LA SATIRE
1. — La satire a joué un grand rôle au moyen âge. Elle a eu pour but de ridiculiser certains vices ou abus et de s’attaquer à certaines institutions, surtout depuis le protestantisme.
2. — Elle met ordinairement en scène des animaux . Le crucifix du Palatin est célèbre : il représente un âne attaché à une croix, avec cette interpellation en grec « Aiexamène adore Dieu. » Sur le bullaire d’innocent III, au Vatican (xm° s.), deux cochons debout tiennent l’un un cierge et l’autre un bénitier et un goupillon. Sur une sculpture de la cathédrale de Strasbourg (xme s.), un cerf dit la messe, pendant qu’un âne chante au lutrin.
3. — Les moines sont souvent mis en scène : ou les reconnaît à leur froc et à leur capuchon. Dans une église d’Angleterre, un cochon encapuchonné prêche dans une chaire ; au cloître de S. Paul hors-les-murs (xm° s .J un renard déguisé sermonne des poules ; une miséricorde de stalle à Beverley (xv° s.) montre un religieux entre deux renards, tenant chacun une crosse et une oie dans leur capuchon.
. 4. — La musique instrumentale ou vocale est flagellée dans ses défauts. Sur le candélabre de Milan, un canard symbolise les notes fausses ; à la cathédrale de Trêves, au xve siècle, d’une trompette sortent des diablotins ; Y âne qui vielle est populaire, non moins que la truie pinçant de la harpe.
5. «— La tentation de Saint Antoine , surtout interprétée par Callot, a fourni un thème inépuisable aux formes les plus grotesques et les plus extravagantes.
6. — A consulter : Th. Wright, Histoire de la caricature et du
grotesque dans la littérature et dans fart, Paris 1875, in-8° ; Champfleury, Histoire de la caricature au moyen âge et sous la Renaissance, Paris, Dentu, 1876, in-12.
7. — Type iconographique : Fig, 61. Le Christ sous la forme d’un âne, graphite du Palatin, n° s. — Fig. 62. Le renard encapuchonné appelant une poule et ses poussins, jubé du Faouet, 1480.