V. — Chauffage et ventilation
Le chauffage, s'il ne s'effectue point à l'aide d'appareils bien coordonnés, peut devenir une cause de méphitisme pour les habitations. La œmbustion ne s'entretient dans les foyers de diverses espèces que par une consomma liou incessante d'air, en échange duquel elle dégage des gaz impropres à la respiralion. Voici, d'après Péclel, [)our les différents combustibles, l'indication des
phiyée]
DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ
Tolnmes d'air qu'exige la combustion de 1 kilogramme de leur matière^ et celle des volumes de gaz qu'elle laisse échapper :
Désignation dti eombuitibles.
Volnme d'air Volume des gax dégagea eontommé par pendant la oombovtioD, kil. de eomboatible. et ramenée à 0*.
Boi» sec 4,70
Bois à 0,30 d*eau 3,29
Charbon de bois 7,6A
Tourbe sèche à 0,05 de cendres 5,68
Tourbe à 0,30 d'eau : 3,98
Charbon de tourbe à 0,20 de cendres. . . 7,10
Houille moyenne 8,35
Coke à 0,02 de cendres 8,70
Coke à 0,15 de cendre 7,55
On se sert pour le chauffage des combustibles qui sont le plus répandus dans les différentes contrées. 1* Les bois les plus denses, les plus secs, les plus gros, sont ceux qui rayonnent le plus; les bois légers, verts ou flottés, donnent moins de chaleur. 2® Le charbon de bois fait avec un bois dense pèse quinze à vingt fois plus que le charbon de bois léger; son pouvoir rayonnant est supérieur à celui de la flamme, mais il est plus utile dans les usines que dans Téconomie domestique, en raison des gaz délétères qu'il laisse échapper. 3® La houille répand une épaisse fumée, une odeur empyreumatique, noircit les objets environnants; mais elle a un grand pouvoir calorifique. Suivant d'Arcet, 1 kilogramme de bonne houille peut échauffer de 20 degrés centigrades 1085 mètres cubes d'air; mais en pratique et toutes pertes supportées,, on ne peut compter dans un appartement bien disposé que sur 900 mètres cubes d'air à 20 degrés centigrades; le même chimiste considère 1 kilogramme de houille comme équivalent à 2 kilogrammes de bois bien sec, sous le rapport de la température produite. La houille distillée ou le coke est sans odeur, mais il échauffe moins, ti^ La tourbe, amas de végétaux putréfiés en partie et mélangés avec le limon des marais, rayonne plus que le bois, échauffe plus également, donne, à poids égaux, autant de chaleur que le bois ; mais elle dégage une odeur spécifique qui se communique même aux aliments; elle est le combustible des classes pauvres dans les pays non boisés. Le tableau suivant indique comparativement les puissances calorifiques et les pouvoirs rayonnants des combustibles précités :
Désignation des camboatibles. PniManeei ealorifiqnes. PAuroirt rayonnants.
Bois sec 3600 0,28
Bois ordinaire à 0,20 d'eau 2800 0,25
Charbon de boit 7000 ^ 0,50
Tourbe sèche 4800 ' 0,25
Tourbe à 0,20 d'eau 3600 0,25
Charbon de tourbe 5800 0,50
Houille moyenne 7500 Plus que le charbon de bois.
Coke à 0,15 de eindres 6000 Jd. Id,
m DM HQDlPIGlT^DtlS, - URCOHrVM. - [m*
D'iprô« Ni «Icnls dij giainU MoriR (1), I kilogriom 4a bow dvNi fournit, par sa combustion, 3U0(1 unitâ» d« chiteur|l« ItilagfWiineibiHll gaillette de Mons ou de Charleroî donne 'JOJO uiiiiés de chaleur; paroniquegt, les prix d'une iqéoie qujinlilû de ciiali^ur fournie par le bois oa pirk bouille sont entre nax dans le rapport de 3 f r. 27 c kl tr. 60 c
Les produits gazeux que le charbon, la braise, la bouille, le (jotf |^-nta^ lorsqu'il n'eil pas enticrerneiit desséché, peuvent vnner dans UMeocooK, soot de l'acide carboniqua, de l'otyde de carbone, àe fhjbl^ pfoponjw d'hydrogène carboné et d'bj'dmgène; en outre, quelquo» MpeuTl faydroor burées dont l'origine est due ï la calcinaiion imparfaite du cbarlion. C« io^ stances sont immédiatement épanchées dans l'air ambiant p«r (es to'fen découverU que l'on établit au milieu des pièceti sas* feDlilalioq KQflbante,|Br les réchauds de braise ou de charbon, qui sont l'objet d'aae funeste prédilection dan:> certaines clastcs de pcraoïiiirs sédentaire!) par les biviaii t^ encore danalcti pays niéridionaun, notanmieni en Eupagne et en Orient La cheminées et les poêles conduisent parfois dans lea chambras l«s prodoili gâteux du la combustion, au lieu de {l'a écouler au debon; c'e^ce qiùarrin quand l'air d'une pièce est plus dilaté que celui de U cbeiuîoée ou 4a Etisie-t-il nnc coinniunicaiiun entre le tuyau d'un poêle OD d'i «t celui de h cheniim'c ou du poiïle d'un voisin, soJt d'uD étage înléricsr, soit d'un élnge supérieui', la vapeur de cliarbun ou de bo>> en eomboftin peut refluer dans la pièce où iis sont placéii, et donner lieu k des accideeii d'asplii lie ; la fumée peut tomber par suite de «in refroiditseiprat oa cMo' 1 l'a|>pcl d'une cheminée duni le tuyau se trouve édiiuITé sur le toit par le lolcl ou par M)n fl(lo.=.sen)t'ni à une cheuiinC-e voiiine où l'on fait du feu. O'Arcet i rapporté iniis exemples d'asphyxie duc à de pareilles rauies (2). On trouve, dans les ouvrages de médecine légale, la description des clîcis produits par li vapeur des dilTérentes combustions; l'élément le |>lus dangereux de cette vapeur, comme du gaz de l'éclairui^e, e^t l'oxyde de cailnne. II convient d'en signaler ici les modes de pmdoclion et les effeis phj siologiques ei loiiquas, qu'avant les reclierclies lie F. Leblanc ou rapporiaii à l'acide carbonique. C'est lui qui produit la petite Gamme bkue visible au-dessu.s du cliarbuu allumé desfuurnaux, lorsqu'un courani d'air le porte de l'iniërieur du brasier i ta surface où il brûle : le charlKin qui brûle à l'air libre fournit plus de 1/2 pour 100 de ce gaz; il se dégage aussi, comme nous l'avons vu, par l'inOammalion des corps éclairants. En général, il se forme daii-^ les conibu>tions incomplètes, lentes, étouffées, alors qnc des malières carbonées brûleni sans recevoir la proportion d'oxygène nûcesnaire |)our leur transmutation eu acide carbonique ; il prend naissance dans les foyers où il y a un excès de charbon, et gi les produits de la combustion viennent h pénétrer dans une
(Ij Haie cilé« par Pajen, Préci.t de ehimie inrlushielle, i' édilion, 18GS, t. II, p. 60. (3] Aiina/ei (r/,!)gièiit. Puii, 1S3B, t" lérie, t. &V1, p. SU.
.flLfïtJ^] DES HABIUTIOVfii PBIVfeS Wt W Vkl^ CONFINÉ. 60B
M pièce, soit par la fermetpre de la claf d'un podio, soH par suite du mauvais ■ état des conduits calorilères, Toxyde de cari>ooe donqe liop à das (roubles que ^ Ton imputait h Tacide car|)oniqu9 avant les recherches de Leblanc, D*apràs la ^ remarque d'EbcImen, la braise est de tous les combustibtes ce^MÎ qui trana» ibrme le plus facilement l'oxygène de l'air en oxyde de carbone : i WOf \ gramme de braise en combustion libre peut rendre asphyxiant Tair d'une pièce fermée de 25 mètres cubes de capacité.
Il suffît de fermer la clef d*Mn tuyau de poêle qui conserve un peu de combustible allumé pour produire de l'oxyde de carbone ; aiosi fait la repasseuse qui, écrasant les charbons sons les fers, intercepte l'afilux de l'air t l'aspbyiie par la yapeur de charbon commence par l'action de l'acide carbonique et finit par celle de l'oxyde de carbone, quand l'air, chargé du premier gaVj n'alimente plus activefnent la combustion du réchaud. Une poutre en ignjtion daus l'épaisseur d'uq mur ou par suite de la proximité d'un foyer donne lieu à un dégagement considérable d'oxyde de earbone. ia fonte en contient dans sa composition^ puiisque le procédé d'aciération en grand auquel est attaché le nom de son inventeur^ Besseroer, consiste D lui enlever son carbone pen-* dant la fusion k l'état d'oxyde de carbones ce qui ne prouve pas qu'il en émette beaucoup, lorsqu'un excès de chauflage dans les poêles de métal les porte au rouge naissant. On a analysé les vapeurs de charbon i huit expé^ riences ont donné «i Eulenberg 1 d'oxyde de carbone pour 9,72 d'acide carboni^ que ; Leblanc a trouvé 1 pour 6, OrGla avant lui 1 pour 80. tes effets toxiques de Toxyde de carbone sont connus de longue date s mais ils ont été précisée par Leblanc ; frappé de la mort subite d*un cbien de forte taille dans une atmos** phare que la combustion du charbon avait amenée il 3 ou 4 pour lOU d'acide carbonique, tandis qu'il n'avait pu produire le mime eflet qu'avec 80 k AO pour 100 d'acide carbonique pur, il a été conduit par des expériences k Tattribuer cette fois à l'oxyde de carbone, et à reconnaître que ce gax tue instantanément un moineau h la dose de A ii 5 pour 100 dans l'air^ que 1 centiimo fait mourir un oiseau en deux minutes. D'après lourdes, il i/15. Un pigeon n'a jamais résisté plus de vingt-cinq minutes, ni plus de trente-sept minutes avec 1/30 ; 1/50 amenait la mort au bout de trois heures. Le mécanisme de cette mort a été éclairé par Cl. Bernard ; il a constaté que du sang, mêlé avec de Toxyde de carbone, perd promptemept tout son oxygène, et qu'en môme tempe le globule sanguin devient plus ferme et plqs gros. Les expériences de Tourdes en 1842 et en 1856 mettent en évidence l'influence anesibésique de ce gaz« parallèle au chloroforme dans la série des phénomènes d'excitation et d insen* sibiliié progressive jusque la stupeur, juiîqu'à la uu>r( apparente; avec 1/8 ou 1/10 d'oxyde de carbone, l'anestbésie commence çbex les lapins au bout de deux minutes, et se complète en cinq; avec 1/5, elle s'établit entre la deuxième et la sixième minute, et devient complète en douze minutes ; avec l/;iO et 1/100, on obtient encore dos effets qui se font attendre de 6 à 20 minutes. Txi période d'excitation chez les pigeons dure deux à trois mlnuteB : ik
OOd * DES MODIFICATEURS. ~ GIRCUMPUSA. [wttik
86 débattent, retiennent leur haleine, pois cédant au bescûa de reqntr e sentant l'action du gaz, ib ae raidissent, s'élancent; parfois sornennent es monvements couYolsife ; la respiration, le pools, s'accélèrent ; tout ^ ooap b s'abattent et l'anesthésie se déclare par la résolotion niuscolaire, la përnstaa de la vie ne se dénotant plos que par l'aoscoltation du cceor ; si celte seooaâe période se prolonge, la respiration s'arrête^ puis la circulation, etTanimal necombe ; si elle s'arrête à temps, il s'eflorce de se rele?er, loal eo chaanlM comme s'il était vire; la respiration, d'abord accélérée, denent pins profadk, et après qoinze à quarante-cinq minutes, il retrouve son équilibre. Ce fi achève la ressemblance de cet état avec l'anesthésie chlorofbrmlqne, c'esi h présence du sucre dans les urines (Claude Bernard, Sultzer); ce dernier, cha on asphyxié par l'oxyde de carbone, a trouvé pendant qnaire jonn une àm journalière de 4 grammes de sucre dans les urines (1). Dans les deux cai, b lésions anatomiqoes sont à peu près les mêmes : rougeur intense du panachyme pulmonaire ; injection de la musculeuse aérienne ; emphysème épin, Mirtoat au bord des poumons ; sang coagulé, plus abondant dans le cœor droit, d'une teinte moins foncée que dans les autres asphyxies; rongeur prononcée des tissus. — Des observations recueillies sur des hommes (Friedhetf, Toordes, etc.), il résulte que dans l'asphyxie par l'oxyde de caiiwne, si le snlade se romet, c'est presque toujours rapidement par la simple exposition ï l'air, aidée de quelques affusions froides, de l'application de sinapismcs aux extrémités, etc. D'autres fois, le rétablissement se fait attendre, retardé pir des paralysies partielles des extrémités qui résistent à la iaradisation, par Taf^parition des phlyctènes gangreneuses, etc. Les troubles de l'appareil respintoire, notés par plusieurs médecins, proviennent, non du gaz toxique, mais de l'introduction de substances étrangères irritantes; une dépression des centres nerveux est aussi une des suites possibles de cet empoisonnemeoL (V. Leiorrain, loc. cit,)
Les produits gazeux de l'éclairage s'épanchent immédiatement dans l'atmosphère des habitations; il en est de même de ceux des combustions que Fou établit dans les cheminées ou dans les |)oêles, quand diiïérentes causes contrarient le courant ascendant d'air dilaté, ou quand le procédé de chaufTage est vicieux : dès lors on se demande si dans les habitations dépourvues d'appareib de ventilation^ on peut compter sur un renouvellement très-efficace de Tair à la faveur des jointures des portes et des fenêtres. Nous l'avons dit plus haut : l'expérience a prouvé que parce mode d'aération spontanée, l'altération de l'air n'est pas réduite à la moitié de ce qu'elle serait dans une capacité rigoureusement fermée, toutes choses égales d'ailleurs; il y a plus, lès propriétés délétères des gaz émanés des combustions peuvent se faire sentir jusqu'au degré de Tasphyxie dans une pièce imparfaitement close ; une porte qui laisse du jour dans ses points
(1) Leiorrain, De l'oxyde de carbone nu point de vue hygiénù/itf* et toxicologiyue ^ thèse de Strasbourg, 1868.
FBlTÉK] DES HABITATIONS PRIVÉES £T DE L'AIR CONFINÉ. 605
de jonction, un poêle à clef ouverte, une cheminée ouverte, une fenêtre entre-bâillée n*empêchent pas les accidents (1). Il importe donc d*assurer même aux habitations privées l'avantage d'une bonne ventilation ; celle-ci s'obtient naturellement par l'ouverture des croisées. Une pièce pourvue d'une cheminée représente un canal comparé de deux branches, l'tTne verticale, l'autre horizontale, ouvert par les deux bouts : si l'air du canal est plus chaud que l'atmosphère, il s'écoule par l'oriGce supérieur; s'il est moins chaud, c'est par l'orifice inférieur qu'il s'échappe. En hiver, l'air des appartements étant d'une température plus élevée que l'air atmosphérique, l'air s'écoule toujours par l'orifice supérieur : pendant le printemps et l'été^ la température des appartements u'^ale point, le jour, celle de l'atmosphère ; il la dépasse durant la nuit : aussi l'écoulement diurne et nocturne de l'air se faitil en sens inverse pendant ces deux saisons. L'ouverture des fenêtres et des portes active ces courants, dont la direction dépend des variations de température, et par conséquent de pression ; leur clôture hermétique convertit chambre et cheminée en un puits au fond duquel s'accumulent l'adde carbonique et les émanations plus pesantes que Pair. Comme il est impossible, dans nos climats, d'aérer constamment les appartements par l'ouverture permanente des fenêtres, force est d'y suppléer par des moyens de ventilation artificielle, combinés avec le système de chauffage. Il ne sera question id que de ceux qui conviennent aux habitations privées ; nous renvoyons au tome II l'appréciation des appareils de chauffage et de ventilation dont dépend la salubrité des établissements publics et des locaux de réunions nombreuses. Nous ne pensons pas avec H. Blerzy (2) que l'hygiène privée soit moins intéressée à la solution de ce problème, et que nos appartements les plus exigus laissent à' chaque individu im cube d'air considérable. Il y a beaucoup à faire pour introduire dans la pratique des familles et populariser les procédés les plus ingénieux de chauffage économique et d'aération régulière. Combien de chambres d'ouvrières qui ne connaissent encore que les réchauds, ou les chaufferettes? Le poêle de fonte se rencontre dans les maisons de nos proviîices du nord et de Test, dans les hôpitaux, dans les casernes. Quoi qu'on ait dit sur le dangerdes réchauds de braise ou de charbon, partout où il n'existe pas un courant d'air suffisant pour balayer les émanations délétères de la combustion de ces substances, l'habitude ne s'est pas encore introduite chez les ouvrières sédentaires d'y substituer des briques chauffées, des tabourets à réservoir d'eau chaude qui leur procureraient une température douce aux pieds, sans les exposer à des érythèmes de moins en moins passagers, à des vergetures ou marbrures des membres inférieurs, à des varices, à des hémorrhoîdes, à des hémorrhagies menstruelles. Le brazero est resté un appareil de chauffage populaire en Espagne ; en Orient, il s'appdie mangal; à Conslantinople, dans un hôtel de
(i) Devergie^ Médecine légale^ t. III, p. 106.
(2) H. Bleny, Revue des deux mondes, 15 février, 1867^ p, 951.
«Ofl DE8 NODtncÀTECtlS. -^ CIRMlirUBâ. [tMi
pnmtflr ordre, Je n'avait pas, en 1655, d'antre reiaource pMii'tiitttr esMnlf froid, ttec porte et fenêtre ouvertes; eu Corte [1833}, daiM une bUellerlt'» Ide, ï Cmu, eoire 111e Romae et Sil&t-Flurem, J'ai ptnê la DOil lutovra bruero au tnilku d'une grande pièce dont le plafond éiajt percC pour lepHif de la fumée. Dana t'aocleu sërall de âumbml, comme dans l« piUi poÉÊet dn Qulrinal, I Rotne, dëui niangab ou vases miialliques très-large* et fldMM arDtowntdlspoBésdami la salle du trône pour recevoir en faiver nneakbtMible sans fumée, tel étail aimdoiite le dilllif^ privé de« abdeM HoMili. si ce n'est dans le» palais que leui-s architectes avaieat Imaginé deehluSkffii des fours disposas an 'dessous dn rez de-chaussée; iln'ja paatrlCedechnûM dans lea maisons d'Herculanom et de PompèL Ce mot M rencontre pwrl) première fois dans quelques Mrits dti llU* sl^lej une inaeriptloa dCeëncw I Venise codstate qu'w lSfl7 tin grand nombre de Cbemlkëes ftinid ttaieséea par an tremblement de terre.
Iven *nt lueurs )iJivt>nt Mitihieri ks h«btl«tl6iil f4H<en)tAtv« labMitt )> iUn pour le cliauii^ii;!.' IiultiIiiI d.in^ nos liiU'i du midi; un tante tu «loticenf ilslfnr cliinal pFiidyni la saison liguiireuie iil lun y souffre du frotd duns les mtim! OÙ poriracl fen^(n>!i sont mal doses, uû les part[Ue(s sont renipliicés par leurrelagi', uû les clicminep.t fumi^iil et etitratilelll les 7 ou 0 ditlénies de la cluleur dégagée par le fromIJURlIlile m\ i^Millun. La piacL- mius mauqueraii Ici pour uni^ revue critique de toutes les ijnperft^clions des ajtparfils <'t des tMia dechaulfuge adoptés même <lans le» pays uù la nf'c«8ité de lulicr contre ift trahis rigouri-ux et prolongés M)llicil« le génie indusiriel. Ou toK parvnii. disait encore d'Arcel, eh lOdS (1), des poâli^s et dis calorifi^rvï émr.D^ D'avoir, pour prises d'air et pour bouches de chsletir, que des ouverinres « petites, que, pour oblcfiir on peu de clialeiirde Ces nptiartih, il faut y puuswr le fuu au point d'en faira rougir les annatures ; cl' qui cause lour rapide dcstrucllou et ce qui donne à l'air l'odeur malsaine de Orfi/i-. Or, un peul, sirh consommer plus de combusllble, augoicjucr noinblcmeni la quantité d'air chaud que versent les poêles et les calui ifèrt-s ordin>iirefi, m iiiiruduisant l'air froid dans leurs armatures par un canal â section plus grande, et en agratidiisanl dans la même proportion l'ouverture des tuyauiet des boucher de chaleur par lesi|ui^b l'air cliaud pj^is de l'itrmaiuredc l'ajipircrl dJll^ la sallo qu'il s'agit d'écbaulTer. Il faut que l'entrée de l'air fiuid ei la sortie de l'air cliaiid, ainsi ques:i bouche de chaleur, aient 1*J,5 décmR'Ires carris d ouverture pour un appareil de chauffage, puéic ou calonrère, dans lequel on brûle 1 kilugrammt de bonne houille, ou 2 kilogrammes du buis bien sec par heure ; et un (el appareil peut fournir jusqu'à 900 mètres cubes d'air chaud dans ce uiCme laps de temps, quantité suflisnuic pour assainir unepiéceoû qoiuEe personnes resteraient eufehmées pendaUl trois heures [à ralsou de 16"°,^^' cubes d'sirpar heure et par homme). Les bouches de chaleur doivent être placées veriiw-
(1) Annules d hygiène el ilc médecine légalf. fatli, 18Ù3, l. XXII, p. 3 JS.
niTtg] DES HAÈITAtlÔNS PRIVÉES Et DÉ L'AIR CONFINÉ. Ml
kment, à droite et à gauche, ou en avant du tuyau du poêle ou du calorifère; il fiaut éviter que le courant ventilateur ne soit en contact prolongé avec da cuivre fortement chauffé. Les grandes bouches de chaleur verticales seront munies de registres ou de portes qui permettent d*y dlmi niera volonté lecott" rant d*air, et de lui donner» en cas de besoin, une plus haute température; mais, en ne lui donnant que la température nécessaire pour maintenir dans la pièce le degré de chaleur voulue, on obtient les avantages suivants : maximum d'assainissement, conservation et longue durée des appai'eils, refroidissement convenable de la fumée, et par conséquent la plus grande économie possible de combustible, prompt échauffement et prompt refroidissement du local (d'Ârcetj. On peut appliquer utilement au chauffage et à la ventilation d'une demeure privée Tappareil que Péclet a fait ci)nsiruire dans Tune dea salles d'asile de Paris : le poêle présente autour de son fourneau une cavité dans laquelle Tair peut librement circuler ; cette cavité communique AVee Tatr exié* rieur et avec Tair intérieur, par deux tuyaux distliiets. dont on peut varier le diamètre suivant les besoins de Taérage t le conduit de la fumée, après avoir traversé la salle, se rend dans une petite cheminée d*appel, dans laquelle on place un réchaud de charbon allumé) dès qu'on chauffe le pôéle, le tirage s'exerce sur l*alr du debdrif ^Ui s'échauBb âU eontaCt du fourneau, et s'épanche dans la salle; après atolr été respiré, il gdgne lés parties supérieures de la pièce, et est entraîné par le éourâttt ascendant de là cheminée d'appt'l.
Mais l'ingénieur qui a étudié avec le plus dé précision et de persévérante sagacité tous les détails d'installation et de fonctionnement des modes de càloriûcation et de ventilation appropriés tant ftux maisoiis particulières qu'aux habiutions collectives, en tenant un large compte dea esigetices longtemps
méconnues de l'organisme humain, c'est sMS contredit le général Morin. Êco^ nomie, saltibrité, agrément, examinons avec lui soufl cette triple fûée l'arsenal du chauffage domestique, en parunt de ce principe qu'il faut considérer comme insalubre tout appareil, toute installalioO qui n'assure pas un renouvellement suffisant et régulier de l'air, ou qui n'est pas combiné avec des dispositifs qui produisent ce renouvellement
i"* Cheminéei ordinairei* Elles peuvent être ramenées k deux types! le premier, plus fréquemment employé, présenté un tuyau de fumée a^sex large, communiquant en bas avec le foyer par une ouverture pluft ou moins étroite (gorge, RumfoH) et se terminant en haut par une sorte d'ajutage de briques ou tuiles (milre) ou de (Uyaux de poterie (mitrons) ; Cet orifice d'évacuation de la fumée a une section de passage bien moindre que celle du corpS du tuyau. Ce type, étudié par Ilumfort, dont II porte le nom, l'emporte par son tirage sur les anciennes cheminées^ L'autre^ recommandé par PéCtet dans tôUs les cas, ne s'applique qu'aux très petites clieminées, principalement au chauffage par les poêles} son Conduit de fumée est cylindrique et d'une section uniforme sur toute sa lougueur. Ces deux genres de cheoiioées ont l'avantage de
e08 BES HODinCATKDRS. — CIRCDNFUSA. [nuR
provoquer une ventilation active; mais l'air éTHué par b cfaennnée cA naplacé par l'air estérieor qoi pénètre par les joints des portes oo des EméDn, ce qoi donne lieu à des vents conlis, ides courants iDCommodes; usa dent ce feu, on se grille les genonx et l'on frissonne du du. snlraiit Vt de RninforL Quant i ce qne le général Morin appelle fiqui;, il ne dépasse gutTc O.rJ ou O.lli de la chaleur foarDÏe parle Liblu; l'air qui sort du la cheminée est chiuffË i 6U,80 et + 100 degré* oes- ] tigradcs ; lu \Kne de calorique dans L'espace est donc de f , de |, et, d'a|iâ Péclei, de -^, malgré la concavité, le poli et l'éclat qne l'on donne am arfacMdclaclicminéc. Il y a donc intérêt i limiter le volume et la tempéntmtdt l'air évacué, sans nuire à l'activité du tirage dont dépend la sslabrité de l'ipparlemenc. Une cheminée ordinaire, dans les propc»tions adoptées Mqoord'hB à Paris et fonctionnant avec une activité moyenne, détermine nneéracntita d'air qui ^ale cl souvent dépasse, par beare, cinq fois la capacîti de h (chambre, soit 30 mètres cubes d'air par benre et par perawiiie, en admelttM qu'il y en eût plus d'une par mètre carré de plancher. D'antre paît, le linp et l'évacuation de la fumée conserveront une activité suffisante et ne sénat pa contrariés par les, vents, si la famée y^fifo^a dans l'air arec nue nteacdc S mètres par seconde; dans le tnyan général de fumée, celle TiiesM doit* réduire i l°',ùl) ou '2 mètres, d'oA l'indication de ne pas trop restreindre se dimensions. Pour les proportioDS 1 donner ani tuyaux de cfaetnlnées et an mitres des maisons particulières, nous renvoyons aux explications techmqms contenues dans les ouvrages cités d'A. Horin.
2° Chiminces venlilatoiref. Elles ont pour objet de restreindre les peites de chaleur produite par le combustible en l'utilisant ii chauffer l'air neuf qn entre, à diminuer le tirage par les joints des portes et des fenêtres, en rvdnisaK à son minimum la qnaniité d'air appelée par la cheminée pour nne quaniin' connue de combustible. Kumfort avait déjà posé ces principes : 1° Ramener le feu en avant en réduisant la profondeur du foyer, et augmenter le champ circulaire du dégagement du calorique rayonnant par inclinaison en dehors ff. l'Ëvasement des parois faites de matériaux blancs et polis (faïence, brique vernissée); 2° étrangler la partie inférieure du tuyau de cheminée à l'endroit où la fumée y entre, et y établir un registre à coulisse pour proportionner l'affluence de l'air au (eu que l'on y fait. D'autres ont recommandé depuis longtemps l'emploi du calorique de ta fumée en la faisant passer par des tnyain qu'elle échaulfe et qui par leur rayonnement contribuent à élever la température dg l'air ambiant; mais tous les dispositifs proposés n'introduisent guère, dans l'appartement, que le 0,1 0 de l'air évacué par la cbeniinée, et l'écbauffent à 100 degrés, â -f 120 degrés centigrades et plus, tandis que les cheminées nouvelles des casernes anglaises, établies par le capitaine du génie Douglas Gatton, et expérimentées au Cousei^atoire des arts et métiers par le général Morin, introduisent un volume d'air cbauFTé à -|- 33 degrés centigrades, et
pbivée]
DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ
presque égal à celui qui est entraîné au dehors par le foyer, ce qui supprime à peu près les rentrées d*air froid par les portes (1).
Ces cheminées, dont le général Morin m'a fait voir un modèle, se chauffent au bois ou à la houille; leur foyer est entièrement isolé du mur en arrière; leur tuyau de fumée, en fonte dans la hauteur du local à chauffer, est isolé jusqu'au plafond dans une gaine où l'air extérieur s'introduit par dessous, latéralement ou en arrière, selon les conditions du lieu; près du plafond, une ouverture pratiquée à la gaine et munie de directrices laisse sortir cet air échauffé dans son parcours, et qu'elles poussent en nappes horizontales vers le haut de la pièce. Une trappe à ressort ou, à coulisses permet de l'ouvrir ou de la fermer aisément, selon que le feu est allumé ou éteint. Le rayonnement du foyer découvert et l'introduction de l'air chaud ont pour effet de porter k 0,35 degrés la chaleur développée par le combustible, alors qu'elle est seulement de 0,12 à 0,14 avec les cheminées ordinaires, et de 0,20 environ avec celles qui son pourvues de l'appareil Foudet Au-dessus de la pièce à chauffer, la gaîne d'air intérieur est arrêtée, et le tuyau de fumée est monté en tuyaux ou en briques comme à l'ordinaire, à moins qu'oui ne la prolonge pour le chauffage d'étages superposés, en la garnissant à cha^ étage d'un registre pour en DMMlérer l'effet. Les âtres de ces cheminées doivent être de fonte et leur foyer de briques réfractaires, si l'on y brûle de la houille ou du coke. Un mantelet mobile y sera accroché au moment de l'allumage.
Nous empruntons au général Morin les calculs suivants :
Proportions des cheminées ventilatrices
Capacité
Volume d'air
Section
Air
Seetion total* de
des pièces
à introduire et à
du conduit
de passage
la gaine
de passage da
à chauffer.
évacuer par heure.
de fumée.
de la mitre.
l'ail
r nourean.
La préférence des Anglais pour le chauffage à foyer découvert s'explique d'abord par l'action stimulante du calorique rayonnant et par une moindre accumulation de chaleur sur les organes supérieurs, ce qui diminue le péril des transitions à l'air extérieur, ensuite par l'influence exhilarante de la vue du feu qui pétille; elle égayé jusqu'à la salle d'hôpital, elle invite à la sociabilité; elle charme aussi la solitude d'une retraite studieuse; elle distrait, elle entrelient, elle aide à la méditation, et, comme le moral est aussi un des régu* lateurs de la santé, il n'est pas indifférent de consulter ces impressions pour l'assiette de la vie domestique.
(I) Annales du Conservatoire des arts et métiers^ t. VI, 1866. M. LÉVT. Hygiène, 5< édit. 1—39
•Itt DIS HODIPICITKURS. ~ GERCUMPUSA. [>TC*i
3" PoêUs. GotislruilK on faypiice, eu tôlp, pu fonie. sans botichM àet\aleur prinani l'air h l'i'xtërii'ur, ils ulili'>pnt et répandent dans les louui tpi'h sont destinés ï chaulTer 0,85 i 0,0(1 lic la chaleur dévclopp^f par Ir CAmlmtible; mais lo volume d'air entraîné par le poêle et évncnô par le lunn^ fumée est seulennent de 5 mètres cubes environ par kifognimme de bois brSI*, de 6h 7 mètres cubes par kilugramriie de bouille, et d<? 10 A IS in£tmtcabn au plus par kilf^ramine de cnkc avec un feu tr^-vif. Ces poêles ne renoo<r!lenl l'air des apparl< inenis que dans la proportion de ,'ô a» ptnt> de leur etç»cité : la rénovation lolale de leur aimosphère ne s'effeciiie qn'eo dit b^om el, 6 diverses liauli-Tim, les différence» de lernpénlure vont JnMiii'i 10 iIfçtt! OU 12 degrés pour des loiaux ayant fi A :> mètres d'élétaiîoii. Les poi^iir («nie auraient un autre inconvénient, d'une extrême gravité : d 'après des erp^ riences exécutées en 1^67 par H. Sainte-Claire Deville et Troo»t (1), la fodir, cliaiiiïéc au rtM^c, laisse pariscr des gaz et en particulier l'hydrogène el I'oirI^ de rarbonej on lui impute des accidents d'inlonicarïon surrenus dan» rfr< beauT ainsi cb«aff<!<a, céphalalgie, vertiges, nausées, elc, et in^-me la ihn typhoïde. Je ne foiite'^tc aucun résultat dû h l'analyse chimique, mais, ooimw chirurgien régimentaire, j'ai visité beauronp de corps d«- garde; cnmw ins[)ecleur. j'ai en i m'enqnérir de leur degré dp sainbrilé, ol mes souvenir" ne mi' retracent rifn qui ne s'e);plii[ue par le?- bi-ii>qiies lrar)>ilions infliert! aux sentinelles de l'eitréme chaleur des corps de garde an froid bÎTen») do factions noctoriie.'i, et, en am» invente, de ce froid au rayonnement des poMR de fonte parfois incandescents; joignez-y une odeur métalliqae qui porte i h tête. Quant h la fièvre typhoïde k fortne épidémique, que l'on examine bia les cas alloués; l'encombrement, d'autres cause» d'infection septicémiqne, yoni joué un rôle prépondérant ; presque toujours ces causes roincideiii avec le poélde fonte, et de là une confu^on étiologique [2).
(1) H, SlB-CI. DBïille et Troost, C<ini,,l.:s retiifui l'c rAcmléntie des sciences, i3 janïitr IS68.
(2) Depuil que ces ligne» ont tic éirilc», M. Coulier, profeaieur de chimie appliqw* dans l'école du Val-de- Grâce, a bien voulu me cnnimuiiiiiiiBr la note qui stiil, rédi^ ii près uni; de ses levons :
« UM. Saiiile-Cluire-Dcville el Trooit, à la. demande du gÙLiùral Moriii, ont chercbi'i mesurer la quanliié d'oxjde de carbune qui IriiverM: les parus des puiiei de Tgnle pm^cj au rouge. [Complet ri „ih" <!.■ F Aïo'l. '/,■« .«r,™.-/.>-, iSjamier 1868.)
• A cet effet, Hii po^le de corps dp garde a vM revî-lii d'uiip enieloppe de Idle, [■lar«
duii lequel l'uiyde do caiLoiie. n(>rès nvotr traversé I» fonle du po*le. devuit .■< rendre. ■ C'eit l'air contenu dant cet espace qui ■ été anaUtr. pendant que le poeie était porté
* Six expériences ont eu une durée mo<reune de ^'1 lieurei ; pendaul ce lemp<, on a puiiè 1057 litres J'air qui, en moienne, cunleuait U,i liLrei d'oijdo de carlwne pour lOOU litres d nir.
M Supposons le poile (ur lequel on a expérimenté placé dans une chambre cubant
ffurtE] DES HABITATIONS PRIVÉKS ET DE L'AIR CONFINÉ. 611
Les poêles de tôle de fer et surtout de faïence sont d'un usage plus agréable, mais non plus efficaces pour le renouvellement de l'air. L'industrie moderne a fait de louables efforts pour les améliorer tous, y compris ceux de fonte; le feu une fois allumé, Touverture de portes mobiles ou TenlèYement^de mantelets amovibles les transforme en véritables cheminées isolées des murs et pouvant, grâce à une largeur suffisante de leurs tuyaux de cheminée, provoquer une ventilation égale à celle des cheminées ordinaires. Que Ton établisse dans le foyer même une chemise de briques facile à renouveler, et Ton évitera, dit le général Morin, la brusque et. excessive élévation de température de la fonte. Des corrections analogues assainiraient les petits fourneaux de ménage à double emploi : chauffage de la pièce et cuisson des aliments. Les poêles desséchant Tair, des vases d'eau seront disposés snr leur surface (tablette de marbre ou de tôle), qui céderont la quantité de vapeur nécessaire à la salubrité de l'air. La température élevée qui règne ordinairement dans les appartements à poêles rend phis sensible à l'impression du froid extérieur, et exposent ceux qui subissent ces transitions aux phlegniasies des muqueuses, des poumons, des articulations. Dans l'intérieur des maisons, les couches d'air les plus échauffées se portant vers le plafond, la tête est frappée par une température plus
180 mètres cubes (c*Mt la dimension du poste du Yal-de-Grâce); admettons encore que, pendant les 92 heures qu'ont duré les expériences, Tair ait été renouvelé vingt fois, ce qui est au-dessous de la vérité ; dans ce cas, 4 décilitres d'oxyde de carbone ayant été mélangés à 3 600 mètres cubes d'air, la proportion de gaz toxique contenu dans un litre de ce mélange sera environ un dixième de millimètre cube, c'est-à-dire une quantité totalement insignifiante, et qui pourrait être décuplée et au delà sans le moindre inconvénient*
» A ces calculs péremptoires, je puis joindre l'expérience directe suivante, dont je garantis l'exactitude.
» Dans l'antichambre d'un appartement composé de einq piéoet de grandeur moyenne, on a placé un poêle de fonte cylindrique, dont le coaverele a été rtmplaeé par une bas* sine de cuivre remplie d'eau. Ce poêle chauffe depuis quatre ans cet appartement, dont les habitants, parmi lesquels se trouvent de jeunes enCintt, n'ont jamais ressenti la moindre incommodité par suite de ce genre de chauffage.
» En réalité, les poêles de fonte incommodent en faisant baisser l'état hygrométrique de l'air.
n On remédie à cet inconvénient en plaçant sur leur couvercle un vase rempli d'eau ; mais le plus souvent la surface d'évaporation est insuffisante, et ne remédie que partiellement au mal.
» Dans la dernière expérience que nous venons de rapporter, la bassine qui ferme le poêle supérieurement a 0°',30 de diamètre ; sa surftice d'évaporation est de 0»i',069, ou en nombres ronds 7 décimètres carrés. La surface du poêle qui est portée au rouge est quatre fois plus étendue. Dans ces conditions, un hygromètre placé dans les pièces chauf<fées indique toujours à peu près le même état hygrométrique qu'en été, et tout malaise disparaît dès que cet effet est obtenu.
9 Le seul inconvénient de cet excellent mode de chauffage est l'aspect disgracieux du poêle, qu'il est fiicile démasquer à l'aide d'un demi- cylindre de têle simulant un calorifère. » (Coulier, Cours de ehimie fait au Val- de-Grâce; communication manuscrite.)
Bit MS MDIFICATEORS. — CIBCOMraSA. [l
éietée que kf cUiéaMlé» inférieiim, ce qui explique, sans le mitfirf cmjectonl de b fooie, b oépbalalgie, les tertiges, eto., que beanooyp ëe pcrfOOMi mteoteot en y féjooroaBt. H est d'oteenratioa que les atithini|g^ s'aceommodeot miefix do feo des chemiiiées que de U chaleiir des psâoL Peodaot les mois de réclosioB Uf ernale dans ks maisons chaulKes par es poêlesy Gomme en Alsace et dans le nord de b France, surrieal-ll oa pin giand nombre de congestions el d'bémorriiagles cérébrales que dan b antres saisons? La théorie antorise cette induction, et mes souTenin b ootfinnent; les statistiques du docteur Bceckd, à Strasbourg, aideraient i wm ÙMor sur ce point, mais encore ici l'étiologie est complexe : à rinflnence <ies poêles s'ajoute ceUe de l'inertie musculaire, de l'abus du tabac et de la bière, eic
An demeurant, b meilleur mode de chauffage de b ùunille aisée, c'est h cheminée f entilatoire dans l'appartement et te calorifère à air chaud dan k ▼estibub et les escaliers ; dans b maison plébéienne, la même cheminée, sms aucun luxe; dans b chambre de l'ouvrier, le petit fourneau avec le dxèagtment indiqué. Les conditions d'une bonne ventilation se résument en ced : 1* appel d'air continu ; 2* pureté de l'air appelé ; 3* Yentibtion proportionneie Il b quantité d'air vicié que l'on élimine ; 4* température convenable de Tair introduit, afin quil ne détermine pas l'impression d'un courant froid; 5<^simplidté et activité spontanée de l'appareil dont le résultat devient précaire, dès qu'il exige, pour fonctionner, une sorveilbnce et des soins fréquents. H est aisé de remplir ces conditions pour les demeures privées, soit avec les poêles, soit avec les cheminées. Nous examinerons dans le deuxième volume les systèmes de chauffage proposés pour les édifices publics. Quant au chauflbge, les avantages à rechercher sont : i^ production constamment uniforme d^ane quantité moyenne de chaleur; T économie de combuslible ; 3*^ distribution égale du calorique dans toutes les parties de l'appartement ; U"" ignîtion aus^ complète que possible du combustible employé. Les inconvénients à éviter soot la viciation de l'air par les produits gazeux de la combustion, |>ar la fumée, par la désoxygénation et par la dessiccation de l'atmosphère confinée. Les modes de chauffage que nous avons indiqués, avec les perfectionnements qu'ils onl reçus, ne sont pas loin de satisfaire entièrement aux vœux de l'hygiène.
Nous jugeons utile de reproduire, en terminant ce qui concerne le chauffage des habitations particulières, le résumé des expériences du général Moria sur la quantité de chaleur fournie par les divers appareils :
I)i'>if;iiation «le»
aiiparuils. Kcndt-ment caloiifujur. ()l»5ervnti<>nî*.
i Produisent l'évacuation de l'air vicié, mais n'assurent pas directe- .nei.t rintroduction de l'air nouveau; chauffage salubre.
/ Produisant révacuation de l'air
,,. . , .•. . A oo • A o- I v'cié et l'introduction directe de
(.hcmmocs vcnlilatoires 0,33 a 0,3o . l'air nouveau modérément échauffe.
Chauffage salubre.
PEiTte] DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 613
Désignation des
appareils. Rendement calorifiqne. ObsenraUons.
Poêles ordinaires ( ^J^^^^^ \ tJ^^ok^""* lH l Ne produisent qu'une évacua-
«m. circulation S^^Jf^j cSauffte au ' tion très-insuilUanle derdrvidé.
d'air. ^ î*'®*"^ , K 5 ^"^ n R7 / Chauffage insalubre.
^ bots, peu salubre 0,87 \ ^
,. , » ^^1 ^ z t j 1 / Ne produisent qu'une éTseua-
Poêles de méUl / Modèle dw écoles delà [ ^.^^ i^,^fa^^^ de l'air Ticié et
avec circiUation \ ville de Pans . ..... 0,68 I ^^^^^^^ ^ un degré trop élevé
d'air pris à 1 ex- 1 A conduits ▼erU«uix de < ^^,^. ,jj^ i„trodui«nt. Chauffage
téneurouà 1 in- i circulation. Modèle de I très-insalubre si lestuyaux sont de
teneur. \ M. Chaussenot 0,93 \ fonte, peu salubre s'ils sont de fer.
/ Ne peuvent pas produire direc- [ tement une évacuation suffisante
^ , .^, « . . A Ao M« l'w*' ^»cié et fournissent en gé-
Calorifères / Honxontaux 0,63 I ^^j ^^ j.^^ ^^p échauffé, mais
a tuyaux de cir- J ; peuvent être facilement modifiés de
culaiion de la J \ ^^^i^^^ ^ ^^ donner que de Tair
fumée. \ Verticaux " '^** / à 30 ou 40 degrés. Chauifcge însa-
I lubre quand il n'est pas combiné \ avec la ventilation.
Lorsque les tuyaux et les poêles apparents sont nombreux^ de grande surface par rap-
Appareils de cir- ) "^JlAu ^'^^n'^îs'i n 7-i ( ^e prêtent directement à l'orcTation d'eau { .P;;:^"^!^^^^^^^^ ^'^^ \ gan^^^^^^^^
chaude. 1 j^^^^ ^j ^^ \^ I hère par appel.
poêles ou conduits de circulation sont conte* nus dans les locaux à chauffer. . . « 0,85 à 0,90
Quant au degré de température le plus convenable pour Tintérieur des habitations, Roberston ne le veut pas au-dessous de 10 degrés c. dans les chambres à coucher ni au-dessus de 15 à 18 degrés c. dans les pièces de réception. Il est certain que le séjour dans les lieuic trop échauffas artificiellement détermine des vertiges, de la pesanteur céphalalgique, des syncopes, des symptômes de turgescence vasculaire vers la tête. En outre, nous ignorons les modifications qu'une chaleur artificielle élevée imprime à Tair sous le rapport de sa respirabilité. Nous partageons Topinion de Fleury (t. I, p. 63), que la rélégation dans un appartement dont la température est celle de la plupart des hôtels de Paris chauffés par des calorifères, exerce sur l'organisme une influence très-fâcheuse qui se traduit par une diminution du ressort et de la vitalité de la peau, par l'alanguissement des fonctions de respiration, d'hématose, de calorificatioo, par l'affaiblissement de la circulation capillaire périphérique et une altération du sang; de là certaines variétés de chlorose^ d'anémie, de névropathie, des débilités générales, etc., maladies si répandues dans les rangs opulents et les mieux abrités de la société. C'est pour ces classes surtout que les applications hygiéniques de l'hydrothérapie sont merveilleusement indiquées.
644 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [HT«iiiii
§ S. •— D« l*nMice allerBatlf de l*alr libre el de Talr eenfln^.
Les demeures privées, telles qu'elles existent dans les villes, dans les campagnes, etc. , sont loin de remplir les conditions de salubrité que nous venons d'exposer. L'avantage d'un logement sain n'est échu qu'à une faible minorité de la population ; des classes entières sont reléguées, comme les portiers, dans des réceptacles situés au rez-de-chaussée, prenant jour sur des allées sombres, sur des cours toujours humides, mal chauffés en hiver, privés de ventilation, et oà des familles entières ne disposent pas du cube d'air nécessaire à la respiration d'un seul homme. Des greniers, des combles à toiture déclive, servent de refuge aux enfants de l'artisan ; dans les rues les plus étroites de nos cités, on voit ces garnis dont les chambres présentent des lits serrés les uns contre les autres, ou des couchettes étagées sur deux rangs verticanx, repaires immondes où s'entassent pendant la nuit les ouvriers qui n'ont point de domicile particulier. Les classes moyennes se privent par avarice ou par incurie de l'espace nécessaire h leur installation domestique. Rien ne manque aux boudoirs dorés, aux alcôves richement drapées, aux cabinets somptueux, que l'air qui doit alimenter incessamment la vie : on sait user de la fortune pour se procurer le comfort sous toutes les formes; mab on oublie l'élément essentiel de la santé, qui est tout simplement une suffisante ration d'air atmosphérique. Dans les campagnes od rien ne s'oppose au développement convenable de l'habitation privée, où l'espace ne se vend point par menues fractions à prix d'or, le spectacle est encore plus affligeant : rien de plus misérable que la chaumière du paysan de Sologne ; il faut lire le détail de sa construction dans l'ouvrage de Monfalcon (page 206). Piorry a signalé, d'après les relations des épidémies observées en France de 1830 à 18136 (1), l'état déplorable des habitations qui ont compté le plus de victimes : le Doubs, l'Allier, la Mayenne, la Somme, en présentent qui ne valent pas mieux que les buttes des sauvages, tant la civilisation est lente à propager ses bienfaits, même dans les pays les plus favorisés.
L'édification vicieuse des demeures privées, l'insuffisance de leur capacité, le défaut d'une ventilation régulière, ont pour résultat de frustrer ceux qui les habitent de la quantité d'air indispensable à l'hématose, de spolier. Talmosphère confinée d'nne certaine proportion d'oxygène, d'y accumuler l'acide carbonique* d'en accroilre la température, de lui enlever son humidité, remplacée par les matériaux de la transpiration pulmonaire, de l'exhalation aitanée et das sécrétions; d'où formation de miasmes putrides qui, portés par rabaorptioo dans le torrent circulatoire, agissent sur l'économie comme un ton spédaL Les dits contraires, rapportés par Parent-DuchAtelet et par Tea, s'expliquent par la dissipation des matières animales à l'air libre, les Ims q«e ces matières se putréfient dans un milieu clos oit limité,
MéHiùiref dt ràcadimie de médecine. Paris, 1837, t. VI, p. 1 ti fuiy.
FaivÉE] DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. 115
sans ventilation efficace, il y a production d^émaoatioiis putrides; et suivant que ceUe8-ci pénètrent dans L*organi8ine avec plus ou moins d'abondance ou de rapidité, on observe les phénomènes d*uue intoxication lente ou aigufi. Quand l'infection agit k faible dose et d'une manière continue, elle détermine des effets peu caractérisés qui échappent à l'observaiion superficielle ou qui donnent le change sur la nature de la cause ; mais ils finissent tôt ou tard par altérer la crase du sang, et ils se traduisent par des états cachectiques : étiolemeut, bydroémie, scrofule, phthisie, etc. Quand l'atteinte est plut énergique et plus rapide : fièvre éphémère avec éruption critique, telle que herpès labial, zona, furoncles^ etc. , fièvre muqueuse, typhoïde, pétéchiale, scorbut aigu, purpura^ elc, ; toutes aiïeaions si multipliées chez nos jeunes soldats recrutés à la campagne et soumis au noviciat de la communauté militaire, aux influences du couchage dans les casernes et de la réclusion nocturne dans les corps de garde, dans les salles de police à baquets plus ou moins im» mondes, elc. Et que l'on ne dise pas que cette série progressive d'altérations et d'accidents ne se développe que sous l'influence de l'encombrement dans les édifices publics, U où les hommes sont réunis en grand nombre. Ce qu'un local public est aux agglomérations humaines, l'habitation privée l'est à jln" dividu ; même cause, mêmes effets, bornés seulement dans leur propagation : dans le premier cas, épidémie ; dans le second, affection sporadique H>a de famille. Un seul homme, une famille s'expose autant k résider dans un logement trop étroit, mal aéré, qu'à se mêler à la foule qui emplit de son niéphi<* tisme un vaste local; c'est ce- que j'appellerais volontiers l'encombrement individuel, l'infection de l'homme par lui-même, vu la disproportion du cube d'air dont il dispose avec les besoins de la vie dans un temps déterminé. La fièvre typhoïde prend naissance dans les chambrées des casernes, où couchent un nombre disproportionné de militaires; elle sévit alors par épidémie régimentaire. Elle se produit également chez l'habitant isolé d'une pièce étroite et mal aérée. C'est ce qui résulte des relevés faits par Piorry, et qui portent non-seulement sur ses propres observations, mais encore sur celles de Bouillaud, Andral, Ghomel, Louis, etc. Les enfants, en raison de la délicatesse de leur organisation, ressentent plus vivement les effets nuisibles de l'air confiné; ils B'in«> fectent plus rapidement par leur pmpre atmosphère ; Tinsuffisance de l'air, et l'altération complexe qui en est la suite, c'est-à-dire l'encombrement, les place dans un état de prédisposition particulière à certaines maladies. C'est ainsi que les enfants les plus sains engendrent, dans les espaces limités où on les accumule, les principes des affections les plus dangereuses, et c'est dans ces mêmes conditions que cet âge manifeste sa puissance de contagion bien con-^ nue : fièvres éruptives, ophthalmie purulente, muguet, croup, angine couen-> neuse, coqueluche, teigne vraie, prennent naissance dans les recoins mal aérés ou les parents même aisés relèguent trop souvent pendant la nuit la couche ou le berceau de leurs enfants. Les médecins qui pratiquent dans les grandes villes, où l'espace est dispensé avec tant dé parcimonie aux locataires des meilleurs
616 DES MODIFICATEURS. <— aRCUMFUSA. [l
quartiers, ont souvent l'occasion de vérifier cette ohsenration étMogiqK. L'air confiné est nnisible, non-seuleroent par le changement de proponin de ses éléments, par l'élévation de sa température, par radditi<ND des priicipes étrangers, mais encore par le défaut de mouvement et parfo» de nfmnement solaire; un grand nombre d'habitations ne reçoivent jamais l'actioB directe du soleil ; d'autres n'en jouissent que très-fugitivement ; ii eo est «bb surtout dans les quartiers populeux des grandes villes : or, nous avons n combien cette influence est nécessaire à l'hématose et à la natritkm; Tolacarité favorise la production de la graisse et l'exubérance de tons les floîàs blancs. On ne connaît pas exactement l'effet des mouvements de l'air sorb manière dont s'accomplit la respiration ; mais si l'on consulte les sensation qui accompagnent l'aae respiratoire à l'air libre ou ventilé, et dans on mSea tranquille ou clos, on ne peut douter que dans le premier cas an Tolanie fm plus considérable est inspiré, que l'air pénètre plus profondément, que le déplissement vésiculaire est plus nombreux, que l'hématose s'opère par sue snrbce plus étendue : ne voit-on pas les asthmatiques étouffer dans one atmosphère stagnante et réveillés au milieu de la nuit par l'angoisse de la reapntion, se précipiter vers une fenêtre pour dilater leur poitrine à l'air fiw et ventilé? Les fluctuations continuelles de l'atmosphère renouvellent l'air en contact avec la surface pulmonaire et cutanée, et opèrent ainsi le départ da détritus gaxeux de l'oi^anisme. Enfin les changements qui affectent les qualités de l'air dans les espaces libres exercent utilement notre sensibilité, ï moins qu'ils ne s'effectuent trop brusquement et dans une mesure excessife; les vicissitudes de pression, de température, d'hygrométrie, d'électricité, d'ombre et d'insolation, sollicitent alternativement les fonctions et semblent contribuer à leur juste balancement. Sous l'influence d*un état uniforme de Tatmosphère, la constitution organique tendrait à sVxagérer sous un type déterminé et pencherait nécessairement à la maladie : or, l'air confiné réalise presque toujours un état uniforme des qualités atmosphériques. Aussi Baodelocque a-t-il démontré par des faits nombreux que le développennenl de> écrouelles survient après un séjour plus ou moins prolongé dans nn air qui n'est pas suffisamment renouvelé. Richerand s est assuré que les scrofnleuï reçus à l'hôpital Saint-Louis proviennent presque tous des quartiers de Parts où les ouvriers vivent entassés dans des logements étroits. Les vaches captives dans les étables de Paris, les singes enfermés, meurent de phlhisie tuberculeuse. D'après les recherches de Lombard (l), les professions sédentaires qui s'exercent dans des locaux étroits et fermés sont une cause fréquente de phthisie, tandis qu'un air pur et constamment renouvelé en préserve; on n'a pas observé cette maladie funeste chez les animaux qui vaguent à l'air libre. La phthisie fait plus de ravages dans les prisons auxquelles on a appliqué le régime pénitentiaire de l'isolement et du silence; c'est à l'inaction des or-
(1) Lombard (de Genève), Annales dhyijirne et (fe mé<lerine Irgale. Paris, 1835. t. XI, p. 5.
fiiyée] des habitations PRIVÉES ET DE L'AIR CONFINÉ. «17
■' ganes phonateurs qu'on a attribué cet effet (Ck)indet, de Genève) : ne serait^il 't pas dû en partie à la stagnation dans l'air conGné des cellules on à un renon- ^ vellement presque insensible de leur atmosphère» sans fluctuation, sans la fra}i chcur en masse des courants extérieurs?
I II y a donc un danger évident pour l'homme à s'emprisonner dans Tinté- ' rieur de son habitation, même alors que celle-ci répond en grande partie aux conditions de l'économie hygiénique ; et plus elle s'en éloigne, plus le danger augmente. Le contact de l'air libre est une nécessité physiologique; la respi- ^ ration ne s'exerce avec force et plénitude qu'à ce prix. Or, cette fonction a des connexions intimes avec la vie animale et la vie plastique. L'effet de gaz irrespirables se décèle d'abord par le trouble des sens, des facultés cérébrales, du mouvement volontaire; celui-ci a pour condition l'afflux du sang artériel ; d'où il suit que la force musculaire dépend aussi de la respiration. Les mouvements respiratoires favorisent mécaniquement la digestion; l'appétit et les forces digestives augmentent dans un air pur, et diminuent quand le sang se rapproche davantage du caractère veineux (1). Mais, en moyenne, combien de temps l'homme doit-il passîer à l'air libre par jour ? Question difficile à résoudre d'une manière générale. Il faut tenir compte des climats, des localités, du séjour à la ville ou à la campagne^ du quartier que l'on habite, du degré d'assainissement des demeures privées. D'un autre côté, toutes les circonstances individuelles qui font varier la consommation de l'oxygène modifient les conséquences du séjour dans l'air conGné. Sous ce rapport, la constitution, le tempérament, le sexe, l'âge, l'habitude, etc. , interviennent avec une certaine puissance. Les sujets lymphatiques et nerveux supportent mieux l'air immobile ou médiocrement renouvelé que les individus sanguins et musclés. Grâce à la faiblesse de sa respiration et à l'habitude de la vie sédentaire, la femme séjourne plus impunément c[ue l'homme dans un air renfermé et vicié; mais, durant la grossesse, elle a besoin d'un air libre et pur, ni trop sec, ni trop humide. S'il est vrai, comme l'assurent des voyageurs, que les crétins diminuent de nombre dans le Valais depuis que les femmes ont pris la coutume de se soustraire à l'air humide et stagnant qu'on respire dans le fond des vallées pour aller passer dans des lieux élevés le temps de leur grossesse, ce fait témoignerait d'un genre d'efficacité merveilleuse de l'air ventilé. La privation de l'air extérieur est cause que beaucoup de nourrices, dont la constitution ne laissait rien à désirer à l'époque de leur admission, changent, se détériorent et perdent une partie de leur lait. Naguère elles vivaient au milieu des champs, livrées à des travaux qui n'entraînent point la réclusion domiciliaire; appelées à nourrir Tenfant d'un citadin, elles se voient enchaînées auprès d'un berceau, et passent, non sans détriment, de leur sphère natale de respiration à une sorte de captivité atmosphérique. L'habitude réduit le besoin de respirer et plie l'organisme aux effets de la rélégation : on a vu des prisonniers s'attacher au séjour de leur cachot et refuser la liberté au terme de leur
(1} Burdacb^ Physiologie, t. IX, p. 556.
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peine, perœ qne leor tinté ne pouvait pins s'accomiDoder de l'air libre e l'éclat du plein jour. Les yieillarda, en raison de l'atrophie de leur appi aérien et de la rédaction de leur pouvoir respirateur, se ressentent moins inconvénients de l'air confiné ; leurs tissus sont moins perméables aux émi ûùn§ dont il se chaiige promptement (1) ; leur modalité vitale ne réclame p aussi impérieusement que celle des adultes les stimulations généreuses à atmosphère riche d'otygène, de lumière et d'électricité, et dont ractiou multipliée par la vitesse de son renouvellement Néanmoins ils sont loin d' insensibles au bienfait d'un air pur et mobile. Qui ne connaît les avantage la résidence k la campagne pour les personnes d'un âge avancé? S'ils se: quênt en partie par Téloignement des causes d'agiiation qui sévissent sur h urbaine, par le calme et le rafraichissenienl moral que procure la vue champs, niera-t-on que la pureté de l'air, la ventilation, qui s'effectue spo nément dans les vastes étendues d'horizon, la sérénité du ciel que ne iro\ point la vapeur méphitique des centres de population, n'y contribuent quelque chose? Mais c'est principalement aux enfants que l'influence de conflué* est fatale. Chez eux la respiration est plus énergique, les sécrétioii exhalations sont plus abondantes, l'absorption plus rapide ; aussi l'espace éi qui trop souvent leur est assigné dans les habitations ne tarde point à se < vertir en un foyer d'intoxication miascnatique, s'il n'est puissamment aéré, enfants périssent en plus grand nombre dans les quartiers étroits, où les v sons sont mal bâties et les logements très-resserrés, que dans les quartiers présentent des conditions op(X)Sées (Villermé). Il faut se hâter d'exposer les fants à l'action de l'air et du soleil, de leur donner chaque jour, sui (expression de Huieland, un bain d'air viviûant (2) : c'est un des moyen plus propres à les fortifier, à consolider leur constitution. Et saurait-on prendre trop tôt quand les conditions de notre état social sont telles que, l'âge de sept ou huit ans, les devoirs de l'éducation morale et intellecti commencent à peser sur eux et leur infligent une scolarité sédentaire de sieurs heures par jour ?
I>onné, auquel les mères sont redevables d'excellents conseils (.*(), ne ci pas de dire que les personnes les plus convaincues de l'utilité de meun enfants à Tair, qui apportent le plus de soin et de régularité à cette partie leur hygièue, n'eu font pas encore assez^ et ()u il est très- peu de mères lassent sortir leurs enfants autant qu'il le faudrait pour leur constituer organisation vigoureuse et une santé robuste. Le préjugé retient les en( trop longtemps renfermés après leur naissance. Dès Tâge de huit à qu
fi} La rareté de la flèvre typhoïde chez les vieillards serait-elle due à celte ctrconsti ainsi qu'à Tatrophie de Tappareil (bllieulaire de Tintestln?
(2) Hufeland, La matrobioiiqHe, ou Fart de prùtottger ta vie de rhovmie. trads raUemand, par A. J. L. Jourdan. Paris, 1838, p. 459.
(8) Al. Donné, dmênit aux funiiies iur to monture tPiltvtr ies enfants^ imvù précis d hygiène, Paris, 1864, p. 253.
ntvti] DES HABITATIONS PRIVBEB R DS L'AIR CONFINÉ. «19
jours, bonaê reconiniande d'envoyer les enfants ï la promenade ad pins beau moment de la journée ; et quand ils seront familiarisés avec l'impression de l'iir, ils devront passer dehors plusieurs heures, protégés contre Tactiou directe et proloDgée du soleil, sans fitre entièrement privés de ses rayons ; mieux leur Yaul le hflte que la plleur morbide des enrant^ qu'un environne d'un eicès de soins; s'ils sont flnvelo[^)és convenablement «t qu'on leur imprime Ae temps en temps quelqoes mouvements, l'air vif et mâme un peu froid ne lenr nuit poinL II faut se nfqwler toutefois que les nouv«iiu-nés. même bien lélus, perdent prompiemeat lenr chaleur; ils se bissent pénétrer par le froid Mnt en témoigner aucune souffrance ; ce n'est que vers dix-huit mois à deux ans, et même plus tard, qu'ils s'en plaignent avec des pleura : aussi, par une température trop rigoureuse, on s'abstiendra de les produire !i l'air, quelque épais que soit leur habillement, Une fois en état de s'agiler par l'exercice sjioiitané, ib auront moins ) router le froid, et si on U'<i pousse un peu â le supportor, ils ne manqueront point de s'aguerrir progn^iivemeiiL contre les intempéries hivernales. * Il ne s'agit pas de faire respirer l'air extérieur à l'enfant dans les mes d'une grande ville, de le faire passer de m chambre dan:^ un salon de f isites ou dans une boutique, de lui faire fàiro une course en t'iitnrc, mais de le laisser jouer au grand air. « C'est dans les e^p^ces dégagt^, dans les pininenades étendues et bien situées, qu'il faut ex[Hiser l'cnraut h l'air : au fort de l'éié, il doit rester dehors ï peu près toute lu journée ^ au printemps elen automne, pas moins de quatre i cinq heuFes, ii partir de niidl ; eu hiver, pea dant les quelques heures que le soleil reste sur l'horizon. Le lecteur trouvera, dans l'excellent ouvrage de Donné, le conipléiiicnt de prescriptions minutieuses qui se rapportent i ce que l'on peut appeler k' bain d'air quotidien de l'enfanL Quant a l'imminence morbide, l'usage c!r l'air libre neutralise celle des aiïeclions dont la pn)duction est favorisée pr la stagnation atmosphérique; à celte dernière cause s'en ajoutent d'autres, telles que le défaut d'exercice, la continuité des attitudes vicieuses, etc.; elles agissent do concert dans l'étiolngie de certaines maladies : comme k l'air libre, l'aclion musculaire, la répartition plus égale des Quides circulatoires, l'expanMoti d(>s visci'res, etc. , concourent ensemble il l'eflet préservatif. Nous avons signalé (pane 1^57) In bénigne hifluence que le cliangement d'air exerce sur tes convilescenis. Leur première transition de la chambre i l'aimiisphère eut surtout marquée par la fraîcheur des impressions, par nne sorte de réviviBcation générale ; l'action réconfortante de ces bains d'air est visible en eux : chaque promenade leur rend nn pnt de leur vigueur passée. I.a convalescence est-elle lente i s'établir, lente ï se confirmer, parfois un changement d'air devient décisif, même alora qu'on avait placé le malade dans les meilleures conditions de salubrité atmosphérique. Reveillé-Parise a vd des améliorations de convalescence obtenues à faris en faisant passer le malade d'un quartier dans un autre (4). En général, l'air de
(1) lt«T«ill4- Parité, Élude dt fhoinm* dant filât de tanU efdan* Fitot de maladie. Vviê, 1U6, U I, p. iH.
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la campagne achève la restauraiion de rorganisnie, qui a subi les commotions d'une malaclie grave.
Les heures les plus convenables pour Tusage de Tair libre el pour la ventilation des demeures privées se déduisent d'après l'indication des climats, des localités et des circonstances de santé ou de maladie, de ce que nous avons dit fur les mutations diurnes de l'atmosphère; le besoin de stimulation électrique, 4*irradiation solaire^ de sécheresse ou d'humidité, de fraîcheur ou de calorique, réglera pour chaque individualité, suivant les temps et les lienx, le Bioment et la durée des échanges d'air libre et d'air confiné. £n général, l'atmosphère est le champ de la vie ; l'habitation répond aux besoins de la civililation plus qu'aux exigences de la nature ; elle ne doit servir qu*à abriter tliomme périodiquement et passagèrement : s'il s'y cantonne à poste fixe, il lltère les conditions essentielles de sa vie organique.