LIVRE DEUXIÈME
LE TEMPS
Qui vult solamen Julio, hoc probet medicamen : Venam non scindât, nec ventrem potio ledat, Somnum compescat, et balnea cuncta pavescat. Prodest recens unda, allium cum salvia munda.
Durant le mois qui ensuit par après,
Nommé Juillet, les faucheurs prennent soin De travailler à tondre et faucher prez,
Afin de l’herbe en faire du bon foin.
En Juillet Mar tin se com bat Et du be nois tier sainct Vast bat La sur vint Mar guet Mag de lain Jac An dor Sam son et Germain.
Août.
Les biens de terre commence Ion à ceuillir,
En Aoust. Aussi quant l’an quarante huict L’homme approche, il doibfc biens acquérir Pour soustenir vieillesse qui le suyt.
Quisquis sub Augusto vivit medicamine justo, Raro dormitet, estum, coïtum quoque v i tet, Balnea non curet, nec multum comestio duret, Nemo laxari debet vel fleubothomari.
Quand au surplus, en Aoust chacun s’empesche A scier bledz ou à faucher avoyne,
Ou à ceuillir orge, pois, aussi vesclie,
Sans espargner le labeur ou la peine.
Pier res et os on get tait Après Lau rens qui bru lait,
Ma ri e lors se print à brai re .
Bar thé le my fait Jean tai re.
Septembre.
Avoir grans biens ne fault que l’homme cuide,
S’il ne les ha à cinquante quatre ans :
Non plus que s’il a sa granche vuide En Septembre, plus de l’an n’aura riens.
Fructus maturi Septembris sunt valituri Et pira cum vino, paniscum lacté caprino ;
Aqua de urtica tibi potio fertur arnica.
Tune venam pandas, species cum semine mandas.
Sitost que grain en la grange peut estre, Septembre ensuit, auquel on recommence A labourer la terre, pour y mettre Ou y jetter des fourmens de semence.
Gil les , à ce que je vois,
Ma ri e toy, se tu me crois.
Et prie des nop ces Ma thieu Son filz Fre min , Cos me , Mi eheu.
Octobre.
Au moys d’Octobre figurant soixante ans,
Se l’homme est riche, cela est à bonne heure ; Des biens qu’il a nourrist femme et enians, Plus n’a besoing qu’il travaille ou labeure.
October vina prebet cum carne ferina,
Nec non auccina caro valet et volucrina ; Quamvis sint sana, tamen est repletio vana. Quantum vis comede , sed non précordia lede.
Incontinent que Septembre prent fin,
Octobre vient, la saison de automne,