‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 156 sur 272 · LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. — LES VERTUS ET LES VICES

sa couronne^ car c'est aux rois surtout qu'il appartient d'être magnifiques, elle consulte, pour ses plans et ses constructions, le compas^ Céquerre^ et le fil à plomb. — Elle contemple ou fait voir avec orgueil la pj/ramide qu'elle a élevée, ou le palais qu'elle vient de construire à grands frais.

MANSUÉTUDE, a Mansuétude w : Couronne de fleurs, dont l'odeur est douce, agneau qu'elle caresse.

MODESTIE, « Modestia » : Yeux baissés^ pudiquement voilée^ les mains sur \apoilrine, — Aiguière et sceptre en main ; en effet, c'est le plus saint, le plus humble, que le suffrage de tous les religieux appelle au commandement de toute la communauté et le Pape, roi suprême, ne se dit-il pas, en tête de toutes ses bulles, serviteur des serviteurs de Dieu ?

PATIENCE, « Patientia » : le chameau, qu'une longue course ne lasse pas. — Le flambeau allumé pour les longues heures de la nuit. — Le cierge^ dont elle verse sur son bras la cire brûlante. — Le joug, auquel elle se soumet. — Une femme tenant un fardeau. — Le mouton, docile et résigné. — Lepoids^ qui règle les mouvements de l'horloge. — Elle combat la colèrcy est symbolisée par Job et nommée par cette inscription : In patientia vestra possidebilis animas vestras [S. Luc, xxi, 19).

PERSÉVÉRANCE, « Perseverantia » : elle tient une paille en équilibre sur un morceau de bois. — Elle chemine,hiQn enveloppée dans son manteau et appuyée sur son bâton de voyage. — A Rome, la démarche n'est ni vive ni empressée, mais sûre et réglée ; à Sienne, au contraire, elle marche vivement et brandit une épée pour se frayer un passage à travers les obstacles.

PUDEUR, « Pudor » : Fleur, qui se cache dans ses feuilles comme la violette; salamandre^ qui se dérobe derrière les flammes ; voile, qui la soustrait aux regards des hommes.

PURETÉ, « Puritas » : Coq, becquetant des perles que, selon la fable, il a dû trouver dans un fumier. — Couronne de fleurs^ dont aucun souffle n'a encore terni l'éclat. — Lys blanc, qu'elle odore

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et qui rappelle sa candeur. — LampCj qui brille. — Soleil^(\xx\ étincelle sur sa poitrine, emblème de Tamour divin. — Voile^ dans lequel elle s'enveloppe.

RAISON, « Ratio » : Avarice qu'elle repousse.

SlMPLlGiTÉ, « Simplicitas » : Lys des champs, dont la parure est toute naturelle ; colombe, par allusion au.x paroles du Sauveur: Simplices sicut coliimbœ {S. Matth.y x, 16). — Cette épitaphe des catacombes se lit au Musée de Latran :

RESPICB QUAM PARBVS GVBAT HIC SINE FELLB PALVMBVS

SOBRIÉTÉ, aSobrietas» : Vieillard, amaigri et appuyé sur son bâton. — Près de lui, attaché à un arbre, est le caméléon. — Sa devise est: Sobrii sumus {I ad Thess.y v, 6.) — Frugalitas virtutum omnium mater.

VÉLOCITÉ, « Velocitas » : ailes qui la transportent rapidement.

VÉRITÉ, « Veritas » : Un glaive tiré du fourreau, pour trancher et anéantir Terreur. — Un masque, qu'elle ôte de devant sa figure pour paraître sans déguisement, ou- le masque de C Hypocrisie qu'elle brûle. — Le miroir, dans lequel elle se regarde ou qui reflète fidèlement toutes choses. — Le soleil, qui éclaire le monde physique, comme la vérité éclaire celui de Tintelligence, en dissipant Terreifr. — La navette, dont elle ofl're Tencens au Dieu dont elle émane. — Un cœur^ pendant à son cou : c'est là que se réfugient ces pensées que la vérité ne peut taire et garder pour elle. — La trompette^ qui lui donne du retentissement. — Une couronne de lauriers, car pour elle tout est triomphe.

On la représente assise sur des nuages, pour indiquer son origine céleste. — Une flamme au front, et un livre ouvert à la main, car elle dissipe les ténèbres spirituelles avec le livre de la doctrine évangélique, et les ténèbres matérielles avec le flambeau allumé; un ange explique ainsi Tallégorie : SICUT TENEBRE ejuSj ita et lumen ejus (Ps. cxxxviii, 12). — Prenant au ciel \e soleil pour

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