‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 107 sur 134 · PRIVÉE] DES BOISSONS. 82S · texte numérisé non relu

PRIVÉE] DES BOISSONS. 82S

disparaissent spontaoément chez les sujets robustes, mais qui, chei des indi** vidus affaiblis ei négligeant de prendre de l'exercice prescrit après chaque verre d'eau, ont revêtu une forme très^ave. Que deviennent les quaniitét d*eau excessives qni sont ingérées ? Elles s'échappent par les urines, les excré* meniSy la peau et la membrane muqueuse. La moitié environ de l'eau ingérée passe dans les urines; Barrai a fixé de 50 à 100 et quelques grammes environ celle qu'éliminent les matières fécales. L'eau de la transpiration pulmonaire et cutanée s'en dégage d'après les lois de l'évaporation, modifiée par la présence des substances organiques ; au produit de perspiration cutanée se môle le liquide spécial des glandes sudoripares, qui n'est pas la sueur et qui, excepté à la paume des mains et à la plante des pieds, est moins abondant qu'elle.

L'abstinence et l'Insuffisance des boissons aqueuses donnent lien aux mêmes accidents et ne diflèrcnt que par la vitesse de leur production. Haller cite (1), sur la foi des auteurs, des exemples de cette privation portée à plusieurs mois, et même à plusieurs années; ces faits n'ont pas un caractère d'authenticité suffisante ; l'adipsie des ichthyophages dont parle Diodore n'est pas mieux prouvée. Le tourment de la soif est on de ceux que l'homme et les animaux supportent le plus difficilement II est d'abord caractérisé par une sensation de sécheresse et d'ardeur dans toute la cavité de la bouche, parla diminution et l'altération des sécrétions muqueuses et salivaires qui deviennent épaisses, visqueuses, et finissent par se tarir; bientôt le pharynx devient le siège d'une véritable irritation, il se manifeste une inquiétude vague, un certain trouble des facultés intellectuelles; la conjonctive rougit, la peau se sèche, les mouvements du coeur se précipitent, la respiration devient haletante en même temps que la bouche reste béante, comme pour absorber la fraîcheur d'un plus grand volume d'air; les sécrétions se suppriment; la chaleur générale s'accroît, le délire éclate : à cette époque, il existe une hypérémie des voies digestives supérieures. Tous ces phénomènes dérivent d'un autre qui est gêné* rai, la tendance à la coagulation du sang par la réduction progressive de sa partie séreuse. Le même eiïet se réalise chez les cholériques^ à la suite de l'énorme déperdition d'eau qu'ils éprouvent en peu de jours. La privation d'eau pendant le repas nécessite de la part de l'estomac, une plus forte dé* pense de liquides pour la chymification des aliments et la dilution de leur pâte ; d'où l'augmentation de la circulation sanguine et de la température de ce viscère, sa muqueuse s'hypérémiant par un travail de supersécrétion inso«> lite, auquel succèdent bientôt la sécheresse et l'irritation.

B. Température, -— L'eau chaude doit ses propriétés au calorique qu'elle transmet à l'économie ; elle rougit les membranes avec lesquelles elle est mise en contact : cet eiïet, produit d'abord dans la bouche et le pharynx, se répète dans l'estomac; elle stimule ce viscère d'une manière Immédiate par l'afflux

(1) Haller, Eiemenia physiologia^ t. VI, p. 278.

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sanguin qu'elle déiermine en ses parois; par une aâdîiîoD lorale éa elle aclive ses fonctionti et concourt i la dissolution de la pâte chym l'intestin, dlc apaise les coliques presque inslaotancrncni, facilite liuii et parfois amène la diarrhée. Absorbée, elle excite le système accélère les baiteinetits du c^cur et s'épanche par la (i an spi ration c débarrasse le corps de l'excJrs du calorique qu'elle lui a commun iqoé. de |)ersonues ne corrigeul la paresse de leur estomac que par l'ii boissons chaudes ; il eu est qui ne prennent les aliments li<]uidesq et 80 degrés (lait, bouillon). Les boissons aromatiques que l'un t infusion, par décoction, etc. , n'agisseut guère autrement. Tempérées au raient- elles la même eSicacitâ? l.es anciens employaient jusqa'k sortes de b jissons el priucipalement l'eau chaude, soii dans le coi repas, soit pendant leur inlervalle ; du temps des empereurs, elle les Komains un objet de sensualité. Dangereuses délices! s'écrie l'abus des infusions chaudes affaiblit le ressort des tissus, brise l'ap forces digestives.

L'eau tiède produit d'emblée les effets qui succèdent à l'asage f l'eau chaude; elle esL fade, ne dé.salli-re pas, frappe d'atonie la muq trique, rend les digejitions languissantes, incomplètes, donne lieu • sées, A des Tomiiuritions, parfois à la diarrhée; absorbée, elle Taisseaux, ramollit les lissns, exerce une influence sédative, astbé le système nerveux. L'usage habituel de l'eau tiède détériore le lob la présence des aliments incomplètement altérés par les sucs gastrii Maires finit par irriter la muqueuse de l'estomac et dos intestins, temps que le sang perd de sa plasticité par un exc^ de diliitJoii point h. du moins en partie, l'origine de ces diarrhées, de ces d; de ces ictères, de ces gastro-entérites à forme putride, si fréques chez nos militaires, qui n'ont le plus souvent, pour se désaltérer, q liéde, conservée dans les chambréas? Le manque d'une eau fraîdi la saison des chaleurs nous parait, comme à Dupasquier, une cause remarquée d'accidents et de maladies.

L'eati froide procure une sensation agréable, calme bien la soif, i les vai.sseaux sanguins des surfaces qu'elle touclie, et détermine li instantanée du sang, laquelle est suivie d'une réaction non moina Aussi, prise en quantité modérée, stimule-t-elle l'cstouiac. Les sujet à la tempérance se contentent de ce degré de stimulation gastriqa mène â sa suite aucun relâchement, aucune atonie. Si la tempj liquide est très-basse, il agace les deniit, il détermine dans l'arriè une sensation de froid caustique; après sa déglutition, la région éfi est le siège d'une sensation de froid excessif qui se propage rapideme les parties du corps. La circuiationesti-alentie, la chaleur générale es! la transpiration diminuée ou môme supprimée. Chez les sujets vifp réacliun tie su fait pas attendre : elle dépasse en intensité la cause qi

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voqaée, et par sa répétition trop fréquente, elle peut donner lieu à des phieg* masies des voies digestives. Les individus faibles réagissent plus lentement, et l'on voit survenir chez eux des congestions vers différents organes, des pleurésies, des pneumonies, des péritonites, etc. La gravité des accidents qui résultent de Fingestion de boissons froides est liée aux conditions suivantes (1): i^ échauffement préalable du corps ; 2® vacuité actuelle de l'estomac ; 3* grande quantité de la boisson ingérée dans un temps donné; U^ basse température de cette boisson. Les accidents dont Guérard a retracé l'histoire se rapportent an système nerveux et aux appareils digestif et respiratoire. Des exemples de mort subite, causée par l'introduction des boissons froides, sont fournis par A matus Lnsitanus, Fabrice de Hilden, Ghristison,etc A la Havane, il n'est pas rare de voir le trismus succédera l'ingestion des glaces (docteur Roulin). Un des effets qu'elle provoque le plus souvent en été, c'est june espèce de choléra spasmodique, caractérisé par des vomissements, des évacuations alvines et des crampes; nous en avons nous-méme observé des exemples, et nous avons remarqué leur coïncidence avec une forte tension électrique de l'atmosphère. En 1825, sons l'influence de chaleurs très-intenses, on vit à Paris un si grand nombre d'accidents cholériques occasionnés par l'usage des glaces, que rautorité,^prévenue par des soupçons d'empoisonnement, ordonna une instruction judiciaire. Une commission, dont faisaient partie Yaoquelin, Marc, Marjolin, Orfila, décida que les phénomènes observés résultaient de l'irritation du canal intestinal déterminée par l'action subite du froid sur l'estomac d'individus exposés de* puis longtemps à la chaleur et à la sécheresse. Au mois d'août 1833, un cob* nel de cavalerie mourut au camp de Gompiègne après un jonr ou deux d'atroces douleurs : accablé par la chaleur et baigné de sueur, il avait bu une carafe d'eau de groseille à la glace. Les observateurs de tous les temps ont noté que l'usage intempestif de l'eau froide peut être suivi d'ascite, soit par une sorte de métastase de la transpiration cutanée qui se supprime, soit par une péritonite qui, d'après Huzard, se développe dans les mêmes circonstances chez les chevaux. Potus nimius aquœ frigidœ subitus, neque vomitUy nequ^ alva^ neque mdore^ vel urina^ calare, motuve excitatis^ excretus^ est, d*après Boerhaave, l'une des causes de l'hydropisie ascite (2). Rien n'est moins rare que le développement subit des phlegmasies des organes respiratoires après l'ingestion des boissons froides, le corps étant en sueur ou seulement échauffé, et n'étant pas mis en mouvement pour soutenir et développer la réaction. Des pleurésies très-aiguës se déclarent surtout sous l'influence de ces conditions. Nous en avons observé tous les étés de nombreux exemples dans notre service, les soldats étant particulièrement enclins à ce genre d'imprudence. Alexandre, au rapport de Quinte-Gurce, perdit plus d'hommes sur les rives de l'Oxus

(1) Guérard, Mémoire sur les effets des boissons froides {Annales d'hygiène et de médecine légale. Paris, 1842, t. XXVII, p. 71). ;2) Van Swieten, Commentaria, l. IV, p. 68, in-4.

dernières, ont des propriétés indigestes, Magendie d longtemps dam l'estumac; parfois elles agissent corne Ciay-Horn prÉtciident qu'elles développent des aflé< l'Iiomme et chez les animaux ; celte opinion a besoin Les eaux ctiargées de gaz acide carbonique stimuleut i de l'estomac; celles qui sont ferrugineuses ont la faculté globuleux du sang, et sont précieuses pour les lymphai roitques. Les eaux salines produisent dans l'économii suivant la nature des sels prédominants : les unes sont diuréticiues ; il en est qui raniment la vitalité des orgai ladie a Trappes d'atonie, mais leur emploi appartient f qu'à l'hygiène. A part les eaux minérales, qui se can ment médicinales par leur composition ou par leurs nombre qui uni trouvé place dans le régime ordinaire d dénomination d'eaux de table : lrès-diven<esparleiiniël oui un attrait commun, le gaz acide carbonique, dont i chargées (eau de Sellers dite de Seliz, de Saint-Galmn chaque département a son eau gazeuse naturelle i la const tr^-active en été. Quelle est leur influence sur la sanléT jours et indériniment avec avantage, ou du moins avo quesUon que nous posons et qu'une obserfation Ir devra résoudre ? Quelques faits nous autorisent à dout usage prolongé des eaux gazeuses; si elles facilitent 11 tuent l'estomac i celle sorte de coup de fouet joumalif tëme nerveux. Quand elles sont en mi-me temps ferru( concourir à la régénération du sang en fournissant à l'bi ferqa'dle contient normalement d'Jiis la proportion de? mais là gît aussi un péril, celui d'un accroissement de g

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k Festomac et du système nerveux à petite dose, à une sédation de la sensibilité R et peut-être de la contractilité musculaire de Testomac, s'il est pris à dose coni sidérable : de là les propriétés antiémétiques des boissons gazeuses ; elles aug- I mentent, en outre, l'activité rénale.

I Les eaux viciées par la présence des matières organiques en putréfaction g (eaux croupies, de marais, etc. ) ont l'inconvénient de la désoxygénation ; de I plus, elles représentent une solution de la même matière qui, répandue dans ^ l'atmosphère sous forme de vapeur, constitue le miasme des marais et la cause la plus universelle des flèvres intermittentes. Hippocrate a déjà rapporté (Voy. p. 682) à l'usage de ces eaux comme boisson les mêmes effets que détermine l'absorption des effluves paludiques. Boudin raconte que, sur 120 soldats partis en bonne santé de Bône, à bord du navire sarde VArgo^ pour rentrer en France, 13 succombèrent pendant la traversée à des fièvres pernicieuses, 98 autres arrivèrent à Marseille avec toutes les nuances symptomatiques de l'intoxication palustre, depuis la plus simple fièvre d'accès jusqu'à la forme ictérode et cholérique. Ces malheureux n'avaient bu pendant la traversée que de l'eau puisée à Bône dans un endroit marécageux. L'équipage sarde, qui avait eu à sa disposition une eau de bonne qualité, et neuf militaires qui s'en étaient procuré à prix d'argent, échappèrent à l'empoisonnement. Pour assigner à ce fait curieux une valeur scientifique, il eût été nécessaire de constater avant le départ l'état sanitaire réel des militaires embarqués : avaientils eu précédemment des accès fébriles, avaient-ils subi l'impaiudation sans manifestation d'accès, etc. 7 On comprend sans commentaire celui que mentionne Van Swieten, et qui concerna une famille entière frappée d'intoxication saturnine par l'usage d'une eau provenant d'un réservoii* de plomb. Les eaux palustres produisent plus généralement la diarrhée et la dysenterie que les fièvres. Les eaux reçoivent, dans un grand nombre de localités, les résidus d'industries diverses [féculeries, usines à gaz, etc.), les immondices des égouts, les matières des fosseà d'aisances. Quoique la science ne possède pas encore les éléments nécessaires pour préciser l'influence de ces mélanges sur les qualités de l'eau, il est certain qu'ils la rendent insalubre. L'usage de ces eaux n'est pas sans liaison avec les maladies qui se développent annuellement dans les grandes cités. On reproche à l'eau de Paris d'occasionner la diarrhée et la fièvre typhoïde aux nouveaux venus ; si elle n'est pas l'unique cause de ces accidents, elle n'est peut-être pas étrangère à leur production, à cause des matières oiiganiques qu'elle tient en dissolution, suilout pendant l'été. Le rouissage du chanvre altère-t-il la nature des eaux où il s'opère? Les bestiaux s'abreuvent impunément dans les routoirs à eau stagnante ; il est donc probable que ceux à eau courante sont exempts de danger. Néanmoins, comme le rouissage mêle à l'eau des matières délétères, Robiquet, organe d'une com*mission de TAcadémie de médecine nommée en 1827, conseille de laisser à l'eau un cours libre de 200 à 300 mètres, depuis les derniers routoirs jusqu'à l'entrée des tuyaux de conduite» pour lui donner le temps de s'aérer ; de faire

un DES îinr>lFtr,ATEliR.S- — tNCE^Tl. ■

exiracliies et sdides, ou dont la masse loUle a diuiioué. Oi

pouvoir de l'hibiiude sur la soif; nos mjljiaireti, uos colom 1

nialés eu Afrique, ont exercé longiemps sur eux-mêmes c«ue p

ciplinede l'abstinence des li<[uides. Le vieillard boic moins, pan

sf nile porie sur l'eau comme sur les autres éléments consiitutil

La lempéralure hy^çiénique de l'eau à boire est égalemirnl su

conditions individuelles d';^e, deseie. de débilité générale, d

gastrique, d'habitude, etc. C'est entre 10 degrés et 12 degi

que varie celle qui («raît duoe fraSclieur agréable à la plupart (

teiirs, et à R degrés les boissons froides ne provoquent pas les a

les voit produire à 11 degrés centigrades et au-de^us. L'hydro

expérience inslituée par un audacieux paysan et rationalisée m

qu'il a entraînés dans la voie d'une obseriatiun nouvelle, a i

forcé les doses d'ingestion de l'eau. Dans le traitement hyi

Scouletlen (1), la quïntité d'eau donnée en boisson peut varia

verres par jour, repas compris. On préfère l'eau de source

l'est ou au midi, et qui marque 6 à 8 degrés ceutigrades en loal

adultes la supportant le mieux ; les vieillards, les enfants, les pe

grès et Irts-faibles ne doivent pas dépasser la ration de 4 lin

quatre heures, ration qui uoos paraît excessive. Les sanguins

digèrent parfaitement une grande quantité d'eau ; il n'en est pas

lymphatiques etde ceux qui sont adonnés depuis longtemps aux lu

L'habitude augmente la tulérapice pour l'eau. Au début du traite

coup de personnes éprouvent de la répugnance et même des eni

quand elles s'efforcent d'avaler plusieurs verres d'eau en peu de

d'autres, la diarrhée se déclare, mais on en tient compte pour

traitement. L'eau est mieux supportée l'été que l'hiter. Les dosi

d'eau, longtemps continuées, affaiblissent les fonctions digeslFva

composition des fluides organiques, fatiguent les reins par uu sn

vite. L'ingestion de plusieurs verres d'eau coup sur coup soustrait

temeni une forte quantité de calorique aux organes intérieurs c

lions peuvent eu être troublées. Ordinairement on boit on ver

d'heure en quart d'heure, et l'on se promène pendant Tinter?;

forte portion est prise dans la matinée, où les sécrétions sont plus

Le repos est par lui-même une cause de refroidissement pour le

cet étal, l'ingestion d'un liquide à basse température accélère la

du calorique et détermine le ralentissement de toutes les fonctia

celle des rein.s. Des congestions peuvent alors s'opérer vers des om

Unis, notamment vers les poumons et le foie. On rccommaude aui

qui suivent le traitement bydriatique de se promener quand elles di

beaucoup d'eau, le mouvement augmentant la circulation, la d

{i) Scuulellen, De feau iom k nippurl hjyiémqué tl mtdicaL

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transpiratioQ cutanée ; la sécrélion rénale en est diminuée d'autant « On peut boire froid et impunément beaucoup^ dit Scoutetteu, lors^e le corps est en sueur par suite de TéléTalion factice de la température extérieure ; mais il y a danger quand la sueur est provoquée par une course rapide ou par un travail fatigant » Cette proposition n'est pas entièrement confirmée par Texpérience. Dans les bals, dans les spectacles, dans les réunions nombreuses, qui échauffent rapidement l'atmosphère d'un local souvent trop étroit, qui n'a vu des coliques, des douleurs pleurétiques succéder à l'ingestion d'une boisson froide ? Les danseurs courent moins de risques à boire froid parce qu'ils rétablissent ou entretiennent la transpiration par les mouvements auxquels ils se livrent ; néanmoins nous donnons le conseil de se borner, en ces occasions, à prendre une boisson chaude comme du thé. Roulin a souvent remarqué, pendant son séjour dans les régions tropicales, qu'une tasse de thé léger et chaud faisait cesser promptement la sécheresse brûlante de la peau et produisait, par la diaphorèse, une sensation de douce fraîcheur. Il faut s'abstenir de glaces et de boissons froides quand on est à jeun ou quand la digestion des aliments pris en dernier lieu est complètement achevée. Si l'on boit froid dans l'état d'excitation générale dont nous avons parié, il faut le faire par de petites gorgées, en conservant le liquide dans la bouche assez longtemps pour l'attiédir. Il serait utile de manger en même temps un peu de pain ou de tout antre aliment solide, afin de provoquer la sécrétion salivaire et muqueuse que le froid tend à supprimer. En cas d'accident par suite de l'ingestion d'une eau froide, ooi devra aussitôt se livrer à quelque exercice violent jusqu'à ce que l'on ait lEût naître une abondante transpiration. Si l'on ne peut employer ce moyen, une boisson chaude, excitante, aromatique, y suppléera avec avantage. Quand l'ingestion de l'eau froide produit des accidents cholériques, des douleurs d'estomac accompagnées d'anxiété, de troubles nerveux, tels qu'abattement et stupeur avec une respiration pénible, la teinte livide de la face, un pouls presque imperceptible, etc. , on peut recourir au traitement préconisé par le docteur Rush, de Philadelphie, où les cas de ce genre se présentent en grand nombre pendant la saison chaude : il consiste à administrer le laudanum à des doses proportionnées à l'intensité du mal Parfois le soula^ment n'a été obtenu que par une cuillerée à café et même par une cuillerée à bouche de ce médicament, auquel nous recommandons de joindre toujours les infusions excitantes,

1*^ Des différentes espèces de boissons alcooliques,

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