LA ROUE DE FORTUNE
1. — La roue de fortune représente la vie humaine dans sa double période de développement et de décadence. On la nomme ainsi 1 il
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parce qu'elle a l'aspect d'[ine roue que la fortune met en mouvement et fait tourner sur elle-même. La roue a plus ou moins de rayons, suivant le plus ou moins grand nombre d'invidus qui s'accrochent à sa circonférence.
Quatre suffisent ordinairement pour rendre les quatre âges.
Le premier monte à l'assaut avec ardeur, en disant : Regnabo. C'est Tenfance.
Arrivé au sommet, il s'assied sur un trône, couronne en tête et dit : Regno. C'est la virilité. Un chien l'accompagne, parce qu'on a toujours des amis quand on est heureux (rose de la cath. d'Amiens, XV* siècle.)
11 descend ensuite, disant avec tristesse : Regnavi. C'est la vieillesse.
Enfin, couché sans mouvement sous la roue, il déclare que son règne est fini: Si?ie regno. C'est la décrépitude.
2. — A Sienne, dans le pavé du xiv* siècle, quatre philosophes de l'antiquité, deux de la Grèce et deux de Rome, développent des banderoles où sont gravées des sentences empruntées h leurs écrits.
Epictète déclare que les biens de l'âme sont préférables aux faveurs de la Fortune: « Non fortunée muneribus sed animi bonis gloriandum. Epict. Enchyr., c. 66. »
Aristote affirme que la prospérité rend pétulant : « Fortuna prospéra pétulantes majis facit. Polit., lib. vu. »
Sénèque considère la grande fortune comme une grande servitude: « Magna servitusest magna fortuna. Sen., de ConsoL^ lib.