Le luminaire est un honneur rendu à Dieu et aux saints
2. — 11 se manifeste de trois manières : lampe, cierge , torche.
La lampe, récipient de métal ou de verre, brûle de l’huile : elle est
suspendue.
Le cierge est une mèche enduite de cire, jaune ou blanche : on le pose sur un chandelier.
La torche réunit plusieurs cierges ensemble, de façon à augmenter la flamme. Ces cierges sont souvent tordus, intortitia : au moyen âge, on les allongeait à l’aide d’un grand manche en bois et on les agrémentait de targes armoriées.
3. — On trouve les lampes devant les tombeaux, les autels, les images vénérées. La lampe est l’attribut ordinaire de la vigilance et des vierges sages. Elle signifie la nuit, par exemple à la Nativité de Notre-Seigneur.
Les chandeliers figurent devant les corps saints, les reliques, aux offices liturgiques.
Les torches sont surtout affectées à l’élévation de la messe et à la procession du Saint-Sacrement.
4. — Le chandelier à sept branches du Tabernacle de l’ancienne loi a donné lieu à un chandelier analogue, populaire au moyen âge : le plus remarquable est celui du dôme de Milan, qui est en bronze et date du xme siècle. Il symbolise les sept dons du Saint- Esprit, de même que les sept chandeliers de la messe pontificale, dont l’origine remonte jusqu’à l’Apocalypse : « Et eonversus vidi septem candelabra aurea. Et in medio septem candelabrorum aureorum similem filio hominis. » (Apoc , i, 12, 13).
5. — Les couronnes de lumière, où les cierges et les lampes sont en nombre, figurent la Jérusalem céleste, que l’Agneau éclaire : « Lucerna ejus est Agnus » ( Apoc ., xxi, 23) et où les justes brillent : « Fulgebunt justi et tamquam seintillæ in arundineto discurrent » (Sap., m, 7). Celle d’Aix-la-Chapelle est la plus célèbre de toutes: Frédéric Barberousse la donna au xn° siècle. Une inscription métrique explique pourquoi les prophètes, les apôtres et les béatitudes y sont figurés et comment le type primordial a été fourni par l’Apocalypse :
Ceiica Jherusalem signatur imagine tali Visio pacis, certa quietis spes ibi nobis.
Iile Joannes, graiia Cbrisli preco safutis,
Quam prophetavit quamque prophetæ, denique virtùs Lucis apostolice fundavit dogmate vitam,
Urbem syderea labentem viditin æthra,
Auro ridentem mundo gemmisque nitentem.
6. — Les offrandes des fidèles reconnaissants, à la suite d'une grâce obtenue, ont consisté, pendant tout le moyen âge, en cierges portés aux sanctuaires où ils avaient prié. Ces cierges sont de deux sortes : allongés ou enroulés . Une des formes les plus curieuses est certainement celle qui, par sa longueur, représentait le pourtour d’une ville, comme hommage de tous ses habitants collectivement : on le nommait roue ou rouelle , parce qu’on l’enroulait sur lui-même ou sur un cylindre de bois pour pouvoir le porter en procession et exposer dans l’église, sans être trop encombrant.
7. — Types iconographiques . Fig. 53 : Torche tenue à l’élévation, tableau de Roger van derWeyden, xvc s. — Fig. 54 : Bougie enroulée, offrande à Saint Eloi, enseigne de pèlerinage, xmc s.