‹ Traité d'optique physiqueChapitre 18 sur 57 · II · texte numérisé non relu

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y rendra la scintillation moins vive que dans les. lunettes. A ce point de vue \e scintillomètre fondé sur l'emploi d^un objectif réduit «t sur la restauration passagère du point brillant serait préférable comme ayant une scintillation plus rapprochée de celle de Toeil. Mais aussi il serait le moins sensible des trois.

Cette théorie justifie la vivacité plus grande que, de tout temps, on a reconnue à la scintillation près de Fhorizon. Elle permettrait de hasarder des réponsies plausibles à la plupart des questions qu'on peut se proposer sur la scintillation. Elle explique pourquoi la scintillation, appréciable sur les planètes d'un faible diamètre apparent, l'est beaucoup moins sur Jupiter et Saturne, et pourquoi les petites images du soleil obtenues sur des boules polies deviennent trèsscintillantes (^). En effet, quand un astre a un grand diamètre apparent , les faisceaux parallèles qui vont peindre au foyer l'image des divers points n'ont pas traversé les mêmes couches d'air et doivent au même moment se teindre de couleurs distinctes .et recevoir des intensités différentes : or, puisque ces images ont un diamètre sensible, apparent ou réel, leur superposition devra donner (hormis peut-être aux bords) un état moyen, sous le double rapport de la couleur et de l'intensité, c'est-à-dire dû blanc et une intensité constante. Quant à la scintillation des bords, la remarque suivante, due à M. Bs^inet, montre qu'elle doit être insignifiante. Sirius en effet avec son diamètre inférieur à ol^^i a le même éclat que Jupiter dont le diamètre atteint 4o secondes et dont la surface est i6o ooo fois plus grande. Là scintillation marginale doit donc y être i6o ooo fois plus faible que chez Sîrius , et voilà comment elle échappe à l'observation.

( *) Prenons des boules d^jnégal diamètre et plaçons-les à des distances telles, que les petites images du soleil sous-tendent.toutes le même angle: pour l^splus rapprochées, les couches d'air traversées <( les «ouches d'air antérieures à la réflexion sont inefficaces) seront moins nombreuses, et dès \oT% leur scintillation devra être moins vive.

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§ 96. — Gôuleursf des lames mixtes.

Mettons sur un plan de verre quelques goutelettesd! huile ou d'eau : t^n appliquant sur lui un deuxième plan, <et.en tournant l'un sur l'autre les deux verrez , on arrive à dîyiser le liquide en petites lamelles séparées par des lames d'air. Si on a pris à la fois des gouttes d'huile et d'eau, on obtient un enchevêtrement de plaques hétérogènes d'huile et d'eau. Si l'on regarde à travers les df^ux verres ainsi pf éparéis, une bo^ngie, la lune, ou l'image- affaiblie dû soleil vu par réflexion sur l'eau , le luminaire prend une couleur uniforme rouge, bleue, violette, etc. Ces couleurs sont visiblement dues à l'interférence des rayons contigus qui ont traversé les deux sortes de milieux. Il en est de même. des couleurs souvent très-vives obtenues à travers des.lames de mica ou de ^pse déchirées par échelons de manière à donner, dans des régions voisines, des épaisseurs légèrement différentes. A l'aide d'une expérience que nous allons indiquer, quoiqu'elle suppose des connaissances que nous- n'acquerrons que plus loin!, • Arago a prouvé que ces couleurs ne rentraient pas dans celles des anneaux transmis par les lames minc^. En effet, sous une transmission oblique elles sont polarisées par réfraction, tandis que ces dernières le sont (§ 264) dans le plan d'incidence. Les couleurs des lames mixtes ont donc la même origine que celles de la scintillation.

Quand on regarde le soleil à travers un jet de vapeur, en le prenant non pas à l'orifice où il est tout à fait incolore , * ni là où le jet est devenu complètement opaque et blatic comme un nuage, maïs intermédiairement, là où là condensation partielle donne un mélange convenable de globules d'eau et de vapeur, Tastre prend une teinte rouge foncé seniblablç à celle d'un Verre enfumé. M. Babinet n'hésite pas à voir dans cette coloration un phénomène de lames mixtes. Si la vapeur semi-condensée, au lieu d'avoir une

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grande densité, était extrémemeiit raréfiée, comme il arrive .dans. les liantes régions atmosphériques, il faudrait une grande épaisseur du mélange d'air humide et d'eau po.ur produire Iç phénomène. On est ainsi conduit à attribuer à cette cause la teinte rcJuge que prennent souvent à l'horizon le ciel et le soleil . Cependant comment se fait-il qu'au lieu d'obtenir, comme avec nos deux plans huilés, tour à tour différentes couleurs, on n'obtienne, pour ainsi dire, que du rouge orangé? Pourquoi les cas de soleil bleu signalés par quelques auteurs sont-ils si rares? Ces particularités ont suggéré à M. Babinet l'idée qu'outre un effet de lames mixtes il pouvait y avoir une autre cause en jeu dans la production de ce phénomène météorologique. -

§ 97. — Principe de M. Babinet.

Un même obstacle serait plus efficace pour les oûdes courtes que pour les ondes longues. Ainsi, en dispersion (§ 38), la vitesse de propagation est d'autant plus altérée que Fonde est plus courte. Ainsi les premiers rayons réfléchis par un miroir qu'on essaye au fur et à mesure qu'on avance dans son polissage, ou, ce qui revient au même , les premiers rayons qui se réfléchissent sur un miroir, sim!plement douci , qu'on incline de plus en plus sur les rayons incidents (*) , sont rouges. Il en est de même de la transmission à travers les milieux imparfaitement diaphanes. Exemple : le quartz enfumé qui suffisamment épais devient rouge brun , et le verre noir opaque qui laisse pas-

(*) Pourquoi l'obliquité rend-elle là réflexion possible? Soit e {Jig. 52 ) la hauteur ah d'une des aspérités de notre miroir^ le chemin du rayon ah engendré par rayonnement secondaire sur cette aspérité est abrégé de là différence

ac—ad= : ■ cos (iSo®— 2 *) = 2 « COS i,

cos i cos i ^

quantité qui vaut a'c sous Hncidence normale, et qui décroit jusqu*à o C|uan4 l'angle < grandit jusqu'à atteindre l'incidence. rasante.

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ser une abondante ckûleur. Erigeons donc en principe avec M, Babinet que les rayons à ondes courtes périssent les premiers en présence d'obstacles qui n'ont rien de spécifique , et nous cpmpt^endrons pourquoi la couleur qui survit au travers d'une épaisse'masse d air imparfaitement diaphane, doît'èlre ordinairement le rpuge, *

l68 ^ ÇHAJPITIUS V.

DIFFRACTION.

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