H 19OI
Nous voyons que les rayons B, H ont tous deux un excès de retard , et qu'ainsi il n'y aura à ajouter au circulaire collectif qu'un seul faisceau de rectilignes résiduels, à savoir celui de l'azimut — 45. Cette superposition des rayons résiduels engendres par les deux bouts 'du spectre et aussi leur faiblesse (§ 367) expliquent comment les circulaires donnés par des parai lèlipipèdes bien recuits donnent des phénomènes autrement nets que les cristaux quart d'onde.
Cette supériorité des parallélipipèdes est patente dans les expériences de restauration , surtout quand le retard y est porté à la
valeur -• Si le rayon D est alors strictement restauré, les rayons
rouge et violet y sont amenés à une ellipticité plus prononcée que celle qu'on vient de considérer, puisque la fraction m , au lieu de
porter sur 7? s'exerce maintenant sur — On remarque, en effet,
que les micas quart d'onde laissent alors une teinte rougeâtre très-
prononcée, donnant ainsi une extinction défectueuse et bien plus défectueuse qu'avec les parallélipipèdes. Au contraire, les restaurations qui annulent le retard, faites par exemple avec deux micas croisés, deux parallélipipèdes croisés, l'annulent également pour tous les rayons, et ne laissent rien à désirer chez les uns comme chez les autres. Ceci nous montre pourquoi, tout en signalant
3 5 (§ 324) la possibilité de circulariser par les micas 7X, 7).,
nous ne pouvons cependant recommander leur emploi puisque chez eux les rectilignes résiduels s'accroîtraient encore et amèneraient une dispersion et des colorations intolérables.
Si l'on était tenté de trouver trop longs ces développements sur la dispersion circulaire, nous ferions remarquer qu'il s'agit là de phénomènes perturbateurs très-appréciables qui viennent troubler les expériences fondamentales de la polarisation circulaire et infirmer les conséquences qu'on doit en tirer. Le seul moyen d'établir
3o CHAPITRE XI.
que, nonobstant ces légers démentis, les principes peuvent être conformes à ceux que nous avons posés, était de montrer l'origine de ces écarts et d'établir qu'ils sont minutieusement conformes aux indications de la théorie.
§ 338. — La dispersion circulaire chez les prismes biréfringents circulaires.
Les rayons circulaires extraits d'un rayon blanc par l'action d'un prisme biréfringent circulaire ne sont pas non plus à l'abri de la dispersion; mais chez eux elle a un tout autre caractère, elle ne porte pas sur l'état des divers rayons simples qui sont tous circulaires, mais sur la déviation qui, comme dans la dispersion or* dinaire , varie avec la couleur et est encore ici plus grande pour les ondes les plus courtes. Nous verrons même ( § 47*) que cette nouvelle dispersion est beaucoup plus grande que l'ancienne et que si la coloration marginale des taches rondes est faible , cela tient uniquement à la faiblesse de la déviation.
§ 339. — Notion générale 6t double utilité des compensateurs. Si Temploi de la lumière blanche convient à une première étude des polarisations circulaire et elliptique, comme se prêtant aux projections, le trouble qu'y amène la dispersion la rend d'une précision bornée. Pour être initié à l'exactitude si remarquable des travaux contemporains, il faut reprendre cette étude avec une lumière simple. Comme on ne peut guère espérer trouver par tâtonnements des cristaux quart d'onde donnant rigoureusement le retard propre à chacun des rayons principaux du spectre, on doit, de toute nécessité, remplacer les appareils discontinus par des générateurs continus de retard. II en existe aujourd'hui deux, dont l'un donne le même retard dans une grande étendue, tandis que l'autre donne, à droite et a gauche d'une ligne fondamentale, des retards qui s'accroissent continûment avec une lenteur qu'on peut rendre excessive. Avant de les décrire, il est bon de montrer comment la possession de ces appareils , connus sous le nom générique de compensateurs, est également intéressante pour un second motif.
PRODUCTION DE LA LUMIÈRE POLARISÉE. 3l
Quoiqu'un cristal quart d'onde donne de fait (§ 364) tous les elliptiques possibles , comme il les donne sous une certaine forme , on aurait une idée incomplète de leur génération si Ton se taisait sur les moyens vraiment généraux de les obtenir. On saura qu'en général un elliptique est constitué par l'ensemble de deux vibrations rectangulaires (*), quand bien même leur retard différerait de j : c'està-dire qu'on doit considérer comme capable d'imprimer à un rayon rectiligne la polarisation elliptique , soit un cristal d'épaisseur quelconque pourvu qu'elle soit faible, soit un parallélipipède dont les angles s'éloigneraient de ceux de Fresnel , soit même enfin la réflexion totale unique donnée par un des deux prismes de Dove. La loi de réciprocité (§318) nous permet d'ajouter que ces appareils pourraient également jouer, du moins dans certains cas, le rôle de restaurateurs. Seulement , comme en polariscopie on n'est nullement tenu de rechercher les conditions générales, qu'on doit même les fuir, si, comme il arrive ici ( § 363), la faculté restauratrice d'un mica non quart d'onde se trouve restreinte à la série incomplète d'elliptiques que ce cristal peut engendrer, il en résulte que c'est surtout comme polarisateurs qu'il convient d'envisager ces nouveaux moyens.
§ 340. — Su compensateur à franges et de son aptitude * restauratrice universelle.
La construction matérielle de cet appareil a été donnée (§199). Nous avons dit qu'où pouvait engendrer des retards de deux manières , soit en déplaçant l'œil le long des prismes immobiles, soit, et alors la sensibilité est double, en visant constamment au même point et en recourant au glissement de l'un des prismes. Soit, en effet (fig. i5()), ABC la ligne qui donne AB= BC $ si je vise suivant la ligne A' B' C distante de la précédente de CC = 0 j'aurai d'une part, en appelant a l'angle des deux prismes et il leur
(*) Les vibrations peuvent même n'être pas rectangulaires, mais nous écartons ici ce cas rarement réalise.
3 a CHAPITRE XI.
longueur MN
B'C = (/ + 3) tang a, À'B'= (/ — *) tang a,
et la différence B'C — Â'B' des deux trajets vaudra ad tanga. Si maintenant, faisant glisser le prisme inférieur de Nn = y (fig. 160), je vise constamment dans la direction ABc , l'un des trajets sera
Bc = (/-h7) tanga,
et l'autre ÀB gardera la valeur constante / tang a ; différence y tang a : c'est-à-dire que par un glissement y égal au déplacement <7, on provoque une différence de route moitié moindre , ainsi que nous l'avions annoncé. Nous supposerons que l'angle a vaut i5'. Comme l'épaisseur t du quartz capable d'un retard égal à X dépend de l'équation « (n0 — /?,)=*
et vaut : — ? il en résulte que le glissement y qui amè-
n0 "— "« nera le retard e dépendra de l'équation
f = y tang a et sera
' tanga (/?„ — a,) tang a
En partant des valeurs du § 144, nous avons calculé pour les cinq rayons B, D, E, F, H, les valeurs de e et de y, et nous avons obtenu le tableau suivant : *
DÉSIGNATION DE LA RAIB
Épaisseur e qui donne un retard égal à X
Glissement y du prisme
mobile qui donne ce
retard X
fio — ne
^~(no—ne) tang a "tang a
mm 0,07644 0,06473 o,o57*5
mm 17,520
Si donc le prisme mobile est mené par une vis dont le pas soit de omm,5 et la tète divisée en ioo parties, le retard
se mesurera, pour le rayon Ben "' X = / X et pour le