LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES
— Un livre, la Bible, les commandements de Dieu en langue hébraïque, les tables de la loi, les Evangiles : ces saints livres sont sa seule lecture et sa joie, elle les a sous les yeux, ou les porte sous le bras. On y lit à Padoue (xiv« s.) : Credo in Deum ; à la cathédrale de Côme (1513): Fides indubio crédit; à Saint Marc de Venise (xii* s.): Jnstiis ex fide vivit. — Un ange raccompagne, Y encensoir à la main, pour montrer que sa lecture est une prière. — Un trépied, image des sacriQces antiques. — Un triangle, expression rigoureuse du Dieu-Trinité en qui elle croit. — Un faisceau de verges, pour châtier Terreur.
7. — La Foi est représentée: Assise sur une licorne, que conduisent un ange et une vierge, car cette vertu est toute céleste, et la chasteté ne vit que par la Foi. — Ornée de la tiare ou la recevant d'un ange, pour montrer que le Souverain-Pontificat n'est que là où existe la vraie Foi, que le Souverain-Pontife en est Toracle infaillible, en un mot que la foi est inséparable de l'Eglise romaine et de son chef indéfectible. — Sa tête entourée de rayons : elle reçoit la lumière d'en haut et elle éclaire le monde. — Vêtue de blanc, car elle est vierge et sans tache ou de vert, parce qu'elle est toujours vaillante. — Nue jusqu'à la ceinture: dans la foi il y a tout ensemble, clarté et mystère. — Ailée, pour attester que sa nature est angélique et qu'elle descend du ciel. — Chaussée de sandales: elle marche vaillamment et sans se blesser dans les chemins les plus difficiles. — Voilée ou les yeux bandés: elle abaisse sa raison devant tout ce qui est mystère ici-bas; elle croit sans voir; elle accepte, sans raisonnement aucun, les dogmes que l'Eglise a proposés, non à son intelligence, mais à son cœur. Parfois elle sera voilée d'une gaze légère, qui lui permettra de voir au travers ; ou bien elle soulèvera le voile qui lui couvre les yeux pour montrer du doigt le commencement de l'Evangile de Saint Jean ; Inprincipio erat Verbum. — Sa main sur son cœur comme pour affirmer sa croyance : elle semble dire alors : Je crois en un seul Dieu^ aux mystères y à la présence réelle. — Elle a des extases^ occasionnées par
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la claire vue qu'elle a de Dieu et de ses manifestations. — Son cœur s'enflamme à la vue de la Rédemption^ opérée par la croix et le calice du Sauveur. — Elle lève les yeux au ciel^ de qui elle apprend à croire et à pratiquer ce que lui prescrivent les saints livres. — Elle montre le ciel, où réside l'objet de sa croyance. — Elle /bt/fe aux pieds Mahomet, le chef des faux croyants : Fides Mahumehm perfidum conculcat ; F hérésie, femme à queue de serpent, qui vomit dans des livres pernicieux les doctrines condamnées ; elle brûle ces livres, qui portent les noms des hérétiques^ afin de mieux stigmatiser leurs erreurs. — Elle renverse des serpents et des idoles, représentant le démon : « Omnes dii gentium demonia > {Psalm, XG, 5). — Elle prend par la main un enfant, car à cet âge, où Ton ne raisonne pas, la foi est chose facile, ce qui lui fait adopter cette devise : Familiaritas Dei ou dire avec David : Deducet meper viam rectam. (Ps. cvi, 7).
8. — A. consulter : Didron, Iconographie de la Foi, dans les Annales archéologiques, T. XX.
9. — Types iconographiques. Fig. 104. La Foi, par Raphaël, au Vatican, xvi® s. — Fig. 105. La Foi, par Pinturichio, xv* s. — Fig. 106. La Foi, miniat. du xv* s., à Rouen.