‹ Traité d'optique physique (volume 3)Chapitre 42 sur 64 · DES PRISMES BIRÉFRINGENTS ET DE LEUR USAGE · texte numérisé non relu

DES PRISMES BIRÉFRINGENTS ET DE LEUR USAGE

Prismes biréfringents aehromatiscs par un- prisme mono réfringent. — Biprismes biréfringent». — De Rochon, — de Wollaston. — Troisième hiprisme. — Celui de Wollaston envisagé comme compensateur. — Duplication parallèle et croisée. -' Pourquoi les biprismes sont-ils délaissés dans les appareils de grande précision? -^ D*où vient le nom d'analyseurs donné aux polariscopes. — Application au dichroïsme. — Loupe dichroscopique. — Détermination du signe d'un cristal qui donne deux images. — Cas où le cristal est sous la forme d'un prisme dont l'arête a une orientation connue. — Première solution où Ton s'aide de la polarisation. — Deuxième solution. — Application au verre comprimé. — Cas où la direction de Taxe est inconnue. — Comment on reconnaît que le cristal est uniaxe. — Applications sstronomiquea des biprlsmes. — Lunette de Rochon, -^ modifiée par Arago* — Mesure du grossissement par les biprismes.

§ 196. — Organisation et calcul des prismes biréfringents.

On élimine très-bien Tun des rayons en donnant au spath la forme prismatique et lui associant un prisme de verre qui détruise et la déviation et la coloration du faisceau conservé. Si ce biprisme doit agir comme polarisateur,' on profite de r^carlement des deux rayons pour en arrêter un par les diaphragmes des appareils. S'il doit agir comme polariscope, ce qui est le cas le plus ordi/iaire^ et qu on accepte la condition de le mellre contre f œil , alors les diaphragmes ûe peuvent plus rien sur les images, et on les voit toutes deux. Si Von voulait éviter cette simultanéité^

336 GHAPITAfi VII

on éloignerait l'œil, et l'on pourrait mémOy ainsi que cela est réalisé dans Thorloge polaire (§313), aider cet organe par une petite lunette de Galilée qui facilite Téliuiination et assure la vision. Le prisme de verre d'un tel polariscope doit être du côté de l'œil, autrement, un défaut d'installation , une obliquité dans Tincideiice, ferait tourner le plan de polarisation (§ S243) et rendrait impossible l'extinction rigoureuse du rayon polarisé. Ces prismes sont petits et d'angles d'autant plus aigus que les appareils sont plus longs et les ouvertures plus étroites. S'il est, ei^ général, indifférent de conserver Tune ou l'autre des images , il peut cesser d'en être ainsi quand on adopte certaines dispositions , et celles prises par M. Bîot, dans son appareil de polarisation colorée (§ 222), lui font préférer la conservation du rayon extraordinaire. Dans ces prismes, quand l'ai-ète du spath a été prise du côté de Taugle rhomboédrique, on reconnaît Tirnage ordinaire à ce que, pour F œil qui regarde, elle est jetée vers la base du prisme de verre (*)* Quand l'image extraordinaire disparait, ou que l'image ordinaire plus ou moins déviée et plus ou moins colorée a son maximum de vivacité, le plan de polarisation du rayon incident est donné par la section principale du spath.

l^ calcul de la marphe du rayon extraordinaire dans un prisme taillé, comme ils le sont, normalement à la section principale du spath, repose sur Temploi des formules directe et inverse du (§ 170), et n'a rien de bien compliqué. Ainsi, en supposant la

(*) Quand le prisme de spath est tourné vers l'œil et que le prisme de Terré est très-prés de l'objet regardé, la position des deux images est intervertie; mais pour peu que Tobjet s'éloigne du biprisme , les deux images se rapprochent, se recouvrent, se dépassent, et l'image ordinaire revient vers la base du prisme de verre. Comme le prisme de verre est toujours tourné vers l'œil , comme d'ailleurs ce n'est pas sur un point rapproché, mais sur des rayons venant de loin que s'exerce dans les appareils raclien des biprismes, on peut prendre pour guide la règle énoncée, et nous nous bornons à conseiller au lecteur de chercher ^explication des intervertissements signalés dan« cette note.

première incidence nulle {fig, loi bis)^ Tangle intérieur vaut

— r', r' étant donné par tangr' = -• Soit « Tangle du prisme^

pour appliquer à la sortie du rayon la formule (2) du § 170 , on posera

et l'on devra introduire dans Texpression de sini le facteur ^, réciproque de l'indice du milieu vitreux, comme on l'a dit dans la note delà page 290. En prenant a = 4S ^'^^^ >5, L=r 44"36'3o", mettant en chiffres les valeurs de A, A^, B particulières à la valeur L, = 4o"36' 3o'', je trouve qu'à l'intérieur du milieu vitreux, le rayon extraordinaire ne sera incliné que de 20'' sur la direction première , et j'ai à résoudre dans le prisme de verre ce problème simple. Ayant les positions intérieure et extérieure d*un rayon, trouver la face de sortie qui s'accommode de ces deux positions correspondantes; je trouve que cette face de sortie devra faire, avec la face d'entrée, et du côté de l'angle rhomboédrique, un angle de ^o". Il reste enfin à calculer les deux déviations inverses subies dans le prisme de verre par le rayon ordinaire. Leur différence s'élève à 36' 20^5 et a lieu pour l'œil, conformément à l'observation, vers la base du prisme de verre; 36^ 20'' sont bien suffisants pour séparer les deust images, si la section du faisceau est étroite et l'appareil uu peu long.

' Si le prisme de spath était taillé dans l'autre sens, s'il avait son sommet du côté de l'angle rhomboédrique, alors on aurait

Page 1