‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 67 sur 134 · I. — Époque d'entrée · texte numérisé non relu

I. — Époque d'entrée

A quelle époque peut-on entrer sans danger dans une maison récemment bâtie ? Marc d'Espine a conseillé d'exposer dans tes chambres soigneusement fermées pendant vingt-quatre heures, des bocaux contenant un poids connu de chaux \ive récemment cuite et pulvérisée, afin de connaître la proportion de vapeur d'eau qui a été absorbée pendant ce laps de temps. En expérimentant à

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diverses époques et comparant les résultais obtenus par le même moyen dans les chambres habitées depuis longtemps, il est parvenu, avec le concours du docteur Mayor et de rarchitecte Junod, à reconnaître à quelle époque l'air confiné dans les chambres nouvellement construites n*est plus sursaturé d'bamidite et permet de les occuper sans inconvénient Lassaigne (i) s*est appliqué à résoudre le même problème par Tappréciation directe de la proportion d'eau qui reste interposée dans les parties plâtrées des habitations. La pierre à plâtre contient 20 à 21 pour 100 d'eau de cristallisation ou de combinaison; calcinée iâ^as fusion ignée, elle les perd et constitue le plâtre cuit qui entre dans nos fCDnstruaions. Le plâtre cuit et pulvérisé, puis solidifié par l'absorption d'une ".^orlftine quantité de l'eau froide où on le délaye, et appliqué au revêtement Â'nne muraille, retient sur 100 parties en poids 36 d'eau ou d'humidité tant libre que combinée; il perd cet excès d'eau par l'exposition à Tair dans un délai qui dépend de la température, des saisons, et à la fin il ne conserve que la proportion d'eau que l'on trouve dans la pierre ï plâtre avant sa calcinatiou; c'esidonc à 20 ou 21 d'humidité pour 100 dans les plâtres que correspond la salubrité des habitations nouvelles. Le procédé de Lassaigne consiste à prendre, ^ l'aide d'une vrille ou taraud de 5 à 6 millimètres de grosseur, des portions de plâtre que l'on veut essayer en divers points et à diverses pro-> fondeurs de la muraille. Les quantités de plâtre extraites par le forage sont pesées au rouge obscur pendant trois à quatre minutes dans un creuset de platine ou de porcelaine couvert; un nouveau pesage constate la perte éprouvée par le plâtre calciné et privé d'eau. Voici quelques résultats de Lassaigne.

Plâtre pris à 0",01 de la surface de la muraille non peinte d'une chambre non habitée, cinq mois après son application :

Kau 22,73

Plâtre sec 77,27

Plâtre pris à 0"',02 de la surface de la muraille dans la même chambre :

Eau 27,30

Plâtre sec 72,70

Plâtre pris sur la muraille d'une chambre habitée au sixième étage, extrait à O^.Ol de la surface après un an de construction :

A l'inlérieur de la chambre, près d'une fenêtre : Eau 20

— — — Plâtre sec... 80

(1) Usiaigne^ Annales d'hygiène et de médecine légale^ 2« série, 1855^ t, IV^ p. 89.

privée] des habitations PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 577

En dehors de la fenêtre^ sans contact avec la pluie : Eau 22,7

~ — Plâtre sec.. 77,7

Plâtre appliqué depuis huit jours au revêtement d*une porte extérieure, pris à 0",0i de la surbce de la muraille :

Eau 28

Plâtre sec 72

Cette dernière expérience fait voir que par une température moyenne Mo* viron + 10 degrés centigrades, un intervalle de huit jours a suffi pour éva« porer 8 pour 100 de Feau interposée dans le plâtre, puisqu'au moment de son emploi et peu de temps après sa solidification, celui-ci conlenait 36 d'eau pour 100. Lassaigne a été conduit par ses recherches à fixer entre 20 et 22 pour 100 la proportion d'eau sur le plâtre, qui coïncide avec l'opportunité de l'entrée dans les habitations récemment consUruites.

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