‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 18 sur 134 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE L*HÉRÊDiTÉ.

Commençons par poser des faits :

i"* Certaines espèces végétales présenlent des variétés qui sont remarquables par la forme, la couleur, les qualités sapides et nutritives ; ces variétés se transmettent par les graines, ef , en Tabsence même de toute culture, elles sont lentes à faire retour au type premier de la nature.

2* Backwell, fermier anglais, a réussi à créer des races d'animaux domestiques d*one conformation parfaitement en rapport avec l'usage auquel il les dmtinait : « Dans les bœufs réservés pour la boucherie, il voulut que les parties charnues qui constituent les morceaux de choix se développassent avec un Yolume énorme, au préjudice des parties basses ou dites de rebut. Après quinze années d'essais, il put montrer une race nombreuse de bœufs dont la tête et les os étaient réduits aux plus petites dimensions, les jambes courtes, la panse étroite, la peau fine et souple, tandis que la poitrine était vaste, l'intervalle qui sépare les hanches largement développé et les masses musculaires si considérables qu'elles formaient à elles seules plus des deux tiers du poids total de l'animal. Backwell jugea que les cornes des bœufs étaient inutiles et souvent dangereuses; il créa des espèces complètement dépourvues de cornes. C'est encore à lui que l'Angleterre doit cette belle race de gros chevaux qui foDl le service du roulage de Londres. La réforme des bétes à laines fut sans contredis la plus difficile de ses entreprises et le plus beau de ses triomphes. Loi seul est parvenu à obtenir chez ses moutons de Dishley la réunion de deux qualités que certains agronomes regardent encore comme presque incompatibles, la finesse de la laine et le développement des parties charnues (1). » D'autres éleveurs célèbres de l'Angleterre, Fowler, Paget, Prioceps, ont réussi, comme Backwell, à transporter d'une race à une autre, d*un individu à ses divers produits, telle ou telle proportion de membre ou de partie (2), en associant des mâles et des femelles qui offraient au plus haut degré de développement le caractère physique qu'il s'agissait de reproduire par transmission.

3* Les effets de l'éducation peuvent aussi se transmettre : les chasseurs

(1) H. Royer-CoUard, Organoplastie hygiénique ^etc, {Mémoires de t Académie royale de médecine, Pari«^ 18A3, t. X.)

(2) Voyez le docteur Prosper Lucas, Traité philosophique et physiologique de théré" dite naturelle dam les étals de santé et de maladie, etc,^ t. I^ Paris, 18A7, depuis 193 à 340. On trouve eo cet ouvrage, à côté de quelques théories abstraites, uiie véritable opulence de fidis et de preuves, et une grande ingéniosité d'induction.

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