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FtivÉB] DES BOISSONS, 82i

aérer cette eau. Pelletier a ¥U assainir l*eau d*an étang par la projection du noir animal. D*après Habicb, on peut purifier Teau croupie avec 1 partie de chaux et 2 d*alun, ou mieux k de charbon animal et 1 d*alun ; le mélange doit être de 1 millième, et, après une nuit de contact, l'opération est terminée : Talun a disparu dans le liquide; on réussit mieux encore en mêlant d*abord le charbon en poudre avec Teau et en n'ajoutant le sel que le lendemain (1).

La préparation des eaux, leur conservation et leur transport concernent l'hygiène publique (voy. 2* partie).

2"* De l'action des boissons aqueuses. — Les effets que l'eau produit dans l'organisme sont en rapport avec sa quantité, »a température et sa composition chimique.

A. Quantité. — Dans l'usage normal, c'est-à-dire prise à la température ordinaire, et dans la mesure des besoins de l'économie exprimés par la sensa* tion de la soif, l'eau humecte les surfaces muqueuses de la bouche, du pharynx et de l'cesophage, excite en passant la sécrétion de la salive et du mucus, apaise le tourment de la soif dès son arrivée dans l'estomac C'est ainsi que la seule ingestion des aliments solides fait cesser immédiatement la iaim, avant qu'ils aient été assimilés. De tous les liquides, l'eau est celui qui amortit le mieux la soif; les boissons acidulées agacent le larynx^ troublent la difcestion ; beaucoup de personnes ne les supportent point. Les boissons fermeutées ne désaltèrent que momentanément et déterminent une réaction consécutive de chaleur et de sécheresse : c'est que la soif, cet appétit du boire [bibendi appetitus, Haller), est le cri d*on besoin général qui résulte d'une diminution dans la masse liquide du corps; l'eau seule répare directement cette perte, en même temps qu'elle divise la substance plastique et lui sert de véhicule jusque dans l'intimité des tissus : • Sola viscorem resoivit, et tan' guinem fluidum servat. Sola etiam elementum sanguin^ ccrporique toti ad" fert, ex quo prœcipue aut unice struimur. » (Haller.) Dans l'état de vacuité gastrique, l'eau se mêle avec les fluides muqueux et acides de l'estomac, enlève du calorique à ses parois pour se mettre en équilibre de température ; séjourne plus ou moins dans sa cavité, mais toujours moins que les substances solides; est absorbée en partie sur place sans aucune modification, en partie dans l'intestin grêle par l'intermède des veines mésaraîques (Magendie); augmente et dilue la masse. générale du sang, atténue sa puissance de stimulation; amortit l'excitabilité du système nerveux par le contact d'un sang plus délayé, facilite toutes les sécrétions, et s'échappe enfin avec leurs produits comme par une sorte de filtration : c'est surtout par le rein et par la peau qu'elle sort de l'économie. Quand l'eau a disparu de l'estomac, il reste, d'aprèsMagendie, une certaine proportion de mucosités qui ne tarde point à se chylifier, ï la manière des aliments. Ingérée pendant les repas, elle favorise la digestion eu divisant les aliments, elle ramollit la pAle chymeuse, aide à sa dissolution.

(1) Journal de pharmacie. Paris, 1829, t. XV, p. 435.

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(1) Lacombe, De la polydipsie, thèse, Paris, 18dl^ In-A.

PRIVÉE] DBS ALIMENTS. — QUANTITÉ. 7â8

acide carbonique ; Toiicîllalioq diurne devenant de plus en plus étenduQ, la chaleur animale s'abaisse chaque soir davantage, et la mort survient à up certain degré do refroidissement, en général pendant la période de rabaissement nocturne de la chaleur.

Poids du corps, — A. Perte diurne ou relative à un 9eul jour : 1<> à égale durée de Tinanitiation, la perte diurne est d'autant plus forte que l'animal est plus volumineux ; 2"* la perte maximum correspond au début de Texpérienoe, l'animal épuisant le résidu de Taliment ingéré la veille ; la perte minimum s'opère en général vers le milieu; 3° l'augmentation relative de la perle vers la fin de la vie est à remarquer, car plus le corps a perdu, moins il devrait avoir à perdre. £n général, elle a coïncidé avec l'augmentation des fèces, allant jusqu'à la diarrhée, comme dans les maladies cdlliquatives. — B. Perte intégrale, c'est-à-dire relative à la durée entière de l'inanitialion. Cbossat a été conduit, par ses expériences, à poser comme loi générale de l'inanitiation, qu'un animal périt lorsqu'il a perdu environ 0,4 de son poids normal oq initiai. Edwards et Balzac^ en étudiant les effets de la gélatine, n*ont vu leurs chiens en danger de mourir que lorsqu'ils se trouvaient réduits b 1/6* de leur poids initial, ce qui nous paraît exagéré. Dans tous les cas, il existe pour l'homme, comme pour l'animal, une limite fatale de poids au-delà de laquelle la vie n'est plus possible ; fait d'une immense gravité pour la médecine pratique, et qui détermine impérieusement la mesure des spoliations que Torga* nisme peut subir dans.un but thérapeutique. — G. Influences pertarbatrlces : l"" obésité. Chez les sujets inanitiés, la graisse a presque entièrement dispara; cette substance éprouve donc une perte relativement plus forte que les autres parties du corps. Aussi l'obésité raodifie-t*eUe la valeur de la perte Intégrale proportionnelle ; et tandis que le terme de la vie possible correspond en général à une perte de 0,/i du poids initial, les animaux obèses succombent à 0,5. T Le jeune âge, au contraire, diminue la valeur de la perte intégrale proportionnelle de 0,2, et l'abaisse de 0,/( à 0,2 ; ce qui donne pour les oscillations de la perte intégrale proportionnelle l'amplitude de 0,8, c'est-à-dire une étendue équivalente aux 3/10^* du poids normal du corps. -^ La perte totale du ]X)ids du corps ne se distribue point dans une égale proportion entre les diiïérentes parties du corps. La perte intégrale proportionnelle se récapitule comme il suit, d'après les évaluations et les calculs de Cbossat :

Parties qui perdent pins qne la Parties qui perdent moine qoe U

moyenne de 0,400. moyenne de 0,400.

Graisse 0,933

Sang 0,750

Hâte 0,714

Pancréas Qj64i

Foie 0,520

Cœur 0,448

Intestins 0,424

Muscles locomotifs 0,423

Estomac 0,397

Pharynx, œsophage 0,342

Peau 0,338

Reins 0,318

Appareil respiratoire 0,223

Système osseux 0,167

Yeux 0,100

Système nerveux , • 0,019

7U. DES MODIFICATEURS. — INGESTA. [irais

Après la graisse, c*est le sang qui éprouve la plus forte déperditioD. Gbosn s*est appliqué à le recueillir en totalité chez des pigeons inanitiés et cka d'autres qu'il a fait périr subitement par strangulation pour évaluer la mam de leur sang ; l'asphyxie s'accomplit chez ces animaux avec une extrême céiérite. II a trouvé le rapport suivant : état normal, i2>%7Zi ; ioanitiatioo, 6,8ê; perte intégrale proportionnelle, 0,617. « Ainsiie sang, ajoute cet obserfaloir, se consume par inanltiatioo, et lorsque la mort arrive, la perte qo'il a éprouvée s'élèVe à plus de 0,6 de la quantité normale, c'est-à-dire à plus de moiiiê en sus de ce que comportait la perte moyenne du corps chez les mêmes ammaux : la perte porte donc en excès sur lui. « GoUard de Martigny a vo, cba les lapins, la quantité de sang réduite, le S*" jour à 0,619 ; le 7* jour, ï 0,&b3; et le 11*, à 0,227 (1). Haller avait trouvé le sang plus èp^ qol l'ordioaire, surtout quand il y avait eu privation simultanée d*alinieots et ée boissons. €e fait n'a pas été confirmé. Chossat a toujours constaté l'augmeDtatiou de la portion séreuse du sang, indépendamment de l'usage ou de Tabstineoce des boissons. Gollard de Martigny a vu la fibrine considéraUenxat diminuée et l'albumine augmentée. Chez un jeune homme qui avait ssH uk diète rigoureuse de quarante jours, Lecanu a constaté les résultats suivaBis : l'eau s'éuit élevée de 0,770 à 0,806 ; l'albumine, i'extractif, la graisse et ks sels, de 0,076 à 0,084; le caillot était tombé de 0,156 à 0,112 (2). Le sasg d'un jeune homme de vingt-quatre ans donnait : eau, 770; globules, IS^; albumine, matières salines, grasses, extractives, 76. Après quarante joon de privation d'alinients solides, Denis a trouvé dans le sang de ce jeune homme : eau, 806 ; globules, 111,9; albumine, matières salines, etc., 86*1 : le déchet en globules avait donc été de 62,1. Une jeune fille bien poriaute avait cette composition de sang : eau, 787; globules, 132; albumine, matières eiuiclives, 80,7. Après quinze jours de diète : eau, 829; globules, 87,9; albumine, matières extiaclives, 83,1 .'diminution des globules, UU,\' L'auginefllation de Teau s'explique, les deux malades n'ayant pas été privés d'eau; celle des matières extractives traduit la destruction de la substance propre des deui sujets ; elle est un eiïet de Tautophagie. Cbossat signale conime un des faib les plus intéressants de Thistoire de riuanitialion la diminution rapide du poids du cœur. Ce résultat n'a jamais manqué. Combiné avec la perte en excès éprouvée par le sang, il justifie le traitement de Valsaha, trailemcDt dont le succès est au prix de la persévérance, mais qui, pour ne pas excéder les bornes d'une salutaire prudence, doit se régler d'après des |)e5ées du corp> régulières et rapprochées. Collard de Martigny a aussi constaté la i-éduciioa du volume du cœur et l'amincissement des parois de ses ventricules, circonstance qui explique peut-être la facilité avec laquelle les causes les plus légères produisent des syncopes mortelles dans les derniers temps de l'inanitiation.

(1) Uai^enéie^ Journal fk physiologie. Paris, 1828, t. VIII, p. 152.

(2) Lecanu, Eludes chimiques sur ic sa/i(j. Paris, 1837, p. 72.

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