‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 120 sur 134 · PRITES] DES EFFETS DES BOISSONS ALCOOLIQUES · texte numérisé non relu

PRITES] DES EFFETS DES BOISSONS ALCOOLIQUES

pas frappé de cette tendance universelle des hommes à rechercher une boisson fermentée, si ce n*est pour Tapaisement du besoin immédiat de liquides, au moins à titre de condiment, de stimulant générai des fonctions? Que prouvent les déplorables effets de Tivrognerie ? Et parce que Tabus des alcooliques est une des causes les plus certaines de la dégradation physique des masses, fautil arracher la vigne des cantons où elle se plait ; faut-il sevrer de bière et de cidre les populations à qui leur sol refuse le vin ? Vaine entreprise contre Tusage séculaire et Tinstinct des hommes. C*est la tempérance qu*il faut prêcher, non Tabstinence absolue des alcooliques, sauf quelques exceptions parmi lesquelles nous signalons les suivantes : tempérament sanguin très-prononcé, pléthore habituelle, irritabilité extrême du système nerveux, prédisposition aux congestions cérébrales; idiosyncrasie hépatique assez développée pour imprimer à Tensemble de la constitution un cachet dMmminence morbide et l'incliner aux affections aiguës et chroniques du foie, avec ou sans gastrite. Four tous ceux qui présentent ces caractères, Talcool, même à doses modérées, est un agent vraiment toxique dont l'ingestion détermine chez Tun des accidents d'hypérémie cérébrale, chez l'autre une perversion de la sensibilité et la destruction de l'équilibre musculaire, etc. Il est encore des personnes qui, sans maladie locale, sans vice d'ensemble, répugnent aux alcooliques et ressentent, par suite de leur usage, des aigreurs, une chaleur incommode à Tépigastre, la dyspepsie, etc. Au contraire, les individus à complexion faible, à tissus pâles vi flasques, à sang séreux, aux allures apathiques, ne devront pas se priver de toute boisson fermentée, tout en se souvenant que les excès aggravent infailliblement leurs prédispositions morbides : le vin de Bordeaux, les vins amers comme celui de Madère, la bière houblonnée, leur sont utiles, ainsi qu'aux sujets lymphatiques, aux femmes délicates ou chlorotiques, aux enfants menacés de scrofule ou chez qui l'ensemble des fonctions semble frappé de langueur. Hors le cas d'asthénie générale, de lymphatisme excessif et de chlorose, il est rare que les femmes se trouvent bien de l'emploi des boissons fermenlées. L'orageuse excitabilité de leur système nerveux les repousse, et, quand elles s'y adonnent, leur en fait sentir plus fortement la funeste influence. On en voit dont la sobriété habituelle fait place, durant la grossesse, à une passion surprenante pour les alcooliques, qu'elles supportent alors avec une impunité plus surprenante encore, et sans éprouver les phénomènes de l'ivresse. Aux enfants bien constitués et sains, de l'eau pure ; aux enfants chétifs et débiles, l'eau rougie et surtout la bière : jamais de vin pur dans l'enfance. Trotter le défend jusqu'à quarante ans^ époque où il en accorde deux verres par jour; à cinquante ans, deux de plus; à soixante ans six, et celte mesure ne doit plus être dépassée, même à cent ans. Ces dispensations sont trop absolues. £n général, avec l'âge, on peut augmenter la ration du vin, sans oublier que, si le vieillard ranime par le vin l'innervation défaillante de ses organes, l'affaiblissement de leurs liens sympathiques et de leur force de réaction les dispose à des congestions et à des phlegmasies locales, d'autant

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plus dangereuses qu'elles se dénoncent plos Urdivemeot par le UooUesoiènl des fonctions.

L'habitude crée des faits qu'il faut se contenter de citer, unt ib fioleiit U règle et déroutent robsenration ordinaire. Une foole de gens se portent à mer- Teille en ne buvant que de Teau, et ne peuvent ingérer la pins minime qiuiH tité 4Ucool sans éprouver, l'un des pincements doalooreiix à Tépigstiv. l'antre une migraine, celni-d une douleur oonTolsifc dans les membrb (Royer-Collard), celai-là une surexcitation générale. De là nndicaiioQ, pocr l'homme sain, de s*accoutumer à l'usage du vin mêlé d'eaa et même par en quantité médiocre. D'autres conservent une santé parfaite, qui ne boimt que du vin pur, et ne pourraient y renoncer sans danger, n y a des bu? eom de faibles doses d'alcool jettent dans un commencement d'ivresse, et qiii ortent ensuite une étonnante quantité de vin avant de tomber dans Tébriéié complète. L'abus des alcooliques, s'il date de loin, peut lui-même entm- àisè les conditions, nous ne dirons pas de la santé, mais de la conservatioo. La fedime d'un négociant contracta à cinquante ans Uhabitude de rivrogwne peoasée jusqu'à boire cinq à sept flacons d'eau de Gol€>gne par jour ; deveooe leuoo-pblegmatique au bout d'un an, elle se ravisa par frayeur, et raioiça brusquement à toute boisson fermenlée ; huit jours après ce sevra^ violen elle mourut (Esquirol). La maladie ne suspend point le règne de rhabitwk; aussi Dupuytren, en 181^, prescrivait-il une ration de vin par jour aux soUtb rosses blessés qu'il traitait à l'Hôtel-Dieu. Cbomel agit de même enven os malade dont la ration habituelle d'alcool se composait, par jour, de plosieon bouteilles de vin, et de deux bouteilles d'eau-de-vie : malgré Texistence à'nr inflammation aiguë, il lui accorda journellement deux bouteilles de vin et ar demi-bouteille d'cau-de-vie. Tout praticien possède de semblables faiis [y]' devers lui. L'imminence morbide qui résulte des conditions climatoloîiqi > ou de l'existence actuelle d'une épidémie, est nolabieinent augmentée par Iexcès habituels d'alcooliques. Dans les pays ciiauds, l'ivrognerie imprime à" accès simple la forme pernicieuse, délirante, comateuse; multiplie les il^ diarrhéiques et dysentériques; favorise les congestions et les suppuration^' foie. Les médecins de la marine ont noté que dans les épidémies de (u\ jaune, les matelots du Nord, plus intempérants que ceux du Midi, périss^E en plus grand nombre : dans l'épidémie qui désola Cayenne en 1850 et 1S31 la proportion des décès a été pour les premiers de 2,2 sur 3, et celle des drr niersde 1 sur 3(1). Les trois épidémies de choléra qui ont sillonné la Frar ont mis en évidence, à Paris, l'aptitude des ivrognes à recevoir rimpression r la cause épidémique et l'impuissance presque constante de leur réaction. A Val-de-Grâce, en 18/49, les buveurs d'alcool, les amateurs iiitemjiéranls de goutte du malin, si nombreux dans l'armée, ont payé au choléra un inb prépondérant. Chez les individus qui, sans être des ivrognes, sont accouiumt'^

(1) ronssagrives, TraiU' f/'hi/f/ir/w narah-. 1856, p. 101».

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boire une assez forte quantité de vin à leur repas, la convalescence ne se prononce complètement que lorsque cette boisson leur est rendue. Il faut même se bâter de le faire. C'est ainsi que nous avons décidé la convalescence d'un militaire qui, attaché à la cantine du régiment, buvait journellement plusieurs bouteilles de vin, et qui nous était arrivé à Thôpital atteint d'une pneumonie aiguë du sommet droit avec délire. En général, le vin et la bière sont utiles aux convalescents, toutes les fois que le foyer morbide est parfaitement éteint et que Fencéphale et les voies digestives sont intacts. Dans beaucoup de maladies, le vin est une ressource précieuse de traitement, soit qu'il aide à relever les forces nerveuses dont l'épuisement domine la scène clinique, soit qu'il fasse taire le délire qui se développe si facilement chez les fndividus affaiblis par les excès, les pertes sanguines, etc. 11 est peu d'affections chroniques» si Ton excepte celles du tube digestif, où le vin dilué ne puisse se donner avec avantage. Encore le vin de Bordeaux, frappé de glace, a-t-il corrigé la sensibilité morbide de maints estomacs, et guéri bien des prétendues gastrites chroi niques, qui n'étaient que des névroses liées à un état général d'anémie et de débilité. I^s professions qui se rattachent intimement à l'habitude font varier les effets de l'alcool : celles qui exigent une grande dépense de force musculaire, et qui accélèrent le travail éliminateur des organes de sécrétion et d'excrétion comportent un plus large usage des! boissons fermentécs, pourvu que ceux qui les exercent soient d'ailleurs sains et bien constitués, ne remplacent point la salutaire stimulation des aliments par celle de l'alcool, et ne se jettent point dans les fatales alternatives des excès et des privations. Dans les professions sédentaires, la stimulation de l'alcool est moins nécessaire, et elle amène des altérations organiques, s'il s'y joint une contention habituelle de l'esprit.

Nous avons indiqué l'emploi des alcooliques suivant les climats. Dans les pays chauds, les alcooliques peuvent nuire aux individus non encore acclimatés. Qu'ils laissent passer la période initiale de surexcitation, caractérisée par les liémonhagies, par Timminence des congestions locales, par l'élévation de la température du sang. Plus tard, quand les sueurs excessives auront débilité l'économie et amené l'atonie des organes digestifs, l'alcool dilué sert à ranimer la vie centrale, l'action digestive, les forces musculaires, à modérer les déperditions cutanées : encore faut il le proscrire s'il existe une disposition à la dysenterie ou une menace d'hépatite. L'acclimatement une fois consommé, l'Enropéen peut, comme les indigènes, user modérément des alcooliques; on léger degré de stimulation habituelle leur semble nécessaire ; l'usage si coin* mun du bétel, des aromates, des épices parmi les indigènes, répond à ce besoin : il en est de niême du taûa, qui, pris en petite quantité, favorise la digestioa^ mais dont l'abus, dit Jacquier (1), occasionne dans la Guyane française des accidents formidables, tels que tremblements violents, coliques atroces, affec*

(1) Jacquier, Thèse, 1837.

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seaux profonds ; beaacoop d'entre eux périssent ainsi d'asphyxie : Tosage yqIgaire de les entourer de paille, de famier, etc., est donc fondé sur Texpérience. Le premier degré cède à quelques tasses de café ou de thé iéger^ à une potion composée d'un demi-verre d'eau et de dix àdouxe gouttes d'ammoniaque. Les nausées avec vertiges sont une indication naturelle pour le vomissement, que Ton provoque alors par l'ingestion de l'eau tiède, par la titillation de la luette à l'aide d'une plume dont on a trempé les barbes dans de l'huile, au besoin par l'administration de l'émétique à la dose de 10 à 15 centigrammes. On apaise ensuite la soif avec de la limonade, ou toute autre boisson acidulée : d'après Roesch, le vinaigre serait l'antidote direa de l'alcool ; il est certain qu'on a souvent obtenu d'excellents effets avec Teau vinaigrée employée en boisson, en lavement, en fomentation et en affusion. Dans le deuxième degré, on débute par les mêmes moyens, mais on élève la dose de l'ammoniaque liquide (acétate) à 2 grammes et au-delà : j'ai donné avec succès jusqu'à 30 grammes d'acétate d'ammoniaque liquide. Il faut alors se préoccuper du degré de congestion cérébrale, et, suivant qu'il est plus ou moins prononcé, le combattre par les lotions froides sur la tête, avec ou sans vinaigre, par des sinapismes promenés sur les extrémités inférieures, par des applications trèsmodérées de sangsues aux tempes, aux apophyses mastoldes, à l'anus en cas d'hémorrhoïdes habituelles. La réfrigération de la tète à l'aide de compresses imbibées d'eau froide, et mieux encore par des affusions et des douches^ a été souvent utile ; mais il faut empêcher le refroidissement général du corps, auquel l'homme ivre et surtout l'ivrogne sont très-disposés ; aussi Roesch, par excès de prudence, rejette-t-il l'emploi du froid. Trotter a vu des matelots ivres qui tombaient à la mer, en sortir dégrisés ; ces faits exceptionnels n'autorisent point à prescriro, ainsi qu'on l'a fait^ l'immersion totale du corps, les bains de surprise, comme moyen de traitement de l'ivresse. Quand celle-ci est furieuse et convulsive, on se bit assister par des hommes calmes et vigoureux pour se rendre mattre de Tindividu et le faire tenir au lit, les pieds liés, le tronc et les cuisses assujetties avec des draps passés en travers, tandis que Ton se borne ï contenir les mains ; on cheh^he ensuite à provoquer le vomissement par les moyens les plus simples, sans recourir à l'émétique; toutefois ùA s'abstiendra de faire vomir, s'il s'est passé un trop long temps depuis l'ingestion des boissons spirituetises pour qu'il en reste une quantité notable dans Testomac, et l'on a vu plus haut que l'absorption de l'alcool est très-rapide. Le^ douches froides un peu prolongées sur la tête et administrées au moyen d'une grosse éfiouge qu'on exprime, provoquent d'abord quelque exacerbation, bientôt suivie d'un calme relatif : c'est le moyen populaire en Angleterre contre cette forme d'ivresse ; il a réussi à Percy et à Lallemand et Perrin. Dans le degré extrême de l'ivresse, quand l'bypérétnie cérébrale est portée jusqu'à produire la stupeur et l'imminence de l'asphyxie, on emploie la saignée, les applications froides vinaigrées sur la tête, les affusions même sur la tête et le cou, si l'on n'a pas à craindre le refroidissement général, les frictions sèches, les sina-

Sn r>r.S HOPIPICATVTRS. — IHCnTie

L4 proportion d« atêim varie djDs les ^Oimtps tafteni RotMpiet et Boutron ont signalé lee diflL^rcnces suivantM :

Cité S«iiit-t»«niBCae. a,8S

— C»jtnM.. i,M

— NoU, Java et AlexiAdrie |^

— Mïrtiniqoe | jj

Us recherches de Payea ont bit- voir que Toa peut nolerl produits d'une iarusion de ufË, de nuoidre à retenir, aom wn i t/ldO' environ, la plus grarwle partie dm princtp» aromli snoi campleies et foomissent à l'anaF^se deux bailea eneniid kur pMds total s'i\tse an plus à a/lOOOO" du pottb da caA; i celte essence suffit pour parfumer toute nnp chambrv. L» km de l'imme déterminent la Tileur des diverses aortes (fe caHs. R qn'en admetUnt, pour la quantité pondérable de l'cnence, sealci tiers du prix dn calé, la principale btrifc ensenliHIe da ttià i nlenr énorme de lUODQ francs le kiiograrome. Les nii»U(4i cafés du commerce traduisent tes variétés ctilU*^^, l'exponli terrain, les soins de la cullnre et les cmdiiioDs ainMsptiériqoei. attaché ï définir tes deux principales sortes du comnerce, la IM moka. Le premier e»i en grains ïoInmJneui, i bce déprimée; m mules en ellipsoîdt s se rapportent à des fniîtsdoat un des oiulâ d'autres, plus rares encore, i fttrme anguleuse. indif|nenl la p pression mutuelle de trois ovules dans le même fraîL Les gr^ soDi d'un gris jaunâtre, moins volumineui, d'une forme niai presque toujours aplatie sur la [ace qui correspondait à on dfl dans chacun des fruits; la Ibrnte arrondie n'appartient qu'à aM développés isolément dans un fruit dont l'un des u^ ul» est atoH grasse du moka, un peu plus abondante que dans les autres M les 13/1 UO' du poids total; plus jaune, plus Quide, elle relient pi une partie de l'essence aromatique, d'ailleurs pins suave et en m forte. La matière grasse du café martiniquc est plus brune, moi présence d'une matière cireuse et la couleur verte de« grains pem de l'époque de la récolte et du moment où s'est elTectué l« décd qu'on enlève la pulpe du fruit remplie de sucs, l'oi^gvae aUnotpb sur le périsperme tout humide, le cblorogénate verdit, Ica suhsu t'altèrent, et l'essence s'altère ou s'édiappe en partie.

Le café non lorpéfié a nne saveur et une odeur herbacée). Son fen, le grain augmente du tiers de son volume et perd environ I (!.'> a 21 pour 100) de son poids; la partie ligneuse de la semem décomposition partielle el devient friable; il se forme, en outi hrUR, solable dans l'eau, nnalugue i celui qui se produit dans U

J.-6. BÂILLIÈRE ET FILS, rue Hautefeuille, 19. 29

LSBSRT (H ). Traité pratlqae «et malatftet tcrotaleaiet et takerealeoiet. Ou-

vragB couronné par l'Académie de médecine, Paris, 1349, f volume in-8 de 830 pages. 9 fr.

LSBERT (H)- Traité pratiqae de» maladies cancéreoset et des aflections curables confondues avec le cancer. Paris^ 1851, 1 vol. in-S de 89'J pages. 9 fr.

LEBLANC et TR0USSE4U. Anatomle cblrorrlcale des principaux animaux domestiques, ou Recueil de 30 planches représentant : 1 ^ Tanatomic des régions du cheval, du bœuf^ du mouton, etc., sur lesquelles on pratique les observations les plus graves ; 2° les divers états des dents du cheval, du bœuf, du mouton, du cbien^ indiquant l'ilgc de ces animaux; 3* les instruments de chirurgie vétérinaire; 4^ un texte explicatif ; par U. Leblakc^ médecin vétérinaire, ancien répétiteur de TÉcole vétérinaire d'Aliort^ et A. Trousseau, professeur à la Faculté de Paris. Paris, 1828^ grand in- fol. composé de 30 planches gravées et coloriées avec soin. 42 fr.

LECONTE. Études chimiques et physiques sur les eaux tHermales de Lnxenll. Description de rétablissement et des sources, par M. le docteur Lecontb, professeur agrégé à la Faculté de Paris. Paris^ 1860^ m-8 de 180 pages. 3 fr. 50

LEDENTU. Des anomalies du tesllcule, par le docteur A. Ledentu, professeur agrégé de la Faculté de médecine. Paris, 1869, in-S, 168 p. gvec flg. 3 fr. 50

LEFEVBE (A.) . Histoire du service de santé de la marine militaire et des écoles de médecine navale en France^ depuis le règne de Louis XIV jusqu'à nos jours (1666- 1867). Paris, 1867, 1 vol. in-8, 500 pages, avec 13 plans, cartes et fac-similé. 8 fr.

LEFORT. De la réseetlon de la hanche dans les cas de coxalgie et de plaies par armes à feu, par .M. Léon Le Fort, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, etc. Paris, 18G1, in-4, 140 pages. 4 fr.

LE GENDRE. De la chute de l'utérus. Paris, 1860, in-8, avec 8 planches dessinées d'après nature. 3 fr. 50

LE GENDRE. Anatomie chirurgicale homalovraphlque, ou Description et figures des

Srincipales régions du corps humain représentées de grandeur naturelle et diaprés es sections plans faites sur des cadavres congelés, par le docteur E. Q. Le Gerdre, ^) prosecteur de Tamphithé&tre des hôpitaux. Paris, 1858, 1 voL in-fol. de 25 planches avec un texte descriptif et raisonné. 20 fr.

LEGOUEST. Traité de chlmrfle d'armée, par L. Ligouest, médecin principal de l'armée, professeur de clinique chirui^icalc à TEcolc impériale d^application de la médecine et de la pharmacie militaires (Val-de-Gràce) . Paris, 1863. f fert vol. in-8 de 1000 pages, avec 128 figures. 12 fr.

Ce livre est le r«=»ullut d'une cipmt*nre acquiie par nnp pratique de vingt eni denf rermée et par dix année* de cumpagiict en Afrique, en Orient et en Italie. Il >e termine par de nombreux docnmenl« intfditt sur le mode de functionnemcnt du scrTire de «antë en campagne, aur le tenrice dont il dispose en personnel, en moyens chirurgicanx , en matériel, en moyens de transport ponr les blosés.

LÉLUT. Du démoo de Socrate, spécimen d'une application de la science psychologique à celle de Phistoire, par le docteur L. F. LÉLUT, membre de Tlnstitut, et de TAcadéinic de médecine. Nouvelle édition rcTue, corrigée et augmentée d*ime préface. Paris, 1856, in- 18 de 348 pages. 3 fr. 50

LÉLUT. L'Amulette de Faaral, pour servir à Thistoire des hallucinations. Paris, 1846, in-8. 6 fr.

LÉLUT. Qu'est-ce que la phrénolofle? ou Essai sur la signiGcation et la valeur des Systèmes de psychologie en général, et de celui de Gall en particulier. Paris, 1836, in-8. 1 fr.

LÉLUT. ^ Forfane phréuoloflqae de la dettmetliHi ehci les aBlaMimi, on Examen de cette question : Les animaux carnassiers ou féroces ont-ils, à Pendroit des tempes, le cerveau et par suite le cr&ne plus large proportionnellement à sa longueur que ne l'ont les animaux d'une nature opposée. Paris, 1838, iii-8, atec une planche. 50 c.

8«n nfs MftniFiaTEiiRs. —

la bnsp du jirciiiier repas du jour ; pour les niaiigeui-K vi mtffMpMl de gens sobres l'auxiliaire obligé de la digestion ; |N>ur les pi^liti (lionales prcstjue un spécifique coiiLrc l'aclion débililanic des cfaak les classes inIcllecLuellcs, une liijucur â laquellu l« jjénie se plaîti une parlic de ses inspirations (I). l'obon, disent les uns; ambrai en croit les autres : exagération des deuiE côtés. Le (langer on l'n ici, comme )x>ur toute autre substance Ikromatologtqtie. danslel wn action avec une organisation donnée. L'iafusion do café bten pi une buisson eitrâineuienl agiéable, d'une sareur csqtiiso. Avant de Oii en hume avec délices la suave vapeur; dès qn'elle arriïc dios elle y fait naître une douce clialeur et une scnsalîoii do bicn-£lre(|iii dent dans toute l'économie; elle accélère la respiration, augmente la el la force du pouls : 6 grammes d'infusion de café injeUés dans la * hii-e d'un chien ont fait monter rajùdement et successivement lli tnomètrc de l'oiseuille, de H>-h5 millimètres, à &5-.')0, 50-65, 70et même it 70-105 (Magendie); en inCme temps la transpiration de abondante, les sécrétions plus faciles. L'injection d'une ^ale quant de-vie n'a détermina aucune oscillatioD appréciable dans la colooi rielle de l'héniodynamomètre. Les centres iierreux participent ii M cette expansion vitale; les facultés intellectuelles s'érigent ; les pencfai affections se prononcent; les expressions, gestes et paroles, se socc* plus d'alacrité; les nrauvcments deviennent plus vifs, plus aisés; dul persoimes, !c sens gènilal s'éveille. Ces phénomènes léninignent i sance excitante du café, puissance qui semble agir priinilivemenl, extrémités nerveuses de l'estomac, et sur le système vascuUire. Les café sont, du reste, modillés par la température du liquide, par l'A cuite ou do plénitude gastrique, par l'âge et le tempérament, par I' par la ualurc du climat et des localités; et c'est jKiur n'avoir pd compte suflisaut de ces circonstances que l'un a tant déclamé pour i le café, l'ris froid, il s'en faut qu'il développe le même degfv de stil le calorique met donc en jeu ses vertus. L'immense majorité des as prennent après les repas; il n'agit alors t^ur l'eslotnac que d'un presque indirecte â travers la masse des aliments qui l'cmpliiaeirt, i fluence sur l'économie est diminuée de tout le secours qu'il foomit 1 lion. C'est surtout â la lin des grands repas qu'il est désiré et bien i il rehausse l'énet^ie de l'estomac aux prises avec une quantité cm d'aliments divers; il en rend la cbymification plus pmmpte et pittf abat les fumées stupéfiantes du vin, prévient l'ivresse cl ses iniitr*. traire, pris îi jeun, il ne détermine qu'une excitation sans fond, tiraillement h l'épigasCre; d'une sensation de vide, d'un malaise qta

(I) Calwnis, Rapjii/rt ilu /j/ii/sii/ii L. Poitte, Pari», ISdd, p. 387.

mille l'homme.

i'édUioa, «I

privée] des boissons ahomatiques. aai

celui de la faim; c'est alors aussi qu'il émeut le plus fortement le système nerveux; et pour peu que Ton continue d*en user à cette guise, il détermine les accidents qui se rapportent à la domination morbide de ce système. Les constitutions caractérisées par la prépondérance des élaborations blanches et la langueur des actions vitales, puisent dans le café une stimulation favorable à leur digestion, et qui tourne au profit de leur ensemble. L'âge, en nantissant Tactivité des organes et en relâchant leurs liens sympathiques, semble aussi faire du café Texcitant fonctionnel par excellence des vieillards, enmêtee temps que, par la menue proportion de ses éléments nutritifs, il répond à leur menu besoin d'alimentation. Aussi le savourent-ils avec délices; il réveille leur sensibilité émoussée, et restaure, pour ainsi dire, en eux la consdedce de la vie.

£n général, lous ceux dont la circulation s'ébranle di£Scilement peuvent faire usage du café sans inconvénient Napoléon, dont le pouls marquait /|0 par minute, l'aimait à l'excès. Dans les pays froids et humides, il aide l'organisme à réagir contre les influences déprimantes de l'atmosphère ; dans les localité^ marécageuses, il provoque et entretient le mouvement éliminateur fin Je tégument externe; dans les climats chauds, il semble agir à la fois çofeUlie amer sur les organes digestib, et comme excitant général sur Véfjfmonàe^ qu'il fait sortir du collapsus où la jettent les chaleurs excessives. A bord des vaisseaux, dans les camps, au feu des bivouacs, il facilite la digestion d'Qn repas composé de salaisons et de légumes secs ; il provoque les causeries et les épanchements qui font oublier les privations du moment, entretient dans les esprits une douce exaltation qui rend les nuits de garde nK>ins longues, la pluie moins pénétrante, la brise moins glaciale, la marche du tempsr moins uniforme et moins triste. Ces conditions morales de notre espèce, ces besoins que la civilisation crée et développe, ces éléments de la spon|anéité psychique qui entrent pour une si large part dans l'équilibre de la santé, les hygiénistes les oublient trop; ils sont l'origine et la raison de nos habitudes : celle du café fait partie en quelque sorte de notre civilisation. Médecins, résignez-fous à Tabsoudre. Et qu'importe à l'artiste, au littérateur, au philosophe, que stm pouls s'accélère de quelques pulsations une ou deux fois par jour, si, conune Barthez, il peut dire du café : « Il me débétise. » L'habitude, d'ailleurs, atténue singulièrement les mauvais effets du café, si elle n'en fait une boisson entièrement innocente. Fontenelle, Voltaire, Frédéric II, Delille,. et tant d'autres qui en ont fait excès, ont pu croire qu'il ne nuisait pas à la longévité. Avant d'en défendre l'usage, examinez soigneusement les conditions de santé de ceux qui y sont accoutumés ; pesez les inconvénients de l'usage et ceux de l'abstinence. J'ai vu des personnes qui avaient entrepris de s'en sevrer, s'affaisser chaque jour sous le poids de leurs digestions, tomber dans une sorte de mélancolie, perdre leur activité intellectuelle. Je me suis pressé de leur rendre la liqueur vivifiante, dont l'arôme seul, aspiré à longs traits, leur était une ineffable jouissance. Qui ne possède dans ses relations telles gens qui se réveil-

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Le café exerce-t-il une action spéciûque sur le dynamistne cérébral? Il y a exagération certainement à le qualifier de boisson intellectuelle, mais il n*y en a pas moins peut-être à lui refuser toute influence sur le rhythme physiologique dé rencépbale. S'il ne le modifie qu'à titre d'eiciiant général^ pourquoi l'ammoniaque, réther> les infusions préparées avec des plantes aromatiqntii, n'exercent-elles pas une action analogue sur les manifestations de rintellect ? Les esprits les plus lourds puisent dans le café une certaine facilité pour les œuvres de Tintelligence t il ne fait pas éclore la pensée dans la cervelle de ridiot, mais il ranime les facultés engourdies de Thomme sain, il épanouit l'imagination du poète, il ravive la mémoire du professeur, il fait couler les idées de la plume et les paroles des lèvres. Pour nous, qui ne prétendons pas expliquer l'influence de tous les agents hygiéniques par la dichotomie de l'irritation et de la non-irritation, nous reconnaissons que celle du café a uii rapport particulier avec les fonctions de l'encéphale t elle porte directement sur le système nerveux, et, dans te système, particuUèremeut sur l'extrémité céphalique. C'est par là que nous comprenons la propriété qtt'il possède d'empêcher le sommeil au moins pendant six à huit heures après soil iiiges^ tion, propriété que ne partagent point les alcooliques lii les autres boissoflà aromatiques; elle s'affaiblit par l'habitude sans jamais s'épuiser entièreni^t Non-seulement le café pris pendant le cours de la nuit écarte le sommeil et l'accablement qui le précède, mais encore il procure à l'esprit une lucidité et un état de quiétude qui démontrent pour OOUS jusqu'à l'évldeilcè la merveilleuse spécificité de son action. Nous rattachons à cette fnémé cause les veilléités aphrodisiaques qu'il suscite à quelques personnes sans la complicité des organes géûitaux. Le café, utile contre l'asthme, les fièvres intermittentes, les diarrhées atoniques, etc., neutralise les effets stupéfiants de l'opium, sans doute en dissipait la congestion de Teucéphàlé pur i^accétémtkm qu'il unprime au cours du saug : c*est de Cette manière qd'il remédie souvent aux céphalalgies symptomatlqued d*une légère hypérémie du cerveau. Atissi ne comprend-on pas le reproche injuste qu'du lui a fait de favoriser les coûgestions sanguines vers la tête, de [disposer à l'apoplexie, etc. ; Il (éf< éloigne plutôt, soit en dissipant les stases sanguines qui s'opèrent dans le Cerveau, soit en facilitant les digestions dont Tembarras est une Causé si fréquente d'accidents vers la tête.

Le café au kit et à la crème est d*un usagé presque uhiversel .' présomption d'innocuité. Agréable au goât et à l'odorat^ il passe bien, accélère la digestion, entretient la liberté du ventre, et remplace, pour beaucoup de personnes, l'emploi d'un laxatifl Lé peuple en use avec prédilection ; aussi se vend-il au coin des rues et dans les placés publiques. Combien de femmes sacrifient toute autre nourriture à lehr ration quotidienne de café au laitf On l'accuse de causer des tremblements, des mouvements fébriles^ des dyspnées, des palpitations, des leucorrhées, de diminuer l'énergie des tissus, etc. , banales énonciations dont pas une n'est fondée sur une observation exacte et régulière. Il

su tlKS MOmPrClTEllRS. — [Sr.KSTA.

convieat seulement de ûkvt la proïKinion Ju lait et du alla d'irritabilité neneuse de ceux qui en fout usage.

La valeor alimenlaire du café ressort des données stiivanles : et 100 grammes de cafË fournissent une infusion qui coa 20 grammes de matières solides en moyenne; c«tte iofnsi volume égal. Irais fois pins d'élémenls solides, et plus du don organique azotée que celle du tlië, préparé avec 20 grammes t d'eau bouillante. Les populations méridionales, qui ont uo instinctif pour le café, y trouvetit donc i la fois un moyen de i les chaleurs, un aliment approprié au climaL C'est sans doute | en usage parmi les indigènes que De^nettes l'a recommand en Egypte, bien longtemps, comme on le voit, avant que Ivs i laires de notre époque l'aient préconisé en Algérie Nous avons ■ Moréute, le Turc, l'Arménien, le Bulgnre des côtes de la mer avec une égale prédilection ; la soupe au café est le repas préféi pour le malin, elle égayé le réveil de nus soldats en Afrique ; elK pour eux le correctif des salaisons, le seul aiguillon de leur . plateau de Sébastopol. Un litre formé de parties égales de café tient :

1/2 litre d'intuiion de café. .

i/2 litre de lail

Sucre en moyenne

Kiihft. AA>i4e> hIihI

[bifi ou A7,80 plut 10

Payen bit remarquer que c« liquide alimentaire représente d'êlémenls solides et trois fuis plus de substances azotées que le propriétés niitriti?es sont donc réelles, et il faut ajouter qu'il son arome, sa saveur, sa puiijsance stiniulaiiie à une quantité de à vingt fois son poids (eau et lait) et à un égal tolumc de pain di le peu de sapidité. Les minetirs de Cliarleroy ne reçoivcai, dans talion Journalière, que Vi",82 d'azote, tandis que les détenus centrales en reçoivent 16",56, et les trappistes 15 grammes; ntai belges font usage du café (3U>',59 par jour). DcGasparin en a ( café a la propriété de ralentir le travail de désassimilation, dfl mutations oi^aniques, de manière â diminuer les besoins de la nécessiter moins fréquemment l'ingestion des aliments, à réduif lion d'azote (urée et acide uriqtie) qui s'échappe pac les ariacs( empêcherait le corps de se dénourrir. C'est parcL' nif-canismei trait aux ouvriers de Cbarleroy de se maintenir en santé et en *

(1) Expérience! de Bocker (Crefeld, ISSlt;.

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un régime très-élolgné des 20 à 26 grammes d'azote indispensables par jour à l'entretien de Thomme adulte; chez eux, le café n*agit pas comme substance nourrissante, puisqu'il n'entre que pour 1/35^ dans le chiffre des proportions nutritives de leurs aliments. Magendie a opposé à l'interprétation ingénieuse de Gasparin le témoignage d'un médecin de Yalenciennes, Charpentier, qui n'a pas trouvé les ouvriers belges dans un état de santé florissante. La question reste à l'étude.

IL — Thé.

L'importance de ce produit végétal est immense, et affecte non-seulement l'hygiène et la médecine, mais le commerce et la civilisation. L'infusion de thé est la boisson commune dans tonte l'Asie orientale; l'Europe et le nouveau monde en font une énorme consommation; il est pour la navigation au long cours un mobile puissant, pour les peuples un moyen d'échange, pour les gouvernements la source d'un revenu considérable, pour Thomme sain un stimulant d'une suavité sans égale, pour le malade un agent prophylactique et curatif en beaucoup de cas, pour les familles une délectation salubre et un prétexte d'agréables réunions, pour la vie sociale un lien de plus. L'usage du thé, établi depuis un temps immémorial en Chine et au Japon, d'où il s'était étendu dans l'Inde, l'Arabie, la Tartarle et la Perse, ne fut connu en Europe que vers le milieu du XYU^ siècle. En 1602, la compagnie des Indes hollandaises en fit la première importation ; elle l'avait obtenu en échange d'une plante européenne, la sauge, dont les vertus, célébrées par l'école de Saleme, ne réussirent point auprès des Chinois et des Japonais. En 16/iO, un médecin hollandais, Nicolas Tulpins, publia en faveur du thé des observations puisées en grande partie auprès des marins instruits qui avaient fréquenté les mers de Chine. Cet ouvrage fut suivi {\6kS) de V Apologie du thé, par lUorisset, du petit traité de Jonquet (1657), qui l'appelait une herbe divine, et d'un traité plus complet sur V excellente boisson du théy par Cornélius fiontekoe (1678), qui fut traduit dans toutes les langues, peut-être par les soins intéressés de hi compagnie des Indes hollandaises. Sydenham en Angleterre, Etmûller en Allemagne, Geoffroy, Lémery et Andry en France, contribuèrent à en répandre l'usage; mais c'est surtout au savant voyageur Kaempfer que revient rhonneur de l'avoir popularisé en Europe (1). L'opposition de Boerbaave et de Van Swieten n'arrêta point l'élan du goût public, que Linné vint confirmer de son imposant suffrage (2).

L£ thé, rangé par de Jussieu et Ventenat dans la famille des orangers et par de Candolle dans celle des camelliées, a mérité, aux yeux de Mirbel, de servir de type à une série naturelle, à une famille distincte de plantes sous le nom de théacées. C'est un arbuste d'une hauteur variable de 1",30 à 8 et même

(1) Kaempfer Amœniiate» exoticœ,

(2) Linné^ DUsertatio poiûs ihea.

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