‹ Traité d'inconographie chrétienneChapitre 194 sur 272 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE BAPTEME

\. — Le baptême est le premier des sacrements ; par lui, l'enfant devient fils adoptif de Dieu et de l'Église.

2. — Les éléments qui le composent sont : un font baptismal, plein d'eau, bénie le samedi saint ou la veille de la Pentecôte ; sa place au nord, symbole de la mort spirituelle dont il délivre; un prêtre, en surplis et élole, qui récite des prières, administre le sacrement et fait les onctions ; un vase, pour puiser et verser l'eau ; \ enfant ou Tadulte, qui est baptisé; le père ou la sage-femme qui 1 iB

374 TRAITÉ d'iconographie

présento lo nouveau-né; le parrain et la marraine qui en répondent.

3. — La ciwe baptismale, comme le baptislère lui-même, affecle trois formes : rond ou carré, pour exprimer Tidéo qu'on avait alors de la lerro, lavéo par Tcau du baptême ; oclogonCy pour symboliser la béatitude acquise par le sacrement. Saint /mbroiso avait fait graver ces quatre vers à Sainte Thèele do Milan :

Oclagonum sanctos lemplum surrexit in usus, Octagonus fons est munere digiius eo.

Hoc numéro d?cuit sacri baptismatis aulam Surgere, quo populis vera salus rediit.

4. —A Rome, les anciens fonts ont une double forme: baig fioir e nnUque, parce que lo baptême est un bain qui lavel'ûme en noyant le démon, comme dit Saint Grégoire de Nazianze : « Acccdit Jésus... prœcipue ut et veterem Adam scpeliat in aquis»; sarcophage, sm\t\ul la théorie de Saint Paul: « Consepulti enim sumus cum illo per baplismum in mortem, ut quomodo Chrislus surrexit a raoïtuis per gloriam Patris, ita et nos in novitatevitae ambulenius » {Ad Rom., vi, 4).

A Robéc.ourt (Vosge^i), la rédemption par Tlncarnation est opposée à la chute d*Adam et d'Eve (xv** s.) Sur le font baptismal de Freckenhorst (Allemagne), daté de 1129, le Christ juge, assis dans une auréole entre les quatre animaux, les mains étendues, dit, sur des phylactères, aux. élus nimbés et à sa droite : Venile, benedicli, percipile regmim et aux damnés, à sa gauche : Discedile a me^ maledicti, in ignem œlerntnn.

5.— L'enfant, après le baptême, était revêtu d'une robe blanche,réduite maintenant au clirénicau, symbole de l'innocence recouvrée, comme chante Saint Paulin de Noie :

Inde parons sacro ducit de fonte saoerdos Infantes niveos corpore, corde, liabitu.

6. — Lo baptême a été administré do trois manières : par miinersion, en plongeant l'enfant en tout ou en partie dans leau baptismale; par infmiony en versant cette même eau sur sa lêle;

Page 1