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PBIVÉE] RAPPORTS DE L'IMMINENCE MORBIDE AVEC LES AGES. 24S

(Auvity), et jusqu'au douzième jour (Gardien), que se développe le sclérème, quelquefois lié h une lésion des reins, le plus souvent dû à Timpression des agents atmosphériques, car II est deux fois plus fréquent en automne et en hiver qu'en été, et empruntant ses caractères à ces deux conditions simultanées de la peau, hypérémic physiologique et infiltration séreuse.

IT. Enfance. — ' L'injection très-prononcée des tissus membraneux chez les enfants facilite les hémorrhagies ; celles de l'intestin grêle et même de toute la muqueuse digestivc affectent les nouveau-nés; ce n'est guère que chez les enfants qu'on observe l'apoplexie méningieune dans laquelle le sang est épanché à la face du cerveau, dans les mailles de la pie-mère ou à l'extrémité inférieure et postérieure du rachis ; les hémorrholdes ne surviennent ft cet îlge que sous ritiflnence de l'hérédité. Toutefois les hémorrhagies primitives ou Secondaires aiguës sont rares chez les tfès-jeunés enfants; les premières, plus fréquentes à l'dge de dit à quatorze aUs, paraissent se lier aux approches de la puberté et s'observent surtout chefc les filles. Les hémorrhagies cachectiques et chroniques sont beaucoup plus fréquentes à l'âge d'un à cinq ans (1). C'est aussi presque exclusivement dans l'enfance qu'on observe la forme d'hémorrhagie appelée constitutionnelle, et qui dépend de l'hérédité. Sur 65 cas de cette maladie, on l'a notée /tO fois dans la première année. Grandidier a compté 88 cas de mort à la suite d'hémorrhagies ombilicales chez des enfants issus de familles où règne l'hémophilie [2}. Les lésions de sécrétion se lient encore chez l'enfant à l'activité de la circulation capillaire dans les téguments et h la turgescence des cryptes mucipares du tégument interne et des cryptes sébacés de la peau : de là l'ichthyose des nouveau-nés, produit d'une sécrétion épidermique anormale qui s'opère en même temps que ta desquamation du premier épiderme; de là les concrétions de matière brunâtre et comme âdipocireuse sur le front et les tempes du nouveau-né ; les diarrhées muqueuses qui accompagnent la première dentition, et qu'il ne faut pas confondre avec les diarrhées lientériques produites avant la dentition, par la disproportion de la nourriture avec l'état des organes digestifs. L'inflltration séreuse du tissd* cellulaire, notée par Rilliet et Barthez chez plus du huitième de leurs malades, se montre plus souvent entre deux et cinq ans qu'au delà de six ans. L'hydrocéphalie, presqtie toujours consécutive, est aussi pins rare après ITige de six ans : liée souvent à l'anasarque, aux fièvres érnptivcs, à la néphrite, etc. , elle est plus souvent encore l'une des conséquences de l'infiltration tuberculeuse du tissu sous-arachnoldien. L'hydropéritonie, primitive et secondaire, atteint plutôt tes garçons que les filles, et postérieurement à l'âge de six ans ; la forme primitive, comme l'ascite secondaire aiguë, affecte de préférence les enfants forts et bien constitués, tandis

(1) RilUet et BartheE, Traité ries maladies den enfants^ etc.^ t. II, p. 7.

(2) B. Scbiiepf, Recherches hislorigues sur l* hémophilie (Gazette médicale de Paris^ novembre 1855).

S» . BR L'IMMINENCE HOMOI. [mOa

qM k fiwiM chriKiiqiie ou cachectique appuiieat aux eabato dëbilitte. L'oëème dn pewww eat dm des bydro[HAie8 les phu frëi|iKBt«s de l'eo* bue; nuâ presque toajoon teriqjiul et à symptAmes obwon, il se nttacbe à k poenmoote lobure on lubulaire, Ji la gangrène dn ponmon, an cioop, k l'eaUlro-eoIite, surtout à l'albnminnrie et aax fièvrat érnptives, k acarkiiae flB'ttlH à l'état chronique, c'est k Inbercnlisatioa qai coïncide k ph« aoa- Tent avec l'œdème pulmoiiiire.

L'incontinence des urities, si frëquciue dans le premier Ige, proTient de os que la vessie se contracte instinctivement par l'Impreasion siimulaiiie dn liquide qu'elle contient; plus lard ce viscère snbh l'inSnence cérébrde; mak sitôt que l'actioa du cerveau sur les urgani'} cnutnaites est iotarompae par le sommeil, l'incontineoce se reproduit jusqn'à ce qne les n|^rta dn syilëœe nervcuK cérébro-spinal el du système muscolaire soient bien OMtiolidéa. La fréquence des mictions ne peinict pas k l'urine de s'accninnler dans k réservoir et de former un couraut assez fort pour entraîner les concrétions naissantes ou dépendues des reins; ic petit diamètre de l'urëthre géoe d'ailleurs l'élimination de ces dépôts ; retenus dans k fcane, ik Bogmeatent par l'accumulation des matières salines de l'urine, accamnktion qni s'op^ d'anlaoi plus (àcilemeiil que, suivanl l'observation de Proat, de un ou deux aatk sept, l'urine a une grande tendance à laisiier précipiter les sédimenls. La composition (les urines influe nëccsiiaircineiii sur la productîoa des calcnls anx diffërents âges; aussi sont-ils rares pendant la première année, oâ les arÎMg sont principalement aqueuses. fJviale a reconnu que k nxKtié des cakiileas est impubt^re, et l'autre moitié ilgéc de quarante ans et plus.

La délicatesse des tissus tégumentaires, la richesse de leurs réseaux capiikires, l'activité de la circulation sanguine, l'irritabilité générale, placent les tsAWs sons l'imminence des phlegmasies internes et eiternes : aui enfants les ploR jeunes, les plus délicats, aux filles, les phlegmasies â formes cachectiques et cbroniques ; aux plus ^és, aux robustes, aux garçons, les inllammalious aiguès et franches. Inutile de rappeler celles qui se développent k leur peau, ■oit par l'effet des circonstances extérieures, soit par l'extension des irritations des muqueuses [érytbëmes de la face, de l'anus, des fesses, lichen, porrigo, etc.} Jusqu'k la deuxième dentition, les inflammations desorganesdigestifo sont les maladies les plus ordinaires de l'enfance, qu'elles soient idiopathiqnes ou le résultat d'une complication ; celle de l'œsophage parait propre aux enfants (Billiard) comme affection spontanée, et se rattache k la vascularité physiologiquement exagérée de ce conduit. Les stomatites, avec turgescence gii^vale, les stomatites aphtheuses simples, les coryzas si fréquents dwz les nouveau-nés, sont les préludes ou les accompagnements de la première dentition, et coïncident avec l'évolulioa des dents, des os maxillaires, des gUndes salivaîres et des voies nasales : ce sont autant de maladies k surfetller plutAl qu'k traiter, car elles résultent de l'exaltation passagère d'actes' physiologiques. — Un groupe spécial de maladies domine dans l'enfance, sans

?bitée] rapports de L'IMMINENCE MORBIDE AVEC LES AGES. 217

lui appartenir exdaanrenient : ce sont celles qui donnent lieu à la formation de psendo-membranes et dont les plus fréquentes sont le croup et l'angine couenneuse; elles sont rares chez les adultes et s*obser?ent exceptionnellement chez les vieillards, comme si elles trouvaient une des conditions les plus favorables à leur (HTodoction dans la plasticité des fluides et dans la richesse des systèmes capillaires sanguins des enfants. Rilliet, Barthez et Blache ont noté, chez la plupart des enfants atteints de croup, la fermeté des chairs et la force de la constitution ; c'est à Tâge de deux à sept ans que cette maladie se développe le plus fréquemment; le muguet survient entre cinq et dix ans, comme épiphénomène des fièvres éruptives, de la fièwre typhoïde, des entéro-colites, etc., plus qu'à titre idiopathiqne ; il attaque surtout les enfants mal soignés et affaiblis. Ceux-ci payent un ample tribut aux inflammations de r^ipareil respiratoire ; ils sont sujets à des trachéo-bronchites, promptement fatales par l'engouement des bronches que l'expectoration ne vide point; les pneumonies les frappent à la mamelle; plus dangereuses encore par la dissémination de la phlogose (pneumonies lobulaires), elles sont fréquentes depuis la première dentition jusqu'à la puberté. Valleix(i) a recueilli luimême quatorze observations de pneumonie présentées par des enfants presque naissants ; l'âge de un à cinq ans y prédispose efiicacement : sur 2&5 petits pneumoniques, 172 n'avaient pas dépassé l'âge de cinq ans, et 73 étaient âgés de plus de cinq ans. Chez les enfants de moins de cinq ans, Gerhardt et Rnfz avaient nié l'existence de la pneumonie idiopathiqne; sur les 2^5 malades précités, Barthez et Rilliet ont constaté vingt-quatre fois cette forme de la pneumonie avant l'âge de cinq ans, et dans ces conditions elle se termine presque toujours par la guérison. La bronchite est d'autant plus rare que les enfants sont plus jeunes : sur 115 atteints de cette affection, 37 avaient de un à cinq ans; 78 de six à quinze ans. La coqueluche, si fréquemment associée à la bronchite, se montre surtout de un à sept ans; sur 130 cas observés par Blache, 106 appartenaient à cette période. On a cru que la néphrite n'existait guère chez les enfants que liée à l'état calculeux ; les recherches récentes l'ont montrée assez fréquente, surtout avec albuminurie, et sous la dépendance de fièvres éruptives, intermittentes, typhoïdes, de l'aflection tuberculeuse. Les organes génito-urinaires s'enflamment rarement; nous avons déjà signalé la vaginite qui survient parfois chez les petites filles entre deux dentitions. Il arrive quelquefois que l'inflammation oblitératrice de la veine ombilicale outre-passe ses limites et s'étend à la veine porte, comme ferait une phlébite ordinaire : Breschet et VlUermé, en faisant des recherches sur les cadavres de nouveau-nés, ont trouvé sur plusieurs, dont l'ombilic n'était point cicatrisé, la veine ombilicale manifestement enflammée, rouge^ épaissie dans ses parois et contenant du pus (2). Quant aux méningites et aux encéphalites, qui sont fré-

(1) Valletx, Clinique des maladies des enfants nouveau-nés. Paris, 1838, p. 42.

(2) « Le première enûince est sujette aux insonmiei, aux apbthes, aux Tomitsements,

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qdeotes dans l'enfance, elles dépendent des mêmes eortditions physiologlqdes qne les hydrocéphales algues et les apoplexies théningiennel Les inflammations exanthématiques, excepté les contagieuses, se montrent rarement avant la (n*emière dentition.

Les aflections d'origine miasmatique sont à redouter pour les enfiints, en raison de l'activité de ledr alxlôrption et de la perméabilité de lenrs tisstis ; on sait la remarqué faite par Yillermé (1), que les enfants ad-dessoUs de dix ans meurent en pins grand nombre, dans les contrées marécageuses, à l'époqne de l'année où Tévaporatlou des eaux stagnantes a son maximum d'intensité. Le grand nombre d'enfants atteinui de fièvre typhoïde, que reçoit habituellement l'hôpital des Enfints malades de Paris, confirme aussi snr ce point l'induction physiologique. Rare dans les premières années de la vie, tnoins rare entre cinq et huit afis, la fièvre typhoïde sévit avec le plus de fréquence sur les enfants de neuf à quatorze ans. Âbercrombie l'a obsertée chez des enfants de six k sept mois; Marc d'£s[rfne, chet un enfant de sept mois; Charcellay, chex des nouvéau-nés.

Nous avons vu combien l'enfilnt est accessible aux impressions du dehors; transmises au cerveau, elles déterminent facilement une excitation trop Vive qui donne lieu aux mouvements convulsife : c'est ë cette susceptibilité extrême du système nerveux qu'il faut rapporter les accidents convuLsifs que font naître par réflectivité la dentition, la prince de vers dans le tube digestif le prti** rigo de l'eczéma, etc. « Vers la dentition viennent le prurit et rirritation des gencives, les fièvres, les convulsions, Tes diarrhées, surtout à la sortie des dents canines et chez les enfants qui ont beaucoup d'embonpoint et une constipation opinifttre (2). » La chorée, qui consiste dans la discordance d'action entre le système nerveux et le système musculaire, et qui se caractérise par la rapidité extrême, le manque de précision et de fixité dans les mouvements, la chorée est une maladie plus familière à l'enfance qu'à tout autre âge; mais elle n'est ni rare, ni très-commune, car sur 32 976 malades admis à Thôpital des Enfants pendant dix ans, 189 seulement étaient affectés de chorée, = 1 sur 377 (Rufz). G. Sée a fait ressortir la liaison de la chorée avec le rhumatisme articulaire (3), et Henri Roger celle qu'elle a, non-seulement avec le vice rhumatismal, mais avec les inflammations de la membrane interne et externe du coeur (cliorée cardiaque) (U), L'épilepsie a été appelée ffml dos enfants; on l'a vue se développer dès les premiers jours et dans les premiers mois de la vie : « Vel primo

» aux toux, aux inflammations ombilicales^ aux suintements des oreilles. » (Hippocrate, Âphorismes^ 24, sect. iii.)

(1) Villermé, De Pinfluence des marais sur la vie (Annales d'hygiène publique et de médecine légale, t. Xf, p. 345, 1" série. PaHs, 1834).

(2) Hippocrate, i4/?Aorm/îe,ç, 25, sect. m.

(3) Germain Sée, De la chorée, rapports du rhumatisme et des maladies du cœur avec les affections nerveuses {Mémoires de i* Académie de méd.^ t. W).

(4) Henri Roger, Archives gén* de méd,, 1868.

PRtVtE] RAPPORTS DE L'IMMtNKNCE MORBIttE AVEC LES AGES. 219

mense adgreditvr.,. Vet çirca i^titimiis tempus a septimo ad dectmufn mensem (1)...» Geptodant c*est surtout vers h puberté qu'elle se développe. Les convulsions primitives et sympathiques se manifestent d'Iiabitude avamt rage de sept ans; les convulsions symplomatiques, quoique plus fréquentes I la même période de la vie, ne sont pas rares entre sit et quinze ans.

La cacheiie scrofulense est due à Une modificatioâ inconnue du sang, source commune des dépAts morbides multiples qui s'opèrent sur des orgàties éloignés les uns des autres, et qui n*ont guère de liaisons sympathiques ; elle a pour expressions locales la tuméfaction inflammatoire des gatiglions lymphatiques, Tinflàmmation chronique des muqueuses oculaires, palpébrales, nasales, des arthropathies, la carie des os courts, etc. Le système lymphatico-^ counectif e»i le siège de prédilection des manifestations scrofuleuses auxquelles il donne lieu, et comme il a Une prépondérance marquée dans i'enfance« on Comprend la fréquence des scroillles Si cet âge t sur 537 scrofuleux, 2i0 sont compris entre un et dix ans. Scrofules et tubercules présentent sous Ce rapport une grande divergence : ceux-ci sont beaucoup plus fréquents entre vingt et quarante-cinq aan qu'avant vingt ans; celles-là augmentent de fk^équeUce jusqu'à l'âge de quinze ans, se montrent encore chez beaucoup d'individus entre quinze et vingt ans, deviennent plus rares entre vingt et trente an^, et disparaissent à peu près à mesure que l^hommc avance vers la vieillesse. Nous empruntons à Lebert (2) le tableau suivant, plein d'Intérêt pour l'hygiène :

Ajçe.

Tuberculeux pour 1000.

Scrofoleux po

10 fc 15

35 à àO

àO à 45

On a noté depuis longtemps la fréquence plus grande des tubrrcules dans les centres nerveux, dans les ganglions bronchiques et dans les glandes mésentériques (carreau), chei l'enfani que chez l'adulte. Toutefois nous rencontrons souvent ces deux dernières localisations de la maladie tuberculeuse chez nos jeunes soldats, et c'est à tort que Gendrin considère comme une exception la tuberculisatioQ des ganglions abdominaux après la puberté {ioc, cit, , p. 58). La méningite tuberculeuse appartient encore à l'enfance, en raison de la pré- Ci) Sydeoham, op. cit,^ p. 620.

(2) Lebert, Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeuses, Parltf, 1840« p. 60.

SM M LlHIilNBNCE HORUH. [■?•*■

domimace encéphalique, si prononcée i cet ^. Bnfio, c'ert k cène même époque de la vie que le rachilisnie se développe fré(|uemmeiil sous l'în- Ouence d'une alimenlalion trop forte ou iusullisantc, par la direction vicieuse de la plasticili^

ni. Puberté, âge adulte. — L'épLstaïis est j'héniorrhagie des muqueuses dans l'adolescence et dans l'âge mûr. chez les femmes, les bémorrhagies utérines s'observent à l'époque où la menstmation s'établit, et pendant ta période d'esisicuce de cette fonction; rares avant la puberté et après la ménopause, elles sont de source incertaine dans le premier cas, et presque toujours le symptôme d'une lésion matérielle dans le second, témoignant ainsi de l'influence de l'âge sur la vitalité et le développement Aes oi^aiies. Entre ironie et trente-cinq ans s'opèrent des congestions vers le rectum, cause productrice des hémorrlioïdes dont les attaques, comme un dit, se répéteront plus ou moins fréquentes, avec nu sans effusion sanguine, jusque vers cinquante k soiiante ans.

Parmi les lésions de sécrétion, il en est qui résultent en partie de causes spéciales, en partie des conditions physiolc^ique» de l'âge : on ne saurait nier qu'une mastication incomplète, une sorte d'état saburral habituel qui se manifeste par les vomissements, les diarrhées, les coliques, favorisent chez l'enfant la production des vers lombrics que l'on observe surtout vei*» la deuxième dentition. Les ascarides sont plus communs cbez les adolescents et les adultes; le lënra dans l'âge moyen, h moins qu'il ne soit endémique, comme à Batna (province de Constanliae).

Les inllamniations cutanées, aiguës et chroniques, ne font point défaut aux jeaoes gens et aux adultes ; nous les observons en grand nombre dans les bApiUuz militaires qui- reçoivent en majeure partie des malades de vingt i Irenie-cinq ans; quoique leur muqueuse digestive n'offre plus la vascularité exubérante de l'ige précédent, ils sont exposés singulièrement aux inOammalioos gastro-intestinales et i celles des organes annexes de la digestion. La proportion de ces malades est énorme dans l'armée, et quand on pratique sur le théâtre où Bronssais a recueilli les maténaux de ses généralisations, on s'étonne miHOS de la prépondérance palbi^énique qu'il a conférée à la gastro-entérite. Vers la puboté, le larynx achevé de se développer, et c'est ï partir de cette époque que s'établit une aptitude particulière aux irritations de cet organe. Presque tous les &its conspués par Trousseau et Belloc (1) portent sur des hommes de trente i quarante-cinq ans. Les phlegmasies des branches, des poumons et des plèvres occupent une plus grande place dans la pathologie de la jeunesse el de l'^e mûr; il résulte d'un grand nombre de bits relevés par Birth et Grisolle (2) que la pneumonie, assez commune dans la jeunesse.

(1) Troniieau el Belloc, Traité de la pMliùie laryngée. Paris, 1S37, iu-S avec flmtbei.

(2) Griiolle, Traité de la pneumonie, 3' édition. Pari», tS6d, in-S.

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atteint son maximum de fréquence dans la période de vingt à trente ans; toutefois, en tenant compte du chiffre de la population aux mêmes époques de la vie, on trouve que la pneumonie, loin d'être rare chez les vieillards, est encore chez eux l'affection aiguë la plus commune et la plus meurtrière (1). L'évolution sexuelle, la gestation, l'accouchement, la lactation, etc., suscitent à la femme l'imminence des affections inflammatoires de l'appareil génital.

Tous les observateurs s'accordent à Gxer l'opportunité de la fièvre typhoïde entre vingt et trente ans; Forget confirme ce résultat (2). L'histoire médicale de nos armées montre aussi que l'âge adulte est éminemment apte à l'absorption des miasmes paludiques, cause la plus générale de la production des fièvres intermittentes.

Les névroses appartiennent aux âges d'accroissement et d'état (hystérie, épilepsie, hypochondrie, manie, etc.).

La chlorose est liée, dans son développement, aux conditions physiologiques qui préparent la révolution de la puberté^ et se prolonge parl'lnsufiisancedela réparation organique, non à cause de l'imperfection de la menstruation qui n'est qu'un reflet de la condition générale de l'organisme. La cachexie scrofuleuse retarde l'apparition des premières règles ; la plupart des jeunes filles qui la présentent ne sont réglées que vers leur seizième année. La disposition scrofuleuse est souvent atténuée, corrigée par la puberté, qui a pour effet de condenser les tissus, de réduire l'activité des élahorations blanches ; en général, l'évolution des organes sexuels et leur entrée en exercice sont suivies d'heureux changements, et déterminent, d'après l'ingénieuse idée de Bordeu, la crise de l'enfance et de ses infirmités (3).

Quant aux tubercules, ils sont très-communs de dix-huit à quarante ans ; des recherches publiées sur ce sujet, il résulte que l'homme après la puberté est surtout exposé aux tubercules depuis l'âge de vingt et un ans jusqu'à celui de vingt- huit; la femme y paraît plus exposée avant l'âge de vingt ans. Passé la puberté, les tabercules se montrent presque exclusivement dans les poumons. Briquet (&) a trouvé que les trois cinquièmes des phthisies se développent entre trente et trente-cinq ans, et que la plus grande partie des deux antres cinquièmes se manifestent de trente-cinq à cinquante ans : c'est donc durant la période décennale de vingt-cinq à trente-cinq ans que les sujets qui craignent pour leur poitrine doivent prendre le plus de précaution.

« Après cet âge (la jeunesse), viennent les asthmes, les pleurésies, les péripneumonies, les léthargies, les phrénésies, les fièvres ardentes, les diarrhées

(1) Chomel, Dictionnaire de médecine, 2« édition, t. XXV, p. 161.

(2) Forget, Traité de C entérite foUiculeuse, Paris, 1841, p. 450.

(3) « Mnlta morborum gênera primo coïtu solvuntur, primoque feminarum mense ; » ant ti non id contingat, longinqua ûunt maxinieque comitiales. » (Pline, Historia naturalisa lib. XXVIII, cap. IV.)

(4) Briquet, Aevue médicale, février 1842.

su M L-INHffllNCE HOMHHt. [««Éto

chroriiineg, les cbo'^ris, li'sdyseiiiiTicii, les licnierios, lest l^'imorrhoidestl). •

IV. Age de retour. — Lfs acciiletitK plélboriqii(,« marquent la transition de la iDBttii'ilÉ h la mt^iio|)aiiu.- ; les hémorriiagies, pli6ii(iiii<!iie fréquent de c«tU' don)iëre phase, oui divers caractères : déplétitcn, uIIuh i'ai)|)ellciit celles qui dénoncent clicï la jeuuc fille les premiers efibna du travail uvarieuï B) mploinaLiquos, elles rfvËleiit l'eiJsteucc de lirions organiques (pulyiics, lameiira fibrcuiieii, dûgéiiér<!ïc«iccti, etc.) ut ae ne lient pan k la décadence naturelle île In fonction ; d'auirCA tua \» fuiiiinc, bien que devienne inipruprc U la reproduction. cousiTtc l'iiiibitudu de l'cxlialaiioii «anguiae de l'uli^rus, et ces perteH, |>ar leur répétition, la cunduixcnt i ce qu'un a app«lé U chlorose 1 né ni) rrba Clique [Trou.Hseau et Pidoiu). Mous avuus parlû ailleurs de» bdraorrhaginH supplémealaii-cs ou dÉvtalioniJ calanp^aiales dont Hallcr a (ail une longue énuméralioii : épiNlaxis, liëmaii^inèseB, flux hfniorrlioïdaut, liC-niopty- Bic*. bâRUtturies, dermnrrhagiefii à cesaccideuts que nous mentiuunuus pr ordra de Iriquencv, il but ajouter avec Itocque, Cazalis et Gcudrin, les cougeitionï cérébrales ou puliiiuiiaires, d'accord avec Siahlqui admet la déviation nieiMiruellc, même ulurs qu'il n'y a qut* fluxion avec congeiilioii vers uo organe. Kn «oniiiie, et pour leur gouverne hygiénique, l'Age de reiour est signalé ]iar une tendance aux béiiiurrlia{;ieti qui, suivant les coudilioiu ir.dindtitHleit deit feninteii, sont hous influence nur leur santé, salutaire» au nuisibU^i le plus souvent elles traduisent l'existence d'une maladie qu'il leur survit, et aloi-H niâme qu'il n'exiïle iwint de lé«ioa urgïuiquc, la congestion ii^morrhagiqiie ne s'épuiao point par la spoliation «anguine accidentelle. Au roite, ainsi que nous l'avons déji dit, c'est vers l'abdomen que prédomine la circulaiivQ k G«tte époque de la Ti&

Les lésions de sécrétion diminuent de fréquence avec le progrès de l'ige, lei lyitèmei vaaculaires perdant graduelleinent de leur activité.

A mesure que l'âge adulte penche vers son déclin, les inflammations se développent avec une allure et une pbéooniénalité qui les rapprochent des afliections chroniques ; elles ont des périodes moins distinctes, guéi isseut laborieu • sèment, ou, ce qui est plus ordinaire, elles a'iuipatronieent dans l'économie. Chomel et Blgche ont noté la fréquence de l'érysipèle périodique chez les femmes qui touchent ï la ménopause.

Les fièvres d'infection miumaiique s'observent plus rarement; l'absorptian est moins active : aussi les lièvres des maraî:3 sévissent-elles moins surlcs iudiïidgsde cet âge: et quant (t la hËvre typhoïde, on en a cuuslaté quelques cas il des époques avancées (Petit, Andral, Montauli) ; mais on peut dire qu'au delà de cinquante ans, elle ne se développe qu'eiceplionnellemoni, et qu'elle est déjà rare de quarante-cinq i cinquante ans.

La susceptibilité anomale du système nerveux s'alTaiblit vers l'âge de retour, et finit par s'éteindre : avec elle disparaissent la plupart des névroiies et des

(1) Hippocrat», Apliorùnua, 30, sect. m.

PJUVÂe] HAPPOKTS de L'IMMINENCE MORBIDE AVEC LES AGES. 223

aflections convulsives qoi oot tournieiUé les années d'accroissement et d'état. Cet apaisement n'est pas le fait général : à cet âge, on observe chez beaucoup de femmes des céphalalgies, des migraines opiniâtres, des insomnies, des spasmes, de la tristesse, du spleen, quelquefois un état d'exaltation qui devient le point de départ du dérangement de Tesprit. Brierre de Boismont syoute que ces troubles se manifestent même chez des femmes qui passent leurs jours dans le travail, tant il est ?rai qu'ils procèdent de l'action sympathique de l'utérus sur le système nerveux, non des habitudes d'éducation et dos regrets passionnés. Pinel (1) cite deux cas d'hystérie et d'épilepsie, développés sous l'influence de la ménopause. Rocque et Raynaud oot recueilli à la Salpêtrièrc 26 observations où Ton voit Tépilepsie survenir 6 fois lors de la ménopause, et 6 fois à l'époque de Tâge critique ou très-peu de temps après la cessation des règles. Quant à l'hystérie, c'est à peine s'ils ont pu rencontrer cette affection chez les femmes du service de Lélut qui avaient passé l'âge de la ménopause.

Parmi les productions morbides sans analogues dans l'économie {hétéroplas^ tiques^ Lobstein), les tubercules se rencontrent dans l'âge de retour, mais ils datent de loin. Nous sommes loin de les regarder comme le produit direct de l'inflammation ; mah> il est incontestable que leur apparition se lie à l'activité vitale des organes et est préparée par la fluxion des matériaux nutritifs qui se dirige sur les parties en voie d'accroissement : c'est pourquoi la matière tuberculeuse prédomine chez l'enfant dans le tissu sous-arachnoïdien, dans les ganglions bronchiques et abdominaux, dans les poumons chez l'adolescent, dans les testicules chez l'adulte, etc. Mais d'autres productions hétéroplastiques paraissent favorisées par l'état d'atrophie commençante des organes, qui coincide avec l'âge de retour : tels sont le squirrhe, le cancer. La coïncidence du cancer avec le décroissement naturel des organes est confirmée par les recherches de Leroy (d'ÉtioUes) (2). 11 a fait le relevé de 2781 cas de cancer recueillis par des médecins français : sur ce nombre, 1227 ont été observés chez des sujets âgés de plus de quarante ans ; 1061 sur des individus âgés de plus de soixante ans; 30 fois sur 100 le cancer occupait l'utérus, 2/i fois sur 100 les mamelles. Sur &09 cas de cancer utérin observés à la maison impé* riale de santé dans l'espace de douze ans par madame Boivin, 102 l'ont été de 30 à kO, 106 de 60 à /i5, 95 de U5 à 50 ans. Dans des tableaux publiés par Rocque (3), et dressés avec les éléments de l'observation la plus authentique, nous avons relevé sur 60 cas de cancer, où l'époque de la ménopause a été notée, 26 femmes chez qui l'apparition du cancer a coïncidé avec cette crise d'âge, l'a précédée ou suivie dans un délai d'un à cinq ans. Le carcinome du

(i) Pinel, Nosographie philosophique, t. III, p. 76 et 77.

(2) Comptes rendus de P Académie des sciences, 21 février 18d 3. — Comparez H. Le« bert. Traité danatomie pathologique générale et spéciale, PariS| 185Q, t. I, p. 307,

(3) Thèses de Paris, 1858» n? 149.

ill *■* ■ DE L'IMMlNKNOi:; UOBBIOE. [nTClWE

foie, dit Firrichs (1), i-arc daiix l'enfance, apparlient h la période avancée dt Il vie; Bar 83 cas, il en a observé U\ entre quarante et soixante ans, 19 entre Bottuie et i«oixante-dix ans. Enrm, la goutte se montre fréqueinmenl, mait xtte fiarticularilé que plus la vieillesse s'avance, moins les accidenb itoires sont prononcés; par compensa lion, la formation des topbus : ce qui met en évidence la liaison qui existe entre la manifestation tnorbide et les conditions propres del'.lge. urition de la virilité h la période de décroissemenl a pour pffei de fixer organisme les maladies qui datent d'une époque antérieure cl qui ne oini balayées par cette révolution d'âge; elle leur imprime le cachet : irrétnédiable chronicité, et si elle ne les convertit en habitudes inofleflponr l'économie, celle-ci porte en elle, diis cette heure, le principe de stTDCtion plus ou moins prochaine. Mais les changements qui s'opèrent ilaconsiitulion peuvent entraîner aussi la cessation d'habiitides existantes: est ainsi q ue les femmes ne se voient plus en proie à des souffrances périoles telles que névralgies, hémicrâuies; elles sont délivrées comme par tutemant de douleurs rhumatismales, d'faéniorrhagies mensuelles qui lea nient; leiir santé, autrefois chancelante, se consolide; la force de leur italion s'accrott de la force qui ne se dirige plus sur l'ulérus : mats ces nmitioDS sont propres ï leur sexe, au moins quant à la rapidité de leur sucn, et nous devons nous arrêter un moment sur cette importante période earezûtence.

L'tqnnicHi qui fait de la ménopause un temps critique dans le sens fôcheax de cette expresîiion. une phase périlleuse de l'organisme féminin, a-t-elle u source dans le préjugé ou dans l'obsenalion? ï-a statistique se charge de répondre : < Do ^3' degré de latitude au 60°, c'esl-ii-dire sur une ligne qvi s'étend de Marseille i Pétenbourg, en passant par Vevay, Paris, Berlin et Stockbolm, h aucaoe époque de la vie des femmes, depuis trente ans jusqali MHxanle-dix, on n'aperçoit d'autre accroissement dans leur mortalité qiK celai nécessiiremeni voalu par les progrès de l'ige. A tontes les époques de U fie des homniea, depuis trente ans jusqu'à soixante-dix, on trouve une mortalité plus grande que chez les femmes, mais surtout de quarante à cinquante ans (2). ■ D'oà il soit que la période de quarante à cinquante ans est véritablement plus critique pour l'homme que pour la femme, quels que soient n condition et son genre de vie. Ce n'est pas qu'il ne meure un plus grand nombre de femmes entre quarante et cinquante ans, qu'entre trente et quarante, etc.; mais leur proportion de mortalité reste intérieure h celle des bonimes. Lachaise (3) esfarrivé à des résultats semblables. Fiidaison, archi-

(1) Frerlclis, TraM prafiqve dtt maladies du foie, trad. de l'allemand, 3* édition,

iSse.

(3) Benoiiton de CUleauneuf, Mémoire sur la marfaliti des femmes, etc. (3) LaehaiM, Topographie médicalt de Paris. Puii, 1833, io-S.

FRlTÉE] RAPPORTS DE L'IMMINENCE MORBIDE AVEC LES AGES. 22»

Tîste du bureau de la dette publique eu ÀDgleterre, a trouvé qu*après Tenfance^ la vie des femmes l'emporte pour la durée sur celle des bommes, et daus une proportion vraiment étonnante. Enfin, Burdach (1) a dressé des tables statistiques avec des documents d'origine diverse, et d*où il résulte que depuis l'âge de quarante-cinq ans jusqu'à celui de cinquante-cinq ans, la mortalité des femmes est faible, comparativement à celle des bommes, et même qu'elle est alors moins considérable qu'à toute autre époque de la vie. Il semble donc qu'il en soit de la ménopause comme de la puberté, moins dangereuse en elle-même que par les préludes de son établissement. Il est certain qu'on a rattaché à l'âge de retour beaucoup d'affections qui avaient pris naissance bien avant la cessation des r^es, notamment des dégénérescences cancéreuses et squirrbeuses des organes sexuels, précédées pendant plusieurs tannées d'écoulements séreux et séro-pumlents. D'après Usfranc, c'est entre l'âge de vingt et trente-cinq ans que débutent le plus grand nombre des affections de l'utérus. Toutefois un certain nombre d'accidents ont leur origine dans la ménopause, personne ne le conteste : telles sont ces bémorrbagies inquiétantes qui se renouvellent parfois à court intervalle et qui persistent pendant plusieurs mois et même pendant des années; symptomatiques le plus souvent d'une altération organique, elles s'observent aussi sans cette cause ; d'autres fois au flux succèdent la leucorrhée, les hémorrhoîdes, l'hématurie; la pléthore générale est presque inévitable chez un grand nombre de femmes sur le retour, et chez toutes survient celte du bassin; la matrice peut rester congestionnée et finit par s'irriter. Des accidenis nerveux, des vapeurs^ des phénomènes d'hystérie et de mélancolie, ne sont pas rares^ surtout quand les femmes appartiennent aux rangs aisés et éclairés de la société ; mais ils sont le plus souvent le reflet de l'élat moral, et dénoncent moins l'influence sympathique de l'utérus que l'orage des passions encore vivaces et désormais déplacées dans le commerce social, les luîtes impuissantes du regret qui doit aboutir à la résignation. Enfin, on a vu reparaître après la ménopause des maladies qui avaient disparu lors de la première menstruation, telles que des éruptions diverses, des furoncles, l'eczéma ; dès érysipèles, des urticaires à répétition peuvent se manifester à partir de la cessation des règles.

L'hygiène seule protège efficacement la femme contre les suites de cette révolution d'âge» et sait conjurer l'imminence morbide qui l'accompagne et lui succède pendant un temps indéterminé. Il importe d'éloigner tout ce qui peut donner lieu à la polyhémie, à l'exaltation de la sensibilité, au réveil inopportun du désir vénérien ou à l'irritation locale des organes de la génération. Un régime humectant, médiocrement nutritif, végétal et lacté en grande partie; la prohibition de toute boisson alcoolique et aromatique ; un vêtement chaud qui provoque légèrement la peau et décentralise les forces qui convergent vers l'utérus ; l'exercice modéré et pris dans un air sec et vif : telle est la formule

(1) fiurdach, Traité de physio'ogie, Paris, 1839, t. V, p. 392. Ji. LÉtY. Hygièiie^ 5« Cdit. 1« — 15

104 DE L'IMMIiafiNCK MORBIDK. [flEmtMB

laconique des convenances sanitaires pour l'âge de retour, avec la donnée essentielle du calme moral et d*une sociabilité sagement circonscrite, soigneusement abritée contre les agitations mondaines et les tardives concupiscences. Un régime tonique et même l'emploi du fer trouvent leur place chez les femmes qui, anémiées par les pertes utérines, présentent de la faiblesse mus* cuiaire, des dyspnées, de la pâleur, des bruits de souffle cardiaques et vascn* laires, etc.

y. Vieillesse, — Si Ton excepte les habitudes morbides qne Tâge précédent a léguées à l'organisme, la vieillesse ne présente pas une seule maladie qui ne dépende directement des conditions matérielles et physiologiques de cet âge. L'organisation, comme l'a dit Rostan, est la cause première de leurs affections, comme elle en détermine la phénoménalité et l'issue. Que l'on se rappelle les changements qui s'effectuent à cet âge dans les centres nerveux, dans le sys- * tème musculaire, et l'on comprendra pourquoi les vieillards perdent graduellement l'usage des sens, sont affectés de tremblements, de faiblesse et de paralysie de la vessie, etc. Les résultats de la modiflcation matérielle des organes engendrent à leur tour une série d'effets secondaires, d'où la complication des infirmités et des maladies : ainsi la rareté des mictions permet l'accumnlAion de l'urine dans la vessie ; l'ampliation de ce réservoir, due à la stase haUtuelie de l'urine, achève de lui faire perdre son ressort; le manque ou l'insuffisance des contractions de la vessie rend impossible l'expulsion des concrétions dont la formation est favorisée par les causes précitées, etc. Les hémorrhagies céré* braies, s^ rare chez les enfants, puisque en vingt années Gnersant n'en a observé que deux cas, sont presque inévitables pour les vieillards, ainsi que les ramollissements de la substance cérébrale, par suite des modiûcations que subit chez eux la circulation encéphalique, et surtout la texture des vaisseaux (athérome, embolies, etc. ). La déposition du phosphate calcaire dans une foule d'organes, et notamment dans ceux de la circulation artérielle^ entraîne d'autres maladies; le sang, en raison des obstacles qu'il rencontre dans son cours, stagne dans le ventricule et dans Toreilleite gauche, par suite dans les poumons : de là les lésions du cœur, si ordinaires dans le vieil âge, de là les engouements, les hypérémies passives ou plutôt mécaniques des poumons, cause de pneumonies mortelles. Ces inflammations sont souvent latentes et insidieuses par des intermittences qui font croire à la guérison. La fréquence des congestions et des apoplexies pulmonaires, ainsi que des catarrhes bronchiques «t des dyspnées, tient aussi à l'espèce de transformation que subit l'appareil espiratoire : le poumon du vieillard s'atrophie ; par Tagrandissement de ses pilules, le nombre des surfaces sur lesquelles l'air et le sang réagissent est diminué. Il est vrai que, par compensation, la niasse du sang est réduite, ou, ce qui revient au môme, son cours est ralenti : modification qui conserve au vieillard le bénéfice de la loi en vertu de laquelle il existe un rapport constant entre la quantité de sang à vivifier dans un temps donné et l'étendue des surfaces sur lesquelles Tair peut rencontrer ce sang (Ândral); mais l'atrophie se-

tlOTifc] RAPPORTS DE t'IMHHENCE MORMDË AVEC LES AGES. 2S7

nile ne se restreint pas toujours dans la proportion nécessaire à l'hématose : elle s'ciagére et produit la dyspnée. Les récherches de Bourgery conGrment cette altération de la texture des poumons chez le vieillan", mais en font remonter Torigine plus haut : la faculté respiratoire, dit Ce lahorieux inTéStigâ^ teur, s'use d'elle-même par la déchirure capillaire des canàuî aériens et sanguins, improprement nommée emphysème pulmonaire; cette déchirure accompagne plus ou moins tous les grands elTorts de la respiration. Quoiqu'elle semble Tusure sénile du poumon, elle commence néanmoins dès l'enfance-et augmente graduellement atec Tâge, jusqu'à la Vieillesse, par la seule réitéra*^ tion des actes fonctionnels. Le dernier résultat de l'emphysème sénile, dit encore Bourgery, est d'assimiler la respiration des vieillards k la respiration mi-partie à sang rouge et noir, le poumon du lieillard décrépit au poumon loculaire avec respiration incomplète du reptile.

Le défaut de sécrétion sébacée et de transpiration petinet ant C<jn*puscnles irritants de se fixer à la surface cutanée des vieillards; de là des éry thèmes secs et d'autres éruptions. Forcée de suppléer la peau, la muqueuse aérienne sécrète avec abondance et produit ces interminables bronchorrhées qui dégénèrent facilement en bronchites capillaires, sous l'influence d'une bible cause, telle que passage de la chaleur au froid. La chute des dents, là perte de la salive, l'atrophie de la tunique musculeuse des Intestins, etc«, occasionnent des diarrhées lientériques par imperfection des digestions ; les hernies sont fàvo^ risées par le relâchement de la paroi abdominale, la gangrène des metnbres par le défaut d'innervation et l'embarras de la circulation, etc.

La pathologie sénile est plus restreinte, puisqu'elle etdttt léH flivfes éruptives, les névroses, le rhumatisme articulaire fébrile^ les fièvres intermittentes idiopathiques, les dysménorrhées, les affections aigués de l'utérus. £n général, les maladies des vieillards sont compliquées, car elles sont intercurrentes dans un état d'infirmités plus on moins graves ; les sympathies étant presque éteintes chex eux, elles se développent et marchent sourdement; le cerveau reste longtemps étranger à raffection morbide qui menace leur vie; de là leur indifférence ou même la persistance de leur gaieté naturelle au milieu d'un péril dont ils n'ont point la perception. Leur délire se trahit par les actions, avant de se manifester pdr le langage. On observe chez eux la sécheresse beaucoup plus fréquente de la langue^ la rareté et Tinsuflisance des sueurs; ils se plaignent de froid et d'horripilation, mais de frisson presque point. Leurs maladies obéissent aux saisons plus encore que celles des adultes : en été, ils donnent un cinquième de malades de moins, et leur mortalité baisse; les affections quMIs offrent alors ont presque toutes pour base un embarras gastrointestinal et cèdent à l'emploi d'un éroéto-caiharlique. L'hiver amène les catarrhes, les pneumonies, les affections cérébrales, les cachexies^ les hydropiiîes, rarement liées à la néphrite albumineuse, etc. C'est aussi en hiver (an IV) que Pinel a signalé à la Salpéirière la fréquoice des fièvres putrides et adynamiqnes, et qui, rapprochées d'observations plus récentes, ont paru à

228 DE L'IMMISENCR MORBIDE. [iiciEin

Beau (1) cointituer ane sorte de typhm sénile, remarquable par la fréquence des parotides, sporadique comme le typhus fever des Anglais, et lai ressemblant par Tabsence des lésions caractéristiques de la rate, des ganglions niésenlériques et des glandes intestinales.

Après avoir réfléchi aux modifications normales de l'organisme sénile et aux conséquences pathologiques qai en résultent, comment ne pas admirer l'aphorisme suifant, dans lequel une expérience toute de génie a résumé, il y a plus de deux mille ans, l'imminence morbide du vieil âge : « La vieillesse amène . avec elle les dyspnées, les toux catarrhales, les stranguries, les dysuries^ les douleurs articulaires, les néphrites, les vertiges, les apoplexies, les cachexies, les démangeaisons de tout le corps, les insomnies, l'humidité du ventre, des yeux et du nex, les obscurdssements de la vue, les glaucomes, les duretés de roule (2). »

La conclusion générale qui découle des fiaits relatifs à l'imminence morbide suivant les âges, est que les conditions dans lesquelles s'exerce la plasticité durant les âges d'accroissement, penchent l'organisme vers la maladie ; que le mouvement de décroissance rend de plus eu plus précaire l'accomplissement des fonctions et multiplie les causes de maladie par l'usure des organes. La force de résistance va diminuant avec les années ; aussi le nombre des jours de maladie par an augmente-t-il avec l'âge : c'est ce qui résulte de la statistique dressée par une commission des associations charitables d'Ecosse ; la durée annuelle moyenne des maladies s'y trouve exprimée dans les proportions suivantes :

A Tâge de 20 aai, quatre jours de maladie ; 30 ans, de plus de quatre jours ;

&0 ans, de cinq à six jours; A5 ans, de sept jours ; 50 ans, de neuf à dix joiui» ;

55 ans, de dooxe à treize jours ; 60 ans, de seize jours ; 65 ans, de trente

à trente et un jours; 70 ans, de soixante-treize à soixante-quatorze jours (S).

On a formulé d'une manière générale l'influence des âges sur la produc-

iioa des maladies en la rapportant, pour l'enfance aux organes encéphaliques,

pour l'adoleioenoe et la jeunesse â ceux de la poitrine, pour l'âge du retour

et du dédin« à ceux de l'abdomen. Cette assertion a presque obtenu le crédit

d*Bn axiome, et nous l'avons nous-même reproduite. 11 faut croire qu'elle est

fondée sur l'ohaenration universelle, puisqu'elle est universellement admise ;

mais TinductioD physnbgiqne n'y conduit point à priori Nous avons signalé

les chaDgemeolB que subit te tube digestif chez l'enfant et la fréquence des ac-

ddenls padiobgîqnes donc il est le siège : peut-être joue-t-il un rôle aussi

ioporUnt que Teocéphale dans la pathogénie de cet âge. Trousseau ne s'arrête

poîûl à ce doute, il affirme que la diarrhée, ou plutôt Fentérite dont elle est

(1} ttm^ Jamrnm! de mMecùte^ t. L 1843. PO lipyocnito, Âpkùr,, 31, leel. m.

W Tilmoè, fcr fo éarée mmffmne rf*» mahdies mut différents d^ [A nnatet rf'âyf^^ffMifme. Nri^ ItH^ U II, p. 2ie).

furto] RAPPORTS DE L'IMIIINENCE MORBIDE AVEC LES SEXES. 229

le symptôme, fut périr plas d'enfants que tontes les autres maladies ensemble de cet âge. Quant à la jeunesse et à Tâge adulte, le mouvement des hôpitaux militaires peut fournir quelques renseignements sur les affections prédominantes, et, par conséquent, sur la prédominance splanchnique à cette époque de la vie. On sait, en effet, que ces établissements reçoivent une immense majorité d'hommes entre vingt et un et trente-cinq ans ; les enfiints et les vieillards n'y paraissent que par exception. Or, sur 4877 malades que j'ai traités au Yal-de-Grâce pendant les années 18&0 et i8&l, voici les proportions relatives aux trois cavités splanchniques :

Maladies ayant leur liége dans le sytéme cérébro-spinal et ses

enveloppes. 100

Id. Id« dans les organes contenus dans la poitrine 810

Id. Id. dans les organes contenus dans le bas-ventre 837

Maladies diverses (rbumatismes articulaires, pblegmasies cutanées, lumbago^ etc., etc.) 130

Total 1877

Les 817 malades que j'ai traités dans le même hôpital pendant l'année 18/i2 se répartissent de b manière suivante, quant à leurs localisations :

Système cérébro-spinal et organes des sens 33

Plèvres et poumons 212

Cœur et péricardite. . . 7

Appareil digestif ei annexes 335

Fièvres intermittentes 134

Pblegmasies cutanées chroniques et aiguës , . . . . 43

Affections diverses • .^, • . 53

Total 817

Réimissant ces données, on trouve pour l'encéphale et ses dépendances = 133, pour la poitrine = 1029, pour l'abdomen = 1172, non compris les fièvres intermittentes qui sont des maladies de garnison, et qui pourraient, au moins par leurs complications et leurs suites, être rattachées aux affections abdominales, si l'on tenait absolument à les grouper dans les catégories précitées. Il semble donc que chez l'adulte encore, l'imminence morbide prédomine vers l'abdomen : considérant les conditions spéciales de la vie militaire, nous nous abstenons de tirer avantage de ces données numériques contre l'axiome précité ; mais nous avons cm devoir les relater.

I s. — Wm rapporte de rtauMlBeBee mertoMe «vee le« sexes.

L'imminence morbide qui dépend des sexes est absolue ou relative : ahsohie, quand elle se rapporte à des maladies inhérentes à l'organisation propre de l'honmie ou de la femme ; relative, quand elle s'applique aux maladies dont les deux sexes sont tributaires, mais dans une proportion inégale.

ISO m L'IMIflNINCE NOUDIDE. [kïqîèmk

!<" Imminence absoi^ub.

A. Sexe maumlin, *** fies dénngements et les affections morbides qui manicent eidusifement rhomme intérestent directement ou indirectement la fonction et les organes de la génération ; ils sont en rapport avec les phases de cette grande fonction, et plusieurs ont été signalés plus hvii [Habitudes m&rbides). L'accroissement rapide du corps vers l'époque* de la puberté pro« duit les mêmes effets qu'une déperdition de force matérielle, et les fièvres dites de croissance, quand elles ne sont point le reflet d'une irritation viscérale, épuisent la constitution. Il importe alors de ménager le système nerveux et de ne l'activer qu'autant que la force générale et le développement de tous les organes se sont consolidés sous l'influence de l'alimentation et du repos. Mais ces accidents de croissance sont communs aux deux sexes, quoique pins ordinaires cbcjc les garçons. La précocité du sens génital, les premières sensations dont les organes sexuels sont l'instrument, provoquent les adolescents à des abus, à des excès dont 11 a été parlé ; l'influence cérébrale et l'irradiation des organes génitaux se confondent et se perdent dans le môme cercle étiologique du satyriasis, de l'hypochondrie, des pertes séminales, de l'impuissance, etc. Les premières tentatives du coït déterminent parfois des urélhrites; les excès amènent des engorgements prostatiques, des rétrécissements, des irritations vésicales, des orchités ; nous avons souvent reçu dans nos salles, au Val-de-fGrâce, de jeunes soldats qui avaient éprouvé, le jour môme ou le surlendemain d'on coït ou d'une masturbation pratiquée après une continence prolongée, une turgescence inflammatoire d'un testicule, une orchitc dite spontanée, en ce sens qu'elle est étrangère à toute cause traumatique on vénérienne. Il suffit de mentionner d'autres maladies qui n'appartiennent qu'à l'homme, teUcs que l'hydrocèle, le sarcocèle, les lésions du pénis, etc.

B. Sexe féminin, — L'établissement des règles, leur suppression, la copulation, l'état de grossesse, l'avortement, l'accouchement naturel ou provoqué, opportun ou prématuré, la lactation, suscitent à la femme des périls, des nialadies, des infirmités ; |a disposition même des différentes parties de son appareil génital conspire, avec les fonctions dont elle est chargée pour la reproduction de l'espèce, contre l'intégrité de sa santé, et si la statistique lui alloue une moyenne de longévité supérieure à celle de l'hommo, il nous semble qu'elle en est redevable moins aux conditions de la sexualité (|u'à celles de son existence sociale. Cette société qu'elle accuse la dispense des longs travaux de Téducation scientifique ; elle lui épargne la rude épreuve des professions qui exigent un grand déploiement de forces ; la femme ne participe point aux chances majeures de mortalité qui pèsent sur l'armée, sur diflireates carrières, telles que renseignement, la pratique do la médecine, sur beaucoup d'industries et de métiers insalubres ; le célibat, autre source

PUYte] RAPPORTS DE L'IimniBNGE MORBIDE AYEC LES SEXES. 891

de moruiité, enerce moiiis la femme et lui est infligé en moindre propor* tion, etc. Ce aoot ceg oiosee extérieures, iiiqes de notre organiiation aociale, qui expliquent lea résultats de la atattetique obitaaire 3 car plus on Qn^iaagtt de près les conditioas de structure et de fonctionnalité qui appartiennent k la femme, plus on y découvre de germea de maladie ; la oonstitution permanente des femmes est ) peu près celle de l'enfance, qui sollicite tant' de soins et de précautions s la société a donc sagement iait de les abriter dans In tfffti^ de la Tie domestique, et d« les bercer, loin du forum, dans le rêve perpétuel dei félicités intimes.

Nous avons insisté déjà sur les principaux accidents qui accompagnent ou précèdent la ménopauae. Roussel a dit avec raison que l'écoulement menstruel est le signe et la mesure de la santé des femmes 1 il suffit pour iaire dispariatre des maladies qui ont persisté depuis l'enfance (t)t Mail trop souvent cette fonction s'établit laborieusement; elle est précédée oo accompagnée de douleurs, de nuilaises, de troubles divers des organes reapi» ratoires et digestifo, d'accidents hystériques, eonvulsifii, de lipothymies, de coliques nerveuses, de chlorose; cette tourmente (dysménorrhée) peut se renon« vêler ^ chaque retour eu n'éu« que le prélude de la première menstruation. D'autres fois celle-^ci n'apparaît point • soit par l'effet d'un état plétbori» que, dont nous ignorons le mode d'action sur l'ovulation sponuinée, soit parce qu'il existe une lésion organique sous l'apparence générale de la aanté, soit à cause d'une faiblesse originaire ou acquise de la constitution (amener^ rbée par rétention). Les mêmes causes peuvent déterminer graduellement, lentement, la suppression complète ou iuoomplète des règles, quand elles ont déjà coulé s une émotion, une imprudence de régime, l'omisaioii d^tme pré" caution habituelle peut les faire cesser instantanément. L'exhalation du sang menstruel a lieq, mais des causes diverses s'opposent à sa sortie; o'est ramé<« norrbée par défaut d*excrétion s enfin, l'excès des règles amène aussi des ma* ladies comme leur suppression (2), Quant aux déviations prétendues du flux, menstruel, nous en avons parlé {Habitudes morbide$). Remarquons que toutes ces lésions d'une fonction qui domine la vie des femmes sont prév^ues par une bonne hygiène, et, une fois développées, cèdent moins è l'emploi des drogues qu'è celui des nuMiificateurs hygiéniques.

La grossesse franchit la limite de l'imminence morbide et entraîne une série de soufl'rances et d'incommodités; chaque appareil, chaque organe y participe à tour de rôle, et souvent plusieurs ensemble : le ptyalisme, les nausées, les vomissements, l'anorexie et la constipation vers la fin, voilà pour le tune digestif; la pléthore, les hémorrhagies, les dilatations variqueuses des membres inférieurs, rcadème qui s'y ajoute, parfois des hémorrhoîdes, voilà pour la circulation. L*excrétion des urines devient gônée ou involontaire ; le trouble

(1) HippMnte, Àphor., 2%, leat m.

(2) Hjppocntet 4f^*> ^T> sect. v.

tas m L'IMMINENCE MOBUDE. [tTOta

mécanique de la drcuhtkNi Teinease peot avoir pour effet l'hypértoiie des reiliB» et socoesrif ement diTers degrés d'albomintirie, avec leurs oonfléquencei inéfitaUes, la présence de l'albamine dans l'urine et raccumulation de Torée dans le sang; de là des accès d'éclamprie (1). Le plus souvent la lésion rénale se dissipe avec les symptômes urinaires après racoouchement; mais elle peut s'aggraver pendant les efforts de l'accouchement, qui est une cause eflideme d*|lbuminurie et, par suite, d'édampsie. Celle-ci est le symptôme le plus ordinaire, mais non unique, de l'urémie cbei les accouchées ; des paralysies locales de la face, l'hémiplégie, l'amaurose (Simpson), et d'après Ûtimann, la manie, la stupeur, en sont aussi quelquefois les suites. Outre cette fatale imminence de convulsions, les fonctions du système nerveox dbent d'autres phénomènes de troubles ou de perversion ; des douleors le font senthr en différentes parties du corps, notamment aux seins, à l'hypogastre, aux aines et dans la région lombaire. La proéminence du ventre qui s'oppose à la vue des obstacles, et la répartition dé&vorable du poids do corps, sont pour quelques femmes une cause de chutes. L'influence préser* vatriee de b grossesse est loin d'être démontrée par une somme soflBsante de fiidla : c'est une idée très-satisCiisante que celle qui place la iemme enceinte sons b protection spéciale de la nature, essentiellement conservatrice de Tes* pèoe ; nuds on ne voit pas que les maladies aiguës épargnent les iemmes grosses, et teur danger s'augmente de b difficulté de traiter b mère sane eompromettre l'existence de l'enfant. Toutefois l'excitation générale que produit b grossesse augmente la force de réaction ; le mouvement fluxionnaire qui s'établit vers l'utérus et la prédominance énorme que prend cet organe diminuent, pour les autres parties du corps, les chances d'hypérémie et de pUogose, ou agissent sur eux par un effet de dérivation prolongée. On expliquerait ainsi l'amendement et même la guérison de la manie et surtout de la démence, si des observations assez nombreuses, assez exactes, confirmaient ce fait Les observations communiquées à l'Académie de médecine par Gri8oile(2) ont dissipé l'erreur qui a régné si longtemps au sujet de l'influence ralentissante de b grossesse sur la phthisie pulmonaire. Il arrive pourtant que des grossesses répétées modifient avantageusement l'économie^ et en corrigent, jusqu'à un certain point, la disposition lymphatique, grâce à l'élan qu'elles impriment à b circubtion sanguine et à la stimulation sympathique des principaux viscères.

Nous avons mentionné aiUeors les causes qui peuvent troubler dans le sein maternel la régubrité de l'évolution fœtale. Épargner à la mère les émotions violentes et toute occasion d'irritation morbide, c'est beaucoup faire pour l'intégrité du produit de la gestation. Le spectacle d'un accès épileplique peut communiquer au foetus l'aptitude à cette maladie sans que la mère la con-

(1) Mémoire» de tAcadémie de médecine. Paris, i856, t. XX, p. 1 et suiv.

(2) GrifoUe, Bulletin de P Académie de médecine^ 1849, t. XV, p. 10.

Mivte] RAPPORTS DE L'IMUINEMCE MORBIDE AVEC LES SEIES. 238

tracte (1). Les frayeurs et l'afiSiction ont une grande influence sur le développement de i'épilepne chez l'enfant comme chez la mère. Toutes les statistiques ont enregistré la frayeur pour une très-large proportion dans Tétiologie de Tépilepsie (LeureC, 27 pour 100 ; Delasiauve, 42 ; Beau, 50).

L'aTortement peut avoir lieu à toutes les époques de la grossesse ; la gravité de ses suites dépend de h cause qui le produit et de Tépoque où il a lieu. Une foule de conditions inhérentes à l'organisation de la mère sont propres à préparer, à déterminer cet accident; et en première ligne, l'exaltation de la sensibilité, les vices de conformation, la disposition aux hémorrhagies, l'hérédité, l'habitude introduite par des avortements antérieurs, alors même que ceux-ci ont eu lieu accidentellement L'avortement est d'autant plus dangereux qu'il s'opère à une époque plus rapprochée du terme naturel de la grossesse.

La parturition, comme la grossesse, s'accompagne de souffrances et détermine l'imminence d'une foule d'accidents plus ou moins graves, soit pendant le travail, soit après la délivrance. La sécrétion du lait donne lieu à un mouvement fébrile qui dure ordinairement d'un à trois jours, et qui, lorsqu'il se prolonge au delà de vingt-quatre heures, présente chaque jour un redoublement. L'intensité et la durée de la fièvre de lait sont en rapport avec les dispositions organiques individuelles ; mais lorsqu'elle se prolonge et se complique de phénomènes graves, il existe une inflammation ou une autre cause extraphysiologique, car en elle-même cette fièvre ne peut être considérée comme une maladie. L'insuflBsance ou l'excès de sécrétion laiteuse ne produit pas les mêmes effets sur la mère; celle-ci n'a point à souffrir du manque de lait, si ce n'est moralement; mais la surabondance de la sécrétion, disproportionnée avec la force de la constitution, entraîne à la longue l'épuisement et le marasme. Qoant aux maladies dites laiteuses, pour les admettre il faudrait des faits qui Dussent hors de doute la déviation ou la métatase du lait. Si certaines maladies paraissent plus fréquentes pendant l'allaitement, on ne peut nier que cette fonction n'exerce en général une influence heureuse sur la santé des femmes. Noos connaissons une dame sujette à des accidents hystériques très-bizarres, qnî, suspendus pendant l'allaitement de son dernier enfant, ont reparu depuis le sevrage.

2'' Imminence relative des sexes.

La question de la fréquence relative des maladies dans les deux sexes ne peut être résolue que par la statistique opérant sur de grands nombres. L'étude comparée de l'organisation virile et de l'organisation féminine conduit à quelques inductions fondées sur ce sujet; mais la science ne peut se contenter de probabilités à priori. Il est inutile de faire remarquer l'avantage que l'hygiène tirera de la connaissance exacte des proportions numériques d'après lesquelles les principales maladies se développent chez l'homme et chez la femme. La

(1) Michét, Union médicale^ 6 novembre 1855.

itft m LiMMiHiKCE Muan. [i

prophylaiie te dirige dn eM oè riii«BBC0 ot naaiiMle) eh attoid tes m guide dott II itatiitiqiie qui dmt loi fMmir rédwDe de l'ioiMmee iBorMa mifaiit les leics. Poar an certain nombre d'affeedone U eiiite qoeltiaee doft* nées. Il est bon de doute que les néfrases i*obMnent en pins grand nonlm chei les fenunet) ce rapport de fréqnenee s'applique à la pivpait die IMeni dn sjatème nerveux. En 1830, il y avait 324 épileptiqncs Ik Salpairiifn. a* l'on ne reçoit que des femmes ; et seulement 160 à Biefltre. qui «1 Mfart aux hommes. Esqoirol (1) a trouvé dans divers hospices de Franee 700 fe»> mes et environ 500 hommes aliénés; à la fin de 18S0, b Salpêlriàra ran&aw mait 1&09 femmes aliénées, tandis qu'il n'exuuit que 7&0 hommes aliénéi h Bieetre (9). ^ Sur 39 076 malades admis, pendant* dix ans, à rhOpital daa Enfants (de 18S& à 18SS), 180 étaient aflBCtés de choite» et sur ce dnrMsr nombre, 51 étaient des petits garçons et 138 éuient des petites fillea (3). — Sur SfeO eu de chorée, Dofossé n'a trouvé que 70 individus du sexe féminin (ibèse, Paris, 1836). Les névralgies ont été notées 251 Isis cfaes les feaunea et 918 chei les hommes (Yalleix).

H serait intéressant de connaître dans quelle mesure de fiiéqnenoe ae ék9ù^ loppent dans les deux sexes les atiBCtions les plus cooununeson les plua foMites; malheureusement les données manquent ou sont incomplètes. Ainai laa auteurs ne fournissent rien de positif qoani au sexe, dans l'étiologie de la fièvre typhoMe i sur 100 cas, Forget a trouvé 00 hommes et 100 femmes(k). — Briquet oppose le résultat de ses recberebes è ceux obtenus par Louia ot Lombard (5), touchant la fréquence relative de la phthisie polmonaire àam les deux sexes i il a trouvé que la morulité propoitionnefle des phthisiqaea a été plus forte d'un dixième environ chex les hommes que cbes les femmes. Il est probable que l'influence du sexe sur la production des tubercules varie d'un pays k l'autre. Louis a démontré qu'à Paris la prédominance est pour In sexe féminin ; à Genève, Marc d'Espine indique, pour 680 décès par tubercules, 8&6 hommes et 334 femmes; l'Angleterre, prise en misse, donne ploa de décès par phthisie pour les femmes que pour les hommes, tandis que Londres voit mourir annuellement 37 phthisiques du sexe masculin pour 33 du sexe féminin. De 1 à 2 ans 1/2 les garçons se tnbcrculiscnt plus facilement que les filles dans une assez forte proporlion (Dietrich, Rillict et Barthez) ; c'est le contraire de 3 à 5 ans, dans une proportion minime. De 6 à 10 ans 1/2 les deux sexes sont également exposés à la luberculisation ; mais de 1 1 à 1 5 ans, la forme chronique se montre plus fréquente chez les enfants du sexe féminin.

(!) Eiqoirol, Des maladies tnentaleê. Paris, 1838, 1. 1, in-8. (9) Desportei, Rapport sur le service des aliénés, P^ris, 1823.

(3) M. Rufx, Hccherc/tes sur quelques points de t histoire de la chorée (sirchivesdt médecine, 1834, t. lY, p. 310).

(4) Forget, Traité de Venlêrite folliculeuse. Paris, 1841, p. 450.

(5) Lombard, Annales d'hygiène publique^ V série, t. Vï, p. 50, el t» XI, p. 5 et suiv.

fmtÊ) RAPPORTS DE l'IMMIlfBNGE MORBIDE AVEC LES SEXES. 2SS

Qnant aux scrofules, la différence est peu notable entre les deux sexes. Sur 537, Lditrt a troufé 27& bommei et 263 femmes; mais certaines formes de cette maladie dominent plus chez les uns ou chez les autres : lés hommes offirent presque un tiers d'arthropathies scrofuleuses de plus que les femmes; eellei-d eoraptent pour un tiers de plus dans les maladies de la peau; les maux d'yeux ioatauHi plus fréquents chez elles; les ulcères et les abcès le sont plus chez les hommes. Uttré (1) déclare le cancer plus fréquent chez la femme; mais Delpech (2) croit que les supputations comparatiTes rendent cette diflérenee douteuse, et il pense qu'on n'a été rx)ndnit k l'admettre que parce qu'on observe an grand nombre de cancers à une période de la vie des fommea.

On s'accorde à considérer les calcula et la gravelle comme plus ordinaires k l'homme qu'k la femme; l'observation contemporaine a pleinement conflrmé k cet égard l'oirinion de Steineman, de Van Swieten, etc. Le premier a publié, en 1790, k Strasbourg, une dissertation intitulée : Cautœ cur frequentius viriprœ fêminii ealeulon fiwit. Il en est de même de la goutte, dont Hippocnte a dit qu'elle n'attaque les femmes qu'après la cessation de leurs règles {Aphor., 29, sect iv).

Parmi les phtegmasies, il en est qui frappent plus de fenunes que d'hommes, en raison de circonstances qui se rattachent k la sezualité : exemple, la péritonite. D'autres, plus fréquentes chez les hommes, dépendent en partie de leur genre de vie ; un régime plus stimulant, Tusage plus général des boissons alcooliques, une tendance plus grande auz excès^ exposent davantage le sexe masculin aux inflammations du tube digestif. Le croup est^us fréquent chez les garçons que chez les filles; il en est de même de la stomaiite ulcéromembraneuse. La pneumonie conduit dans les bApitaux de Paris plus d*hommes que de femmes : sur 202 cas que relate Chomel, ikê appartiennent aux hommes, 54 seulement aux femmes. Cette différence considérable n'empêche pas CboDiel d'annuler la prédisposition sexuelle; il Tattribuo k ce que la grande majorité des femmes exercent det professions sédentaires. Dans les prisons, dit-il, comme aossi dans les pays où les fismmes se livrent aux mêmes travaux que les hommes, on a trouvé le nombre des pneumonies à peu prh égal dans les deux sexes. Sur 4&0 catarrhes pulmonaires recueillb dans trois ans, 52 seulement, envht)n un tiers, appartenaient aux femmes (3) ; sur 61 bronchites observées par Rufi, 20 seulement s'étaient développées chez des fem-» mes. — En rapprochant ces faits des résultats obtenus par Andral et Gavarret, dans leurs recherches sur les quantités d'acide carbonique qui s'échappent par la respiration dans les deux sexes, on arrive k la eonfirmation de cette loi de physiologie pathologique, souvent Invoquée, k savoir, que l'imminence morbide est pour chaque organe en raison directe de son activité.

(1) UUré, Dictionnaire de médecine. Paris, 1834, 2* édition, t. VI.

(2) Delpeoh, Maladies chirurgicales, L II, p. 121.

(3) Loolfl, BeokêrchM 9ur ia phtMisiê^ 2* édition, p. 526.

DE L'IMMINENGK MORElDfi. [i

3 •• ^"^ VMi Hipi^MPCft flO rnWBHHÉCBfSO BBtMrtHflO JIW0 FBMPOflttO

Après ce qui a été dit de l'hérédité oomme étémeot de It constitatioo, il DO D0Q8 reste ici qu'à rechercher daos qûdle mesure de firéqn«ioe s'opte b transmJssion des maladies. La possibilité de leor traosmissioD D'est Tobjel d'aocQD doate ; mais daos Tiotérét de la prophylaxie hygiéaiqoe, il fimdnit que la sdeoce pât répondre à la question suivante : Sur on nonibre donné de cas d'une maIkUe déterminée, combien de fois cette maladie s'est-elle naontrée chez des individus nés de parents qui en ont été atteints, combien de fm l'a-t-on observée chez des sujets issus de parents qui en ont été exempts? La solution de ce problème ne peut sortir que d'une statistique étendue et exacte : or, elle n'a pas encore été bite. Des relevés partiels n*ont qu'une valeur temporaire et limitée, et c'est tout ce que nous trouvons dans les auteurs. Les affections dont l'hérédité est journellement constatée sont admises en cette qualité par tradition, non par une vérification sévère des faits que l'on invoque; d'autres ont pris place dans le cadre classique des mahdies héréditaires, sans qn'en l'absence du contrAle numérique l'observation leur ait jamais confirmé le caractère que la routine des écrivains leur assigne. En rtalilé, chaque praticien possède par devers lui un certain nombre de fidts plos ou moins bien observfa, et d'après lesquels il se compose son groupe de maladies bérédiuires ; à ces présomptions s'ajoutent les données fournies par une ala* tistique incomplète et les axiomes des autorités de la science; si précaires qne soient les produits de cet amalgame, ils tirent quelque importance de la gravité même do sujet, et nous les exprimerons brièvement

1. La disposition bémorrhagique se transmet (Hoffmann, Hufeland , Bailly, etc.) : Sanson a relaté l'observation d'un nommé Appleton qui périt d'une double hémorrhagie, et qui eut dix-sept petits enfants et arrière-petitsenfants, tous sujets à des hémorrhagies spontanées et mortelles pour plusieurs d'entre eux. On a vu l'bémorrhagie cérébrale se répéter dans certaines familles jusqu'à la quatrième et à la cinquième génération.

2. Parmi tes lésions de sécrétions qui paraissent héréditaires^ mentionnons les tumeurs follicolaires, l'icblhyose : l'bistoire des frères Lambert, par Geofboy Saint-Hilaire, nous montre cette affection passant dans plusieurs générations par les mâles; nous l'avons observée nous-méme chez des militaires dont les ascendants en avaient été atteints. L'hérédité de l'affection vermineuse est admise par Brendel, Selle, Rosen, etc., mais elle ne compte en sa faveur qu'un petit nombre de faits ; comme elle se développe ordinairement sous l'influence du régime et des conditions d'habitation et de climat, la pluralité des cas de vermination dans une même famille n'en prouve point la transmission. La même observation s'applique en partie à Taffection calculeuse, quoique l'aptitude à la contracter soit évidemment transmissible ; on voit parfois tous les membres d'une même famille atteints successivement d'une lésion calcu-

^éT

PllTiE] KAPPOKTS DE L'IMIIIMENCE MORBIDE AVEC L'HÉRÉDITÉ. 2)

lease des reins, de la vésicoie biliaire ou des articulations. Mais la preuve irréfragable des chiffres manque encore ici.

3. Un grand nombre d'inflammations de la peau sont susceptibles de se propager par génératioD ; tous les auteurs s'accordent sur ce point Toutefois Piorry (1), ayant fait interroger soigneusement 70 malades atteints d'affections variées de la peau qui se trouvaient à l'hôpital Saint-Louis à l'époque où il rédigeait sa thèse, n*a constaté que chez six d'entre eux l'hérédité en ligne directe : nouvelle preuve de la nécessité de recherches précises et nombreuses sur cette question. Peu d'inflammations des organes abdominaux paraissent sujettes à transmiflHKML Un élève du Val-de-6râce nous a communiqué les faits suivants, qui se rapportent à sa propre famille, et qu'il nous a permis de publier. Louis-Pierre Desmorètes est mort en 180/i d'un abcès au foie ; de six enfants qu'il a laissés, l'un a succombé pendant la retraite de Russie, et les cinq autres sont morts d'abcès au foie, comme leur père, entre quarante-huit et cinquante-cinq ans ; le plus jeune des cinq enfants (Pierre-Auguste), mort à Tours en 1830, a laissé un fils âgé aujourd'hui de quarante-huit ans, et d'un tempérament bilieux très-prononcé ; ce dernier est lui-même père de deux fils dont l'ainé présente tous les caractères de la prédominance hépatique^ tandis que le plus jeune, de qui nous tenons ces détails, parait d'un tempérament sai^in, avec une légère nuance lymphatique. L'hérédité se révèle assez souvent dans la production des lésions du cœur et des gros vaisseaux, et surtout dans celles du poumon : il est diflScile de révoquer en doute celle de b disposition aux bronchites, aux laryngites, aux catarrhes pulmonaires, et c'est un fait très-remarquable, comme le fiiit observer Piorry» que l'identité dn timbre de la voix chez tous les membres des mêmes familles. Les recherches de Louis et Jackson ont fait voir que sur 28 sujets atteints d'emphysème pulmonaire, 18 étaient issus de père ou de mère affectés de même lésion. Quant aux lésions inflammatoires de l'encéphale et de ses enveloppes, ceux qui admettent l'origine phlegmasique de différentes formes de l'aliénation ne sauraient leur refuser l'aptitude à se transmettre héréditairement. Un écrivain spirituel a dit : Lorsqu'on est né de parents rhumatisants, on a eu sa première attaque dans la personne de ses ascendants (Requin). Le rhumatisme articulaire est, en effet, une maladie de famille ; les faits réunis de Ghomel, Patouillet et Piorry donnent un total de 165 cas d'arthro-rhumatisme, dont 81 sont des cas d'hérédité constatée.

&. Les névroses sont au nombre des maladies les plus susceptibles d'hérédité : « Quod spectat ad ipsius cerebri malam dispoaitionem^ eadem aliguando hœreditaria existit, Ita^ parentibus epilepticis auc convulsioni ob^ naxiis oriundi, in eodem affectu plerumqiM et ipsi proclioes sunt; et quidem canstituiio cerebri a par tu multis modis fieri potest vitiosa (2). » L'hérédité

(1) Piorry, Thège sur Vhérédité dans les maladies^ 1840, p. 417.

(2) Wîlli«, Opéra onwia^ t. 11^ cap. u, p. 97, et cap. xixi, p. 155,

238 DE LIMMINËNGE MOtIftmK. [iHItn

porte sur les diverses formes d'afTections nerveuses, et Ton peut, avec Giossail (1), les ramener aux suivantes : 1° surexcitation névropathique géoénle ou protéiforme ; T surexcitation spasmodique ; S* surexcitation convoUveou excito*motrice ; U^ surexcitation cérébrale ou intelleciudle ; 5* soretcitatioo névralgique. Non-seulement la folie se transmet, mais encore die se reproduit souvent sous la même forme, avec les mêmes caractères, chez les membres d*une même famille. On m'a montré è Toulouse le fils d'une fiimlUe qvi comptait trois suicides, lui«même semblait invinciblement entraîné à la même Hn. Voici des chiffres qui parlent haut : Esquirol^ sur ^31 aliénés, a noté l'hérédité 337 fois. Desportes (Bicêtre), sur 3658, Sft2 fois i sur 789 aUénéei de la Salpêtrière, 103 fois. A Rouen, on a trouvé sur 570 aliénés, 87 cas d'hérédité ; à Bordeaux, 27 sur 265, etc. Foville regarde l'hérédité comme la cause la plus fréquente de l'aliénation. Aubanel et Thore ont essayé d'en dtfter* miner la part dans la production de quelques formes de la folio, mai0 ib OBt opéré à notre avis sur des bases trop restreintes. Hoffmann a dit : t Neque eit nullus morbui magù geniilitius et qui tant facile à pareniibus m liberm devolvitur quam epilepêia. » Cette proposition, appuyée par Boerfaaavet Subi, Van Swieten, Vieusaens^ Tissot, Portai, Esqulrol, Georget, FovIUe, etCL, a été convertie en démonstration numérique par Bouchet et Caxaovieilh, qui ont trouvé; sur 180 épileptiques, 31 issus de parents aliénés, épileptiquea, im» béciles ou hystériques. Beau, qui s'est livré k des recherches analogues en 1833 k la Salpêtrière, a constaté que sur 273 malades unt épileptiques qti'hystériques, 28 fois les parents avaient été épileptiques, et que 3 fois les mères avaient été hystériques, t Les femmes hystériques, dit Dubois (d'Amiens), ont presque toujours eu, parmi leurs proches parents, des hystériques on des épileptiques (2). D D'après le docteur Ëlliotson^ Thérédité est une des causes prédisposantes les plus ordinaires de la cliorée.

5. Le groupe des affections faétéroplastiques présente deux variétés cssen* tiellement transmissibles, le tubercule et le cancer. L'observation universeDe parle ici plus haut qu'une statistique rendue paradoxale par rinsuOisance même de ses éléments. Qui voudrait nier l'influence des conditions originaires sur le développement de la phthisie? C'est pourtant à celte négation qu'ont abouti les calculs de Louis, incrédule au résultat de ses propres recherches. C'est ici le cas de répéter avec Choniel [op. cit. , page 56), que c'est plutôt en descendant, non en remontant les générations, que la question des maladies héréditaires doit être étudiée et peut être déflniliTement jugée; c'est par cette voie qu'on arrivera à constater que la plupart des enfants nés de parents phtliisiques sont destinés à succomber à cette maladie. Toutefois les antécédents ne sont pas dénués de signification : récemment Briquet a compté sur 98 décès par phthisie, 30 cas de transmission héréditaire. J*ai eu, dans une de

(1) Gaussai!, De VinflueuLC de Vhcrédik sur la production de In sureicitatwn ncrveuse, etc. Paris, 18^5, p. 78.

(2) Dubois (d'Amiens)^ llùtoire philosophique de r hystérie et de Phi/pothondric,^. 61 .

fWiE] RAPPORTS DE L'IMIUNENGE MORBIDE AVEC L'HËRÉDITË. 239

mes salles du Yal-de Grâce, eo 18/i3, an jeune homme phthisique que la hauteur de sa taille a fait désigner pour les carabiniers; il est le cinquième enfant de parents morts phthisiques ; les quatre autres enfants ont succombé à la même aliectioa. Pîorry a fait un relevé de 269 pbthisiques dont 63 et un quart étaient d'origine tuberculeuse. Il fait remarquer avec raison que la pro* portion des tubercaleox par hérédité s'augmente d'une certaine quantité d'enfimts qui pértent par le carreau et la méningite tuberculeuse. Mais pour être sorti d'une source viciée par le tubercule, on n'est point voué inévitablement à la mort : sur S7& vieilles femmes de la Salpêtrière, 28 sont nées de parents morts phthisiqnes et présentent pour moyenne d'âge soixante ans (Piorry, loc. rtï.}. — Yeyne a fait un relevé par récapitulation de 106 cas d'affection cancéreuse, et II en a constaté 20 fois l'hérédité.

6. La statistique appliquée à la cachexie scroftileose l'a montrée héréditaire ehez un quart des individus affectés. De Brieude (1) rapporte à l'hérédité scrofuleose une forme d'obésité morbide qu'il a observée dans la haute Auvergne,-et qui nous a frappé chez beaucoup d'Alsaciens; il l'attribue à une action spéciale du principe scrofuleux sur les humeurs du tissu cellulaire : ceux qui la présentent, dit-il, sont joufflus ; leurs membres sont gras et potelés ; leurs couleurs très-vives, mais d'un rouge foncé ou violet ; leur graisse est néanmoins dore et presque sciuirrheuse, et la forme de leurs membres est matérielle et mal arrondie ; cette sorto d'épaississement du tissu cellulaire, plus commune chex les filles que chet les garçons, il l'appelle polyêarcia scropkulom. Le rachitisme, suivant J. Goérin, a été confondu avec les déformations séniles du sqodette, avec le tubercule des os, avec l'ostéomalacie, avec les vices de conformation acquis dans le sein de la mère. Sous le rapport de l'hérédité, il classe ainsi ces lésions : le rachitisme n'est point héréditaire, l'ostéomalacie simple encore moins; le tubercule des os l'est h un haut degré; quant aux difformités survenues pendant la vie intra-utérine, quelques-unes sont transmises par génération.

n résulterait d'un tableau composé par Piorry, qu'en raison de leur fréquence, les maladies héréditaires peuvent se répartir dans l'ordre suivant : asthme, apoplexie, épilepsie, folie, phthisie^ cancer, emphysème pulmonaire. Cette échelle d'hérédité prête au doute ; quand on songe à to[trême rareté de Tasthme essentiel, on conclut tout d'abord que, sous cette dénomination, on a confondu des états morbides très-différents. Nous répéterons en terminant que ce qui se transmet, c'est surtout la disposition organique de l'hérédité, non la maladie elle-même; cette disposition ressort de la constitution, du tempérament et des Idiosyncrasies.

(1) De Brieude, Mémoires de la Société royale de médecine, aiui« i7B2^i79Z, p. 307.

2il0 DE L'IMMINENCE MORBIDE. [htCIÊRE

§ ft. — Be« rapporte de riiniiiliieiiee morMde mwee l'hAliltiide.

L*habitade détermine rimminence morbide par sa disproportion afec la mesure d'activité de l'organe qu'elle affecte, avec le tempérament, le sexe. et rage de l'individu, avec la nature de ses prédispositions héréditaires, avec la force de sa constitution. Résultat d'une influence graduée et prolongée, die amoindrit les effets nuisibles des choses dout l'action nous atteint inévitablement Mais introduite brusquement dans l'organisme, elle ne se consolide point et donne lieu à des perturbations. Le bénéfice de l'habitude dépend donc, d'une part, de la manière dont elle s'établit, d'autre part, de son rapport avec les conditions d'organisation individuelle. I..es détails dans lesquels nous sommes entré plus haut (chapitre vi) nous dispensent de faire ressortir ici l'influence que peut avoir l'habitude dans la production des maladies; mais nous dirons un mot de l'influence contraire qu'elle exerce et qui a pour effet la préservation la plus étonnante. Dans la peste noire qui, de 13/i7 à 1386, parcourut l'Europe, enleva, au rapport de Mézeray, 80000 personnes à Paris et désola le midi de hi France, la contagion n'épargna qu'un seul des trentecinq religieux enfermés dans la chartreuse de Mont-Rieux, le moine Gérard, frère de Pétrarque; il soigna tous ses frères et leur donna la sépulture. Dans le foyer même des endémies les plus meurtrières, quelques existences sont respectées comme par un privilège d'immunité; le typhus, la fièvre jaune, le choléra, rencontrent sur leur chemin des constitutions qui résistent à leurs atteintes. Au milieu des marais, vivent des individus imperméables à leurs émanations, ou, s'ils les absorbent, les neutralisant par une réaction sourde et continue. Voilà quelques exemples d'une habitude qui préserve ; elle consiste dans une modification d'ensemble de l'économie qui échappe à l'analyse, mais à laquelle concourt certainement l'état moral; c'est d'elle que dépend l'acclimatement; c'est par elle encore que le médecin se soutient daos Tainiosphère des hôpitaux, et commerce impunément avec la maladie et la morL Ce qu'on appelle tolérance en thérapeutique se rapproche du genre d'habiiude dont il s'agit; des médicaments énergiques sont administrés à doses énormes sans péril et souvent sans aucun trouble passager ; les organes finissent même par se familiariser avec les substances toxiques. Quoique les Mithridates soient rares, cette faculté n'est point douteuse : les Chinois abusent de l'opium journellement; leur santé s'en ressent à la longue, mais ils sont émoussés à l'action immédiate du poison. Il y a plus : on voit des hommes braver par accoutumance l'influence des agents chimiques ; les ivrognes incurables passent de l'eau-de-vie à l'alcool, de l'alcool à l'éther, et Tartra rapporte l'observation d'une femme que cette funeste progression de stimulation a conduite à l'usage de l'acide nitrique qu'elle a pu ingérer sans accident notable ; d'autres saisissent d'une main insensible des charbons enflammés, des barres de fer dont une extrémité est incandescente, etc. Il existe un antagonisme entre certaines

av

MlTtE] RAPPORTS DE L'IMMIKENGE MORBIDE AVEC LA CONSTITUTION. 2^1

maladies et les conditions individaellcâ, telles que l'âge, le sexe, le tempérament, etc. Nous aTons mentionné Teitréme rareté de la fièvre typhoïde dans la vieillesse ; on ne connaît qu'un exemple de croup à cet âge ; le squirrhe semble étranger à l'enfance, les scrofules au tempérament sanguin. On peut rapprocher de ces foits la propriété réciproquement préservative de la variole à regard de la vaccine, et de la vaccine à l'égard de la variole. D'autres mala- 4Êe» s'exdaent-elles par une sorte d'antagonisme ? Rien de certain sur ce point. Schœnlein, de Berlin, s'est appliqué à démontrer l'antagonisme des fièvres de marais et dé h phthisie tuberculeuse; mais l'absence de preuves positives et la multiplicité des faits contraires ne laissent à cette idée que la valeur d'une spéculation de l'esprit. Au reste, du principe de l'antagonisme morbide est sortie la chimère de l'homceopathie : c'est une raison pour ne l'accepter qu'avec une extrême défiance.

I •. — 0e0 rayp^rUi de l*liiiiiiliieiiee morlilde mwee la eoDSiltatloM.

L'imminence morbide varie suivant les quantités de la force constitutionnelle ; elle varie encore suivant la forme générale de l'individualité.

1^ Farce, — Une constitution qni réagit avec énergie et promptitude garantit contre les maladies plutôt qu'elle n'y dispose; quand toutes les actions organiques s'exercent avec ordre, mesure et régularité, les influences nuisibles ont moins de prise; les perturbations qu'elles déterminent sont passagères. Les individus fortement constitués supportent sans inconvénient les variations du régime; ils peuvent s'éloigner par intervalles des règles d'une stricte modération; ils jouissent en un mot, si l'on peut dire ainsi, d'une plus grande latitude de santé.

Les auteurs, quand ils parlent de force et de constitution, les confondent avec la pléthore sanguine, avec l'exaltation nerveuse et même avec l'exagération de la plasticité générale, se traduisant par l'hypertrophie de tous les tissus, et que Ton appelle vulgairement embonpoint. A ces trois états correspondent par opposition l'asthénie nerveuse, l'éraaciation. Nous ne nions pas que ces modifications de l'économie ne puissent être primordiales, constitutionnelles, mais aucune d'elles ne réalise l'idée que nous avons donnée de la force organique; l'état de la nutrition dépend des rapports réciproques du sang et de l'innervation; et c'est aussi là que gît le principe de la réaction vitale que nous disons forte ou faible, suivant son degré d'efficacité à surmonter incessamment les influences de destruction.

Quand on a avancé que les fortes constitutions sont plus sujettes aux mala*

dies algues, aux inflammations, aux accidents violents, on a raisonné à priori^

en confondant Tidée de force avec celle de pléthore sanguine. Il y a plus, les

individus pléthoriques ne sont pas plus disposés que d'autres à contracter des

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