DES SEXES
L'espèce humaine présente au plus haut degré les caractères de la sexualité individuelle, c'est-à-dire : 1° la séparation parfaite des sexes; 2"" la perfection des appareils de génération; 3"^ le rapport général de l'organisme avec le sexe. Examinons les diiïérences que la sexualité détermine chez l'homme et chez la femme dans les fonctions, dans les organes, dans l'ensemble ou la forme générale de l'individu, et commençons par les organes, par les fonctions mêmes qui impriment à l'un et à l'autre le cachet d'une destination distincte dans l'office synthétique de la propagation de l'espèce.
§ i. — Fonellonii tfe la génération.
On ne saurait méconnaître une différence profonde entre l'homme et la femme, par rapport à l'espèce. Le rôle du premier se borne à la fécondation; cet acte consommé, il recommence à vivre pour lui-même, et jouit d'une
(1) Beveillé-Parise, Traité de la vieillesse, hygiénique^ médical et philosophique, PuÎB, 1853, p. 278. — Flourens, loc, ciU^ p* 77.
mvtej * FONCTIONS DE LA GÉNÉRATION. 97
pins grande indépendance dans la sphère de son autonomie personnelle. La femme, au contraire, vit pour Tespèce plutôt que pour elle-même : la série des fonctions qui lui sont imposées pour les fins de la propagation humaine témoigne de cette direction primordiale de son organisation. L'œuvre dont elle est chargée ne se termine point à la copulation, à la fécondation ; il (iaut ensuite qu'elle fasse les frais d'une incubation prolongée, de la parturition et de l'allaitement, et pour qu'elle s'applique en temps opportun à sa mission, la nature l'avertit de son aptitude à la remplir par l'établissement d'une fonction .spéciale, la menstruation. Ses premières manifestations morales sont conformes au but de la nature, elles l'entraînent vers le sexe dont elle doit recevoir la fécondation; les plaisirs, les chagrins, les devoirs qui se rattachent à ce même but, sont l'occupation de sa vie. Enfin, et comme pour la solliciter plus vivement à la reproduction de l'espèce, la nature a placé du cdté de h maternité les chances les plus fortes de santé et de longévité : le célibat est plus funeste aux femmes qu'aux hommes; les couvents de femmes recèlent plus de maladies et d'existences languissantes que les couvents d'hommes; la fécondation et la grossesse fortifient beaucoup de femmes; et qui n'a remarqué la santé florissante dct femmes, mères de nombreux enfants, tandis que la stérilité dessèche et flétrit!
Une destination si énergiquement exprimée par les instincts et par les fonctions doit avoir réglé la structure et les relations des parties : les moyens doivent s'accorder avec le but^ et c'est ce qui ressortira d'une exploration rapide de l'organisation féminine.
Le bassin entier de la femme, appelé par Burdach le laboratoire de la génération, est plus développé; plus ouvert en avant et en haut que chez l'homme; le détroit supérieur du petit bassin forme d'avant en arrière un plan oblique plus rapproché de la perpendiculaire chez la femme que chez l'homme : li ligne circulaire que représente ce détroit est plus prononcée à cause de l'écartement plus grand des os costaux : le diamètre antéro-postérieur est de Il pouces, l'oblique de à pouces et demi, le transverse de 5 ponces. L'excavation du petit bassin doit à l'éloignement des ischions Taugmentation de son diamètre transversal : il est de & pouces, ce qui élève son rapport à celui de l'homme : : 123 : 100. Grâce à la courbure du sacrum, rantéro-postérieur est de & pouces et demi; rapport à celui de l'homme : : 108 : 100 ; l'oblique a k pouces et demi ; les trous sous-pubiens et les échancrures sciatiques sont plus grands, et l'axe du bassin décrit une plus forte courbure. Le détroit inférieur est plus large et plus ouvert en devant. En même temps les muscles des lombes et du siège sont plus développés ; les nerfs du plexus pelvien, les branches qui vont des plexus mésentérique supérieur et inférieur aux organes génitaux, sont beaucoup plus volumineux que chez l'homme, et Haller a re* marqué qu'il en est de même de l'aorie descendante et des artères iliaques. Il est inutile d'insister sur le concours de ces dispositions organiques vers un même objet; d'autres encore, que nous omettons, contribuent à faciliter les M. ttVT. Hygiène, 5* irni. i. — 7
18 0BS SEIES. * [i
actes qai 9t résament dans la reprodactîoo de Tespèce. Noos ne décnroot id Tappareil géoital de la femuie ; ooiu» rappelieruns seuknneiit avec qucle pranpIitBde aet partiel externes et ÎDtemes oomplèteDt leur évolution ven l'époque et la poberté. Le mont de Véniui se prononce, les lèvres et les nymphe s'épsBOoisKBt, le vagin s'étend, le clitoris acquiert plus de volume el d*exdtabililé» Fntârus plus d*épaisteor et d'étendue ; par une connexion de défcloppenent, la mamelle s'élève et s'arrondit, le mamelon se forme et ix>agîL la inrgesoence des parties génitales externes et internes s exalte par degrés 61 finit pir se résoudre en un flux sanguin, précédé par les phénomène» sui- ▼ants : Fntéms se gonfle, rougit à sa iêce. interne, se di^eiid par le bas et desoeod de manière à se laisser sentir à une moindre hauteur dans le hassin : mni erifitt s'arrondit ei se ramollit à son pourtour, en même temps que la \è\Tv poslérieare de cette onvertnre s'alloi^. A ces phénomènes s'ajoutent des tiraillements, des lasùtudes, eflet de la congestion des vaisseaux pei\ieas, de la chaleur aux parties génitales, parfois une cuisson douloureuse pendant récoolement des urines, et la tensîoa de l'abdomen. L'habitus extérieur trahit l'orage des organes génitaux : les yeux sont cerdés et moins viÊ», la face se colore par boolKes, les traits sont légèrement altérés ; de la céphalalgie, un peu d'accélération circulatoire pr moments, une sensibilité agacée, la diminution de l'appétit, souvent une transpiration d'une odeur caractéristique, parfois la perversion des goûts on dn caractère, annoncent que l'économie entière »'est ébranlée. Pen à peu cet orgasme tombe, mais la susceptibilité nerveuse persiste et augmente même pr Teflèt de la déperdition sanguine ; la faiblesse succède à l'excitation. Elle disparait à son tour après la cessation graduelle de l'écoulement, et tout rentre dans l'ordre jusqu'à la réapparition des» mêmes effets produits par la même cause, car désormais ce flux sanguin se renouvelle avec une périodicité presque fixe du vingt-septième au vingt-huitième jour, et, fonction distînctive de la femme, signe précieux de sa fécondité, il exercera sur elle, dans l'état de santé ou de maladie, une influence aussi délicate que profonde. Toutefois l'hygiéniste n'oubliera point que cette hémorrhagie n'est que l'un des phénomènes constituti£i de la phase menstruelle, qui dépend elle-même de l'ovulation spontanée. Chaque menstruation correspond à la iiiatiiratiou et è là chute d'im craf ; une vésicule de de Graaf, qui a pris sur t<»utt*> les auir^ une prépondénuce décisive, se déchire pour expulser ton œuf à un iiH>nient iadéterminé de la période menstruelle. Pouchet admet que réini>>ion de l'ovule a lieu soit immédiatement après le flux cataménial, soii pendant les quatre premiers joiu^ qui lui succèdent. L'œuf met ordinairement de deux à six joors pour franchir la trompe, et séjourne encore deux à six jours dans l'utéms (i). C'est pendant cette migration, que l'ovule peut être féconde à la suite d'an rapprochement ; au delà des douxe à quatone premiers jours qui
(1) PoQcbet, Théorie potitite de r ovulation tpOHi^mée et de la fiecondativu dt^ tMifHmifèrm ei de fetpèet kamaùte. Paiii, 1847, ia-a «t atlas oolonè.
nvrtm] FONCTIONS DE U GCNÉRATION. 00
suivent les règles, la fâcondation ne serait plus possible d*après Pouchet, Tceuf ayant été entraîné au dehors par la decidua ou membrane caduque, sécrétée entre la surface de la muqueuse utérine et son épithélium ; celte sorte de pseudo*membrane se formerait normalement dans la maUrice après chaque menstruation, et s*en détacherait aussi normalement dans Tintenalle des règles, si la conception n'avait pas eu lieu, sous la forme d'un flocon albumioeux, élastique, d'une teinte opaline. Longet n'a jamais observé ce flocon, et le rattacherait, d'après la texture même qu'on lui assigne, aux produits de sécrétion muqueuse, analogues à ceux qui proviennent parfois des glandes du col utérin. Quant à la loi de la ponte périodique, s'applique-t-elle d'une manière tout à fait absolue à la femme 7 Pour les animaux mômes, on est amené à distinguer, avec Coste, des époques naturelles pour la maturation et la chute des œufe, et des époques pour ainsi dire arliûcielles qui sont subordonnées aux conditions d'abri, de température, d*alimenUition, de cohabitation, etc. Le pigeon sauvage pond une ou deux fois par an ; apprivoisé, il niche sept à huit fois dans nos colombiers. Dans l'espèce humaine, les excitations génésiques, le coït auquel elle est U)ujour8 apte, etc. , ne pourraient-ils accélérer le retour des modifications ovariques, et surtout la chute des œufs 7 Quoi qu'il en soit, la maturation spontanée des ceula chez la femme, leur passage des vésicules de de Graaf rompues dans les trompes de Fallope, leur déhisceiice chez les femmes vierges comme chez celles qui ne le sont pas, sans coït et indépendamment de Tinflucnce du sperme, sont des phénomènes qui s'accomplissent normalement et périodiquement, et ce travail des ovaires a pour signe extérieur l'éruption des règles. La menstruation n'est donc que la manifestation d'une activité vitale dans les organes de la procréation, et elle contribue à son tour à renforcer, par des excitations périodiques, l'énergie propre de ces organes : la turgescence sanguine qu'elle détermine, s'étendant jusqu'aux vaisseaux des ovaires, il est permis de l'envisager avec Scbweighaeuser (1) comme une maturation périodique de la substance propre à produire le fruit.
Depuis que les travaux de Négrier, Gendrin, Montgomery, Racihorski (2), Bischoff, Coste cité par Longet (3) , Gourty , Pouchel, etc. , ont démontré des rapports intimes entre la menstruation et les actes qui s'accomplissent dans les ovaires, l'hygiène de cette phase importante de la vie des femmes a reçu elle-même un caractère de précision et une plus utile application de détails; elle doit suivre, dans la direction de cette fonction, les indications de la physiologie et y distinguer avec elle trois périodes : 1^ Invasion signalée par l'odeur sut generù que prend le mucus utéro-vaginal et sa coloration brunâtre; déjà le microscope y décèle b présence de globules sanguins, quoique moins nombreux que les globules muqneui. Cette période dure un ou deux jours. 2^ État: Thémorrhagle utérine atteint son maximum d'intensité, et le sang qu'elle fournit ne difière du sang artériel
(4) 8eHr«ifli«UBer, Sur quelques point» de physiologie reiatifè au fastut^ p. 2.
(2) Radbonki^ Traité de la metutruation, etc. Paris, 1808^ p. 28.
(3) Loiicel, Traité dephynohgm, i. 11, 718.
100 t>KS SEXES. [ateiéiiK
que par son mélange avec le mucus vaginal (Brierre de Boismont, Radborski). D*après Tobservation des mammifères, c*est durant cette période que les vésicules de de Graaf se développent et subissent l'hémorrhagie interne qui doit expulser l'œuf formé dans leur cavité, mais elles ne s*ouvrent pas encore. 5* Cessation : le flux cataménial diminue et disparaît, les globules sanguins redeviennent rares au milieu des globules muqueux et des fragments d'épitbélium entiers ou déchirés ; c*est à la fin de cette période que s'ouvrent les follicules de de Graaf pour rémission des ovules. La période intermenstruelle se divise aussi en trois phases, offrant des phénomènes spéciaux : 1^ Desquamation d*une quantité considérable de plaques épithéliales qui proviennent en partie des parois du vagin. Cette période, qui dure environ dix jours, donne lieu pendant les quatre on cinq premiers jours à une irritation assez vive des organes génitaux ; le mucus qui s'échappe par l'orifice de la vulve, d'abord liquide, s'épaissit du sixième au septième jour, et présente, avec une plus grande quantité de globules muqueux, des amas de plaques épithéliales enchevêtrées, au lieu de ces mêmes produits isolés et nageant dans le fluide comme dans les quatre premiers jours. Vers cette époque, et quelquefois seulement le huitième jour après la cessation des règles, un sentiment de pesanteur et même des douleurs vives se manifestent dans les points du bassin qui correspondent aux trompes, dues non à l'expulsion des ovules, mais aux contractions d&s trompes de Fallope, à l'effet d'acheminer l'oeuf vers l'utérus. Du dixième au douzième jour, le mucus utéro-vaginal, plus dense encore, ressemble à du lait caillé, par suite de la macération et du gonflement des débris d'épithélium. 2^ Du dixième au quinzième jour, le mucus reparaît fluide et très -abondant, au point d'humecter la vulve et de couler sur les parties voisines, et^ d'après Pouchet, on voit tomber au dehors un flocon albumineux plus ou moins étendu, élastique, membraniforme : ce produit, nié par Longet, ne s'échappe que si la conception n'a pas lieu. En cas de fécondation, il est employé, dit Pouchet, à protéger l'embryon : on l'appelle alors membrane caduque ou detidua^ destinée à retenir la vésicule fécondée sur un point donné de la cavité utérine (1). 3° Â partir du dix-huitième jour, c'est-à-dire après l'élimination de ce flocon, jusqu'aux règles suivantes, le mucus utéro-vaginal reprend plus de consistance, et se montre au microscope, comme à l'œil nu, très-analogue au mucus du dixième au douzième jour.
La menstruation, considérée dans ses phénomènes locaux, a donc plus d'une analogie avec la grossesse et la parturition : dans ces trois états, l'activité vitale de la matrice se trouve également augmentée. Cette exaltation vitale de l'utérus aux époques menstruelles complète, avec les modifications anatomiques qui surviennent dans l'ovaire, l'opportunité de la reproduction ; aussi la faculté génératrice et la menstruation sont étroitement liées : il semble que l'une s'en tretienne par l'autre, et que la vitalité de l'utérus soit au prix des excitations
(1) Velpeau, Ovologie humaine* Paris^ 1833^ p. S.
tinte] FONCTIONS BB LA GÉNÉRATION. 101
périodiques dont il devient le siège. S*il a été réservé à notre époque de fériGer par TexpérieDce directe la coïncidence de la rupture des vésicules ovariennes avec les époques cataméniales, l'observation empirique a révélé aux médecins, depuis plus de vingt siècles, la fréquence plus grande des conceptions pendant ou immédiatement après la menstruation. Hippocrate recommandait déjà aux femmes désireuses d'enfants, de cohabiter au début ou vers h fin de leurs règles, pendant la durée de celles-ci plutôt qu'après leur cessation. Galien indique que la conception s'opère surtout immédiatement après la mensiruation. Boerhaave affirme que les femmes ne deviennent jamais enceintes qu'à la fin de leurs règles. Ce fait est si connu, dit Haller, que les femmes qui ne veulent pas avoir d'enfants, craignent de cohabiter pendant la menstruation. D'après Bôivin et Dugès, cités par Longet, Béclard, dans ses leçons orales, aurait louché de plus près encore à la vérité physiologique, en considérant la menstruation comme le résultat d'une excitation générale des organes de la génération, analogue à celle du rut, et dont les ovaires seraient le foyer. Lesfemmes fécondes, quoique non menstruées, forment une exception. Une menstruation active, sans dépasser la limite physiologique, est le gage d'une fécondité plus grande; quand elle disparaît sans retour, c'est fait de la puissance génératrice de la femme. Elle est suppléée par la gestation et par la lactation ; dans ces deux derniers étals, le sang, ou, comme dit l'école allemande, la force et la substance plastiques se dirigent vers le fœtus et vers l'enfant. Telle est la surabondance de plasticité départie aux femmes pour la reproduction de l'espèce, que lorsqu'elle n'est point dépensée à cette fin, elle doit s'épandre au dehors sous forme d'évacuation périodique : de là l'idée que h mensiruation est la compensation de la grossesserqui n'a point lieu (fiurdach), une dérivation de la force plaAique qui tend à se manifester ; elle témoigne que chez la femme la génération est la direction prédominante de la vie, en même temps qu'elle assure sa liberté en empêchant le désir vénérien de dégénérer chez elle en appétence brutala L'action cérébrale, influencée par celte fonction, influe sur elle à son tour ; il suffit d'une émotion forte pour la sopprimer : les affections tristes et lentes finissent par produire le même résultat. La menstruation oscille en quelque sorte au gré du cerveau. Le fait le plus démonstratif de cette dépendance est le suivant Esquirol a connu une dame âgée de cinquante ans dont les règles avaient cessé de paraître depuis un an ; une passion amoureuse vint troubler son repos, et l'écoulement menstruel reparut et dura plusieurs années encore par l'incitation de cette cause morale.
La menstruation détermine des effets généraux qui nous font voir ses connexions intimes avec tout l'organisme ; il n'est point de fonction qu'elle n'influence de près ou de loin, et sa suppression peut donner lieu aux états morbides les plus variés (voy. ch. viii. De Vimminence morbide).
La menstruation est le caractère exclusif et spécifique de l'organisation féminiBe. L'homme est sujet à des déperditions que l'on comparait naguère
m ÛES 8EXKS. [tftiilis
eihxm an dut cataménid, tfiais qui ont h peine quelque analogte exM« Heure et saperfioielle avec cette fonction, considérée seulement comme une ipoliation périodique, et dans ses relations atec la vie individuelle. Ainsi, les recherches statiques de Sanctorius ont fait voir que Thomme en santé, soumis à un régime simple et régulier, augmente chaque mois d*une à deux livres ) alors son humeur s*altère, il devient morose ; il éprouve une tendance à la paresse et de la lenteur dans les mouvements. Cet état dure Jusqu*k ce qu*une cHse^ qui s*opère par la transpiration cutanée ou par les urines, et qui porte sur la nature ou sur la quantité de ces etcrétions, le réduise à son premier poids et lui restitue les forces dont il jouissait auparavant. Pendant la puberté et dans rage viril, la continence prodtdt chez Thomme des pollutions qui sont une sorte de menstruation masculine i elles cessent (lar Texercice de la faculté génératrice, comme les règles par la grossesse* Enfin les bémorrholdes, quoique provoquées surtout par le genre de Vie sédentaire^ se montrent plus fréquemment chez rhomme que chez la femme ; elles sont la crise pléthorique de rage mûr ; chez quelques femmes, elles succèdent aux règles. On les a obser* vées particulièrement chez les sujets efféminési et, suivant Mojon, chez les eunuques. Toutefois, comme nous le verrons plus tard {Habitudes morbides) ^ lés bémorrholdes, tant par leur siège que par la nature de la lésion dont elles sont l'expression symptomatique, constituent toujours une incommodité, sou* vent une maladie ftcheuse^ quoique d'autres organes bénéficient de la perte sanguine qu'elles déterminent avec une périodicité rarement aussi régulière que la menstruatioUé
6all insiste aussi sur un dérangement mensuel et critique de la santé de l'hottune ; les sujets jeunes et robustes ont besoin de s'observer avec une attention particulière pour le constater en eux ; mais les hommes faiblement constitués ou ùtigués par les souffrances, ou doués d'une irritabilité plus grande, ou qui sont arrivés à l'époque de leur déclin, s'aperçoivent de Taltération que subit tous les mois leur santé : leur teint devient terne, leur haleine plus forte, leur digestion plus laborieuse ; quelquefois les urines se troublent ; le malaise est général^ inexprimable, et le moral y participe, car les idées se forment et s'enchaînent plus difficilement ; une tendance à la mélancolie, parfois une irascibilité insolite se joint à l'inertie des facultés intellectuelles. Ces modifications persistent quelques jours et disparaissent sans qu'on ait rien tenté pour les combattre.
L'incubation qui succède à la conception est une autre fonction qui appar-tient à la femme, et lui fait, pendant une période de neuf mois, des conditions spéciales de santé. L'économie entière se ressent de cet état, soit par les sympathies prépondérantes de l'utérus ainsi surexcité, soit par les effets mécaniques de la pression de ce viscère, devenu très-volumineux, sur les organes circonvoisins. L'appareil digestif manifeste des troubles variés, tantôt le défaut absolu de faim, tantôt des appétits bizarres, des nausées, des vomissements, de la salivation* Ces phénomènes insolites et d'autres se réalisent par l'intermé-
mvtl] FONCTIONS DE U GÉNÉRATION. 101
diaire du cerveati ; on les observe surtoat ches les femmes disposées aux maladies nerveuses, délicates, irritables, vivant dans l'oisiveté passionnée des salons; ils sont beaucoup plus rares chez les femmes de forte complexion, accoutumées an travail, établies à la campagne* D'autres accidents d'origine cérébrale» ou dus à une diminution des globules rouges dans le sang (Cazeaux) et peut-être à Taugmenution progressive des globules blancs (Yirchow), traversent b période de gestation, tels que des céphalalgies, des vertiges, des tintements d'oreille, des malaises, des syncopes, parfois de légers accès de convulsion* On connaît les désirs singuliers, les aberrations du goût qu'éprouvent certaines femmes ; il en est dont la grossesse est marquée par une série non intentMnpoe d'accidents, sans compter les crampes, l'œdème des pieds, les fréquentas solU^ citations etpullrices de la vessie ou du rectum, et d'autres incommodités produites par la pression de l'utérus sur les nerfo qui se rendent aux organes pelviens; enfin l'obstacle qu'oppose le développement de la matrice au libre abaissement du diaphragme» à l'ampliaUon de l'estomac, etc., entraîne quelques troubles mécaniques dans les actes de la respiration et de la digestion. La grossesse donne lieu chez beaucoup de femmes à une exubérance de fluides plastiques qui leur vaut une rapide augmentation d'embonpoint ; d'autres, au contraire, semblent s'appauvrir de la direction que prend le sang vers le fœttii et maigrissent , surtout vers le terme de la gestation (1).
Nous ne faisons que mentionner la parturiUon, fonction du genre des excrétions, et qui n'est pas plus une maladie que la dentition : elle appartient à k santé de la femme, quoiqu'elle h compromette passagèrement. A part les accidents consécutif aux circonstances de l'accouchement (hémorrhagies, phlegmasies, etc.), notons le rôle immense du cerveau dans cette opération naturelle ; il commande les efforts, les contractions musculaires si énergiques, si répétées, pour l'expulsion du fœtus ; les douleurs déterminées par le travail dont la durée est souvent si longue, sont une autre cause d'épuisement ou d'irritation cérébrale : de là les syncopes, les convulsions qui surviennent quelquefois pendant l'accouchement, sans compter celles qui se lient à une altération du sang (éclampsie aibuminurique) ; de là aussi la prostration mus** culaire et l'accablement moral qui succède à la délivrance ; alors l'encéphale, qui asubi en peu de temps Talternative d'une excitation violente et du collapsus, est sous le coup d'une grave imminence morbide^ et pour ainsi dire prêt à faire explosion. Ici, comme pour la gestation, signaler l'origine des déviations physiologiques et la filiation des accidents, c'est indiquer au lecteur l'hygièoe qu'exigent ces deux états.
(1) Andral et Gavarret ont recherché l'influence qu'exerce la grossesse sur Texhalatioa de Tacide carbonique à travers les voies respiratoires. Hors de cet état et bien menstruées, les femmes consomment en une heure 6?^, A de carbone; quatre femmes parvenues à différentes époques de la gestation ont fourni, par respiration d'une heure, une moyenne de 8 grammes de carbone, c'est-à-dire qu'elles ont respiré comme les femtnes arrivées à l'époque da Itw retour.
iOI DES SEXES. [lieiÉRB
L'allaitement complète Toffice complexe de la reproduction. Dès les premiers tempe de la conception, le gonflement des mamelles prépare cette fonction ; le sein de la mère devient an nonveau-né ce que sa matrice était an fetus; elle l'alimentait directement par son sang, maintenant elle lui verse son sang élaboré sons forme de lait. La lactation place l'organisme dans des conditions spéciales de santé, comme elle est susceptible de se modifier elle-même sons l'influence des causes externes ou organiques. Dérivation de la substance plastique vers les seins, elle a pour effet de diminuer les autres sécrétions ; et si le besoin d'alimentation n'est pas augmenté et satisfait, l'amaigrissement, soite de 4i déperdition laiteuse, peut aller jusqu'à ce tabès connu sous le nom de phdiisie des nourrices.
Téb 80DI les actes dévolus à la femme et qui constituent les conditions dif< férentidles de sa sexualité quant anx organes mêmes de la reproduction.
§ •. — Fouettons plmmtM^nem^
i* Digestion. — Les mâchoires, plus arquées chez l'homme, sont un peu comprimées et paraboliques dans la femme; la branche montante du maxilbire inférieur est chez elle plus étroite, plus oblique, moins élevée, et présente moins de surface d'insertion aux muscles masticateurs. La femme conserve ses dents de lait plus fréquemment que l'homme ; sa seconde dentition est plus tardive ; ses dents sont plus petites, et souvent les dernières molaires lui font défaut ; sa bouche est plus petite, la cavité en est moins étendue en hauteur et en largeur; l'estomac a chez elle moins de capacité, moins d'épaisseur, l'intestin moins de force musculaire, le foie moins de volume, la sécrétion biliaire moins d'activité; mais son canal intestinal est pourvu d'un plus grand nombre de vaisseaux lymphatiques, le mésentère qui les soutient est plus large. Enfin, une différence digne d'attention, c'est que, chez la femme, l'estomac est plus allongé et l'intestin plus long que chez l'homme qui se rapproche davantage des animaux carnivores par cette différence, ainsi que par la force relative de ses dents canines ; aussi se porte-t-il de préférence vers la nourriture animale, tandis que la femme, docile à ses instincts, puise volontiers ses aliments dans le règne végétal, et ce qui la sollicite le plus parmi les substances d'origine animale, c'est le lait, sorte de nourriture intermédiaire entre celles que fournissent les deux règnes. Les femmes endurent mieux la faim, parce que leur capacité digestive est moindre et leur absorption plus active ; on est étonné de la modique ration qui suffit à leurs besoins : il est d'observation que dans les hôpitaux et les prisons, leur consommation alimentaire est inférieure d'un cinquième à celle des hommes. On les voit, soit par la force de la volonté, soit par l'effet d'une perturbation du système nerveux, supporter une abstinence de plusieurs semaines, ou si elles la simulent, la quantité de nourriture qu'elles ingèrent est si minime, qu'elle ne suffirait point à sustenter la vie d*un homme pendant le mOme laps de temps. J'ai vu une jeune fille
nrrtE] PONCTIONS PLASTIQUES. 14^5
traitée longtemps par Larrey père, et qai, affectée depuis plusieurs années de lypémanie liée à on dérangement nienstrael, s'imposait fréquemment une abstinence absolue de huit à dix jours; noHi prière, nul effort ne pouvait la décider à rompre son jeûne : immobile sur son lit, elle repoussait les aliments présentés par sa mère, et opposait ani tentatives d'ingestion forcée le rempart de ses dents convulsivement serrées. Appelé près d'elle au huitième jour d'une de ces abstinences opiniâtres, j'ai été surpris de la force, du calme et de la régularité que son pouls conservait, et que n'aurait certainement pas offert le pouls d'un homme placé dans les mêmes conditions. Les nombreux exemples de poiyphagie qui sont connus appartiennent tous au sexe mascolipb La faiblesse musculaire du canal alimentaire rend la femme plus sujette aux constipations et aux maladies qui se rattachent à cette cause : l'énergie plus grande de son absorption donne plus de sécheresse aux produits excrémentitieis de sa digestion. L'homme, dont l'appareil digestif a plus de force musculaire, appète les excitants, les épices^ les liqueurs spiritueuses, afin de restituer à sa fibre la vigueur épuisée par les fatigues et les travaux. La femme ressent moins le besoin de ces stimulations ; elle ne saurait les prodiguer à ses organes sans dégénérer de son sexe, sans encourir la dégradation physique et morale ; une nourriture plus légère lui convient, et, comme elle la digère vile, son cerveau ne subit point le despotisme brutal du système digestif; il n'est point opprimé par rénorme labeur des digestions du gourmand : le régime, tel qu'il est solli* cité par ses instincts, tel qu'il est indiqué par les conditions de sa structure, contribue puissamment à lui conserver la délicatesse de ses sens et l'aisance naturelle de son esprit.
2° Respiration et circulation, — La cavité thoracique de la femme ne présente pas les mêmes dimensions que chez l'homme ; comme le sternum est plus court et que le diaphragme chez elle s'attache antérieurement au cartilage de la sixième côte (de la septième chez l'homme), il s'ensuit qu'elle a moins de hauteur verticale ; le diamètre transversal est aussi diminué, parce que les côtes sont plus courtes et plus tordues sur elles-mêmes. La saillie plus grande de la colonne vertébrale dans la cavité thoracique diminue le diamètre antéropostérieur ; plus voussure en arrière sur les côtés du rachis, plus aplati en avant, le plan de la poitrine égale celui du bassin, tandis que chez l'homme il déborde le plan pelvien. On conclut déjà de cette conformation thoracique que les poumons de la femme sont plus petits; il en est de même de la trachéeartère, du larynx, des fosses nasales. Les côtes inférieures étant plus courtes chez la femme, ses hypochondres, formés presque exclusivement par les parties tendineuses des muscles, sont plus mous, plus élastiques ; l'épigastre est plus élevé à cause de la brièveté du sternum. Suivant Autenrieth, cité par Burdach, les c^tes supérieures qui se portent horizontalement au sternum concourent spécialement à l'inspiration, et les côtes dont l'extrémité antérieure remonte vers le sternum^ aux mouvements d'expiration. Chez l'homme c'est la septième côte, chez la femme la sixième, qui commence à rejoindre le ster-
106 DES SEXES. [tmtltK
num en décrÎTant une courbe ; il s'ensuit que chez elle le champ de riuspiration est plus limité que chez Tbomme» Cette circonstance et celles qui précèdent font comprendre pourquoi la femme possède une respiration plus faible, consomme une moindre quantité d'oxygène atmosphérique (1). La femme inspire principalement par Taciion des muscles intercostaux, pectoraux, etc.; aussi sa poitrine se âilate«>t-elle plus dans le sens horizontal : de là raltcmative plus marquée d'élévation et d'abaissement des seins. On trouve dans ces faits une des raisons de la tolérance plus grande de la femme pour la vie sédentaire^ pour l'air enfetrné des salons, des salles de spectacle. Mais ils n'empêchent point que l'hématose ne soit chez elle très-productive : circonstance qui, jointe à la vitesse augmentée de sa respiration, nous explique sa disposition aux hémorrhagies et la faciUté avec laquelle elle répare ces pertes.
Lecanu a constaté que le sang de la femme est plus riche d'albumine et d'eau, moins riche en principes solides. Calculée en millièmes, la proportion est k peu près la suivante t
Sang de l'homme. Sang de la femme.
Fibrine < 28 25
Cruor 140 129
Albumine 91 96
Per 9 8
Eau 732 742
« Il est donc vrai de dire, fait observer Forget (2), comme on le répétait empiriquement, que la constitution de la femme est, en général, plus molle, plus humide que celle de l'homme (3). »
Le système vasculaire de la femme est plus faible et plus mobile, le pouls plus fréquent, moins résistant, variable et prompt à s'accélérer; on a remarqué que le pouls des eunuques est aussi moins fort et plus petit que le pouls viril.
(1) Beau et Maissiat {Arch. génér, fie méd,, 3* série, t. XV, p. 399), qui ont adopté trois modes respiratoires, les types abdominal, costo-inférieur et costo-supérieur, attribuent ce dernier à la femme : dans ce type, la plus grande étendue des mouvements s'opère sur les cAtes supérieures, et surtout sur la première, qui sont portées en haut et en avant. Bérard {Cours de physioL, t. III, p. 258) le fait consister en un mouvement ascensionnel de la totalité du thorax, la clavicule, le sternum et la première côte se soulevant ; cette action se propage, mais en s'aflaiblissant de haut en bas, et s'accompagne d*un mouvement de rotation trés-marqué dans les côtes qui suivent la première.
(2) Forget, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques^ t. XIV, p. 477, artide SAH6.
(3) Becquerel et Rodier ont trouvé pour 1000 grammes de sang ches la femme saine :
Moyenne.
Eau 791
Globules 127,2
Albumine 70,5
Fibrine 2,2
Maximum.
Miiiimtiiii.
Wlif] FONCTIONS PLASTIQUES. lOt
Ces pirticularités taictioiinelleA dérivent des conditions anfttomiqnes : le cœur de li femme est moini Toldmlneut que celui de l*liomme, ses artères ont des parois moins denses, moins fermes, les lymphatiques et les veines prédominent sur l*é)ément artériel
3*" Sécrétions et excrétions» — Les décompositions et les sécrétions excrémentitielles sont pins actives chez Thomme, ii a des selles plus fréquentes et phis copietisei) il rejette plus de muoosités par la bouche et par le ne2 ; il verse plus d*arine que la femmes celle-ci est moins sujette aux affections des voies nrioairea, mais die prodait plus de graisse» provision d'aliment respi^ ratoire qu'elle emmagasine dans son tissu cellulaire comme pour suppléer I rinsnffisance de sa nourriture. L'activité de la sécrétion graisseuse selic-t^lle ï la prédominance du carbone dans le sangt La respiration plus faible des femmes autorise cette induction.
La peau, cette enveloppe qui délimite la sphère de rindividualité, protège moins la femme et semble l'ouvrir au monde ektérieur; elle est blanche, llsse^ fine et transparente, moins pénétrée de sang artériel, mais ondulée déveines; la transpiration cutanée n'a point l'odeur fragrante de celle de l'homme adulte ; la production pileuse n'apparatt chez elle que sur là tête, au pubis et sous les aisselles. Chez l'homme, au contraire, elle s*étend des tempes au menion, des aisselles h la poitrine, du pubis à l'ombilic et au périnée. La barbe est le précurseur et comme une garantie de la puissance génératrice ; elle manque chez les hommes efféminés, lea gynandres, les eunuques $ aussi rbomme S'-t-il toujours tiré vanité de cet insigne caractéristique de son sexe t
Du côté de la barbe est la toute-puiiianca* (MoUârb.)
Moise a prescrit aux Hébreux la conservation de la barbe; les Turcs se rasent la tête et ne touchent point à leur barbe; avoir la barbecoupée était, chez les anciens Germains, un mortel affront ; les jeunes Romains faisaient de leur première barbe une offrande à Jupiter Capitolio. Quand le Corse a juré la mort d'un ennemi, il laisse croître sa barbe, sombre enseigne de la ven* detta dont il porte au cosur l'inexorable soucL — La femme s'éloigne-t-elle do type de sa sexualité par le progrès de l'âge ou par le fait d'une aberration plastique, elle voit se développer son système pileux ; mais les poils qui viennent à garnir sa lèvre supérieure et d'autres régions sont plus rares, plus lisses et plus souples que' ceux de l'homme.
En somme, la prépondérance de la plasticité est manifeste dans la femme; h nutrition et la conservation de son individu n'exigent ni autant de substance ni autant de stimulation que celles de l'homme; les phases de l'organisme sont plus rapides; l'accroissement et la décroissance ont Une vitesse plus grande; sa puberté devance celle du garçon, sa fécondité s'éteint avant celle de l'homme ; b génération qui « est k l'espèce oe que la nutrition est à l'individu (1) »# et
(1) Làflemànd^ Dei perta sémûêiUèé, eki Paris, iSAl, t. tt^ p. 550.
108 DES SEXES. [itgiênk
dont Texercice est à lui seul la preuve d*uDe plasticité exubérante; la génération qui, suivant la belle expression de Lallemand, est une extension de la nutrition, prédomine chez la femme.
§ s. — FoBeUoBs tfe reUiUoii.
1** Mouvements. — Le système osso-muscnlaire est moins développé que chez rhomme. Le tissu musculaire est plus pâle et plus mou ; les fibres en sont grêles et faibles. Les muscles, moins denses et recouverts du lissu cellulaire et graisseux, ne prononcent point leurs saillies comme chez Thomme. Les tissus tendineux, moins serrés, contiennent plus de tissu cellulaire; les cartilages sont plus minces et plus flexibles; les os, moins compactes, plus lisses, ont leurs éminences ou leurs enfoncements moins marqués ; la femme a moins de masse osseuse et, à poids égal de la totalité du corps, son squelette pèse moins que celui de l'homme; la tige du rachis est plus longue, à cause de l'épaisseur plus grande des vertèbres et des cartilages interposés. Nous avons déjà fait remarquer l'ampleur de son bassin et le volume des muscles qui s'y insèrent ; vu Técartement des cavités cotyloîdes et la direction moins oblique des cols des fémurs, les têtes de ces os laissent entre elles un plus grand espace, les deux grands trochanters sont plus distants l'un de l'autre, les genoux plus tournés en dedans. La femme a les membres inférieurs plus courts que rhomme et le point qui partage b hauteur de son corps en deux moitiés égales correspond entre le bassiD et l'ombilic, tandis qu'il se trouve chez l'homme au-dessous de la symphyse pubienne. Burdachfait observer naïvement que, par la situation respective de leurs cavités cotybldes, h femme et l'homme sont entrailles dans lenrs chutes, l'une en arrière et sur le dos, l'autre en avant et snr h Um. Quant aux membres thoraciques, des clavicules plus courtes et ■vqnéesi des omoplates plus petites et serrées contre le tronc, des bras ntt et phs arrondis, des mains petites et potelées, des doigts cflilés, l fM h femme est appelée à exécuter des mouvements plus aisés, n, ptas délicats ; la facilité des mouvements compense, pour les rirfMenrs, le manque d'assurance dans b démarche, cette sorte de qdpnfient de l'oUiquité des cubses et de l'amplitude du bassin, a reoonnaltrait-on pas, à cet ensemble de traits, que les travaux el pénibles, exigeant beaucoup de force musculaire, répugnent à le h femme et sont une atteinte à sa santé ! a.— Les appareils des sens ont des proportions restreintes «n mU, plus petit, est moins enfoncé dans l'orbite et n'est % asordls aussi épais ; l'oreille externe est plus oblongue, *ndttit auditif étant plus cylindrique qu'en forme d'entonia directement b membrane du tympan et ne se disperse I, 08 qui permet à la femme de discerner plus le 100 on le timbre d'un son même léger, produit à
nuiTÉSJ FONCTIONS DE RELATION. 109
pea de distance. Le nez de la femme est en général plus court, plus resserré ; sa langue, moins fohimineuse, est plus mobile ; ses doigts sont déliés, et leur agilité, jointe à la mollesse de sa main potelée, lui procure une dextérité singulière pour le tact Les sens de la femme semblent donc fiaçonnés pour un régime d'impressions douces et délicates ; leur structure, leur rapport avec les objets extérieurs, contre-indiquent toute violence, tout excès dans le plaisir comme dans la douleur; ils se comportent comme des réactifs d'un ordre plus subtil; ils analysent jusqu'aux nuances des impressions; la délicatesse de son tact, la sagacité de son oreille, la justesse de son œil, ne lui assurent pas seulement l'excellence dans les arts d'imitation, mais encore elles préparent, dirigent et rectifient son jugement ; la finesse et le piquant des observations qu'elle émet sur le détail des hommes et des choses tiennent en grande partie au jeu exquis et tempéré de ses organes de perception.
On ne peut refuser à la femme une masse nerveuse spinale plus considérable, car son canal vertébral a plus d'ampleur et les trous intervertébraux pour le passage des nerfs sont plus grands ; en est-il de même du cerveau ? Les recherches récentes de Parchappe établissent que le volume de la tête esC notablement plus petit chez la femme que chez l'homme, non-seulement en somme, mais aussi suivant toutes les dimensions; il a comparé le poids de l'encéphale chez 9^ individus des deux sexes, et H l'a trouvé en moyenne sensiblement plus considérable chez l'homme. La différence de stature ne peut être opposée à ce résultat, car dans les deux sexes l'encéphale est plus pesant en raison de la taille; si donc il existe un rapport entre la puissance intellectuelle et la masse du cerveau, ce rapport ne s'étend pas à la sensibilité, puisque celle-ci domine chez la femme avec un moindre développement de l'encéphale, suivant Parchappe. Sœmmering est arrivé à d'autres conclusions : il a fait voir que le rapport de la cavité crânienne à la face augmentant d'échelon en échelon dans la série animale (Guvier), la femme se trouve dans un rapport supérieur à l'homme, comme celui-ci l'emporte sur les animaux : la face de la femme est, en eflet, plus courte et plus petite, elle ofiFre moins de saillies osseuses ; ses sinus frontaux et maxillaires sont moins étendus. En s'appuyant sur les recherches de Sœmmering, on reconnaît que la tête et le cerveau, plus petits chez la femme que chez l'homme, ont cependant plus de volume et de poidç en proportion du reste du corps. La Vénus de Médicis fournit, pour la hauteur rdative du corps et de la tête, le rapport suivant : : 1 : 750; l'Apollon du Belvédère : : 1 : 8. Sœmmerring et Autenrieth se sont assurés que les os du crâne sont plus pesants chez l'homme que chez la femme, et Ackermann, cité par Burdach, a constaté que le cerveau de la femme est plus pesant proportionnellement au reste du corps. Nous croyons que de nouvelles investigations sont nécessaires pour fixer ce point intéressant de saine phrénologie. Un fait mieux établi, c'est la vascularité plus grande du cerveau de l'homme; celui de la fenune reçoit des vaisseaux de raoiodre calibre, ainsi que le prouve Tétroitesse relative des trous crâniens qui leur livrent passage : fiiut-il en conclure
iiO DES SKIES. [iTClte
que les (eniroes ont moins k redouter pour leur encéphale Teffet direa ou ayropathique des irritations, et que ce viscère est plus indépendant chei elles des modiûcations pathologiques du système sanguin ? Les faits répondent diver arment : d*une part, Parent^Ducbâtelet et Martinet ont trouvé l'encéphalite plos rare chez les femmes que chez les hommes (1 : k) ; d'autre part, tous lea relevés statistiques démontrent chez elles la fréquence relative des aliénations mentales.
3"* Expressions, — La femme a la voix plus faible que Thomme, parce que ses voies aériennes présentant moins d'étendue, elle n'en peut expulser une aussi grande quantité d'air à la fois ; elle a en môme temps la voix plus aiguë, parce que la trachée-artère étant plus courte, le larynx et la glotte plus étroits, elle en fait vibrer les parois avec plus de rapidité, La flexibilité que possède la voix des femmes et qui leur permet de se jouer de toutes les difficultés du chant, tient à ce que les muscles sont plus longs et les ligaments moins roides. Au reste, l'âme doit sonner dans la voix; pour être belle, il faut qu'elle s'échappe suave et caressante de la poitrine des femmes, forte et mâle de celle des iKMnmes. La voix est une des expressions qui se nuancent le plus de l'état jlioral des individus; elle est, suivant la bouche qui l'émet, une vibration . mécanique ou celle du cœur.
La prédominance do système nerveux sur le système musculaire permet à la femme de régler avec plus d'art toutes ses attitudes et de les rendre constamment expressives ; des muscles très«développés, très-énergiques, tendent sans cessent à se contracter, môme automatiquement, ou dépassent dans leurs mouvemenis la mesure de l'incitation cérébrale: c'est ce qui arrive à l'homme, toujours porté aux mouvements violents et désordonnés, brusque dans ses gestes, puissant par les muscles, mais inégal dans l'exercice de cette puissance. Avec moins de volume musculaire et plus de sensibilité, la femme se meut pour ainsi dire dans une sphère mieux calculée, proportionne plus habilement ses eiïorts, varie plus gracieusement ses poses; la danse lui est naturelle. Plus flexible, plus vibratile, sa langue participe à la mobilité de ses muscles en général. Cette condition expliquerait-elle sa tendance à la loquacité? £lle explique au moins le jeu de sa versatile physionomie, qui lui fait sa supériorité dans l'art de la mimique. Maltresse de ses contractions musculaires par la puissance de son système nerveux, elle sait revôtir tous les masques de la passion, dissimuler profondément les émotions qui l'agitent ; avec peu d'instruction et d'étu()e, (file s'empare des rôles du théâtre et les traduit avec autant d'animation que de vérité : succès si laborieux pour l'homme et qu'elle doit à Tardeur de son imagination et de ses sympathies.
A. «^ Pmpme ^éméwmie^ dlfférenees tf*eMiMiftkle.
Dans leur forme générale» les deux sexes tendent à la conformité, à Tunité; quand, chez l'un d'eux» tel organe sexuel est situé k l'extérieur, on rencontre
niVÉB] FORME GÉNÉRALE. DIFFÉRENCE D'ENSEMBLE. 111
au môme endroit, chez Tantre, « une partie analogue, mais qui n*a pas la même fonction, qui n*a pas même, à ce qu'il paraît, de fonction essentielle, qui végète comme image inutile de Foi^ane appartenant au sexe contraire (1). » On peut envisager sous ce point de vue les mamelles et le raphé chez Thommé, le clitoris et les grandes lèvres chez la femme; c'est par ces organea, quand ils viennent à se développer outre mesure^ que les sexes s'obscurcissent en quelque sorte en se confondant, et donnent naissance à Thermaphrodisme. Il est évident que toutes les différences qui séparent Thomme delà femme se résolvent dans le fait de la propagation de lespôce ; mais, si tranchées qu'elleii paraissent, elles se correspondent harmonieusement : d'une part, la précision dans les formes, la force dans ses mouvements, rinielligence pour manifestation dominante de l'activité psychique; d'autre part, la mollesse dans les contours, la grâce et l'agrément dans les attitudes, le sentiment pour expression de la vie morale.
A la naissance, l'inspection directe des parties génitales fait seule reconnaître le sexe de l'enfant : nui autre caractère ne distingue encore le jeune garçon de la jeune fille ; même indécision des traits du visage, même conformation des membres et du tronc, même mollesse des tissus, même son de voix, mômes attitudes. Cette ambiguïté se maintient quelque temps ; mais, h mesure que les sens s'érigent et transmettent au ceneau des impressions plus variées, à mesure que les perceptions qui en résultent acquièrent plus de précision et de netteté, des nuances se décèlent aux yeux de l'observateur. Stimulé par les mômes objets, le système nerveux de la jeune fille ne tarde point à réagir autrement que celui du garçon. C'est vers trois, quatre ou cinq ans, quand l'organisation n'est point retardataire, que le mode de sensibilité propre à chaque sexe se révèle: dans le garçon impulsif et brusque; dans la jeune fiUe^ plus délicat et moins agissant, ûbservex-lcs dans leurs rapports mutuels ; dès lors ils manifestent la diversité de leur organisation cérébrale par la diversité de leurs sensations, de leurs goûts, de leurs jeux, de leurs naïves inclinations, de leurs allures : d'un côté, plus de pétulance et d'agitation, une audace agressive, la tendance à la domination, un penchant marqué à la violence et au combat ; d'un autre côté, la douceur et la timidité, une volonté plus suppliante qu'Impérieuse, la soumission et la finesse; ce que l'on exige, l'autre le sollicite; où l'an slrrite et s'emporte, l'autre pleure et caresse. D^à on reconnaît qu au garçon sont échues l'initiative et la force, à la jeune fille la mansuétude et la passivité; la pensée n'est certainement pas le monopole de l'homme, mais le sentiment est surtout l'apanage de la femme ; sa vie est de sentir et de réfléchir ses sensations dans le silence de la rêverie; celle de l'homme est d'agir, et telle est l'énergie de sa destination que l'exécution devance souvent la pensée. L'époque do la nubilité prononce davantage les diiïérences de l'action nerveuse, et par conséquent du caractère moral dans les deux sexes. Elles vont se renforçant et se consolidant dans le cours de l'adolescence; elles s'ex-
(i) Burdacby Physiologie^ ioc. cit.
412 DES SEXES. (miÈsc
pliquent en grande partie par la loi d*anlagonisme entre le système nerrenifl Je système musculaire, entre deux modes d'activité de la fibre vivante, h kbsibilité et la contractilité ; la première prédominante chez la femme, la seconde chez rhomme : loi de pondération organique et vitale, qui explique nott-a»lementles aberrations do tempérament sous l'influence de l'esprit et des piisionsde l'âme, mais encore la mesure dans laquelle se développent les organe dans les deux sexes. L'accroissement du système musculaire n'est point enraf chez l'homme par un excès de susceptibilité nerveuse. Les matériaux que k viscères fournissent à son assimilation semblent plus élaborés; leursangoifia tlon est plus complète ; le système artériel tend à prédominer en lui, etdeaaii mieux ses extrémités capillaires dans les tissus, le système osseux se consolid plus tôt. L'homme doit à ces conditions élémentaires de sa constitution h lé sistance et la densité de ses tissus, la coloration plus foncée de la peau, la fi gueur et le volume de ses connexions articulaires, la décision de ses moufc ments, etc. Le muscle l'emporte en lui sur le nerf, l'action sur le sentimem la puissance sur la délicatesse. — La femme conserve et stabilise en elle den caractères organiques de l'enfance, la surabondance des fluides plastiques c l'excessive impressionnabilité du système nerveux. A la première de ces ooo ditionselle doit la rondeur de ses formes et l'agrément de ses traits; à 11 seconde, sa précocité morale et sexuelle : sa puberté exige moins de frais^ si Toi peut ainsi dire, puisque l'organisme n'a pas besoin, pour l'exercice des fonctions génératrices, du même degré de perfection universelle que cba l'homme.
Au demeurant, les différences que présentent les deux sexes peuvent étn ramenées aux suivantes : 1^ celles qui émanent de l'organisation de l'enoéphale et de ses dépendances; 2"" celles qui proviennent de la structure de organes génitaux et des actes importants dont ils sont chargés ou qui se rat tachent à leur fonction; y celles qui sont dues à l'empire des habitudes, i l'éducation physique et morale : elles ne nous occuperont point ici. Les dcu! sexes se rapprochent d'autant plus que les causes précitées ont moins d*acti vite; c'est ce qui arrive aux deux périodes extrêmes de la vie, alors quel système nerveux offre dans l'un et l'autre sexe une égale mollesse ou un égale dureté, l'appareil génital un même dc^ré d'imperfection ou d'atrophie et que les facultés psychiques dorment encore du même sommeil ou s'aflbû sent sous le poids d'une décrépitude inévitable pour tous deux.
FBrrÉE] DE LUÉRËDITÊ. \iZ