LES ARCHIVES
1. — Les donations et acquisitions se font par chartes , de façon à assurer aux actes un caractère de légalité et d’authenticité.
Les chartes réunies forment un cartulaire. Les autres pièces, inventaires, comptes, cens, etc., s’accumulent dans les registres.
Cartulaires et registres se déposent dans une armoire ou un local qui s’appelle archives.
2. — Le cartulaire de Prum, conservé à la bibliothèque de Trêves, peut être cité comme modèle du genre : il date du xii° siècle. La couverture est en cuivre gravé au trait. Sur le plat supérieur, le Christ, assis en majesté, dit: « Yenite, benedicti Patris mei». {S. Matth xxv, 34). « Ego diligentes me diligo ». ( Prov ., vm, 17). Cette parole s’adresse aux bienfaiteurs de Fabbaye . Pépin, qui a fait construire l’église qu’il tient en main, Charlemagne et ses successeurs, tenant tous un livre ou une charte. La bordure fait ainsi leur éloge: « Hec est generatio querentium Dominum, querentium faciem Dei Jacob ». ( Psalm . xxm, 6). La scène continue sur le plat inférieur, où la main de Dieu déroule un phylactère, qui se réfère aux empereurs et rois et contient ce texte : « Percipite preparatum vobis regnum ab inicio seculi ». ( S . Matth., xxv, 34). La bordure continue l’éloge : « Hi sunt viri misericordie, quorum justicie oblivionem non acceperunt, cum semine eorum per-
marient bona, hereditas sancta nepotes eoram ». ( Eccles xliv, 10-12).
3. — Les dons sont écrits sur le marbre, comme à Saint Pierre de Rome (vi° s.) et Sainte Scolastique de Subiaco (xi° s.) ou gravés sur la porte de l’église, comme au Mont-Gassin (xie s.). On les trouve aussi figurés sous la forme de terres, châteaux, manses, comme au porche de l’abbaye des Saints Vincent et Anastase, près Rome (xne s.) : Charlemagne y est représenté à côté du pape Eugène 111 et tous les deux disent: « Concedimus et donamus ecclesie tue Ansidoniam cum castris istis auctoritate apostolica et imperiali ». L’abbé, escorté de ses moines, accepte la donation et, en signe de redevance, présente un calice au saint titulaire de l’édifice.
4. — Au Vatican, des fresques, exécutées au xvne siècle, ornent les murs des trois salles affectées aux archives secrètes et mettent en scène les donations faites au Saint-Siège, au moyen de vingt-six tableaux, dont les deux suivants donneront l’idée : Casimir, roi de Pologne, offre à Grégoire VI son royaume comme tributaire du Saint-Siège : « Gregorio VI, pont, max., Casimirus, Poloniæ rex, debellatis hostibus, regnum suum beato Petro ex voto vectigal fecit ». — Charlemagne confirme la donation territoriale faite par Pépin son père et l’augmente : « Hadriano I, pont, max., Carolus magnus, Francorum rex, Pepini patris donationem Romanæ Ecclesiæ factam confirmât novisque donationibus cumulât ».
5. — Type iconographique. Fig. 171. Couverture du cartulaire de Prum, xu° s.
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Planche XVII