‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 68 sur 134 · II. — Cubage atmosphérique · texte numérisé non relu

II. — Cubage atmosphérique

La masse d'air est en raison directe des proportions de l'habitation et de ses différents compartiments; elle est diminuée par le mobilier et par tous les objets qui, disposés dans l'intérieur des logements^ en rétrécissent l'espace : dans l'évaluation de leur capacité, il faut donc tenir compte de tout ce qui constitue l'ameublement, comme aussi des saillies et reliefs des murs et des plafonds; n'oublions pas de soustraire de la capacité des locaux le volume moyen des personnes qui les habitent Lassaigne (1) a déterminé directement le volume apparent du corps d'un homme de taille et grosseur moyennes pai* le déplacement de l'eau dans une baignoire; il a trouvé = 64^*^*,24''' ou Om.c. 5(|5^^ Pour assigner à une maison, à un logement, â une chambre, des dimensions conformes à l'hygiène, il importe de déterminer le volume d'air nécessaire, dans un temps donné, â la consommation de l'homme : or, cette recherche exige au préalable la connaissance des altérations que l'air peut éprouver. Toute atmosphère circonscrite contient un certain nombre de principes dont l'analyse chimique constate l'existence et les proportions : ce sont Taxote, l'oxygène, l'acide carbonique, la vapeur d'eau ; on y trouve encore des principes variables, les uns définis par leur constitution chimique, tels que l'oxyde de carbone, l'hydrogène carboné, l'hydrogène sulfuré, l'adde nitrique, l'ammoniaque; les autres, d'une nature inappréciable, ou jusqu'aujourd'hui mal appréciés et compris sous la dénomination d'effluves, de

(1) Lassaigne, Recherches sur la composition que présente Fair recueiili à différentes hauteurs dans une saUe close oit ont respiré un grand nombre de personnes {Annales d'hygiène, 18A6, t. XXX VI, p. 300).

M. LÉVT. Hygiène, 5* âoiT. 1. —. 37

»M iU HOOIPICATOIRS. — CIIGOIIPDai. [noAB

miasmes. Dtns lencs expérieac«a sur li respiraiion, RegiunlL M Reiset oai cousuté que les aalmaux i saiig chaud ue dégagent par la perspinliou que Hiw quauiitéi inliaimeut petites et presque indétermiuables d'ammouiaque et gaz iiuifuré:! i mais, d'autre part, ^iiiiLh [loc. cit.), eu faisant passer de l'air ra*en l'eau, jr a décourert une certaine quantité de mititra organique dégagée des poumons, et en poursuivant cette etpérieoce peodiat trois mois, il a constaté de l'acide sulfurique, du chlore, et uite suljsiauce qui ressemblait ède l'albumiue impuce. Ces sulutances se cundeuseut oonsumraeut sur les 'ytprpi (roids, et dans une atmosphère chaude la matière albumiueuse se putré- 'tlÊfi promptement eu d^ageaut des émauatious désagréables. TouteXuis les iiJMipM '"iiwfmt^q^My ils l'air, <igtinis ou non, eiiatent en praporiiou si ■ÎHme qu'U est impossible de les doser, tandis que l'analyse cuimiqne Mcose un dix-rmillièiHe d'acide carbonique; encore moins a-t-on réurti à prtciser leurs variatious, et la luédecine est réduite i présumer leur genre d'action d'ap^ tlas faits dont l'étiologie «it conq>leie. Restent donc l'oiyptite, l'uoM. l'iÉiidu carbonique et la Tapeur d'eau. Kliminom l'aiote H l'oiygëne ; atant de recevoir une penarbation notable dans leura proportious relatives, ils se troavera-eni méliiugés d'uue dose considérable d'acide carbonique et de vapeur d'eau dont le» influences couvrent et masqueut cenamemcui ctllu qu'où |)uul aLinbuer au diangement dans les proportions d'aiole et dWjgéuv (Ij. liw>i les luiuauies L-t les substauces chimiques acrJdeu telles échappent par l'uxiguili; de lem- prupurtiuu; l'diule et l'u«]gene ne sont, duis la priiuque, que d'un intérêt secondaire; toute l'aliuniiou se trouve ainsi couceutiée i>ur lus variaLÎuus de l'acide c^irbuoii^ue e( du la vapeur aqueuse. Ici uuus arrivuus ï des eipérieiices précises (fuut uum, avun!^ déji nientiouué les résult4Ut (pajjes âbl ei suivdules;. U'apiea telle» Jl- Dumas, un homme traiisluruie eu acide cariMuique, par l'acte de la respiration et dans l'espace

(IJ 1>M tniiMiui à rMpiration ùiible et capables de lupporLer une luipeiuian niiiiTpio langée de celte loucUon conluiueoL d'eouirtKr de l'uij^èaej tint qu'il en reste dei irmcM dani te milieu oA ils MDt plongAi, et mime après l'eatiére ciiaiomuiiitioa de ce priDci|ie, Ht MUialsDt encon de l'acide earJMaique. Let lioiiicet, les limatoni(Vauquelin), dépouiltm da tout Mil oxyféne l'air oA en les eatïnna ; les bstracieaa viveul daai un air trèt' |Mi*r« «B oxjftoe (Humbeldt et Praveaçal;; la lorpiU" enlève t l'air diianut dâiu l'eap tout son OKtfta» iMiUMcoi). MiU les «Maux et !•• maKuniférM pAriwaM liM mm almMptaira qui a» OMlieot yloe que 10 à 11 pear 1 JO d*aiyg4M ; une souiia ^lÊfkjxm •neiBqMUS mwils* tUn* l'air aHOiMt* d'eaviroii lu d'naji^ueet SU d'aM4o(saMrj ; tt but mouM d'une heura po«r Uira nwwir im noiiMau daoi de l'air à ^i pmi IM d'OkigèiM et d'NUeun exempt d'acule uarlMiiique L'air eipiré par l'tiaiiim* ■ parda a ouï coatiteiei d'ocjriâue elsul clur^é d«3 ■ A MDttùiuet d'audecai-boaiquajatiùt deracbet, il ueMdv quepeud'oijgciieau pouotoa, et reipiré jusqu'à lulfucii.iuii, il ue se dipouiUsque d« la lOMitadaiiM ui^gta». U«|a LtvuiMM avait eoualak qM l'air deneat brMptfaUequMutilaiHiriliilUpwir lUU«4i»(|f*u«. (Vojea JLlo* lUwarda, iepMMMr Uphii$totùft»«l Vanatoaiie eottparie. Paria, 1SJ7, t. Il, p. tiê.)

raTÉl] DES HlErrATlOMS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 57»

d'une heare, tout Foiygène contenu dans 90 litres d*air, et le volume d'air expiré, qui est de 333 litres, renferme à peu près 0,Oi!i d'acide carbonique : en raison de ce nombre, il faudrait ^ peu près un tiers de mètre cube d'air par individu et par heure, pour que le même air ne passât qu'une seule fois par les poumons (1). Mais quoiqu'on soit porté à attribuera l'acide carbonique une influence prépondérante, on ne saurait le prendre pour le seul régulateur de la pureté ou des vicialions de l'atmosphère ; car si, d'une part, on connaît assez exactement la quantité d'acide carbonique qu'un homme peut verser dans l'espace pendant un temps déterminé, on n'a pu fixé encore la propor* tion de ce gaz qui a réellement pour effet de vicier l'air et de le rendre im» propre à la respiration. Les expériences faites sur les animaux sont peu nombreuses, n'ont jamais duré au delà de quelques heures, et n'ont en réalité marqué que des limites extrêmes. Que conclure de ce qu'un animal donne des signes visibles de souffrance dans une atmosphère qui contient 10 centièmes d'acide carbonique (2)? Quant aux expériences tentées par Leblanc pour vérifier le rapport intéressant de la proportion d'acide carbonique avec l'impression produito, leor petit nombre, leur brièveté* ou les lacunes qu'elles piéstotent, ne leur lalssentqu'noe valeur incomplète; dans une seule, sur laquelle nous reviendrons plus bas, et portant^^ur l'air d'une salle d'école primaire (rueNeuve-Coquenard), bien close de une heure à cinq heures, Leblanc trouve 87 dix-millièmes d'acide carbonique, environ 1 centième, et il ajoute ensuite : « L'atmosphère était lourde* l'instituteur se plaignait de la chaleur, » et attendait avec inopatieuce le moment de pouvoir ouvrir les fenêtres» » la température intérieure n'étant pourtant que de le degrés centigrades. Mais parce qu'un centième d'adde carbonique amène la sensatioo vague indi* quée par Leblanc, et qu'un autre instituteur n*aurait peut*-être pas éprouvée, faot-il arrêter à 1 centième la proportion d'acide carbonique qui peut être accumulée dans l'atmosphère? Néanmoins, si Leblanc s'est trop pressé de fixer le chiffre-limite de l'acide carbonique, la méthode qu'il a adoptée est bonne, et donnera des résultats par des applications plus larges, plus suivies, et dans lesquelles on aura soin d'établir minutieusement le rapport entre les quantités progressives de l'acide carbonique et les sensations des individus soumis à son action. Qu'un certain nombre d'individu» soient enfermés dans un local dont l'air, prit ^ des intervalles rapprocliés, sera livré à l'analyse, en même temps qu'on aura tenu note de leurs impressions fidèlemeut consultées, on arrivera à établir de la sorte à quelle dose l'acide carbonique devient sensible à l'économie, à quelle dose il produit une sensation pénible, une gêne de respiration, etc. Puis, donnant accès à l'air par les moyens ordinaires de ventilation, (portes et fenêtres), et suivant pas à pas le ralentissement qu'il apporte à Tac-

(1) Pédet, Traité de la chaleur considérée dans ses applications ^ 2* édition. Paris 1843, 1. 11^ p. 375.

(2) LehlaoCy ÀnmUes de chimie et dephysique^ 2* tériei 1842, t. V.

Bse DBS KODIFIUTEVRS. ~ CtRCn»1ISi.. [nG*

cumiilatioi) de l'acide carl>OTiiqiiP. ainsi que le soulagement qu'il procure m personnes, on posséderait ainsi deux séries inverses de réîiultats qui condiiiraient i la solution du problème. En altendanl que l'on déterminG par tait voie de recherch'^s l'induence réelle de l'acide carbonique (1), la Tap«m aqueuse que rboinine émet par la transpiration pulmonaire et catanée petuelle fournir des indices sur l'iiisalubrilé de l'air? Péclet s'est occupé dr a iwint et a rendu de vËritables services à l'hygiène. Les tapeurs qui se d^gent de la surface humaine se inËleot à l'air et s'y dissolvent; cHc* «xit accompagnées de matières animales qui ne lardent point à commiiiitqucf i l'air une niauvabe odeur; et ces inaiières sont sans contredit la cause la pins puissante d'insalubrité (*2] ; car, dans beaucoup de cas où l'air des pièces cngtcnanl un grand nombre d'individus affecte péniblement la respiration, i'an»lyse chin>i(iue ne trouve pas dans sa composition un accroissement d'adde carbonique qui puisse expliquer la différence d'eJTet produit par cet air et pir l'air libre; c'est là ce qui rêsnlte avec une parfaile évidence des travaoi marnes de Jjîblanc De ce fait important Péclet conclut qu'il est plus conienablc de prendre pour la ration d'air it fournir par individu et par Iteure. t( volume d'air nécessaire pour dissoudre les produits de l'exhalation pulnm-

(1) On a noté de:' symplûoies de malaise dès que la vjclation de l'air sa Iraihiît ftr a ou 7 inilIièiïiEs d'acide carbonique. Or, remarque Miliie F.dwsrdt (loc. cil.), U »icûtion ett porlAe plus loin dnna les ècurisi où les paysans sVntasiciil pendant l'hiver aT«r lenn IiiiilUux : dans les ilpes, ]!t population, pour se souslrsire au froid, séjourne im» m sir réduit souTenl à IS pour 100 d'oxj^ne, et conlennnl ud cenlîâme d'amuHwitqK avec une Irès-nolable proportion d'acide lulfhj'drique. En maintenant dans une i&nosplière une pruporlion de 30 à iO pour 10U d'oxygène, ReKtiault et Reiset ont fait rim niu(tnBdeal*pina et dei chieni dani un milieu eba^ de 17 el même de 23 ponr IM d'ftcide carbonique [Hfdierchrs sur la respïrntion, p. lOâ); mais de ces animaïuc on ne peut eonelure à l'bomoie, el les rapports aanueli des médecins des épidémies lëmoicaciil hautement des effets délétireE de la pramiicuilé miasmatique des pajsans et des bealiaui danalei étoblet.

(2) Hegnaultet Reiset {Annales de chimie, 1819], sans nier l'existence des miannei, croient que l'on en a exagéré leieffeU: ils font valoir l'mnoïuilé rtescxpériencei fn'ilt ont faites sur des animaux maintenus pendant plusieurs jours dans leur appareil ; ili arguent de la bonne santé des moulons enfern.és pendant l'hiver dans les barfeiiei puantei et bien closes. Hais ils oublient les efTeta d'une réclusion analogus lor des hommes enlauét, effets bien connus et souvcnls répétés par accident; ils oublient les ■ionséquencea certaines de l'encombrement dans les caeernc! et les hApilaus, etc. La quetlion des miasmes a sa aolulion dans l'expérience séculaire de la médecine, non dains l'aoaljae cbimique. Au reste, Thenard et Dupiiyiren, en aj.-ilant de l'eau distillée dlans un anipbiDièâtre de disf eclion, ont obtenu une eau qui absmlonne des ttocons de matière animale et fini! par se putréfier. Hoscati, en suspendant des glolies de verre remplit de i;lac« dans l'air des salles des hdpilaui, y a recueilli par condensation une eau souillée par une matière organique qui la rendait putrescible (Bulleliii rlp ]:hiirmiicii; I. Il, p. 60;. Nous avons mentionné les expériences de Smith, et Beaudrimont a obtenu des résallati analogues (vojei Traité d» chimie générale el expérimentale, ISld, t. I, p. 5A4J..

tKVÈÊ] DES. HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 581

naire et cutanée. Ces matières n'ont probablement pas la force de dîBiision des vapeurs et des gaz; eHes flottent quelque temps dans l'atmosphère avec la vapeur d'eau et se dissolvent dans l'eau condensée (1) ; elles sont analogues aux exhalaisons morirides que Graham se représente plutôt sous la forme de particules pulvérulentes que sous celle de miasmes. La plupart des corps volatils sont promptement décomposés par oxydation dans l'atmosphère; les substances miasmatiques de composition complexe, et par conséquent peu stable, doivent s'y résoudre promptement en eau, en adde carbonique, en acide nitrique et en ammoniaque. La quantité totale de vapeur d'eau produite par un homme dans vingt-quatre heures varie de 800 ^ 1000 grammes; la moyenne est donc de 38 grammes par heure; dans un air à 15 degrés et déjà à moitié saturé de vapeur d'eau, ce qui correspond aux circonstances les plus ordinaires, le volume d'air exigé pour dissoudre le poids des vapeurs produites serait de 2^38 : 13,029 «eS'.d^. Par conséquent, le volume d'air à fournir par tadiridu et par heure égale environ 6 mètres cubes. Ce nombre a paru suffisant pour assainir les lieux habités, et pour prévenir les effets produits par la respiration et par la transpiration ; il a été vérifié par plusieurs expériences. Ainsi dans l'école primaire dont il a été question, on a adopté un système s|)écial de chauffage et de ventilation au moyen duquel on peut mesurer facilement le volume d*air qui s'écoule de la salle pendant un temps donné : or, Péclet a constamment observé qu'avec une ventilation de 6 mètres cubes par élève et par heure, l'air intérieur ne contractait jamais d'odeur, et produisait exactement sur les organes la même sensation que l'air du dehors. Ces expériences ont eu lieu sous la direction de Péclet, sans aucune idée théorique préconçue; les assistants étaient eux-mêmes, dans l'enceinte ventilée, pris pour juges du manque ou de l'excès d'air sous l'influence de dosages variables; mais les sensations individuelles ne sont pas un critérium sûr; elles ne sauraient servira une détermination exacte de la ration d'air nécessaire aux habitants d'un local II suffit de rappeler les timides exigences de Péclet en matière de ventilation et de les comparer au tarif actuel des rations d'air hospitalières pour mesurer le progrès accompli : la proportion est de 6 à 70.

On a objecté à la méthode de Péclet que proportionner le volume d'air à la quantité de vapeur à dissoudre, c'est établir une r^le permanente sur une donnée variable et secondaire, ou prescrire )a ventilation la plus active aux lieux et aux époques de plus grande humidité (2). Deux faits d'expérience banale fourniraient une base plus sûre à la détermination du cube d'air nécessaire à l'homme dans l'habitation privée et publique : i^ l'air est d'autant plus vivifiant qu'il est plus pur, plus sec, plus froid et plus dense, de telle sorte

(1) Grabam, cité par Tholoiao, Gaxette médicale, 3« lèrie, t. X, p. 501.

(2) PapiUoD, De la ventilation appliquée à rhygiène militaif*e [AnnaUs d'hygiène^ Paris, 18At, t. XU).

iSi SES N0DIPIUTECR8. — CIRCDIIITftA. [iToli

que la deiuité de son élément respiraUe [oxygène] o&« la maure de a mpirabilité ; 7' l'air expiré esi impropre h servir ane seconde fois à l'bénuuat: d'où il suit que le votume de la Tentilatinn doit élre proportrânoé au falim de la respiration du sujet, non à la ([uaniité d'acide csrboniqiKOD de vipnt aqueom- qu'il ejiiale. Kesie h délcrmiiirr dans f|uelle limite l'air eipirc pm être m&è k l'air normal san-t comprumeitre la santé. Si l'oa désigne pvk titre de l'air la proportion ou le toltime de l'uiygèfle qu'il ratSenae, m (ih de l'air expiré par un individu cormpoiHl pour lui le lérode la rapinbilitÉ an-deitwus. celle-ci est négitivc : au-dessua, elle est propor(tonnt>Ue an Un de l'air ambiant diminué Un titre de l'air expiré. Ceci posé, rappelons qot 1 anivant Buiir^cry, le volume d'une i aspiration ordinaire aux ilges de7. 1j. jt et 80 ans, suit la iiroftressiua géométrique : : I : 2 : :) : 6, et que U bi- ' qoence des in^irîitions diminuant h pen près de moitié dans le cours deb vie, la série des uombres 15, 2/i. tiQ, 60. exprime le tolomc d'air néceaulM, { dans un temps donné, i l'onbui, à l'adolescent, au vieillard. £o jotgnaotl ces données la notion du poids de cariMuie brljlr: par les mOiiie» stijetx dai l'état d<^ santé et de repos ( ^ndral et Gavarret), et les résultats plus récents ic Renault et Keiaet, qui ont démonlr/^ que l'oiygtne alMorhé est b l'acide cvboniqne exhalé comme & est ii 3, Papillon a consu-uit le tableau suivui i

Titre tt acuUté dt fair tXfîré.

Ltlras d'air {ai[Hr«i par heurs 187,5 300 dOO 75»

GramniM d« carbona brOIAi I,& 9 fS ff

Utrei d'acide eihulia î 37" 0 IH Si |»

Liuetil'uxïgâue ubiorbès àa7°. ...il 21 32 3a

Praporlioas d'oxjrgène ubsorbfel... . O.una O.OAO 0,069 O.nSî

Acidil* •\t l'air expiré.. U,0»8 0,080 0.018 0.02*

Titre de l'air expiré 0,taA ii,12â U.141 0,ï'.ù

Si l'on GOjisidére que les poumons opèrent habituellement sur de t'dr mitigé par la chaleur humide qu'il contracte en son parcours et par son mélange avec le résidu des inspirations précédentes ; si l'on conijure ensuite levolnnif de l'inspiration ordinaire ii la capacité aérienne drg pouiDons, on obtieot le* rapports a[^roximalifs du volume de la res|)Jt'alJoii d'un sujet avec celui de lï ventilation qu'il exige ; c'est d'après ces bases que Papillon (1) a établi les calculs suivants :

Tilrt et acidité de tiiir i-fspiré.

Fraction d'air renouvelée 1:6 1:5

TitrcdnréNdu O.lAâ O.tlB

Titre de l'air respiré, Ureipi- I 1 0,1517 0,1110

rabililé du milieu étant... ) 7/8 . . 0,1Ï33 0,(130

Acidilé du réiidu 0,0aH0 O.OliOO

Acidité de l'aér Niplré, ceUe I 0,000. 0,OAI)U 0,0180

du miliau étant \ 0,000. 0,0110 0,0192

(1) Papillon, Annales d'hygiène. Paris, ISIO, 1. ILI,p. 375.

o.tsso

PRirti] DES HABtTATIOllS PRIVÉB8 IT M L'AIR GOKFINÉ. »8t

On voit qu*il y a une grande différence entre Tair inspiré et Tair respiré ; la présence de 5 millièmes d'acide carbonique dans ratmosphère, limite dangereuse à franchir d*après Leblanc, paraît ici sans onnséqnence, si ce n'est peut-dtre dans la vieilleiis très-avancée. Qoant à l'oxygène, ane fiaible diffirence en moins aurait de la portée ; mais l'organisation possède deux moyens d'y pourvoir* deux modes de graduation respiratoire suivant ses besoins actuek et l'état pré^ sent de l'air : i" Si l'amplitude des inspirations est bornée ou si le besoin d'air augmente par l'activité d'une autre fonction, la respiration s'accélère; 2® qu'il y ait insuffisance des organes respiratoires ou du fluide respirable, la respiration devient plus profonde, da manière à compenser l'infériorité de titre de l'air par l'aiigroentation de son volume : ainsi s'expliquerait l'ampleur thora-* cique des montagnards qui vivent dans un air raréfié». Leblanc a vu tes gre- Donilles se gonfler dans une atmosphère asphyxiaUe, comme Regnault et Reiset ont vu des animaux plongés dans un milieu contenant 0,60 d'oxygène restreindre leur respiration. Ainsi le titre de l'air respiré ne change pas, alors que celui de l'air inspiré varie, pourvu que le volume de l'inspiration augmente ou diminue en raison inverse de la respirabilité du milieu. D'où il soit qu'un individu qui vit dans une atmosphète confinée, après en avoir cou* sommé le huitième, fournit encore à ses poumons identiquement le méoM aliment qu'an début, à la seule condition de porter k volume de ses inspiratioude:

7,AS à 843, de 7,35 à i,S5, de 7,S8 à 8,18, de 7,S8 k 8,S1.

Effort imperceptible, même ponr te vieillard, en comparaison de la puissance respiratoire que l'homme tient en réserve dans ses inomaits de cabno :

Au demeurant, Papilkm réclame pour un individa isolé une provision d'air égale ^ huit fois sa consommation. Si plusieurs indifidai d'âges différents respirent en oommnn, le régime de la ration individuelle n'est plus applicable, la respirabilité de Tair ne devant descendre aoKlessous de la limita des 7/8** pour aucun des membres de la réunion i il propose le tarif aoivant ponr asso» rer toasles besoins daa» h même mesure et les ménager dans la mêlée des âges:

i^ JSnfmUs,

Seul ou en compagnie, sans vieillards 1,600

En oomptgnie de vieUlanU 8,000

2* Adolescenis,

Seul en en compagnie d'adolescent! 2,500

En compagnie d'adultes ep d'enfants S.OOO

Eo eompagnie de viettlaids 0,000

S» Âduites.

Seul ou en compagnie, sans vieillards. 4,000

In swapagnie de miUarda 0,000

ftU DES «ODIFlCATEf^ItS. — CIRCUMFUS*. [neiEX

4" Viàllatds.

Seul ou en compagaîe 6,000

A quelques Ihattons qur l'on s'arrête, il ni? faut pas se borner i renoimer, ilaiu) \iis aftpartenicnts clos, la masse d'air libre oscillante, résultat assa facile i obtenir, mais qui ne remédie pas au plus grand maléfice de l'iir conPinë; il faut s'appliquer spécialement i retrauveler la couche d'air adhérente auï murs, aux meubles, au:i vêlements et aux effet» de couchage, aiiai qu'i nettoyer toutes les surfaces de contact atmosphérique.

Quelque métbode que l'on choisisse pour déterminer la capacité des habitations privées, on voit que celle ci se proportionne aux moyens de reniiUlii» naturelle ou artificielle ; il y aura i calculer le nombre des habitants, la dnrt< de leur résidence journalière, les dimensions de l'appartement et la quaoliit du renouvellement de sou atmosphère, de telle sorte qu'à chaque individu mil dispensée par heure une ration de 50 tnétres cubes d'air. Les chambres \ coucher, qui n'admettent point de ventilation eflicace, doivent être cub^ d'après la durée moyenne du séjour au lit : celle-ci est, en général, de sept i huit heures \ elles exigent donc luie capacité de 30 x "7 ou 8 mètres cubes potir chaque individu. Leblauc demande 50 mètres cubes par individu pour li nuit dans un dortoir, dans toute enceinte fermée et dépourvue d'appanih de ventilation ou de cheminées. Ces fixaiioiis sont insuEBsanies. L'administration de l'Assislauce publique exige aujourd'hui 70 métrés cubes d'«r par heure et par lit. Que dire de celles qui prévalent encore aujourd'hui dans l'assiette des casernes et des hôpitaux militaires : Ifi tnètre» cubin par nuit et |)ar homme dans nos casernes. 18 dans celles de l'armée prus.'.ieime, "20 dans uu rapport du conseil de salubrité de Paris(i), t'i dans celui de la commission militaire d'aération dont F. Leblanc a fait partie. Il est vrai que les auteurs de ces fixations ont compté sur la ventilation accidentelle par l'ouverinre des portes et des fenêtres, par les joints, etc. Mais celte aération peut manquer ou devenir nuisible, et ses effets ne vont pas jusqu'à réduire l'altération i la moitié de ce qu'elle serait dans une capacité hermétiquemeut fermée, tontes choses égales d'ailleurs. L'expérience des médecins miliiaires parle ici plus haut que toutes les théories : d'une part, ceux d'entre eux qui ont, comme moi, pratiqué dans les régiments et ont été appelés i toutes les heures de la nuit dans les chambrées, n'oublient point ia fétidité nocturne de leur atmosphère ; d'autre part, la permanence des affections typhoïdes et de toutes les maladies infectieuses dans toutes les garnisons, sjns exception de climat, u'accuse-t-elle pas l'insuffisance du cube d'air nocturne alh)ué aux sohlatsT Nous ne nions pas l'intervention d'autres causes; mais celle que nous signalons prédomine : les inspections que nous faisons depuis dix-huit ans ne nous laissent à cet égard aucun doute. Quelles que soient les

(1) R'ippodi généraux des Irnvnwr <'u Conseil de salubrité. Pari», 1855, p. 123.

niivÉE] DES HABITATIONS PRIVÉ» R BB VàOL GOHPINÉ. 585

dimensions des chambres oà l'on conche, il font s'emprener de les aérer le matin, et elles resteront ouvertes le jour; pendant h nuit, elles ne doivent contenir rien qui puisse contribuer à l'altération de l'air, et nous répéterons ici le laconique conseil de Londe (1) : « Point de lampe^ point de feu (si ce n*est dans la cheminée où lampe et feu produiront un utile tirage), point d*animaux, point de fleurs. » Ce sont là, en effet, et pour les chambres Ji coucher, et pour les autres pièces de rhabiiation, des causes ordinaires de viciation de Taîr. Un mot sur la nature et l'étendue de leur action.

m. — Animaux etpbntes dans F habitation.

Les animaux agissent sur l'air, comme l'honmie, par l'exhalation de Tacide carbonique et par le produit vaporeux de la transpiration pulmonaire et cutanée; leur présence est donc de trop dans l'intérieur des maisons, surtout pendant la saison froide, où l'on aère peu, et pendant la nuit, où l'on n'aère nullement ; ce sont au moins d'inutiles consommateurs de l'air qui suffit à peine à nos besoins^ s'ils n'y versent encore des exhalaisons nuisibles. Il en est de même des végétaux pendant la nuit ou s'ils sont placés à l'ombre; ils servent alors de ûltre à l'acide carbonique qui se répand dans l'air; au soleil ils absorbent Tacide carbonique, et sur tous les points de leurs parties vertes apparaissent des bulles déliées d'oxygène, tandis que le carbone est fixé dans leurs tissus. D'après les expériences de Boussingault, certaines plantes en pleine végétation empruntent à l'air une grande quantité d'azote; enfin, la germina- . tion des graines, le développement des bourgeons, la fécondation des fleurs, s'accompagnent de la production de beaucoup de chaleur, d'acide carbonique et d'eau (2). Les fleurs respirent en d^geant de l'acide carbonique. Y a-t-il un danger bien réel à conserver dans un appartement dos, en l'absence du soleil, des plantes à parties vertes? En plein jour, aux rayons du soleil, contribuent-elles à la pureté de l'air, en y versant de l'oxygène? Cette influence, toujours compensée dans l'air libre par d'autres variations, nous paraît fort restreinte dans l'air confiné. En effet, Leblanc s'est assuré par l'analyse que l'air recueilli le soir dans une serre parfaitement close, de près de 300 mètres cubes de capacité, possède, au bout de douze heures de clôture au moins, exactement la même composition que l'air libre, eu égard aux proportions relatives d'oxygène et d'azote; mais sous l'influence de la végétation, l'acide carbonique avait complètement disparu ; l'air recueilli le lendemain matin a présenté, à très-peu de chose près, la même composition : il contenait 1 dixmillième d'acide carbonique, et accusait un affaiblissement minime4e l'oxygène. Boussingault a constaté qu'une plante submergée et éclairée par le soleil laisse apparaître l'oxyde de carbone et l'hydrogène protophosphoré dans l'oxygène

(1) Londe, Nouveaux iUments éthygiène. Paris» 18A7, t. Il, p. dl3«

(2) Dumas, Essai de statique chimique^ p. 32.

5Sa DES M0D[FICATEGR6. — CIRCUHFUSA. [uwo

qu'elle dé);tge(l). Les De urs agissent plus pumamment par lesputiculnoiraaieM qu'elles ^Trieitent, cl qui produisent, suivant le» iiidividuii. des eOmt remarquables. Un a ceriainenieat rapporté à l'odeur des fleurs des accùk^di qui étaient dus à l'exhalation d'acide carbonique ; mais ud grand aombn (r. été occBsionnÉ.i [nr l'inipre^isiun olfactive qui a retenti »ur les ceutrea neneii L'odorat préseale, en elTel, une foie aussi courte que directe pour inSuenui l'encéphale. La présence de Qeurs odoriréiaiites dans les appartements a fnduit des céphalalgies, des vertiges, des syncopes, des convulsions, des vomiseinenLs. uti étal de somnolence, et Ton dit que les personnes qui arracbfDtb b^-loiue pendant l'été devienueul ivres et chancelantes i qn'uue dame ne pouvait i^eiitir l'udeur d'uue di'cucliuu de graiuc de lin sans éprouver ï la face a» taméfactinn vive suivie de syncopn (Oi'flla); que l'aspiration des senteunè la jasqaiame, du slramonium, du pavot, du Doyer, ciUKe ud somoteil tonrd arec céphalalgie ; que les émanations du /i/iuf loxicodmdron et celles de l'ofii tieuté déterminent, 'a peu dedistancc de l'arbre, des accidents épileptifornies.eif. Ces fails. et beaucoup d'autres du mftme genre, exigent des vérifications douvelles, mais, qu'ils résultent de l'impression olfoctiv e uu du cuiiiaci des niolé' cules végétales avec la surface tégiimemaire, qu'ils accusent l'idiosyncraMe dts individus ou les elTeis réels des émanations, il y aura toujoum prudeimi bannir les Heurs de l'atmosphi^re des liabiiations.

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