LA BÉNÉDICTION
1. — La bénédiction, étymologiquement, consiste à clive du bien à quelqu’un. Le saint souhaite ce bien et cherche à l'attirer sur son client, mais Dieu seul le donne réellement : c’est donc un symbole de la grâce et de la protection divine.
2. — La bénédiction est un geste de la main droite , qui imite celui de l’allocution chez les latins.
Elle est grecque ou latine.
Les Grecs forment avec les doigts les noms abrégés de Jésus et de Christ. L’index se tient droit et le médius se recourbe en C, forme archaïque du sigma , ce qui fait l’initiale et la finale de loacv G. Le pouce se croise sur l’annulaire et le petit doigt se recourbe en C, d’où résulte, par un procédé identique, Xpivxo G. En réalité, les deux sigma ne sont pas toujours nettement dessinés et la forme grecque est plutôt accusée par la juxtaposition du pouce et de l’annulaire.
Chez les Latins, les trois premiers doigts sont levés et les deux autres repliés sur la paume de la main, par allusion aux trois personnes divines.
3. — La bénédiction est propre à Dieu , aux anges et aux évêques.
La Trinité bénit collectivement ou chaque personne séparément :
« Terra... accipit benedictionem a Deo » (S. Paul., ad Hebr ., vi, 7). L’Eglise ne dit-elle pas dans sa liturgie : « Dens a quo bona cuncta procedunt »?
L’ange ne bénit pas à proprement parler, mais il transmet la bénédiction de Dieu dont il est l’envoyé, par exemple après la lutte
dé Jacob : « Non dimittam te nisi benedixeris mihi « ( Genes ., xxxii, 26), et à l’Annonciation: « Benedicta tu in mulieribus » (S. Luc.,
L’évêque, en bénissant, invoque la Sainte Trinité : « Benedicat vos omnipotens Deus, Pater et Filius et Spiritus Sanctus ». Le Droit dit, en effet, que sa fonction principale est de bénir et de présider : « officium episcopi est benedicere et præesse ».
4. — La bénédiction de Jacob est une des figures de la croix, parce que le patriarche croisant les bras plaça la droite sur la tête d’Éphraïm, qui était à sa gauche et la gauche sur Manassé, qui était à sa droite, voulant montrer par là qu’il donnait la préférence au cadet des enfants de Joseph : « Et posuit Ephraïm ad dexteram suam, id est ad sinistram Israël, Manassen veroin sinistra sua, ad dexteram scilicet patris applicuitque eos ad eum. Qui extendens manum dexteram, posuit super caput Ephraïm minoris fratris ; sinistram autem super caput Manasse, qui major natu erat, commutans manus. Benedixitque Jacob filiis Joseph était. .. Angélus, qui eruit me de cunctis malis, benedicat pueris istis » ( Genes ., xlviii, 13, 16).
5. — Types iconographiques : Fig. 55 : Bénédiction latine : Dieu, sculpture de la cath. de Chartres, xme s. — Fig. 58 : Bénédiction grecque : le Christ, fresq. de Salamine, xviii0 s.