LA FOLIE
1. — La folie, dans le sens que lai attribue l'iconographie, n'est pas la perte de la raison, mais une gaieté folâtre et excessive.
2. — Il y eut, au moyen âge, une fête des fous. Les fous étaient groupés en association, qui mettait à sa tête un pape, un évéque ou un abbé.
3. — On connaît plusieurs jetons frappés en souvenir de Téleetion du chef de l'association. Celui qui rappelle celle du pape Adrien le montre, sur la face, tenant la croix à double croisillon, Moneta nova Adriani stultorum pape et au revers, la folie avec sa marotte, Stultorum infinitusest numerus. Le jeton de Saint Firmio d'Amiens, sur la face, exhibe l'archevêque bénissant et sa croix en mh\n, Moneta archiepiscopi sancti Firmini et, au revers, un fou tenant un corbeau, Nicolaus Gaudram archiepiscopus. Ces deux méreanx datent de la fin du xv« siècle.
4. — Personnifiée, la Folie a pour attributs : un cheval de bois, sur lequel elle chevauche; un chaperon à longues oreilles, parce qu'elle est bestiale; un croc^ pour attirer à elle; des grelots pour faire du bruit et fixer l'attention ; une la?ice, parce qu'elle est dangereuse; une marotte, qui est son jouet ou son idole; une massue, pour frapper; une pie, parce qu'elle est bavarde; la langue tirée, parce qu'elle est grimacière et moqueuse, pour amuser le public.
Sur un vitrail du xvi* siècle, à Poitiers, elle dit:
Je suys foUye la gentille
Sur toutes autres la plus subtile.