PRIVÉE] DES BOISSONS
soumis pendanl vingt-cinq à trente jours à l'usage exclusif de l'eau distillée pour boisson. Lefèvre, témoin de celles qui se firent à Rochefort (1817)» a raconté qu'on y poussa la rigueur de l'expérience jusqu'à isoler les forçats au milieu delà rade, sur l'île d'Énet, entièrement dépourvue de citernes. Elle fut, du reste, décisive en faveur de l'eau distillée : les forçats en sortirent avec une santé flori5sante ; un seul d'entre eux eut des coliques et de la diarrhée, mais qui disparurent, malgré la continuation de l'expérience. Aujourd'hui l'eau distillée n'a plus d'adversaires à bord des navires. Elle supprime le danger d'une disette d'eau, elle dispeuse les équipages de faire de l'eau dans les parages insalubres; elle permet de leur accorder plus libéralement la quantité d'eau nécessaire à leur propreté et au lavage de leurs linges et vêtements naguère imprégnés de l'humidité inépuisable qu'y laissait l'eau de mer ; enfin l'eau distillée se conserve mieux à bord que celle des fontaines» des aiguades et des rivières. Il est facile de l'aérer par le battage, le transvasement, etc. Reste un seul inconvénient : elle manque de sels, elle est trop pure. Fonssagrives, s'appuyant sup les analyses de Deville pour l'eau de la Loire qui, prise à une certaine hauteur, est une eau potable d'excellente qualité, propose de salifier chaque caisse d'eau de 100 litres avec le mélange suivant :
Chlorure de sodium â,8
Sulfate de soude 3^d
Bicarbonate de chaux 8,0
Carbonate de soude 1^,0
Carbonate de magnésie 6,0
Mais l'addition de ce mélange salin ne serait justifiée que s'il était prouvé que la nourriture du bord n'en fournit point à l'équipage la proportion utile à la nutrition ; un semblable déficit ne manquerait pas d'avoir pour conséquence des troubles morbides qui avertiraient le médecin : le résultat des expériences permet de croire que les aliments suppléent par leur composition à celle de l'eau distillée.
Ce même et savant hygiéniste glisse cependant sur un fait grave : on a remarqué que depuis l'introduction des cuisines distillatoires la colique sèche» autrefois ti*ès-rare à bord des navires, s'y montre très-fréquemment sous forme épidémique; elle est donc saturnine.
Eau de source. — Le préjugé du vulgaire est en faveur de ces eaux, tandis que pour beaucoup de savants les meilleures eaux sont celles des fleuves et des rivières; l'erreur est égale des deux côtés. Il est impossible d'établir une opinion à priori sur ce sujet; les sources diffèrent à l'infini, et s'il en est de bonnes, il y en a de mauvaises : elles se chargent é$ matières diverses, qui pi oviennent des couches qu'elles ont traversées (voy. t. I, p. h^k). L'analyse chimique et l'expérience médicale peuvent seules prononcer sur leurs qualités.
Eau de rivière (voy. p. 396). — Formées par les sources, accrues par les
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