CHAPITRE IL
INGESTA.
Tontes les fonctions de l'économie, envisagées dans leur ensemble, se reluisent à deux ordres de mouvements, par lesquels s'opère en elle la rotation perpétuelle de la matière : les unes, centrifuges, entraînent du dedans au dehors une portion de substance qui provient de l'usure des organes; les •Qtres, centripètes^ ont pour eiïet de restituer au sang les matériaux consoaimés par la vie, et d'assurer l'intégrité de masse et de composition du corps. Cette seconde série d'actes physiologiques constitue la nutrition : elle comprend la préparation et l'emploi du fluide nourricier, de|)uis les opérations ioccessives qui ont pour terme la chylification, jusqu'à l'acte profond qui fixe la molécule nouvelle dans la trame de nos tissus. Dans son acceptation la plus générale, le mot ingesta désigne tous les matériaux de la nutrition qui sont non-seulement les corps organisés des deux règnes^ mais encore l'air, ce pabvlum vttœ, et l'eau, qui constitue les 0,6 ou 0,7 du poids du corps humain. L'usage en a restreint l'application aux substances qui sont introduites dans les voies digestives, pour survenir à l'accroissement du corps ou pour réparer les pertes qu*il éprouve dans ses parties solides et liquides : nous traiterons donc successivement des aliments et des l)oissons, rapportant aux premiers un certain nombre de substances additionnelles qui en modifient les propriétés (assaisonnements].