent diiHh i structure des habitations suivant les climats et les lieux : à l'Isltfr u dais, sa masure de terre gazonnéeet protégée par des murs épëi; '. au naturel de l'Océanie, sa cabane dont les parois se composent^ nattes mobiles et à claires- voies, qu'il enlève pendant les dix mofe ( de saison chaude; nous considérons ici l'habitation dans son tjpl le plus général, et telle surtout qu'elle se présente dans les régM civilisées, abstraction faite des modifications qu'elle doit subir M £ raison des localités.

Quelle contenance aura la maison qui s'élève? Les vastes édifiées 2 qui existent dans les grandes villes et qui contribuent à leur magnificence monumentale, ne peuvent r« ce voir un si grand nornbrt d'habitants que par la superposition d'étages nombreux et parott , stricte purcimn»:e de l'espace : presque toujours les convenances de la salubrité sont alors sacrifiées à l'intérêt de l'exploitation: . point de paliers, des escaliers étroitement encaissés, des appartements d'une capacité insuffisante, un échange de méphitisme entre les fractions diverses de la population entassée depuis le niveau di sol jusqu'aux combles, telles sont les habitations où la grandeur apparente des proportions contraste avec l'exiguïté de la part faite à la santé. La maison est l'asile de la famille : elle ne doit héberger

(1) L'usage d'immerger les bois date de loin ; les premiers procédés, d'aiUean Inefficaces on nuisibles, sont ceui de Reed (1740), de Jackson (1768), de PiU» (1779), de White (1"98), etc. Voyez l'outrage de John Knowtes, intitulé: Recherches sur les moyens employés dons la marine pour la conservation des boa et des vaisseaux. Paris, imprimerie royale, 1825, p. 20; — el Traité dTkygièu navale, par Foanagrivtt, Paris, 1**6, Ut. I* eàap. i.

cncuiirusA. — DBS habitations it de l'aie confiné. 61t

ce groupe naturel d'existences liées entre elles par la communié d'origine, d'instincts, d'aptitudes physiques et morales. e voulait la maison petite et pleine d'amis ; nous voulons que béguins et les commodités de lu famillo soient la buse naturelle la détermination de ses dimensions et de sa distribution inté • . On l'entend ainsi en Angleterre, notamment à Londres, en lande, en Belgique et dans quelques autres pays; l'hygiène eici avec le sentiment de la bienséance domestique et l'indépendance de la vie privée. L'orientation variera nécessairement, jjjtfvant les climats, les localités et la destination de la totalité ou -Qbê différentes parties d'un bâtiment ; ceux qui doivent servir d'habis talion d'été regarderont le nord ; la même position convient aux .. jplliers, aux greniers, aux bibliothèques; les appartements d'hiver, salles de bains, seront mieux placés au midi. Ce qui enlève à

Cl maisons le bénéfice des diverses expositions à volonté, c'est r alignement au cordeau, sans solution de continuité: il faudrait ■f'fetkurs quatre façades fussent en contact avec l'air libre, en môraé } Spipe que des cours spacieuses leur assureraient la jouissance de Jau aspects opposés du ci»vl ; de cette manière la ventilation s'effec*- * toerait avec la plus grande facilité, et le ménage se conformerait : à l'exigence des saisons en parcourant dans les divers corps de logis fecercle annuel des expositions. Les cours ne sont vraiment srtlubres

C lorsqu'elles ont une largeur et une longueur égales à la hauteur bâtiments qui les dominent ; uu pavé à chaux et à ciment défendra leur sol contre l'humidité. Quand on ne peut leur accorder cas dimensions libérales, il est nécessaire d'abaisser un de leurs côtés au moins, et, s'il est possible, celui du midi, au niveau d'un simple rez-de-chaussée. A Paris, on ne fait des cours que pour administrer aux logements la lumière indispensable; tin grafld ■ombre ne présentent pas eu surface le dixième de celle des bâtiments environnants (1). Les allées, les avenues larges, les avantcours qui ménagent entre la rue et les habitations un espace libre, contribuent puissament à leur salubrité. Ler rues peuvent être considérées comme des canaux aériens dans lesquels se déverse le méphitîsme humain par toutes les ouvertures des habitations qttl les bordent des deux côtés ; repousser sa demeure en arrière -dei lignes que décrivent les rues, c'est l'éloigner du courant miaStaift»

(1) Rapport sur la salubrité des habitations, par une commission composée de . A. Pttitf À. Tvébscfael ei Robadlt, rspporisdr. Parti, 18H, H»-l.

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tique. Cet espace recevra une plantation d'arbres assez distancé! pour ne pas nuire à la circulation de l'air, et pour ne pas devoir une cause d'humidité : ils intercepteront les effluves de la me! il procureront en été une douce fraîcheur, et en récréant la m, ils agiront favorablement sur le moral. La hauteur des maisons tt règlo sur la largeur des rues. Une loi de 1792, confirmativedeli déclaration de 1783, Ta fixée à cinquante-quatre pieds dans kl rues de trente pieds de largeur, k quarante-cinq dans les rues moins larges. Cette proportion est mal calculée ; nous voyons à Paris on grand nombre de maisons dont les étages inférieurs ne sont jamtif visités par les rayons solaires. L'humidité permanente des coins et des rez-de chaussée tient à la privation de l'influence solaire. Il convient ou d'élargir les rues ou d'abaisser les maisons: l'élévation de celles-ci et le diamètre transversal de celles-là doivent être égaux, si Ton veut que le soleil donne à midi sur les partis inférieures des édifices. Si la construction qui s'élève reste isolée sur ses quatre faces, on peut l'exhausser sans inconvénient. Dus les localités marécageuses, l'élévation des demeures permet d'éviter en partie le danger des émanations. En général, on leur donnera plus de hauteur dans les plaines que dans les pays de montagnes, au voisinage des eaux, que sur un terrain sec, etc.

Le rez-de-chaussée, construit au-dessus du niveau des rues, sur des voûtes qui circonscrivent des caves bien aérées, communiquera par de larges ouvertures avec la voie publique et avec des cours étendues. Il est à désirer que l'emploi de la chaux hjdrauliqoe jusqu'au premier étage, remplace celui du plâtre; la différence des prix est minime (1). Point d'entre-sol ; ceux que nous voyons à Paris sont pour la plupart trop bas, débordés sur la rue par l'avance des balcons, des corniches, des entablements des fenêtres supérieures; de là privation de lumière et d'air. Un escalier étroit les mei en rapport avec les magasins, de sorte qu'ils sont placés entre les effluves des ruisseaux et des égouts de la rue, et une atmosphère altérée par l'odeur des marchandises, des denrées, etc. Le nombre des étages une fois arrêté, distribuez par masses égales entre eux l'air que vous confinez entre les quatre murs fondamentaux ; sacrifier, comme ou le fait, les étages supérieurs aux intérieurs, c'est infliger à leurs habitants des conditions très différentes de vie. La toiture ne reposera pas immédiatement sur les pièces

(1) Voy« Rapports généraux du Conseil de salubrité, etc. Paris, 1S55, p. 100.

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