‹ Traité d'optique photographique comprenant la description des objectifs et appareils d'agrandissementChapitre 44 sur 45 · DIFFUSE · texte numérisé non relu

DIFFUSE

Infériorité de cette méthode sur la méthode directe. — Ainsi que nous venons de le dire, beaucoup de personnes, argumentant l'absence fréquente du soleil dans les climats du nord et la nécessité dans laquelle le photographe de profession se trouve souvent d'employer d'anciens clichés dont l'intensité est trop grande pour pouvoir être agrandis par la chambre solaire, préfèrent reproduire ce négatif en un positif par transparence dont ils règlent l'intensité à leur volonté et qu'ils agrandissent ensuite en un négatif dont ils tirent alors autant de positives sur papier qu'ils le désirent.

Evidemment on perd ainsi beaucoup de la netteté du négatif original, car en tire-t-on le positif par contact au collodion sec ou

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à distance par la chambre noire, on perd déjà de la finesse dans cette reproduction (mais moins en opérant à distance à l'aide de la chambre noire que par contact). Secondement, dans le fait de l'agrandissement de ce positif en grand négatif on perd encore de la finesse surtout si l'on opère à la lumière diffuse (voyez page 199, ligne 6 et suiv.). Ajoutons qu'on réunit dans le grand négatif les taches et défauts du négatif original, du positif et enfin du dernier négatif lui-même. Il est donc fort difficile d'obtenir avec cette méthode des épreuves positives agrandies qui ne doivent pas être fortement retouchées.

Quoi qu'il en soit, cette méthode peut s'appliquer l'hiver alors que l'absence du soleil la rend indispensable. On la réalise de deux manières, soit à l'aide de l'appareil d'agrandissement lui-même qui offre pour cet objet la disposition la plus commode, soit à l'aide d'une chambre noire et d'un bon objectif ordinaire.

Traduction du négatif original en positif par transparence. — Le porte-miroir de l'appareil et ce dernier lui-même étant disposé de la manière que nous avons décrite, on place le miroir de telle sorte qu'il réfléchisse la lumière diffuse provenant du zénith sur le cliché que l'on place à la manière ordinaire dans le porte-clichés. S'il fait du soleil, on dirige la lumière solaire dans l'appareil, en plaçant entre le condensateur et le cliché à agrandir et à 10 cent, de celui-ci un verre finement dépoli ou un papier huilé. L'objectif doit être retourné c'est-à-dire que la lentille la plus petite de diamètre doit regarder le négatif à agrandir. De plus il faut le munir du plus petit des diaphragmes qui l'accompagnent. Enfin, appliquez contre l'objectif l'ouverture circulaire d'une petite chambre noire quart de plaque, et reproduisez du négatif à agrandir un petit positif par transparence qui doit être tout au plus du format de 8 cent, sur 6, quelle que soit la dimension du négatif original (que nous supposons toutefois plus grande que 8 cent, sur G). Ce positif doit du reste offrir tous les caractères d'un cliché destiné à l'agrandissement, c'est-à-dire absence de voile cl d'intensité.

On peut du reste tout aussi bien se passer de l'nppareil d'agrandissement, plaecr le négatif original contre une fenêtre et le reproduire en format carte à l'aide d'un bon objectif ordinaire (le triplet convient le mieux) et d'une chambre noire ordinaire, mais généralement l'emploi de l'appareil d'agrandissement est plus commode parce que le miroir permet de renvoyer sur le cliché la lumière du ciel sur lequel il se projette.

La méthode qui consiste à appliquer une glace au collodion sec sur le négatif dans un châssis-presse ordinaire, et d'obtenir ainsi, après le développement, un positif par transparence, est beaucoup moins bonne que la précédente, attendu que les surfaces sont sujettes à s'érailler, ne s'appliquent pas complètement l'une sur l'autre à cause de leur manque de planimétrie, et enfin parce que l'on n'est pas maître de donner au positif la dimension la plus favorable qui est celle de la carte de visite.

Agrandissement dn positif à l'aide de l'appareil d'agrandissement. — Placez-le comme vous le feriez d'un cliché dans l'appareil d'agrandissement, en employant l'objectif amplifiant, non plus dans une position renversée comme nous l avons dit plus haut, mais dans sa position normale, celle que nous avons représentée fig. 4, Pl. II.

Servez-vous, soit de la lumière diffuse, soit de la lumière solaire, mais, dans ce dernier cas, afin d'atténuer l'excessive puissance de l'éclairage, interposez entre le condensateur et le miroir, 2, 3 et même 4 verres d'un bleu foncé qui absorbent une grande partie de la lumière solaire. N'interposez jamais, comme l'ont conseillé quelques personnes, un verre dépoli entre le condensateur et le positif à agrandir, ou, si vous le faites, munissez l'objectif amplifiant du plus petit de ses diaphragmes, tandis qu'au soleil transmis à travers des verres bleus, vous pouvez employer des diaphragmes plus grands et même pas du tout, sans que sa finesse en soit changée (1).

(1) La lecture de la page 199 fera comprendre ceci.

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L'image du positif à agrandir doit être projetée sur une surface de coilodion sensibilisé, soit sec, soit humide. On peut aussi opérer sur papier ciré, mais la durée de l'opération est beaucoup plus longue et l'est trop, quand on opère sans soleil.

Il est bon, surtout quand on opère au coilodion humide, d'attacher un soufflet conique à l'objectif amplifiant et au châssis à glace qui porte la surface de coilodion, afin de préserver celle-ci de toute lumière autre que celle qui provient de l'image agrandie.

La mise au point de l'image agrandie se fait avec une netteté beaucoup plus grande au soleil qu'à la lumière diffuse et la rapidité de l'impression est nécessairement beaucoup plus grande. Le plus souvent, même après avoir interposé les verres bleus dont nous avons parlé, le temps de pose est pour ainsi dire instantané, tandis qu'à la lumière diffuse il est toujours de plusieurs minutes. Nous supposons ici l'emploi du coilodion humide, le coilodion sec et le papier ciré surtout exigeant un temps beaucoup plus long. Le négatif agrandi sert à tirer alors des positifs sur papier par la méthode ordinaire.

Agrandissement du positif à la ehnmbre noire. — Placez le positif à agrandir bien verticalement contre une fenêtre qui reçoit le jour en plein, et, si le soleil donne sur cette fenêtre, placez le positif sur un verre dépoli en laissant entre les deux verres un espace d'un centimètre, afin que le grain du verre dépoli ne se reproduise pas sur le négatif agrandi.

Il est bon, afin d'éviter les reflets dans la chambre noire, de placer autour du positif une bande de papier noir de 20 cent, de largeur, ou mieux de le placer dans un châssis en bois, fait exprès, dont on réunit les bords à ceux de la chambre noire par une étoffe noire qui éloigne ainsi toute lumière diffuse qui n'a point traversé le dit positif.

A présent disposez un triplet de ij à 20 cent, de distance focale sur une chambre noire à soufflet, dont la dimension soit appropriée à celle du négatif agrandi que vous désirez obtenir et d'une longueur convenable, et faites en sorte que le centre du

positif à agrandir soit situé sur l'axe optique du triplet, sa surface étant bien perpendiculaire à cet axe. Renversez le triplet da?is sa monture de sorte que la lentille la plus grande regarde le positif à agrandir, et mettez maintenant au point en éloignant le verre dépoli de l'objectif en même temps que vous réglez la distance de ce dernier au positif de manière à obtenir nette son image agrandie sur une surface de grandeur déterminée.

Le reste des opérations se fait à l'ordinaire en se servant du collodion humide.

Cette méthode, très-ancienne du reste, adonné de très-bons résultats entre les mains de M. lernewll, photographe français, qui, dans le courant de l'année 1865, a présenté à une séance de la société française de photographie des épreuves agrandies très-belles obtenues à l'aide de ce procédé.

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