‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 56 sur 134 · PRITÉI] DES EAUX. — EAUX STAGNANTES · texte numérisé non relu

PRITÉI] DES EAUX. — EAUX STAGNANTES

par les marais pèse sar le mois de septembre pour les jeunes enfants, et pour la masse des indifidus qui ont touché au moins leur cinquième année, sur celui d'octobre. L'époque du dessèchement des marais, et par conséquent celle des maladies et de la forte mortalité qu'elles déterminent, avance dans le midi de notre hémisphère, et retarde dans le nord. Lorsque la marche des saisons se précipite ou se trouve retardée, lorsque le dessèchement des marais se prolonge ou bien est abrégé, les maladies et la mortalité qu'elles produisent se déclarent plus tôt ou plus tard, cl se continuent dans Tautomne longtemps après les chaleurs, ou disparaissent pendant que celles-ci durent encore. Les années les plus malsaines sont^ dans les localités sèches, celles qui sont pluvieuses, et dans les localités humides, celles qui se font remarquer par des chaleurs intenses ou par une sécheresse opiniâtre. Dans les pays chauds, les premières ondées de l'hivernage, succédant à une longue sécheresse, font naître des maladies d'intoxication miasmatique, qui s'éloignent ensuite par la continuité et l'abondance des pluies. Dans les contrées équinoxiales et dans les zones méridionales de l'Europe l'influence des marais sévit le plus à l'époque de l'année où l'hygromètre indique pendant le jour le minimum d'humidité ; dans les régions septentrionales, au contraire, c'est lorsque l'hygromètre marche de nouveau vers l'humidité. Quant aux phases nychthémères de l'activité des marais, on sait qu'elle atteint son maximum aux heures du soir, pendant la nuit et le matin, c'est-à-dire à l'époque diurne du refroidissement et de la plus grande humidité de l'air : tant que le soleil est au-dessus de l'horizon, leurs émanations sont moins à redouter ; au milieu du jour, en l'absence de tout brouillard, leur innocuité est à peu près complète (1).

Les effets fébriles de l'impaludation ne se manifestent quelquefois que longtemps après l'introduction des miasmes dans l'économie. Ferrus (2) a cité un exemple remarquable de cette sorte d'incubation; beaucoup de militaires qui ont séjourné en Afrique ont eu leurs premiers accès de fièvre à leur retour en France; nous avons eu sous les yeux des faits de ce genre, notamment chez un chirurgien sous-aide. Les phénomènes d'intoxication antimoniale, si bien étudiés par Millon^ expliqueraient d'une manière satisfaisante ces apparentes anomalies, ainsi que les rechutes à long intervalle en des pays salubres, s'il était permis de conclure d'un genre d'intoxication à un autre de nature trèsdifférente. La distribution du poison dans les diverses organes ferait dépendre de leur degré de sensibilité et de leurs aflBnités sympathiques le mode et l'énergie de la réaction fébrile; l'imprégnation toxique de tout l'organisme donnerait la def des cachexies de marais. Les accès ou les rechutes tardives seraient l'expression des efforts d'élimination tardive de l'économie. N'a-t-on pas retrouvé l'émétique dans plusieurs organes et tissus de chiens tués trois mois

(1) Villenné, De t influence des marais sur la vie {Annales d'hygiène et de médecine légale, V série, t II, p. 345).

(2) Femif, ùictionnaire de médecine ou Répertoire des sciences médicales , loc. cit.

aSe DES MODIFICATEURS. — CIRf^HHn'SA. [nTaM

ft Atm\, qditre mois aprèK l'ingestion de celle substance? L'apparente immanilé serail-elle autre cltose riue la cunceiilralioii des miasmes absorbés sur des Iiarlies moins ri^actionnaire», comme 11 advient de l'anlimoliie acctiinulf plriiculi6reiuent dans le lissu cellulaire, le fuie, les os des chiens, trois et quatre mois aprËs lu cessation du régime anlimuiiial 7 Enfin , le rôle de l'Iiérédité daa) l'état cachectique des impulalions riveraines des marab est éclairé par la nuistaiation d'uue Torte quantité d'antimoine dans le [oie de pelils chiem dont U mËre Rvaii pris de l'émélique quinte jours avant de mettre bas.

L'action des marais dilTère encore suivant leur nature. Les marais d'eau salée, et ceux qui sont formés par un mélange permsnenl d'oauï douces et salées, paraissent pins nuisibles. Le mélange accidentel des eaux douce! et des eaux salées donne lieu au dégagement le plus énergique d'i'tDuves: BÎiisi, l'étang nommé Poura, qui reçoit pendant la saison des pluies tes eaui do plusieurs ruisseaux, et celui d'Engrenier, près de Marliguas (1), dont les eiut sont salées, communiquent enscmlile par une galerie souterraine; \tf endémies les plus funestes se développent fréipiemmeni dans les locJililés enviromianles. Gaetano Giorgini a pnblié en 1 835 plusienrs faits relatifs k des localités d'Italie, et qui montrent 1i!S maladies endémiques M'aggravanl ou diminuant suivant que les marais d'eau douce communiquaient avec le* eitii de la mer, ou en étaient séparés par îles écluses. L'inOnence ptimicieuse du mélange des eaux d'origine diverse n'avait point échap{>6 i Hippucraie : k heu unes sont douces, les autres salées et alumioeusesj d'anirett proviennent de •onrces chaudes; dans le mélange, leurs propriétés sont en lutte. « Ce passage contient la mention d'un fait perdu de vue et que Savi vient de restituer à l'histoire de ritnpaltldation, k savoir, rinfluence nocive du mélat^ des mdx minérales (sources chaudes) avec les eaux marécageuses. I.e lac de Rlinigllino, avant 1833, en oiïraii un exemple : il recevait par la fosm calda les eaux minérales et thermales de Caldana, contenant des bicarbonates et des chlorurrs caldques et magnésiques; sur son fond formé d'une couche noire d'origine marine végétait une seule plante, le C'fiar/i his/iidn, et sa vase dégageait du gaz hydn^ène sulfuré avec une matière organique. Les eaux minérales détournées et le lac épuisé par écoulement, une végétation florissante a rapidement Couvert le sol de cet ancien marais (2). Les recherches du chimiste anglais Daniell sur les eaux de la cAte occidentale d'Afrique, celle de Haily et Balard sur les eaux du port de Marseille (3), etprécédemmentceilesdeCaïentou(4), prouvent que dans le mélange des eaux douces et des eaux salées, la décomposition des sulfates par la matière organique donne lieu au dégagement de

(1) C'eat à Narliguei qu'expérimentant les succédanées du quinquina, Fodéri Ht usage dei préparatians arsenicales préconisées par Fowler. (3) Annnlc! de phyuique «t de chimie, 1811.

(3) Balard, Comptes rendus derAcadémie des seieiieet, 1845, p. «9. (1) CavenLou, Contidéralioiu cAintt^uu sur ieseaux de Sellt, ete,, 1836,

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l*hydrogènesaUdrë, lié sans doute à des émanations de nature organique. Méller remarque à cette occasion (1) que beaucoup de marais ordinaires, renfermant aussi des sulfates, présentent au même degré que les marais mixtes ou saumâtres la double condition à laquelle paraît se lier la production des fièvres intermittentes, décomposition des sulfates et destruction de la mdticre organique : peut-être le danger ou Tinnocuité des marais est-elle en proportion des éléments qu'ils fournissent à la production de ces deux séries de phénomènes combinés. H est intéressant de rapprocher de ces données les inductions que fournit la chimie actuelle sur la fermentation spontanée d*un liquide par l'addition d'un antre liquide (catalyse). Gaultier de Claubry, expérimentant sur les eaux d'une féculerie, les a vues produire par leur mélange avec les eaux et la vase de l'étang de la Briche, une décomposition putride extrêmement forte. Les maladies qui régnent autour des marais sont-elles dues aux émanations de la végétation spéciale qui s'y développe? Question posée en 1832 par Sa?i (2), effleurée par Monfalcon (pages 71 et 105) renouvelée par Motard (3) et par Boudin. Suivant cet écrivain, la stagnation de l'eau et la matière végétale décomposée ne produisent le miasme que d'une manière médiate, en favorisant le développement d'une végétation spéciale dont les émanations seraient les causes directes et réelles de l'intoxication des marais. G^est b la diversité de cette végétation dans les différentes parties du monde qu'il est disposé à rapporter la diversité des manifestations pathologiques, peste, choléra, fièvre jaune. Il s'appuie sur l'opinion populaire qui attribue à la floove (Anthoxantum odoratum)^ plante très-commune dans la basse Bresse, la production des fièvres intermittentes : cette plante fleurit pour la seconde fois au commencement de l'automne, et répand alors une odeur très-infecte. Quelques algues, dit encore Boudin, notamment le Chara vnlgarisy sembleraient douées de la propriété fébrifère ; même observation quant au rhizophore et au Calamus, Enfin il cite Humboldt, qui voit une cause de la fièvre jaune dans la décomposition d'une grande quantité de fucus, d'ulves et de méduses, mis à découvert par la marée descendante; Boudin revendique ce fait pour son hypothèse, en écartant les effets de la putréfaction de ces substances, (^ette manière de raisonner ne détruit point la signification que Humboldt attache au même fait, tel qu'il le présente lui-même; quant à l'action pathogénique de certaines algues, elle s'explique par la vase qui y adhère ou par leur putréfaction. Elle rappelle un fait intéressant observéen Algérie, savoir, la production des fièvres intermittentes parmi des militaires qui avaient couché dans une cabane improvisée avec des joncs encore souillés du limon des marais. Savi signale des localités, telle que le port de Vada, le Porto nuovo di Piombino, l'ancien

(1) MèUer, Hapports sur les marais salants, dans Mémoires de F Académie nationale de médecine. Paris, 18A7, t. XIIl, p. 691.

(2) Sayi, Rêchet^ehes physiques et chimiques sur le Chara, 1832, (9) Môtftrd, Êtmid'hy^ne général, Paris, 18&1, t. I, p. 180.

tas DES HODlFICitTEORS. — CIHCDMFCSA. (ncitsi

port de Talnmone. etc. où les Gèvres i n le rmit tentes et pernicieuses se défeloppcnl par suite de la putrëtaelion des amas d'algues bagués par des eani douces en communicalion avec celles de la mer; il remarque, à cetic occasiu), que l'algue ne se pntn^lic point dans l'eau pure, la présence des sulfales dam l'eau étant nécessaire au dégagenieni de rhjdro^ène sulfuré. Le préjugé relatif ï la flouve est sans fondement : ainsi peuscnt des médecins qui ont reçu et obserrt; dans la Bresse même, Nepple et Monfalcon ; cette graniiiiëe, une des plus répandues daus l'Europe, n'est accusée qu'en Rresse de propriétés malfaisantes. Toutefois nous reconnaissons avec tout le monde qu'il existe in principes toxiques tout formés dans un certain nombre de végétaux palustres, comme dans les renoncules, les ombelliféres, les champignons, etc. Les cITel» spécifiques de ces plantes, et d'autres qui sont étrangères i la Oore des mirai), ne peuvent Pire niés, soit qu'ils résultent de l'absorption de particules vénéneuses, soit qu'ils aient lien par impression nerveuse; mais il y a loin de ces etTets accidentels, instantanés, fugaces, aux manifestations morbides, périodiques ou continues, qui constituent les maladies des marais, el qui se déronlent sur la presque totalité du globe avec tant de constance et d'uniformité. Ce qui achève de ruiner l'hypothËse précitée, c'est la propriété qu'ont certaioi terrains desséchés de produire, sons l'action des eaux pluviales, des émanations fébrifïres; c'est encore le fait si connu de la tente bonification des maremmes de Toscane ; ces terrains, même après l'écoulemeol de leurs eaui marécageuses et déjà recouverts par des atterrissements arliriciels, restent encore bb foyer d'insalubrité, jusqu'à ce que la couche saine superposée ait acqun assez d'épaisseur et de compacité pour soustraire entièrement le terrain marécageux aux inQnences atmosphériques.

Cette discussion nous conduit à examiner la cause prochaine de l'actîoD délétère des marais. L'influence pernicieuse des marais est hors de donte : • Avec des degrés plus ou moins grands et des diflérences dans l'intensité des effets, elle est la même dans tous les pays et n'a pas varié depuis les premten documents que nous fournil l'histoire (1). " Mais quelle en est la cause matérielle? Sans parier des insectes et des animalcules invisibles, admis les uns par Vilruve et Varron, les autres par Lancisi, pour expliquer la production des fièvres, il n'est possible de ne les attribuer ni à l'humidité ni à la chaleur, isolées ou combinées. Au rapport de Lind et de Saint-Clair, Madère, les Iles Canaries, les lies Saint- A moi ne, Saint-Nicolas, contrées chaudes et humides, mais sans marais, sont aiïranchies du tribut des fièvres, et possèdent un climat sain; il eu est de même des Barbades. des Bermudes. L'Ecosse, surtout au voisinage du tac Lomond, les Iles Orcades, le Canada, pays humides et froids, présentent des populations saines et de fréquents exemples de loi^évité. Le gaz que l'on recueille sur les marais, quand il est préjtaré artificiellement, peut être respiré

(1) Orflla «I Parent- DucliAtelet, Inftutnce des /éeulrries el des émanalians marteageuw {Amolet <ehygiine et de médecine légale. Puii, 1831, t. SI, p. 2M et raïr.}.

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soaYentdans des proportions considérables et pendant nn temps fort long; rarement il détermine des accidents, lesquels n*ont rien de commun avec les fièvres de marais (1). Le gaz hydrogène sulfuré existe en forte proportion dans les émanations des solfatares et des lagoni du Siennois et du Volterrano, et cependant elles ne déterminent point les maladies des Maremmes; même innocuité de Tair des lagunes de Venise (Savi). Mais le gaz des marais, nous l'avons dit, ne se produit pas isolément; sa formation semble liée à la cause même de leur insalubrité : avec lui se dégagent des émanations organiques qu'il entraîne, comme elles sont entraînées par la vapeur d'eau qui se forme simultanément à la surface des marais. Le gaz préparé dans les laboratoires ne lui est donc pas identique, et son innocuité ne prouve rien. Le principe qu'il accompagne s'échappe par la volatilisation des substances végétales et animales d'espèces particulières, lesquelles gisent en putréfaaion dans la vase des marais : ce principe, Bonssingault a pu le saisir dans l'air des plaines dangereuses de l'Amérique, et il en a démontré la nature organique. Plus récemment Bechi (2) a trouvé dans l'air des maremmes de Toscane nn peu d'ammoniaque, dans la rosée une matière organique. Sans doute l'analyse de ce cbimiste, celle de Vanquelin, l'observation de Dupuytren et Thenard ne témoignent que d'une chose, de la présence d'un principe organique dans l'atmosphère de certains lieux ; et il n'en résulte pas que cette matière soit positivement celle qui, par son introduction dans l'organisme, y développe les phénomènes si singuliers des fièvres intermittentes. Mais l'induction est ici légitime : toutes les probabilités, tous les faits observés, une somme de coïncidences invariables, autorisent à considérer le principe organique qui s'exhale des eaux stagnantes comme le miasme fébrifère. Ajoutons qu'en raison de la constitution même des marais et de la spécialité de leurs effets pathologiques, il est impossible de refuser aux émanations qui s'en élèvent un caractère spécifique. W. Griesinger a adopté cette manière de voir : « On ne saurait expliquer l'endémicité de la fièvre sans admettre l'existence d'un poison miasmatique, matériel, spécifique (3). »

Parmi les conditions individuelles, celles qui font le plus varier l'action aiguë ou lente des marais sont l'âge, l'état de faiblesse primitive ou acquise, le régime, l'habitude. Villermé a démontré, par des recherches statistiques, le fait ignoré jusqu'alors, savoir, que les jeunes enfants succombent en énorme proportion par l'influence des marais. En comparant la mortalité des enfants dans les cantons salubres et dans les huit départements les plus marécageux de la France, il est arrivé à la proportion de 1000 : 1546. Les enfants qui n'ont pas achevé leur première année fournissent moins de décès que les enfants nés

(1) Orflla et Porent-Duchàtelet, loc, cit., p. 308.

(2) Beclii, Comptes rendus de V Académie des sciences^ t LU, p. 853.

(3) VIT. Grietiiiger, Traité des maladies infectieuses j etc., trad. du D' G. Lemattr6é Paris, 1868, p. 9.

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i1h|iius uii an jusqu'à quatre, saiiii duute parce qu'Ua mat tenus dans l'iat^ rieur des maiiHins, et sont aiiwi uicjinii l'xpusés auv Émanations. Apiis l'ige de dix anï, l'iiifluenco des marais est moins à redouter qu'avant; elle l'ot moins encore depuis l'âge de quinze <i dix-huit ans jusqu'à celui daTingt-ciaq; depuis tronte-cinq nu quarante ans jusqu'à cinquante ou cinquante-duq, cOie inQuence se pruuouce davantage, mais jamais autant que cties les jeuiKS ea^ rauln. Gu Kmit les viuillards qui paraissent résister le plus à l'action nuisiUe deimariiE, peut-être aussi parce qu'ils sont sédcnuires; en uutre. ils ont acquis le bénéfice de l'Iiabiiudc. L'air matikageui fait péiir un grand DOmbrt d'enCanis, n»n-scalemeul par une sorte d'iiiuculation des maladies spécial», mais encore eu a^ravanl les in^iladies ordiuairi's de cet d^e; il semble aussi que leur organisatùiii délicate et spongieuse s'imprègne des moindres duscs du principe toiJque des marais, rar leurs émaualious afTecteut ces petits eues i des distances où elles sont trop niélaugées avec l'air salubre pour agir sur les adultes. Quoi qu'il eu suit, la diairltÉc, la dystuierie, une ulTeaiou gastmintestinale aiguë, et eu tout tcm)>s le carreau, sont les futmvs morbides que l'empoisonnement palustre rcvCt uu d6vi.'lot>lJu <^lit» eux de préférence. D'apri^ quelques médecins, il est trés-ilillicilu dt^ coiuerter des «cifauls eu Afrique, el, en général, l'élévo des jeunes animaux y est Boamisc ï de uuiubruuses ditEcultes. Les constitutions débiles, usées par les excÈs, par les souflntuces physiques ou morales, résistent moins à l'action des eaux stagnanle.i ; la nostal^ l'épuisement consécutif au t privations, aut déplétions sanguines, uux faligncs de tous genres, etc. , y prédisposent de même. C'est surtout en temps de gom* que l'inDuence des marais est fatale auv troupes qui exéculcut des marcha de nuit, et qui out une nourriture insuffisante, de mauvaise qualitî', ou irréguliireiiicnl dlMribuéc. Nos médecins niiliraires en ont acquis l'expérience dans les campgncs de l'Empire, dans quelques localités de l'Algirie (Bône, Bougie), où les maladies décimèrent nus soldats, et plus récemment dans l'expédition fatale de la Dobrudja. Grâce aux travaux d'assainissement exécutés en Afrique et â une bunne organisation des services administratifs, la mortalité a diminué là, comme elle diminuerait dans lous les pays marécageux, par de semblables améliorations, dont la plus essentielle doit consister dans une alimentation substantielle cl tonique. Dans nos cantons les plus infestés par les émanations palustres, on constate une grande différence, quant à la santé et) la longévité, entre les classes mal l<^ées, mal nourries, mal velues, et les classes favorisées par l'aisance ; le seul usage d'une boisson fermentée suffit pour atténuer le danger de l'intoxication miasmatique. Le même coutraste se reproduit en Afrique et dans les colonies, entre les soldats et les u£ficien> : dans les expéditions, au milieu des canjp^, les uns et les autres sont soumis aux mêmes influences du sol ci de l'atmosphère; mais le bicn-èire relatif des officiers, comparé aux privations de la troupe, explique la disproportiuu du tribut que ceni-là payent aux maladies locales. £u outre, les oÛicierg commettent moins d'excès, et savent mieux se défendre des affections morales, qui

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détruisent toute force de réaction. Indépendamment du degré de résistance organique qui résulte de la constitution, du régime^ etc. , il est des disiK)sitions individuelles qui modifient les effets des miasmes marécageux. Lind rapporte, et ces cas sont nombreux, que plusieurs personnes ayant été soumises pendant le même espace de temps au souffle infect d'un marais, Tune est morte le premier jour comme parsidération, Tautre, le second jour, d*un accès pernicieux; quelques-unes ont donné des inquiétudes durant quatre à cinq jours; d'autres n'ont éprouvé qu'une fièvre simple ou un malaise passager. Enfin il est d'une observation constante que les endémies des contrées insalubres exercent moins de ravages sur les indigènes que sur les nouveaux venus; et tandis que ceux-ci meurent en grand nombre, les autres ne sont parfois atteints que légèrement Ces différences sont dues à l'habitude : elle préserve rarement, mais elle amortit l'influence fébrifère. En Afrique, quand le dégagement des miasmes est encore faible, l'Arabe se porte bien, tandis que le Français nouvellement débarqué commence à fébriciler. Quand le dégagement s'active, les fièvres pernicieuses régnent parmi nos troupes, et les fièvres intermittentes simples parmi tes Arabes qui sont au service français. Toutefois il ne faudrait pas croire que les indigènes jouissent à un haut degré de cette immunité relative. Dans les saisons épidémiques, la fièvre envahit les tribus, des peuplades entières, et mal combattue, elle laisse sur elles, après d'interminables récidives, la trace certaine de ses ravages. On rencontre chez le pâtre de la Corse, sous la tente de l'Arabe, comme chez nos soldats, les grosses rates, les foies volumineux, diverses formes d'bydropisie, les lésions profondes des fonctions digestives, les diarrhées rebelles, le marasme qui en est la suite. Chargé du service sanitaire de la direction des aiïaires arabes à Alger, souvent appelé à pratiquer dans les tribus, Périer a vu des indigènes des deux sexes et de tout âge, affligés de cette cruelle série de symptômes, sans avoir jamais ingéré la moindre dose de quinine; ce qui, soit dit en passant, juge les préventions encore populaires dans l'armée contre le précieux fébrifuge (1). Les personnes qui se croient acclimatées aux marais doivent en craindre d'autant plus les effets que le diinat qu'elles ont quitté diffère plus de celui qu'elles abordent. L'émigration d'un pays marécageux dans un autre plus méridional renforce l'imminence morbide. Déjà Lind avait remarqué qu'il est dangereux de quitter un canton marécageux de l'Europe pour le Sénégal ; et Thévenot a vu les fièvres intermittentes contractées à Rochefort, se réveiller sur le sol d'Afrique et se compliquer rapidement d'affections graves, telles que dysenterie, hépatite. Nous avons obsené les mêmes effets chez beaucoup de militaires pris en Algérie et débarqués à Varna en 185 d.

L'hygiène des contrées palustres se résume dans un grand devoir qui incombe aux gouvernements éclairés, celui de combattre, de supprimer ou de restreindre au moins la source première des endémies qui les désolent Cer-

(1) Périer, De fmfiectùm paludéenne en Afrique {Jow^nal de médecine de Beau, mm, ISAi, f. 7«).

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taJaes précauliotisdu régime, (levëtemeni.d'habitaiioD, etc., peuvent, comme on l'a vu, en atténuer, en relarder, en éloit;ner les atteintes réilérfes; mab cette lutte est précaire, elle u est permise qu'aux classes aisées, et tôt ou uni l'influence <|u 'elles s'exercent à vaincre deviendra prépondérante. Obvier ni alternatives d'inondation et de sécheresse des sols marécageux, prévenir li stagnation des eaux croupissantes, telle est l'indication à remplir, el cette lâche, supérieure i tous les eiïarts iudividucls, sollicite l'intervention Ktiie de l'administration. La connaissance de la nature du sol et da sous-sol, de b configuration du territoire, et de la provenance des eaui, sert à fiier le d»ii des moyens d'assainissement. Si l'eau n'existe qu'à la surface des Ivrraim, \t nivellement du sous-sol, l'établissement de fossés, de rigoles ou de canam souterrains suffiront pour l'écouler. C'est ainsi qu'on était parvenu i assaioir la plaine de la Seybonse près de Bdne, qui n'est redeventie insalubre en 1S5Ï que par le défaut d'entretien des travaux précédemment eiécutés pour l'éœulemcnt des eaux de cette riviËre et de la Boudjinia. Uu canal de ceinture ou un canal central doit recevoir les eaux afllueules, el les porter, soit dans an réservoirs établis sur des points plus bas, soit dans une rivière ou un coan d'eau indépendant du marais et daus une situation également plus déclive que lui. Les terres provenant de ces déblais seront relevées eu digue sur les ixxii du canal. Après avoir intercepté les cours d'eau qui auraient grossi le marais, il s'agit d'écouler celui-ci daus le canal de ceinture ou dans le canal cenini, pour le diriger vers une partie plus déclive du territoire ; quelquefois il faut percer un obstacle qui arrête leur écoiilemenl, tel que des aiterrissemenis qai se sont formés spontanément dans le cours d'eau naturel de la contrée. En Sologne, le curage des cours d'eau a quelquefois produit cet assainissement. Les marécages si insalubres des environs de Carentan et d'Isigny (basse Normandie) sont dus en grande partie à la résistance qu'opposent au passage des eaux les amas de tangues et les plages sablonneuses qui les séparent de la mer. Un système de rigoles et de fossés parallèles sert â conduire les eaux des marab dans des canaux secondaires ou dans le canal de ceinture, et de b dans des résenoirs particuliers; on a soin de planter d'arbres les bords de ces fossés, de ces rigoles, de ces canaux, pour dessécher et assainir le sol : les osieis, les frênes, les saules, les aunes, conviennent à cet usage; ils opposent l'écrao de leurs expansions foliacées à la diffusion des miasmes, et par l'iniricalian ou U multiplicité de leurs racines, ils consolident le talus des canaux, etc. A défaut d'écoulement sur le sol, si la couche imperméable du sous-sol n'a pas trop d'épaisseur, on peut la traverser et creuser des puisards qui seront, dans tous les cas, d'utiles auxiliaires pour le dessèchement.

Si les eaux stagnantes ne peuvent être dissipées ni k la surface du sol, ni souterrainement, les Hollandais nous ont appris à recourir aux machines ëtèratoires; ilsont exécuté de vastes dessèchements à l'aide de moulins ï veni : le polder de Cohom, de t560 hectares, est encore soumis en ce moment (1856) i l'action épuisante de deux moulins i vent de 27 mètres d'envergure, EÙNint

ntftM] DES Um. — EAUX STÂGNAirTES. âSS

mouvoir deux râ d'Ârchimède de 2 mètres de diaipètre. La mécanique moderne fournit aux ingénieurs des machines hydrauliques d'une grande puissance, les norias, les turbines, les siphons, les machines à Tapeur. L'épuisement du lac ou mer de Harlem, commencé en 1830, se poursuit à Taide de trois machines à yapeur de la force de /iOO chevaux; il est presque achevé et aura coûté 21 millions de francs.

L'atterrissement naturel qui se produit à l'embouchure des fleuves a suggéré ridée du colmatage, sorte d'aiiuvion artificielle amenant l'exhaussement des terrains bas et marécageux au moyen des dépôts qu'y laissent, après un séjour plus ou moins prolongé, des eaux bourbeuses détournées de leurs cours et retenues temporairement à leur surface. Le cohnatage artificiel est le moyen économique, et le seul praticable, d'amender de vastes étendues de terres arables dont il transforme la composition roinéralogique. La nature nous offire elle-même (inondations périodiques du Nil, de la Loire^ etc.) des exemples grandioses de ce mode de dénaturation du sol. Ce procédé a réussi dans la Gironde. Proposé par Lacuée à Napoléon pour l'assainissement des maremmes toscanes que l'on a vainement essayé de dessécher par l'évacuation des eaux, il a été appliqué avec persévérance par le grand-duc de Toscane; il consiste à dériver les eaux limoneuses de i'Ombrone et de plusieurs torrents pour irriguer et colmater les marais près de la ville de Grossetto, et à diriger ensuite vers la mer les eaux dépouillées de leurs matières terreuses. Dans une petite lie de la Camargue, on est parvenu à constituer aussi cette sorte de sol nouveau en y conduisant les eaux troubles du Rhône et en les écoulant après la déposition de leur limon.

Quand la disposition du sol en bassin ou d'autres conditions ne permettent ni d'épuiser le marais ni de le colmater, et que son existence ne dépend pas de l'obstiruclion des cours d'eau réguliers du pays, il faut le maintenir en pleine eau et le noyer en pratiquant des curages et en établissant des berges et des systèmes d'empellement appropriés.

Des écluses bien disposées préviendront le mélange délétère des eaux salées et des eaux douces ; l'ingénieur Giorgini a démontré, par des applications dans les maremmes de Toscane, l'efficacité de cette mesure*

Si l'on ne peut ni dessécher ni tenir les marais en pleine eau, un autre ingénieur, de Bellegarde, a établi par des faits empruntés à l'histoire et à l'observation que l'on peut arriver à préserver les habitations exposées aux émanations palustres, en coupant les vents par des rideaux d'arbres serrés et croisés dans les marais, par des plantations faisant obstacle aux vents régnants qui passent sur eux«

Enfin n'oublions pas que dans les contrées à sol argilo-siliceux et à sous-sol imperméable, dans h Sologne, la Dombes, la Gascogne, le déboisement a produit les landes, les bruyères, les marais, les étangs, causes permanentes d'insalubrité *et de dépopulation. Le creusement de canaux, l'irrigation, le mamage, le boisement, sont les moyens formulés dans tous les projets d'atnéji. LÉVT. Hygiène, 5« éoit. 1.-2$

tu DES HOUiFICATËCRS. — CIItCDHFUSA. [m

lioration de la Sologne ; ils oui réussi dans quelques parties de la Bresse et 1rs polden de la Ilnllaiidti, coarertis eii riches pStarages, en bouiieâ icn labour. Ces résultats doivent encourager les entreprises dedessécbemeaL neinent proscrit par les ordonnances de Henri IV, de Louis XIV, par le de l'&sseuiblée constimantG et de l'Empire.

Les ouvriers appliqués h ces iraviiux ne les supporteront gn^re qu'ao temps et au coinnicncenieat de l'été ; en hiver, les faux sont trop abonda on ne les occupera qu'une ou deux heures après le leter du soleil et jm une ou dcuï heures avant son coucher j ils auront Iwsoin d'une noari (unique, de rin, de café, tie vêlements de laine ; ils éviteront les exc^s ; « la première manifestaiion des eccidents d'intoKicaiion palustre, on tien éloigner. Nos soldats uni siiuvenl |)a)'é citer en Arriquelesremaeinenls ■ |)estifs du sol. {V(iy. Acelirnatetncnt dans les pays marécageux.)

ARTICLE IIL

GEOLVCIIK.

L'inDucnce du sol se combine avec celle de l'air et des eaui |xtur moi profondéuKuit les produits des deux règnes organiques : l'espèce humai subit h »)n loiir, et. (lour en apprécier IVIlicacité, il snUit de coiajKircr, Ison «aractèrea pkjmih^iqaes et dans lean allures aociaks, les popab groupées sur les hauteurs du globe et celles qui vivent dans les vallées, le | des Pyrénées et le pécheur des côtes de la Bretagae. I.a natureet la dtspoc dcB terrains indiquent les végétaux qui s'y plaisent, les animaux qui s*; Uissent; et comme les uns et les autres fournissent â l'hoinmesa nourri les «oixUtions du sol concourent indirectement h la détermination de son bérMitaire.

L'action puissante que le sol exerce sur l'économie à l'éUt de santé a'i k at» maniléMations pathologiques. S'il y a une grande exagération i sopi que les maladies sont distribuées sur le globe comme les espèces animal végétales, il est certain que plusieurs semblent confînées dans la spbèi elles prennent naissance ; d'autres, quoique ayant plus d'expansion, ne dussent point une cerlaiue limite daiut leur pro[)agation suivant la latii ni dans leur marche ascendante. Il en est qui se iransformcat dans leur et qui se déroolent du nord au midi comme sur une échelle progressif fréquence et de gravité : un rôle éiiologique semble dévolu à la natni terraini enfin, ce qui achève riutimjté du sol avec la palbogénie, les pra qu'il donne sont k la fois la substance alimentaire de l'homme et la miUà

ruftv] DU SOL. Ul

Est-ce k dire que, malade on sain, l'homme appartient tout eoâer aux inflaences eiternea* et cette parole d'Hippocrate, dont Montesquieu s'est inspiré : « Tout ce que la terre produit est conforme à la terre elle-même », faut-il rinterpréter comme l'école sensuaiiste, dont Cabanis s'est fait le pbysi(K> logiste éloquent? Non, l'homme n'est pas sotimis fatalement à des influeneei dont il ne sanraît sormonter aucune. Le Créateur Ta pourvu d'une force d*initiative qui le met en état de réagir sur la nature. S'il ne peut transtormer le type général des cUmats, si ses facultés se brisent contre des obstacles gran^ dioses, s'il ne peut abaisser les cimes alpestres et les découronner de leurs neiges écemelies, il est le maître du terrain qu'il foule, le régulateur des influences de localité; il peut corr^ beaucoup de causes nuisibles, se soustraire à celles qui sont réfractaires à son industrie ; par son intelligence et par son travail, il réusait à conquérir ses droits imprescriptibles à la vie et au bien-être là où la nature marâtre a prodigué sous ses pas et sur sa tête conmie un luxe d'insalubrité et de mort

L — Température et électricité du sol.

La terre possède une température propre ; de plus, elle est chaufiée à sa surface par l'irradiation solaire; mais Ira variations annuelles de la température, dans les régions inférieures de l'atmosidière, n'afiectent pas de la làêine manière les couches du globe. Elles vont en décroissant à mesure qu'on s'éloigne de sa superficie dans la direction d'une même verticale; on arrive enfin à une couche où la température est oonstanta Au delà, elle augmoite proportionnellement à la profondeur, mais dans des limites asses étendues (1 degré centigrade d'augmentation pour Ift ou 15 mètres de profondeur ju»^ qu'à 50 ou 60 mètres), suivant la nature du sol et d'autres causes moins connues. Les expériences faites par Arago et Walferdin, pendant le forage du puits de Grenelle, portent l'accroissement de la température dans le sens vertical, avec la profondeur, à 1 degré par 32 mètres, et ce résultat a été rigoureusement confirmé par la tberroalité de l'eau qui jaillit de ce puits. Humboldt(l) admet 1 degré centigrade d'augmentation de la chaleur terrestre pour 30 mètres de profondeur, et il fait remarquer que si cette loi s'applique à toutes les profondeurs, une couche de granit sera en pleine fusion à une profondeur de A myriamètres (6 à 5 fois la hauteur du plus haut sommet de la chaîne de l'Himalaya. Néanmoins la chaleur interne du globe est à peu près sans influence sur la température de sa surface, vu l'excessive lenteur de son refroidissement, queFoûrier évalue à moins de 1/57600* de degré centésimal pour

(1) Humboldt» Oumof, 1. 1, p. 196.

tM AKS HOoincATEuns. — cntcDimu, {■***«

UD sîMe; auïisi n'ajonm-l-elle pas 1/3(1' de degré â la températare de la croûte eiiérieiire du globe : celle-ci est donc pres(|ue entiÈremeat due ï rinsolalion. Pcudant le jour, la surface du boI s'échaiilTe par l'aciioD directe da soleil. Euire les tropiques, elle marque très-communfmeat jusqu'à 53°, 5; près des cataractes de l'Oréncque, Humboldt a trouvé un sable graniteai blîQC â gros grains couvert d'une belle végétation de graminées et de mél»stomes â 6(1°, 3 de température, l'air étant à l'ombre ï 29°, 6. L'aslmnonif Nouet a vu le sable, en Egypte, près de Philœ, à 67°,5. Pendajit la nuit, la terre se refroidit par le rayonnement vers l'espace. Dans la saison chaude, b température du sol va dimianant Jusqu'à la couche où elle se maintient inviriable; le contraire a lieu dans la saison Troide. La profoodeur de la coucbe i température constante varie dans cbague localité, suivant la coudtictibiliié dn terrain, et surtout suivant la latitude : dans nos climats tempérés (lai. 48° à 52"), elle se trouve à une profondeur de 2ù à 27 mètres; vers la moitié de celte profondeur, les oscillations du thermomètre sous l'inOueuce des saisons aileignenl à peine un deini-degrè. Suiis les tropiques, la couche invariable se présente déjà à un pied au-de.'-sous de la surface. En somme, la température de la surface de la terre est plus élevée que la température moyeune de l'atmosphère, et celle-ci est supérieure à la température de l'espace.

La terre est éleclrisée négativemcnl; une des causes les plus cHicaces de cet effet doit être attribuée 'i l'évaporation de l'immense nappe d'eau chargée de sel qui constitue les océans. Tout corps à la surface de la terre partage m tension négative, laquelle augmente d'autant plus qu'il forme une plus graode saillie dans l'espace ; aussi les montagnes, les monuments, les arbm, et ta général les êtres organisés, ont-ils des tensions négaiites plus fortes qne le m1 qui les supporte (1). Parmi les phénomènes magnétiques du globe de natim à intéresser directement l'b^iÈne des climats oii ils se produisent habituellement, nous citerons les aurores boréales et les orages; ces derniers agi»sent sur l'air, et peuvent favoriser la destruction des miasmes, en produisaiit de l'oxygène actif (ozone), qui agit sur eux à la manière dn chlore.

IL — Structure et composUim du sol.

Les mouTemeats ondoies du sol, les flancs abrupts des montagnes, les rochers amoncelés comme des ruines, les crevasses des volcans, etc., sont autant de témoignages des révolutions qui ont bouleversé la surface du gtobe. En examinant de pris ce chaos apparent de la nature, on reconnaît que les catastrophes qui l'ont remuée jusque dans les entrailles se sont accomplies dans un certain ordre, et que ses forces mises en jeu Ji chaque époque de crises ont agi dans une même* direction. Les escarpements qui bordent les

(1) Pdtier. Annales dt chimie et dt physique, 1S13, p. 408 «l d29.

»irr«B] W SOL. — STRUCTURE KT COMPOSITfOll BU SOL. âS7

Tallées se montreot le plus soav enC constitués ptr des dépôts de substances diverses, en couches psrallèles, d'autant plus relevées à lliorixon qu*eUes sont plus près des hantes chaînes; dans les plaines, an oNitraire, ces couches 8*étendent horisonialement; sur les versants opposés, même eflfet, mais en sens inverse : quelle plus forte preuve que la croûte terrestre s*est soulevée à diflérentes époques pour former les chaînes de nx>ntagnes dont die est parsemée? Dans les excavations naturelles ou produites par la main des hommes, que voyons-nous? Des terrains résultant de dépôts d'origine aqueuse, snratifiés en couches horiaontales, recelant des débris de végétaux et d'animaux, composés de cailloux roulés, de sable, de diverses espèces de limons et de calcaires; h de plus grandes profondeurs, les traces de générations animales et végétales qui s'éloignent de plus en plus des types actuels; les débris dispersés d'une création entièrement dillérente, et par ses formes, et par ses dimensions, de celle qui encadre aujourd'hui l'homme dans son pbn ; enfin, des masses granitiques, des roches, des terrains primitifc, et, dans ce dernier ordre de formations, partout les traces de la haute température dont l'action, jadis agrandie et multipliée, a pu donner aux contrées voisines des pôles un climat de palmiers, de bambonsiers, de fougères arborescentes et de coraux lithophytes (HumboMt). Aussi les terrains les plus anciens ne présentent-ils aucun vestige d'êtres organisés; l'apparition de ces derniers coïncide avec h formation des terrains de transition : à cette époque, la vie entre en lutte avec la nature morte, lutte tantôt convukive, tantôt l^ite, et qui la conduit à dérouler la série de ses transformatiotts dont l'homme parait être le terme. Le médecin dmt connaître la structure de la croûte superficielle du globe; mais, pour ne pas usurper sur une autre science, bornons-nous h doimer ki l'indication des terrains qui la constituent dans notre Europe. Ils sont divisés en quatre ordres, composés chacun de sous-groupes de formations. Voici leur ordre de superposition, en compiençant par les plus récents (1) :

(1) Dufréooy et Élie de Beaaaieot, EajUkatûm de la carte géologique de France, introdiictioa, p. 58.

va HonmuntiRS.

TaMeav ■èjaéral d<

la surface itu globe.

NOMS DES FOIIMAT10>S.

Terrains d'illuviun, VolcaDi mocUina. Étoiols cl brillan(s. — Les gnadi volcani

dp» Andes onl ùlé soiilcïés pcmiai celle périodE.

Système de La chaloe priDDÎpale dea Alps*. -

Direction E. 16° N.

/ Terrtins BUbapeumas , sables des Laiiiles, alluviiins anciennes du U

■ ' ■ ts de y.

Lirieur. iLos truplioni ils IrocbyMs et de

J sallee corresponileiil , on grasd« I partie, à ceitu épgque.

ISjiUnw de* Alpei osoideniales, — Dirrcttim

LesmuimiiriroGCuiD- 1 menCHiit à paraître i II partie inHrienre | de oa tm>f«, et de- /

1 ïicnnenl Irès-alon- '

iFnluns i!e la Toiiraine.

Calcaire d'eau dooDe avec meiilièrM.

canlieiil beaucDUp ùe Ugailea dan»

ie niiclL lie la France cl en mngne.

Hits iIq Fontainebleau.

ISj'iléine d» iles de Corse et de SBrd^gnc. —

Direclion >. S.

/Marnes avec gypst, ossenenls de ^ ^. l mammifères, tertlaîres | '^'^''" grosaiw, pierre de taille

' "■ f Argilrî plastiiiiie, lignilES du So

Terrains 1 Système do monl Tiio. — DireclLun Pi. N, 0.

ou formatians

cr.i. iS:

nùocomiea, farniatiaa wealdieniifl.

•BiTte] DO 80L. — SntDCTURE BT COMPOSITION DD SOL. «M

OBDU.

DE rouunoira.

HOHS DES POBMATioMS.

SjrtUme de U «6te d'Or. — Diractiot 1. iO« W. i 0. dO* S.

-..^ CtIcaiK d« Portlaad.

Sim^^. *'*''' *•' KinuDeridBe, argOB de

y /il

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/OolilU d'Oiford, Mleiire de Uttap «eux.

mojeii. ) Conilng.

^Ari^e d'OiIbrf, 0100 de Dirai..

/ûrfn-brart et fonMl-milble (m1-

[ taire à poljpien), ptèiàt) ooliUie

l (dkalre de Cmii]. Miet-i-earth

-^ 1 (banc bleu de Cmo), wlitbe tott-

"""^- llbrne* et ednlrei i ItlemidtM,

"^ Uh f Cdctire i Crrplite* vquéet. i Gry[dûlei.( miei.

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— Directjoo 0. âO" S. i E. »0« S.

TrUi.

Marnai iriiiei a»ec smu de gjpsa et de eel. Ei|iloitalion de lipàlt* tt AlMee, en Urraine et dans la llMil»â«due.

Crètb^url.

Bjtèm» «n «fei>. — Mndim M. U* B.

Gri« dei ToBgei.

Syritew de. F>j»3a. et dn'nd Jm p^ 4« CMlM. — DiTMIioa E. 0* 8. à 0. Qo M.

à PoicMHU du Maniteld, richef en cuivre, Grèt rouge : conUent dei tnaue* de porpbfrt^ et de* roftioiu d'ifala.

DES MOBIFICATEliRS — CIBCIIMFDSA.

BDDft-GBDDFE DE FOMIIATIONS.

/ Ce groupe est ractirité par grande abondance dcB cryplogsi vaiculaires, el par l'abience preique complèle des pli lei dicotjlèdoni les animaux v«f

prèienléi que pDrJ quelques eniprei rites de poiisons.

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