NOMS DES FORMATIONS
8j«UcB« dn Bord d* l'Aaglctene. — Dîn
iCrâi, schistes avec couches de liooIUe «t de fer carhongtf.
r.atcaire carbonifère, ou calcaire bleu, avec coucheî de houille.
lyitènw de* kallon* (Voegea) et des i iiHîimi da boeagB de U VormaBdia. — DirectiOD
E. 15' S. à 0. ib' K.
1 Vieux grés rouge dee Anflaii
tïT!
J lé me devonien).
\ Anihracile de la Sarihe et des
( ron! d'Xnger».
iCulcaire des environ» de Brest, calcaire de Dudlej, Scliistei (ardaises d'Angers).
Grès quart! ile, Caradoc saiidilane dei Anglais (sjslème silurien).
I Calcaire compacte esqui lieux.
i Schiste argileux (gjsléine cambrien)
t Formant la bue principale
On a iaiercalé dans ce tableau les noms de chaque système de moDUgnes qui s'est soulevé à l'époque correspondante, et a mis Tiq h la formation qui l'a précédé. C'est ce système qui a imposé i chaque formation la direclion qu'elle présente. Un exemple suffira poar donner la clef de ce tableau. Entre les formations crétacées et les terrains tertiaires, on a écrit : Système de la chaîne des Pyrénées et de celle des Apennins, diicciion E. 18" S. k 0. 18" N. Il résulte de ce qae nous avons dit ci-dessus, que le soulèvement de ta chatue des Pyrénées a eu lieu après le dépAt des formations crétacées et avant le dépôt des terrains tertiaires. En dTet, ces derniers terrains s'étendent en couches horizontales au pied des Pyrénées, tandis que les formations crétacées qui y existeni ont été fortement redressées sur leurs pentes. En outre, la direction de ces redressements, précisément la même que la direction générale de cette chaîne de montagnes, est orientée de l'E. 16° S. i l'O. 18° N.
FftnÉll D€ SOL. — STRUCTURE ET COMPOSITlOll BU SOL. Aâi
C'est on fût remarqoaUe que l'aflbiité des Tégétanx pour les àiwen ter^ raiiis ; quoique les aniroanx et I*homme aient des relations Rioiil9 intimes et moins stables avec le sol, la nature de sa composition ne peut manquer d'agir en quelque chose sur leurs manifestations vitales. Les terrains détritiques et diluviens nourrissent dans leur tourbe fingeuse une végétation partienUère, dans laquelle on remarque les Salix^ Ledum^ Scirpus^ Eriophorum^ Acra, TamariXf etc. Un fond crayeux se décèle par les résédas, les giroflées, les campanules, les scabiées, etc. Suivant l'observation de de Candolle, les terres argileuses sont, après les rochers, celles qui se montrent les plus réfractaires à la végétation; leur compacité s'oppose à l'action de l'oxygène atmosphérique; le sable est également contraire aux plantes par sa mobilité et la sécheresse qu'il acquiert sous un ciel ardent : telle est en grande partie la structure du ddta d'Afrique, mélange d'argile et de saUe que dessèchent un soleil implacable et les vents du désert. Sur les dunes formées par les alluvions sablonneuses, végètent les Carex, les Lymus^ le Triglochin^ etc. Les terrains pierreux se couvrent de Sedum, à'AMclepioSy de cymbalaires, de clinopodes, etc.
C'est l'humus, constitué par un détritus de matières organiques et miné* raks, et en partie assimilables, qui sert à la nutrition des végétaux ; sous celte couche existent les éléments minéralogiques du sol provenant de la décomposition des roches : certains sols se sont formés aux dépens des roches ignées, du granit, du micaschiste, de la siénite, etc. ; d'autres l'ont été aux dépens des terrains de sédiment. Les roches primitives, en se décomposant sous l'atteinte des actions météoriques, foarnissent des galets, du sable, de l'argile, etc. L'eau qui s'infiltre dans les fissures de ces roches se dilate en se congelant, et finit par rupturer violemment les masses, dont les débris, entraînés par les cours d*eau, produisent sur leurs bords et à leurs eml)0uchures, des atterrissements dont s'empare la végétation. L'intervention des agents météoriques suffit pour décomposer le feldspath, le mica, l'amphibole, le protoxyde de fer, priodpes constituants de ces roches ; les deux premières de ces substances, devenues terreuses, friables, se convertissent en une espèce d'argile appelée kaolin; l'amphibole et le pyroxène subissent une altération analogue par la suroxydation du fer; moins dures, les masses calcaires cèdent plus facilement aux actions mécaniques et se dissolvent dans les eaux chargées d'acide carbonique. La ségrégation et la décomposition de ces matières fournissent des dépôts de cailloux, de sable et d'argile où se montrent d'abord des plantes qui vivent plus de l'atmosphère que du sol, cactus, mimosas, lichens, mousses, fougères, etc. L'accumulation de leur détritus annuel crée un terrain chargé d'adde hnmique propre à la culture. Les terrains de cette origine ont pour principes constituants, outre les matières organiques, de la silice,* de l'alumine, de la diaux, de la magnésie, de la potasse et de la soude, des oiydes de fer et de manganèse, de l'eau, etc. (1 ). Les terres de culture sont assez meubles
(1) RousMOgaiilt, Économie rurale considérée dans ses rapports avec la chimie, la physique^ la méléorahgie^ t. L
ttt BBS «OMPIOiTEUBS. *- CIRCUMFUSA. [irftitm
Vmar que l'eau s'y infiltre juuis y séjourner, pour que l'air y circule sans les deaséeber, iXNurque les racines puissent s'y plonger et s'y ramifier : cette qualité dépend des proportions de sable et d'argile. Les phosphates et les sels tenriox sont nécessaires pour la production de la fibrine et de la caséine v égétaki : on a doublé en Angletenre la fertilité des champs destinés à certaines oriuires (froment) en y semant des débris d'ossements, ou des engrais phosphatés minéraux.
iéBB terres arables et susceptibles de produire une Tégétation peuvent se difiser comme il suit :
Soit d*argile pure.
f Soliargflcui ) Argilo-ferrugiiieux,
^ ^ Argilo-calcaire.
Argilo-sableux.
8able pur.
Sablo-argileux.
y Sols Mbleux . . . l Q**^^^> graveleux et granitiques.
* Volcaniques.
Sablo-argilo-fémigineux.
Sablo-bumifôres (terre de bruyère).
I Calcaires.
Marneux.
4* Sols magnésiens.
'• Dans le soi on distingue deux parties, l'une active, contenant du terreau et perméable aux influences atmosphériques; l'autre inerte, sans terreau, non modifiée par l'action de l'atmosphère, et qui échappe à celle du labour. Le soo»-4olsur lequel repose la terre végétale agit particulièrement sur la végétation par son degré de perméabilité. Dans les montagnes, le sous-sol présente souvent la même constitution minérale que le sol ; dans les plaines et sur les plateaux étendus, cette analogie de composition n'est plus aussi constante. C'est à la faveur des différences et même des oppositions de propriétés entre les couches superposées et le sous-sol, que celui-ci peut agir utilement sur celles-là par Tadjonction de quelques éléments : des labours profonds, exécutés avec prudence (1 ), augmentent h ses dépens Tépaisseur des couches arables, à moins que celles-ci ne recouvrent des roches d'une grande cohésion, comme le granit, le porphyre, le micaschiste.
On appelle terres fortes celles qui sont tenaces^ peu perméables, lentes à sécher, c'est-à-dire les terres où l'argile domine : un sol est dit argileux quand il contient 60 pour 100 de sable. Les terres légères contiennent beaucoup de sable; la végétation s*y développe rapidement; Tengrais leur profite moins parce qu'il s'y dissout et s'y dissipe facilement par les eaux pluviales; ces terra se desM*client vite. A 75 de sable sur 100 parties de terre, celle-ci est encore
(1) Bou^si^gauil, op, cit., 2* édition, 1851, t. I.
PBIYÉI] BU SOL. -*. CONFIGURATIOH M SOL. àM
propre k la onkiire de l'aToine : quand la propoitioii de sable monte à 00 pour 100» la téeberesBe loi Ole icmte cohésioD, et dans nos climats il derient tiès-dîfficye de Totiliser. La scienoe agricole a réossi toutefois k fixer on sol mouvant es le couvrant de plantaiioiis productives. Des fM-êts de pins et dcf genêts eouvrent aujourd'hui, dans le bassin d'Arcachon, les dunes formées aux dépens des sables rejetés par TOcéan. Les sables mouvants, siUceux ou calcaires tpn couvrent de grandes étendues dans Fintérieur des continents, peu* vent eux-mêmes être rendus à la culture au moyen d*irrigalions» elao milien des déserts arides, comme dans le Sahara algérien, quelques filets d'eau, qui jaillissent du sol, suffisent pour créer ces oasis où la végétation se développe avec force, et qui nourrissent des tribus entières.
Au demeurant, le règne végétal d'une contrée est déterminé par la composition du sol arable et par les conditions climatériques; la première dépend i<» de la nature géologique et minéralogique du sous-sol, désagrégé à la longue par les agents atmosphériques; 2* de la disposition topographiqne des lieux qui permet l'action plus ou moins complète de ces agents et la rend plus ou moins permanente ; S* du degré d'intensité de ces agents dont Tensemble constitue le climat proprement dit. Gdui-ci est à son tour influencé : 1® par la latitude et l'altitude ; 2** par la direction des vents régnants; 8® par le vmsinage des mers et des montagnes, les premières uniformisant la température par l'e^ fet de la mobilité même de leurs éléments, les dernières provoquant des condensations fréquentes de vapeur dans les vents marins qui viennent firapper leurs massili refroidissants.
Ainsi, constitution géologique, topographie, conditions climatériques mêlent leurs influences et déterminent, parleurs résultantes, la physionomie naturelle d'une contrée sur laquelle il n'est guère donné k l'homme d'agir que par le dessèchement des marais (voy. BIahais), l'assèchement du sol (Db ainage), le déboisement ou le reboisement et le colmatage.
HL — Configuration du 8oL
n faut considérer : !<> la forme des limites entre le sol et les masses liquides, 2** entre le sol et l'atmosphère. Dans le sens horizontal, la terre est diversement configurée par rapport aux fleuves et aux rivières : tantOt ceux-ci ron lent lem^ ^ux dams d^ ll(s profondément encaissés et dont les bords sont taillés à pic; tantOt la disposition des terres riveraines livre un vaste domaine aux inondations : c^est ainsi qu'entre Hnningue et Lauterbouig, sur une ligne de 68 lieues, plus de 250 000 arpents sont envahis par le cours du Rhin, ou sans cesse exposés à ses incursions. Les formes que les continents afiectent dails lems points de contact avec les mers oflkrent la même variété, et n%fluentpas moins sur le résultat d'ensemble des influences cUmatériques. L'ouest de PEurope, PlMBe, la Grèce et llnde en deçà et au delà du Gange se terminent par deS ofites sinueuses, pour ainsi dire articulées, offrant de nombreux
tu DU MiMtinuncRB. — ClRCCntB^ [ns^
étnagleiDeiits et des pralongemeats pëDiualaires dam leon coatoon; ■ contrttre, tonte l'Afriqne, le nord de l'Asie, le nord'AM de l'Barope et b NooTelle-HoUaDde, ont nne confignraiion m mânes ooniianet, i coatoon trt»4iiDple8, DOn interrompus par des stnuoBités profondes. L'ét^Mloe littonle det continents les ouTre, dans nœ mesure [HX>portionaeiIe, k l'iafliience de rumoqibère marilime, et leur fait en partie lenr régime mAléoralogiqM. Hmnboldt • comparé les continents, quant an dérelnppemeiit de lew* oôto; Toid la proportion qu'il établit entre elfes :
larop» 1 : 3,03 1 NoimUs-HaUinds.. . 1 : I.At
A(ie... 1 : 3.41 Asnèriqoe dnSud.... i : 1,09
Ifrifoe 1 : 1,3S | imiriquedD Kord... 1 : 2,89
Dans le sens vertical, la croule »ulide du globe est lilloDnée par des oadilatioiifi, par des élévations qui dépassent pins ou moins le plan normal, reptiscmé parle niveau de l'Océan. Ces reliefs, sortes de récifs qui s'avanceol dans l'océan aérien, présentent aux regards du l'bomnie un spectacle imponot par l'agglomérairon bizarre de leurs inasseïi, parla nfudîté de leurs peoiet. par la hauteur de leurs cimes. Ils ne paraiti-oni néanmoins que de légères r par rapport an glui>e, si l'ou considère ([ue l'un des plus élerés, le C raço, ne dépasse point de plus de 3351) loiscs le niveau de la mer. Les ow< tiuents représciiieni une série de plaipaui qui s'élèvent progressiTement andessus du niveau de Ih mer; leurs cenires Bont parcourus dans looiaf la directions par des chaînes de montagnes qui diversifient tes sites et niuoetat sii^Iièrement le caraciére ctimatériqae des localités, etc. Parmi ces «sImibsemcnts qui forment de vastes plateaux, les plus remarquables sont le platean des Cordillères, qui partage inégalemeut l'Amérique méridionale, ci le plateau de la haute Tartarie, qui, poriaut le Thibet au centre de son sommet, sépare, d'orient en occident, toute l'Asie dans son milieu. On estime à 7821 mètres la hauteur du la montagne la plus élancée du globe, le Tawahir, et à 10 000 mètres la profondeur extrême de la mer, d'ailleurs peu connue ; ce qui porte ii 17 821 mètres la distance entre le point le plus éle>é et le point le plus déprimé du globe. Le rayon moyen du sphéroïde terrestre étantde 6 366 397 mètres, le rapport eutre le rayon et l'épaisseur de la plus grande aspérité est de
0,001 environ C'est lueu peu, et pourunt ces inégalités du sol que l'on
a comparées aui rugosités d'une orange, ont une inOuence prépondérante sur la température, l'humidité, les pluies, les vents, les orages des contrées qu'elles circonscriveoL
Les systèmes et les chaînes de montagnes parcourent les contioents, les péninsules et les Iles en général suivant leur plus grand diamètre, néanmoins ils n'occupent guère que 1/100° de la superficie des terres (Humboldt). La jdiipart des montagnes ont leur versant incliné de 2 degrés à G degrés ; leur pente est rapide de 7 df^rés à 8 degrés, très-rapide de là degrés à 16 d^rès; i
Mifti] DU SOL. — PROPRItltS du SOL. A45
35 degrés» efle ne peut élre gravie qo*à Taide de gradins entaillés dans le roc ; ^65 degrés, elle esl impraticable.
Le fond des mers, encore peu connu» répète très-prot>ablenient les accidents de configuration spécifiés dans l'orographie terrestre.
IV, — Propriétés du soi
Densité. — La densité d'un terrain étant connue, on peut en déduire approximatiTenient la nature des principaux éléments qui le constituent ; de toutes les matières minérales qui entrent dans la composition de la terre arable, les sables calcaires et siliceux sont les plus denses et l'argile la moins dense; Tbumus l'est encore moins. Une forte densité de terre (2,50 à 2^60) indique la prédominance de la silice; une faible densité (2 à 2,20) celle de i'bumus.
Imbibition ou Fraîcheur. — Les terres s'imbibent, c'est-à-dire retiennent l'eau et l'empêchent de s'évaporer trop rapidement ; les sables siliceux et calcaires, ainsi que le gypse, s'imbibent le moins. Un litre d'argile pure» pesant i^",251 à Tétat de complète dessiccation^ absorbe 0",875 d'eau ; l'humus pèse, à l'état sec, 0,A93 par litre; mouillé, il relient 0'',935 d'èau ; le calcaire, sous forme de poudre fine, absorbe 85 d'eau pour 100 parties de terre, tandis qu'à l'état de sable, il n'en prend que 29 pour 100. De ces recherches dues à Schflbler (1) il résulte que la plus grande durée d'humectation appartient aux terres végétales riches en humus ; ce qui explique leur aptitude à dégager des effluves fébrifères.
Perfnéahiiité. — La nature du sons-sol et le degré d'épaisseur du soi se combinent pour déterminer le degré et la persistance de l'humidité dans les terres; un sous-sol imperméable convient aux terrains légers qui retiennent difficUement l'eau pluviale, si ceux-d ont une épaisseur suffisante ; dans le cas contraire, trop rapproché de la surface, il rend le sol humide en hiver et lui enlève les matières nutritives et l'oxygène fourni par l'air. Un sous-sol perméable recouvert de terres fortes compense, pour la culture et pour la salubrité, les effets d'un climat pluvieux.
Cohésion. — Le degré de cohésion et d'adhérence ou la ténacité des terres n'est point en raison directe de leur facilité d'imbibition; l'humus et le calcaire en poudre, qui prennent plus d'eau que l'argile, ont moins de ténacité; celle-ci, à l'état pur, a le maximum de ténacité représenté en poids parll''",10 par mètre carré; la terre argileuse 9^"^25, l'argile grasse 7^",6/i, l'humus 0,97, le gypse 0,B1; le sable siliceux ainsi que le sable calcaire, 0,0.
Dessiccation. — La tendance des divers éléments du sol à la dessiccation mtéresse autant l'hygiène que l'agriculture; elle détermme la rapidité de l'évapontion et le retrait des terres, d'où résultent les fissures et crevasses» réoep-
(!) Scbfihtor, AwuUes de ragrieulture française^ t. IL, 2* série.
ti*
U« DES MOMnG^miKft. — cmOHFHl. [tratn
tades d'eitn irinTi^eset foyers sonveDtiDaperçm de dégigenenta ■îiiiiiÉMîniii i Le sable et le gypse sont des substances qui iaitsmt écbappv le miiiaw d'eao dus UD temps donné, el l'hoinnsle moins] nuùcdi^^ m rétndtk plus: 1000 parties cubes d'bniDtn se réduisent par dosiccition kB17;rai^ pure i 8&6 pour 1000.
Hygrométrie. — La porosité des terres et leur proportion de sela dèUqnescçQts donnent la mesare de leur propriété hygroscopique, difiérente de celfe qui retient dans le sol l'eau qu'il a abtorbte ; («i peut ¥oir, pv les cbiftw ddessoos que mus empruntons k Schûbler, que la ïacnlié d'ibtoiplkn dâcnil à mesure que les terres devienneiit plus humides :
DtligDililm d» lare». IS bcuni.
Sable silkeux 0,0
Sable calcaire 1,0
fiïp«e... 0,6
Argile maigre 10,&
Argile grasM 12,5
Terre argileuse 15,0
Argile pure 1S,5
Calcaire ea poudre Une 13,0
Humus,.,, i0,0 48,5 55,0 BO.O
Mmirptim r/cvs ijaz. — L'absorption du gaz oxygène, condition rwimririlf de la Tégéiation, s'efTeclne par l'intermédiaire de l'eau et des racines. L'eau, en pénétrant dans les plantes par les racines, leur apporte avec elle de l'ùr, du gai acide carbonique el d'autres raalièn-s que rûclamc leur tmirition, mait les terres ont la propriété d'absorber directement divers gaz. Th. de Saussure a fait des expériences sur le pouvoir absorbant de certains corptt pour le gu aninioniac, l'acide sulfureux, l'hydn^ëne sulfuré, l'azutc, l'iiydix^ne, l'oxygène, k la pression ordinaire de l'air; elles plau'Ht en première ligne, sons ce rapport, le charbon de bois, les roches ai^ileuses. L'argile absorbe des gai ammoniacaux et s'en salure ; il en est de même de la luaroe (calcaire marneux] el du plâtre : c'est pourquoi le plâtre s'rmpare des émanations ammoniacales qui s'échappent des fumiers, en domiant lieu probablement à une double décomposition qui fournit du sulfate d'ammoniaque et du carbonate de chaux. Les oxydes de fer participent à ce pouvoir absorbant, et, d'après BiiussiDgaull. l'aHinité des terres argileuses pour l'oxygène lient â la présence en elles de l'oxyde de fer au minimucn d'oxydation. Ëulia l'bumus emprunte de l'oxygène â l'air et le lui restitue en partie sous forme d'acide carbonique.
Conductibilité. — Les terres ne sont pas an même degré conductrices du calorique ; voici les résultats de SchObler, qui a mesuré ce pouvoir par la méthode du refroidissement :
fUwU] DU SOL. — tm DE LA SURFACE DU SOL. 447
FaoDlté de retenir U ebaleur, I>ésifn«tton des terres. celle ilu sabln étant 100.
Sable caleaire 100,0
Sable fûiceux. . 95,6
Gypse 73,2
Argile maigre 76,9
Argfle grasse 71 ,1
Terre argileuse 68, A
Argile pure 66,7
Calcaire en poudre fine 61^8
Humus 49,0
Od comprend, d'après ces données, pourquoi les terrains sablonneux conser\'ent, en été, une température élevée même j)endant la nuit. Au reste, réchauffement du sol dépend de sa composition, de Tétat de sa surface, de la proportion d'eau qu'il retient et de l'incidence des rayons solaires; pour la même incidence solaire^ ce sont la couleur et l'humidité qui influent le plus sur la quantité de chaleur acquise par les terres dans un temps déterminé : les différences qu'elles entraînent vont jusqu'à 16 ou 15 degrés; l'état de la surface et la composition des terres influent beaucoup moins; l'obliquité des rayons solaires produit des différences qui s'élèvent k 25 degrés centigrades.
Y. — État de la surface du sol.
On doit avoir égard : l"" à la nudité du sol ; 2® à l'existence et à la spécialité de la végétation spontanée; Z'* aux changements opérés par la culture; ft^'à la présence ou à Tabsence des forêts.
I. — Dans les points où le sol, dépourvu de culture et de végétation naturelle, montre à nu les couches dont il est composé, la (juantité des rayons solaires qu'il émet, absorbe ou réfléchit, varie suivant l'état d'agrégation^ la couleur et le pli de sa surface. On comprend qu'il doit exister sous ce rapport des contrastes entre les formations blanches de calcaires secondaires ou tertiaires, de grès quartzeux, avec les basaltes, les mélaphyres, les calcaires bleus ou noirs de transition, les micaschistes d'un reflet métallique, etc. « Quelle différence d'effets entre les déserts rocheux ou sablonneux, les savanes couvertes de gazon, les steppes ou plaines berbageuses, offrant des dlcotylédonées non frutescentes de six à sept pieds de hauteur, les forêts marécageuses et les pays d'ancienne culture (1). »
Les surfaces dépourvues de végétation sont : l*" les déserts de sables; 2° les déserts de roches; 3<* les déserts salés ; U"" les déserts de glaces. Les premiers, fait remarquable, se trouvent presque tous dans la partie chaude et tempérée de l'ancien continent ; depuis l'extrémité occidentale du Sahara jusqu'à l'extrémité orientale du Gobi, sur un espace de 132 lieues en longitude, se déroule presque sans interruption une ceinture de déserts passant par le centre de l'Afrique, l'Arabie, la Perse, le Kandahar, le Fehia-chan-Nanlou et
(1) Humboldt, hccH.t^ 192.
U8 DES MODIPlC&TEliRS. ~ CIKCCHPUSA. fmaM
le pays des Moagols. Plus des deux tiers de ces terrains arides apparttenneoi k la zone la plu» voisine du tropi<[iie ; le seul Sahara d'Afrique occope ooe éleudue de 1U4 000 ticui-ii carrées de 20 au degré, ce qui équivaut ao doaUr de la MéditcrrauÈc, dont la surface esl évaluée â 77 3U0 lieues marines carrées. Si l'on se rappelle que, nous les latitudes rapprochées des tropiques, l'action solaireéchauITelesableàplus de 50 ou 60 degrés, on peut se faire une idéedr l'inQueiice de ces vastes étendues dû déserts sur ta disiribuliou de la chaleur, et par suite sur les vcnis européens. La mobililé des éléments de leur sol laiif contre la végétation ; ils s'enlèvent par lunrbillans à tout soufDe ; penduD trois ou quatre mois de l'année, l'Egypte, balayée par les vents, jette sa ponssitrc au Ml ou dans d'autres directions, et. sans le limon du fleuve qoi l'inoude annuellement, elle ne serait qu'un désert. L'absence de grands awn d'eau, de hautes montagnes, de forêts qui représentent de vastes surùce d'évaporaiion et roniribucnl à l'abaissemenl local de la température, s'ajoute h la nature du sol pour expliquer la stérilité des déserts de l'Afrique ; mais à où te montre une source, nu cours d'eau qui permet l'irrigalion, (es grains sdiceux s'aggluiiiMiii, se fixent, et la végétation reparait avec éclat : avec qud plaisir nous avons salué les oasis d'El-Kanlara et de Biskra après des jonniéts de marche au milieu des sables et des galets (18.^1)1 I^s dépôts aréiiacés soalils baignés à leur base par des eaux douces, la culture peut s'en emparer, et c'est ainsi qu'en Espagne, dans les environs de San-Lucar de Baromeda, on a fertilisé un sol poudreux, d'une extrême aridité.
Les dunes sont une variété des déserts de sable ; elles sont formées par l'amoncellcmcut des sables que rejette la mer. Entre les embouchures delà Girondeet de l'Adour, elles présentent une superficie de 1139 myrianiëtrfo carrés {lit lieues) et une hauteur moyenne de 20 mètres. Poussés par les vents d'ouest, elles avancent à t'est d'une quantité qui a été évaluée i 2â nôtres par an, mais que les rectifications d'Élie de Beaumont ont réduite au pi» i 1 mètre ; ce qui ne les empêche pas d'engloutir villages et forêts. Brémon- (ier les a le premier consolidées par une barrière d'utiles plantations. Son procédé conûste i établir un semis de graines de pins et de sapins dans )a plage qui s'étend depuis la base des monticules de sable jusqu'à la l^ne des plus hautes marées ; le sol est recouvert de branchages verts, fixés solidement par des crochels enterrés. GrSce i cet abri, les graines se développent el la végétation marche avec une étonnante célérité. Les racines des pins consolident les dtines et les empêclient de céder aux vents. Quand cette plantation, première digue opposée aux sables, a cinq i six ans, on en fait une antre coaligue sur une largeur de 60 ï 100 mètres, et graduellement on conduit la végétation jusqu'aux sommets des dunes, dont plusieurs ont une hauteur de 50 mètres. Ainsi a été transformé le bassin d'Arcachon : en 1809, le» semis s'y étendaient déjà sur 3600 hectares, et dans un espace de seize ans les pins avaient acquis en hauteur une croissance de 10 à 12 mètres.
Les déserts de roches sont constitués par des n)ches dénudées, réfncUires
vinti] DU ML. -^ Itâf DE LA SURPACS DO SOU A Ad
an infloences atmospbér^MB el impropres à fnnier un sol agricole : tek sont les cakaires dénodés des Alpes et de h Suisse» les cofilées de laves, etc. Les déserts salés oa terrains recooTerts d'efflk>resceDces salines peuvent être rendus à la cnltnre, quand on parvient à leor enlever lenr excès de sel an moyen de fossés d'écoulement, etc. Quant aux déserts de glace qui s'étalent dans les contrées polaires et sur les hauts sconmets^ ce sont des causes perturbatrices d'une grande énergie pour la répartition du calorique solaire et la direction des grands courants atmosphériques ou marins, et ils exercent une influence directe sur le climat des plateaux voisios, des contrées même éloignées dont les vents habituels soufflent du côté de ces puissantes sources de réfrigération.
II. — Parmi les productions spontanées du scri, nous avons déjà signalé It végétation des marais, différente suivant les climats; il en est une qui, d'aprts l'observation de Humboldt, caractérise l'Amérique : ce sont les savanes, appelées prairies, entre le Missouri et le MississippL Telle est h prodigieuse exubérance de ces prairies, qu'elles occupent, dans l'Amérique du Sud, 50 000 lieues carrées de plus que la cbdne des Andes, et que tous les groupes isslés des montagnes du Brésil et de la Parima. La Russie méridionale, la Sibérie, le Turkestan, ont deux formes de steppes : l'une I petites plantes, l'autre à grandes herbes de la famille des compostoi et des légumineuses. La Corse a ses maquis que parfument les labiées. En général, le nombre des espèces végétales s'accn^t depuis le pMe jusqu'à l'équateur ; mais cette progression est subordonnée aux ondulations des lignes isothermes. Sous le tn^ique, la nature répand avec profunon tous les gttmes de vie, et quoique les contrées tempérées et glaciales aient trois fois retendue de la lone torride, celle-ci possède une variété plus grande de types végétaux. La même gradation s'observe dans les climats superposés des hautes montagnes : vers la lisière des neiges étemelles se montre par endroits une végétation avare, composée de mousses, de lichens, de bruyères, d'arbustes nains ; plus bas, des graminées réunies en pelouses, des crucifères, des labiées, des ombellilères; sur une bande inférieure, des pbntes et des arbrisseaux rosacés, des arbres amentacés : enGn les forêts hérissent les pentes situées au-dessous, et plus on approche de la hase, phis on retrouve les produits du climat général. Dans les Alpes, la zone des arbres verts et du bouleau est remplacée par celle des arbres rabougris ; on arrive ensuite au riiododendron, puis aux plantes alpines d'une autre espèce que celles des hautes latitudes, ou plantes vivaces rasant le sol; enfin les plantes alpines s'effacent à leur tour, et l'on ne rencontre plus que des lichens. Cette intéressante échelle de végétation, qui a pour termes le type polafare et le type équatorial, a été vérifiée sur le flanc des Cordillères par Humboldt et Bonpiand, à la Jamaïque par Schvvartz, el, avant ces observateurs, par Toumefort sur le mont Ararat, qui lui a offert à sa dme les plantes de Laponie; puis successivement, de haut en bas, celles d'Allemagne, de Fnoce et d'Italie, et enfin, à son pied, les végéuiox propres à la terre d'Arménie..
M. LÉVT. HygièBa^ 5« ÉaiT. i« —. 29
ii$ lits MnDinr.ATElli'N. — «URCllMPOSA. [ncim
L'inOnoiiiT 'Ii-h '■rfiiIs ^ol'igiqui-H xur la tié^'ittion prnnot do pirttgetb mrtinM àa «il en quado zoom principali« (1) :
1° Znnr «((iiaiorJilc, éiendae dVnviran Ifi dpgr^ à gancht et » draitt de l'é(|aau-iir, uiraciériiit-'^ par Iw palniicni et le» KiUminëes; Jtégélam ligneni ufl grand iioinbnf, fiirétit verta* «I |>eiipl<^i» d'arbres gigaatesquoL
V 2nnfl tropicalfl du 1 5* ao 91^* degré de lalKudc ; ioagtrta ■rbomecus, niél3»tnmacée(i, |ii|>éracéei. tiann les lerraim Miiceax, la TégéUtiun, arrtUc par la Kfcliuresiie, k« ranime iwc force pendani la uiton pluvientie : lia là te> camimsdu Itri^Nil, li^N partipa» du Paraguay, lesllaïuwde l'Oréaotpie.
3* Zone tempérée, den iropiqnes au cercle jnlaire, et divisée eo deux UDo !>ecuu(l;urcs : A, loiie juxia-lropicale, de ih à 36 degrés de latitude, ptromnm en «ou milieu par riRolhemie de 211 degrés ; bande de transition, elle m^r len planlL'ii des troplquei avec eullm de non dimatf ; B, ion» tempérév prof*»nienl dite, h trois zoneii FertiaircK : I, TeinpËrée cliaude, corresponduit Ht imitlierniet de 15 )t Kl de^réa (Provenu', Himuillon) : on y trouve cocoK k palmier, le dattier, le myrus lu grenadier, et eu outre le» crucifôrfs et t|tidrpiei edpèces de conirèreu, les cypr(K, les pins pignons, les pini d'Alep. ka chenoa verts, les lièges, les plitanea. eic — II. Tempérée froide, de 10 1 S de^'f (Paris), k tempéralnre moyenne fil". H centigrades; on y IrmitD « grandes proportion» lex famille* vé^Aialcx de la lone chaude, mais rf^prisKOiées par d'autres espèces : les conifères, par le pin ciimmuii, les sapioa. Ira mèlAieHi les anitiitacéeti par tes chênes, eundriere, liétrea, bouleaux, anncs, nules qui pordenl luurs feuilles co hiver ; plus vers le nord, le nombre afanla des espères diminue ainsi que le nombre relatif de celles de certaines £aniille.s; pln« de inalvncte, de cistin^cs ni d'eupliorhiscAos, Sur les côtes do la Scandinavie, le hCtre ne franchit point le 50' degré, et le chêne s'urêtt m 61* degré, k la limite de la urne lempéréa — 111. Tempérée aoin^reiiqoB, de 5U k 60 degrés, peuplée d'3ri>ree verts ; le sapin finit an 68* degré, It pn ao 70* et le bouleau nn peu au dett, où l'on ne rencontre plus que d'hnmUei arbriaseaux.
h* Zone polaire, diviiée en deni aecondaires : A , arctique, comiiHBçuU k l'extrémité de la Liponie, oà il ne croit ploa que des irbriaeeaux trte bw, k bouleau nain végétant jusqu'au 71* degré, le rbododendroii | £, polaim pn> premeoi dite, région dee pisnim alpines (SpJlzberg).
III. -x Par la culture, l'hnmme transforme la snrbce du aol ; il dcntcbe les marais. Il fertilise In landes. Il défriche les foreu, il couvre de moiMaiis dee champ* qui Remblaient condami)és 11 une tternel le stérilité. L'insalubiité dee lerrcB abandonnées par la main de l'homme augmente en rajun de Lenr riebesH et de leur fémndM naturelles ; en les soumettant k une exploîutioa régulière. Il aeeainll les contrées en même temps qu'il en tire des moyeni de sntMiBUnee. L'agrienltnre exige une diatribulion bien enteodoe des miu, cît-
(1) Adr. de Jtistieu, botanique. Paris, 1855, p. 530.
MtfftB] DU SOL. -~ tTAT DE LA SURFAt» DU SOL. kH
constance qui profit» I la salabrité des localités ; un bon sysfènle d-irrifathnii en fertilisant les prairies naturelles, et en favorisant la multiplication des prairies artificielles, devient pour des nations entières une source d-abondance et de prospérité, partant de régénération physique et de vigueur héréditaire. Fçur retirer du sol de gnodes quantités de céréales, ii faut des engrais t sans bé** tail, point de fumier ; sans prairies, point de bétail. Ainsi, la viande et tejiiiiit ces deui bases de l*almientation, sont aux prix de Texistence des prairies, qui dépendent à leur tour du mode d'arrosage et d*irrigation. D'après les rechereiiei de Madault de Baflbn (1), la France, malgré les innombrables cours d'oau qui la sillonnent, possède moins de prairies que les autres Etats de TEurope; la superficie totale de ses terres irriguées par des canaux de quelque étendue dépasse peu 100 000 hecures, ce qui égale à peine le cinquième de la surfaeo moyenne d'un département. En Prusse , en Autriche, en Danemark, les pni-» ries naturelles sont dans la proportion d'un hectare contre trois et demi de terre labourable. En Wurtemberg et en Bavière, ce rapport monte à un oonire deux et demi En Angleterre et en Hollande, l'étendue des prairies égale, si même elle ne la dépasse, celle des terres consacrées au labourage. Le Piémont et la haute Italie sont desservis par un admiraiile système d'arrosement : c'est ainsi qu'entre l'Orco et le Tessin, k l'aide des canaux d'Ivrée, de Cigliano, de Saloggia, dd Rotto, etc. , des terrains, eeux-ei marécageux, oeux^à d'une aridité qui semblait incorrigible, ont été convertis en de fertiles campagnes, et rivaliseat aujourd'hui avec les plus florissants cantons de l'Europe. Dans la Lombardie, où Ton pouvait disposer des grandes nappes d'eau situées au pied des Alpes, le lac Majeur, le lac Mineur et le lac de Côme, d'oà s'épanchent de puissantea rivières,, la plaine de 12 000 hectares, comprise entre le pied des Alpes et le Pô, a été couverte d'eau dans ses parties arides, et desséchée par des saignées là où elle était marécagense : en somme, cette contrée possède aujourd'hui 315 000 hectares supérieurement arrosés, dont lAO 000 dans le Milapais pro^ prement dit
Le caractère cultural du sol, c'ost-à-dire l'appropriation la plus complète' de la culture au sot, fournit au médecin l'indication sommaire des qualités de la terre et des conditions météorologiques moyennes du climat. De Gasparin admet en Europe cinq divisions agricoles.
L — La région des oliviers, Sardaigne, Corse, tles Baléares, Grèce, Dal*** matie, Crimée, côte orientale de l'Espagne, où l'olirier ne remonte pas an delà du Portugal, tandis qu'il est au premier rang sur sa cOie occidentale. Au nord des Pyrénées, ses limites sont, en France, à Arles, Carcassonne, ' 8aint-Pons, Lodève, le VIgand, 8aint-Jeau-dn-Gard, Alais, Joyeuse, Nycfhs, • ^isteron, Digne, etc. Dans les difiérentes vallées où il se montre, il atteint les altitudes suivantes : à Bargemont, 002 mètres) Payence, 022 mètres; Grasse, 459 mètres, etc. Dans ces mêmes contrées, le chêne Msne s'arrête à
(i) IfadauH de BvilNi, TiraUé sur kê irrigations^ iSâS.
tsf MH «ounciTEtiRs. — aKOÊmk. ; [nntai
1000 mètres de hauteur. Dans la réginn des oliviers, la tempéralnre ne divi poini (iMCeiidre à 7 on 8 degrôs au-dessiiK de zéro, ou si elle est iatérieure, elle ne duil pas durer plus de huîi jniirs.
II. — {légion des vignes. Elle eiige uo climat tempéré, et une tempéntnre moyenne estivale et automnale qui permette la maluration du fruit;» limite é l'ouest s'arrâie vers Manies (latitude â7°20'), remonte yers V»tv (latitude Ù9 degrés), et plus haut, en Champagne, sur la Moselle et le Rbiu. jusque vers \c 51' latitude, puis passe en Silésie au même degré, redescend en Hongrie ï 68° U9', se prolonge jusqu'en Crimée et au nord de la mer Capienne, où elle disparaît entièrement; sa limite inéridiouaic se trouve, dil-on. aui Canaries, vers 21" W de latitude, suit le littoral de la Barbarie, et ^ montre ensuite en Perse par 29 degrés et mfuie 27 degrés. Sur les uwntagnes de l'Europe, la vigne monte i 300 mètres en Hongrie, à 550 métr» en Suisse, à 650 mètres sur le versant inéridioual des Alpes ; s'approche de 960 mètres dans l'Apennin méridiousl et en Sicile. A TénérilTe, elle s'élève jnsqn'i 800 mètres.
III. — Région des céréales. Elle borne au nord et i l'est ia région précédente et suit sa limite au midi; au nord, elle conHoe à la région des pïtorages ou des (orèts ; elle laisse en dehors une partie des côtes du Poitou, de li Bretagne, de la Nomiatidie et de la Picardie, qui, par leur climat et leur sol, appartiennent à la région des pâturages ; elle exclut encore les eûtes de la Belgique, la Hollande, certaines parties de la Wcstphalie, du Dancmarck cl de li Norvège: le midi de la Suède et de la Russie entrent dans la région céréak; les Iles Britanniques paraissent d'une destination douteuse à de Gasparin, en raison du haut prix de i-etient du froment. Près du cercle polaire, sods 70 d^rés de latitade, comme à Lyngen, près du cap Nord, des récoltes abondantes de blé s'obtiennent dans des lieux abrités des venta de mer, bien que la ne^ y persiste jusqu'aux premiers jours de juin; mais le jour dure on mois Niier, la végétation parcourt ses phases eu 72 jours, et la moisaon se bit i ta fin d'aoûL En Amérique, les céréales vont jusqu'au 57* degré ï l'ooeet, et s'arrêtent entre 50 et 52 degrés de latitude i l'est; la ligne qni délimite leur région au nord dans les denx continenta suit donc les mêmes inflexions qae les lignes isothermes dans ces régions. Même marche des céréales, suivant l'altitude ; l'orge est celle qui se montre dans les latitudes ks plus élevées; ensuite l'avoine.
IV. — Région des pâturages. Elle comprend les pays où l'herbe qai nounil le bétail croit spontanément, c'esl-ï-dire en France, les parties du Poitou, de la Bretagne et de la Normandie qui avoisineiit les côtes; en Ar^elerre, la moitié des provinces occtdenules, l'Irlande, l'Ecosse; la Hollande. On dittingne deux sous-régions : celle des pâturages d'hiver (landes, basse Camargue, littoral de la Corse et de la Sardaigne, maremmes toscanes, plaia» de l'Algérie, etc. }, et celle qui, couverte de neige en hiver, contient, sons les cimes et les plateaux des montagnes, la Wettpbalie, le Danemark, la Nonrége,
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la Laponie, la Rome et une partie de la Sibérie josqae vers le 68* degré de atitade. La terre des pâturages péreones doit renfermer, après trois jours de pluie, plus de 0,23 d'eau; celle des pâturages d'hi?er et d'été possède cette propriété pendant la saison des herbages.
y. — Région des forêts. Elle se compose des parties de toutes les autres régions qui ne peuvent être transformées en pâturages; elle occupe les parties les plus élancées et les plus escarpées des montagnes, et dans le noid, elle s'étmid à tons les pays où la longue durée des hivers empêche les habitants de nourrir avec profit les aninuut.
Les végétanx de grande taille forment, par leurs associations, des massifs de verdure qui couronnent les crêtes des monUi^es, en tapissent les pentes, se prolongent dans les vallées. Grande est Tinfluence climalérique des forêts, soit qu'eUes exercent une action sur les vents et sur la température, soit qu'ellei fonctionnent par leurs sommités comme de vastes appareils de condensation des vapeurs atmosphériques, et, par leurs troncs, comme modérateurs de Técoulement des eaux torrentielles. Les forêts couvraient jadis la plus grande partie de la surface de l'Europe, comme elles encombrent encore plusieurs régions de l'Amérique et de l'Afrique; elles occupaient en France, il y a quelques siècles, une étendue disproportionnée avec l'accroissement de la popcdatioo. Tacite nous apprend que le sol de la Germanie n'pffrait que ibréts et marécages : « Terra et si aliquanto speciediffert^ in universum tamen tylvis korrida, aut paludibus fœda (1). L'histoire des défrichements se lie donc à celle de la civilisation ; l'état des terres a toujours été en rapport avec l'état des personnes. Fortifications naturelles des châteaux de la CtodaBté, les forêts s'éclalrcirent plus tard par les déprédations des serfs, par les ravages de la guerre, surtout par l'augmentation progressive de la population ; mais deux causes ont exagéré Tceuvre du déboisement, bien au delà des besoins réels de l'agriculture : la adulation et Tincurie. Au ix* siècle, quelques précautions d'intérêt public furent prescrites par les capitulaires : il existe des règlements forestiers qui datent du xui* siècle, mais ils restèrent inexécutés. Sous Louis XIY, Golbert, frappé de l'état de dégradation des forêts par suite des guerres civiles, de l'ignorance et de l'incurie des propriétaires, institua une enquête par le moyen d'une conmiission chargée de parcourir la France ; mais jusqu'à la fondation de l'école forestière, et à la promulgation du Code forestier de 1827, on a peu fait pour le repeuplement du sol, opération qui seule peut améliorer le régime des eanx^ et défendre les vallées contre les
(1) De moribus Gennanorum^ V. Tacite ajoute que le sol de la Germanie le refuie i toute eapèce d'arbrea fruitiers {frugiferarum arborum impatiens); que le bétail y est communéoieot petit, et les Ixaufo dégradés, etc. : indices évidents delà détérioration des races animales dans las pays de marais. Compares la riche et fertile Allenutf ne du XIX* siècle STee eaUa qui arrachait encore I Tacite ceUe exclamation : « Quis porr% Qtrmaniam pètent^ informem terris^ asperam cœto, tristem cultu adipestuque, nisi $it?»
454 DE.« MontnciiTEL'ns, ^ cntciiHmsA. [t^mn
<^lMittetiieUIS oi ie» inandaiionR. La h^clic dti diSfrichemenl s toalinni de dénuder nos tnonugueN t les foréu coiiiinuiiRlcs, niai ainéiiagéM, dévaslie» par la «aine paiure, au lieu de se régénérer, se transforment eii rochen ims, en landes sUtIIv^. N<is P^rénfcs sont aujourd'hui il<?))onilléc8 des boia sécalaira qni bisRieiit l«iir nntcment et leur richpsH! ; le rue se inoutre i ou dant 1» Cérenties, M, oO la tradition rapporto (]uv dt« arbret tnagnîHqiiex «téptoyiiHi Jadiit leurs Dtnbrageit ; dtm lea dépariomenta dn Var m des Batittea et dm Hautn- Alpes, lea Uirr^uui causput toni les ann dea défasistioiis terribles dspida qu'on a ruvt aux mnntagnes Ips forfLs itiir^lairL's dnni la présence ralentissait la (aou dea neige» ei le cours dtw eaux. La toii dex administrateurs s'est 6l«>éu h. àitbrentea époques (Besson, de Puymaigre, etc.) pour signaler les ounséqiMDc» de eet état de tthuNes. Le gouverneinent s'occupe b y remédier : [ractneOH ontreprlae qui peut, dans un demiKiécle, dnublur lat rcvenna des fortts dr l'Élal, dont la valeur eat dëjl de l^il tiiillluns par au; ses wins deTruAt s'appliquer Hitrtuut au rebuÎHomentdeA lorrains en pentes rapides, qui sonl eu gnodt partis la propriété des communea. Le fléim du débnisemeut eat armiisoo terme , les (erraius qui restent en Tureu n'étant pas )iro()rcs i \ma autre «allure plus avantageuse ; il reste h rendre aux pays élevés et déuudés ks lorétt qu'on y a détruites, et qui leur étaient d'une uUlité si décisive pourl« rè^nw des eau\ et la réslslancfi bui torrents détiatalenri. Quel contraste entr« I» Vosges, aux wimmels aiTondis, eimverts de bois, Uissunl Dltrer Icntenieut Ui* eaui pltivialei!; qui ronnent dana le* valléos des ruisseaux limpides, fécondent \m prairies, donnent In forw mutririt ai» moulins, aai acierln, aux wio» Indu strie lien, et le ba»Rin du Labourei, dans les Alpes, dépourvu de Tégéblion, et dont le rmid t^m orcnpé par le rnvin central du tinn'Ut vers {•■quel oiiitergctlt Huis les silhiii- -ir-<ii](h((t-fN rriMish'"- par II* jiluii'. il.ifis 1rs iiionldgnei voirinesdelOOO à 2B00 mètres de hauteur! — La loi du 28 juillet 1660, en pKsCrifant le reboisement de toutes rei pentes, et las progrès IncessaDia de la viabilité (Chemiiu de fer, Mnaui, rouit^], en ouvrant des déboucbét b des phxluitS lusqU'ici sans emploi, promettent à cei contrées reculées un meilleur aveuir. Le décret qui a déclaré le reboisement d'utilité publique, en facilitera l'exécaliafl en armant l'administration contre les abus tenaces de la vaine plttire Communale. Quoique la création des pépinières et dea sécheries de gnineSi et d'autres prépiratifit dispendieux aient eu pour elTet de rtlentir ceue colossale t)p6ration, OD a déjk not^ quelques résultats concluants. Lora dei crues d'eaux extraordinaires, en septembre 1860, dans les Basses-Alpes, ki 35 barrages consu-uils jusqu'à une li.tuteur de 3 mètres dans le bassin de Combovin (arrondissement de Sisieron], ont été atterris par deux orages, et les eaux pluviaies sa précipitent, non plus sur la pente qu'ofîre le lit du tornnt, mais sur une série de plans huritoniaux qui les déversent en cascades, et (avoriBent, en relardant leurs cours, le dépôt des matières. Même succès aux bamins de BarrAme, de Saint-André. Dans l'arrondissemeut de Barcelonnetle, un orage désastreux [29 juillet 1865j ayant amené la crue de p
PAHÉi] N 80L. — STRIÏCTimB DU SOL« 455
toOB les lomolB, onstol barnge de constracUoa récenu daoi lu partie basse du torrem d# SaiUres i saffi pour atterrir oe jour-là 1800 mèurae cubes de mitèriau.dt trimport
g •• «^ »e ravIloB 4mm ie<Me«i— ra séelnMM*.