‹ Traité d'iconographie chrétienneChapitre 245 sur 285 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l’église

1. — L’Église représente le pouvoir spirituel dans la loi nouvelle. Le moyen-âge s’est plu à la personnifier, et depuis le xvie siècle, cette représentation est devenue très fréquente.

2. — Elle a pour attributs: le bénitier , avec son goupillon , car elle bénit et exorcise; la branche , qu’elle va greffer sur une tige sauvage ; le calice et Y hostie, pour rappeler le sacrifice de l’autel qu'elle célèbre ; le casque , la cuirasse et le bouclier , afin de se défendre contre ses ennemis ; les clefs d’or et d’argent, avec lesquelles elle ouvre ou ferme le ciel ; la corde , parce qu’elle vit dans la pénitence et la mortification ; la croix de son fondateur ; Y encensoir, avec sa navette , car elle prie et parfume l’autel ; la flamme de l’amour de Dieu et de la justice ; la foudre , parce qu’elle fulmine l’excommunication ; les livres de la Sainte Ecriture, de sa liturgie, aux sept sceaux, à cause des mystères ou des hérétiques qu’elle foule aux pieds ou brûle ; Y hérésie, qu’elle extermine en la perçant de sa croix à double croisillon; le sceptre , parce qu’elle commande au monde ; le soleil de la vérité, qui brille sur sa poitrine ; le Saint-Esprit , qui l’inonde de lumière ; un temple , circulaire ou octogone, où elle purifie par le baptême ; les vêtements pontificaux, aube, étole, chape, tiare ; le voile sur la tête, car elle est pudique ; un pauvre près d’elle, parce qu’elle assiste les malheureux; Aaron , grand-prêtre de l’ancienne loi, comme l’ombre suit la réalité ; le serpent d'airain sur le tau symbolique, figure de la rédemption par la mort du Christ sur la croix.

3. — Le xvi0 siècle, à Rome, a groupé autour de l’Église quelques personnifications qui en complètent l’idée générale :

Cure des âmes, « Animi cura » : crosse épiscopale, l’évêque étant le premier pasteur du troupeau.

Dîme, « Décima » : pain et muids de vin, prélevés sur les récoltes.

Papauté, « Papatus » : branche de grenadier chargée de fruits, car la grenade, par la multitude de ses graines, exprime l’union de tous les enfants de l’Église dans son giron maternel ; clefs , qui ouvrent et ferment le ciel, suivant la parole du Christ à Saint Pierre : « Et tibi dabo claves regni cœlorum » (*S. Matih xvi, 19) ; livre de la doctrine et de l’enseignement.

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