‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 153 sur 285 · LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES

repousse dédaigneusement; devise: « Beati, pauperes, quia vestrum est regnum Dei » (S. Luc., vï, 20).

Pèlerinage : bourdon en main ; globe du monde, à cause du chemin parcouru.

Pénitence : calice de la passion qu'elle boit jusqu’à la lie ; chaînes , qui meurtrissent les bras ou chargent les pieds; croix, devant laquelle elle s’abaisse, qu'elle accepte avec joie, presse sur son cœur, porte sur ses épaules, objet de ses méditations et instrument pour la mortification de ses sens ; couronne d'épines , à l’instar de son divin maître ; discipline ou verges , pour frapper son corps amaigri ; épines , qu’elle accepte de la main des anges ; olivier, car elle vit dans la retraite ; poisson dont elle se nourrit et qu’elle fait rôtir sur un gril ; tête de mort , pour rappeler ses méditations ; cheveux flottants , car elle ne prend pas soin de sa personne ; vêtement de couleur sombre ou robe de bure et cilice ; sein découvert , en signe de dénuement; prière, pour obtenir le pardon de ses fautes.

Piété : ailes et mains levées au ciel, parce qu’elle tend sans cesse vers Dieu et parce que Saint Paul a dit: « Pietas ad omnia utilis est, promissionem habens vitæ quæ nunc est et futuræ » (/ ad Tim., iv, 8) ; une branche de citronnier , parce que son fruit ne mûrit que dans les climats chauds, image de la grâce fécondante; compas et équerre, pour se construire dans les cieux une demeure permanente; coq, parce qu’elle veille dès l’aurore: « Deus meus, ad te de luce vigilo » ( Psalm . lxii, 2); cœur , enflammé d’amour ; éléphant, parce qu’il adore le soleil levant, attribut qu’expliquent ainsi les Nouvelles étrennes dédiées à Monseigneur le Dauphin (Paris, 1778):

On dit que l’Eléphant, d’un air religieux Rend au soleil d’humbles hommages ;

Leçon pour ces mortels, ingrats envers les cieux, De qui l’homme a reçu de si grands avantages,

Et qui, souvent, au Créateur Ne donnent pas, en se levant, leur cœur.

corne d abondance , d’où sortent des fleurs, des fruits et des trésors, puisque d’après Saint Paul, elle a les promesses de la vie présente; encensoir , emblème de la prière; flamme au front, pour marquer son activité ; deux lampes , pour éclairer à la fois son corps et son âme; livre où elle s’intruit et médite ; pélican , qui se sacrifie pour ses petits ; vase où elle fait fumer l’encens ou qu’elle renverse dédaigneusement, parce que l’or qu’il contient constitue une superfluité.

Prière, « Oratio » : cerf, qui court aux sources d’eau vive, image de l’âme qui a soif de son Dieu ; chapelet , qu’elle récite dévotement; cœur, qui jette des flammes; coq, qui par son chant la stimule dès l’aurore ; couronne d'or que, du haut du ciel, un ange lui fait désirer ; encensoir et navette , pour exprimer plus particulièrement la prière liturgique ; flèches rapides qui percent les nues, « sagittæ potentis acutæ » (Ps. cix, 4) ; manteau vert, signe d’espérance ; râteau, car la prière attire puissamment à elle les grâ ces célestes ; robe rouge, à cause de sa ferveur ; rose , qui se cueille parmi les épines et répand autour d’elle son parfum ; tournesol, qui se dirige vers le soleil ; mains jointes , en signe de supplication ; yeux au ciel , parce qu’elle implore Dieu.

Résignation, « Resignatio » : croix sur ses épaules, à l’instar du Christ son modèle.

Service de dieu : croix , qui rappelle et appelle le sacrifice ; monastère, où l’on s’offre ; palmier, emblème de la solitude ; voile , qui le dérobe aux regards et exprime son humilité ; sceptre , parce que servir Dieu, c’est régner, comme porte sa devise: « Servi re Deo regnare est ».

Silence, « Silentium » : vieillard, que l’âge a consommé en expérience ; doigt sur les lèvres , parce qu’elles ne doivent pas s’ouvrir ; héron, qui tient une pierre dans son bec ; devises : « In silentio « (. Eccl. , ix, 17) — « Res omnium difficilis silere ».

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