OR I)K K DES TR ÉM ANDRÉE
Fig. 19. Ovule : h, bile; ex, exostome; la priroine s'est allongée considérablement, et la rhalazc se prolonge en une queue, q, qui s'enroule sur elle-même ; h , hile.
Fig. 20. Le même ovule, déchiré : ex, exostome ; pr, primine; end, endostome ; »ec, secondine ; q, queue.
Tremandra verüelltau.
Fig. 21 . Bouton dont on a enlevé les sépales, ca, pour montrer la préfloraison valvairedes pétales, p.
Fig. 22. Le même, dont on a coupé en outre les pétales. L'androcée est composé de deux rangs d'étamines : cinq extérieures superposées aux pétales et cinq intérieures superposées aux sépales.
Fig. 23. Étamine vue sur le dos.
Fig. 24. Étamine vue de face.
Fig. 25. Coupe transversale d’une anthère.
Fig. 26. Pétale enroulé sur lui-même et ne renfermant pas d étamine.
Fig. 27. Fruit : d, fente de la déhiscence.
Fig. 28. Graine : hy hile.
ORDitE DES POLYGALÉES.
Parmi les plantes polypétales hypogynes el irrégulières , il en est peu qui m’aient paru plus que les Polygalées mériter d’être examinées au point de vue organogénique. Le développement si inégal de leur calice, la structure si singulière de leur corolle , la symétrie si différemment interprétée de leurs étamines et de leur pistil , enfin l’hésitation des botanistes les plus célèbres dans l’indication de leurs véritables affinités, tout me portait ;\ remonter à l’origine de la fleur, et à y rechercher des caractères qui pussent expliquer ces singularités, lever tons les doutes, fixer toutes les incertitudes. J’ai choisi comme sujet d’étude le Polygala speciosa ; son inflorescence est une grappe à fleurs très rapprochées, et permet d’observer presque simultanément des fleurs à presque tous les états de développement ; en outre, ses dimensions , plus considérables que celles de la plupart des autres espèces, nécessitent des grossissements moins forts et rendent les erreurs moins faeilcs.
Calicute. Chaque fleur naît à l’aisselle d’une bractée mère, et est accompagnée de deux bractées secondaires. Tant qu’elle est jeune , la bractée mère est très grande comparativement aux deux autres; mais comme les bractées secondaires continuent à s’accroître lorsque la bractée mère s’est arrêtée dans son dévelop|>enicnt, il arrive un moment où les trois bractées, bien que de génération différente, ont les mêmes dimensions et forment une sorte de calieulc. On ne peut alors distinguer la bractée mère que par son insertion, qui est plus basse que celle des autres.
' Les deux bractées secondaires n’apparaissent point en même temps sur le pédoncule , mais successivement comme les feuilles , et par suite elles forment , avec la bractée mère , une spirale dont il est dès lors facile de déterminer le sens.
Calice. Le calice se compose de cinq sépales , dont trois ont dans leur jeunesse la forme de capuchon, et dont deux sont pétaloïdes, et portent plus tard le nom d 'ailes. Ces cinq sépales apparaissent successivement sur le réceptacle : le premier, le plus extérieur, alterne avec la bractée mère et la
ou hit K IIKS VOLTUALÉKS.
iftO
bractée secondaire la plus âgée; il est donc antérieur et latéral. Le deuxième est placé devant l’axe principal vis-à-vis la bractée mcrc, et par conséquent alterne avec les deux bractées secondaires. Le troisième est symétrique au premier, c'est-à-dire qu’il alterne avec la bradée mère et la bractée secondaire la moins âgée; il est également antérieur et latéral. Quant aux deux derniers , qui sont les deux ailes , ils sont superposés aux deux bractées secondaires. Les cinq sépales forment donc une spirale dont le sens est le même que celui du caücule. Pendant toute la période de croissance, il est facile, d’après les inégalités de développement , de juger de l’ordre d’apparition de ces sépales; plus tard cela n’est plus possible.
Corolle. Lorsque les pointes qui donnent aux trois sépales extérieurs l’aspect de capuchons commencent à se former, l’axe central de la Heur, qui est très allongé, se bossèle à sa partie supérieure sur cinq points alternes avec les sépales : chacune de ces bosses est le rudiment d’un pétale.
Les cinq [létales, bien que nés en même temps , ne se développent pas également; l’un d’eux, l’antérieur, qu’on appelle à l’état adulte lu carène, prend un rapide accroissement , et distance de beaucoup les autres; il se forme, sur son dos , à la partie supérieure, un mamelon celluleux qui se divise et se subdivise de façon à produire cette crête si singulière qu’on observe dans la fleur épanouie. Les deux latéraux avortent presque toujours , et c’est à peine si l’on en aperçoit quelques traces légères dans le boulon assez avancé ; les deux inférieurs s’éehanercnt à leur sommet et restent toujours petits.
Étamines. Peu de temps après l’apparition des pétales, on voit naître les étamines ; elles sont au nombre de huit, et forment deux vertieillcs dont l’évolution n’est point simultanée. Quatre sont superposées à des sépales : ce sont celles qui se montrent d’abord ; à l’origine elles ont l’aspect de gros mamelons qui alternent avec les pétales , et qui s’en distinguent par leur forme hémisphérique (la forme primitive des pétales s’étant déjà modiliée) et par leur situation sur un cercle plus élevé. Comme il y a cinq sépales et seulement quatre étamines dans ce vertieille, c’est le sépale postérieur, placé devant l’axe principal en face la bractée mère, qui n’a point d’étaininc correspondante. Les quatre autres étamines du second vertieille sont superposées à des pétales , et comme il y a également cinq pétales , un d’eux , l’antérieur, appelé la carène , n’a point d’élamines devant lui. Ces quatre dernières étamines apparaissent quelque temps après les quatre premières, et semblent plus extérieures. Elles sont d’ailleurs beaucoup plus petites, et cette différence dans les dimensions se continue pendant une grande partie de la durée de l’accroissement de la fleur. Lorsqu’on est assez heureux pour
ANDHOŒK, PISTIL. 141
observer leur première apparition , on voit le réceptacle se gonfler légèrement au-dessus du pétale et produire un mamelon qui sera le rudiment de l'étamine, et qui, par sa forme extérieure et son peu de développement, se distingue nettement du pétale sous-jacent. Mais, pour peu qu’on ne saisisse point ce moment, qui est assez difficile à rencontrer, on est sujet à se tromper, parce que , un peu plus tard, l’étamine grandissant plus rapidement que le pétale, il arrive un point où celui-ci ne semble plus qu’un bourrelet de l’étamine, et tirer son origine d’elle. C’est ce que la lig. 9, pl. 31 , rend d’une manière satisfaisante.
Cette inégalité dans la rapidité du développement des étamines et des pétales explique pourquoi, dans les Polygalécs comme dans la plupart des fleurs irrégulières , l’irrégularité porte plus sur les pétales que sur les ctainincs. S’il n’est pas vrai de dire, comme M. Barnéoud, que toutes les fleurs irrégulières sont régulières à l’origine , il faut reconnaître cependant qu’un grand nombre le sont, ür, lorsqu’une fleur, d’abord régulière, devient irrégulière, l’irrégularité ne peut se manifester sur les organes déjà formés. Son action ne |>cut s’exercer que sur les organes en voie de développement, et elle est d’autant plus grande, que les organes sur lesquels elle s’exerce sont moins avancés. Cela se comprend facilement; par suite, les pétales se développant beaucoup plus tard que les étamines, il peut se faire, et cela a lieu souvent en effet, que les étamines sont régulières ou à peu près régulières, tandis que les pétales sont très irréguliers.
Les mamelons staminaux s'allongent; un léger sillon qui 3’étend du sommet à la base , cl qu’on aperçoit sur les deux laces , dessine les deux loges de l'anthère. Ce n’est quo beaucoup plus tard que le fdet s’accroît. I.e cercle sur lequel les huit étamines sont placées s’élève à son tour, et forme autour de l'ovaire une enceinte d’autant plus haute que l’on considère une fleur plus avancée. Cette enceinte membraneuse dont le bord libre porte les étamines, e’est le tube siaminal, et comme il y a une solution de continuité du côté jiostérieur de la fleur, le tube staminal parait fendu.
Il n'y a donc pas ici des étamines libres d’abord qui se soudent ensuite. Toutes les parties du tube staminal sont contemporaines , celles qui continuent les filets des étamines comme celles qui sont intermédiaires; elles sortent tontes en meme temps du réceptacle comme les coulisses sortent des trappes du plancher d’une salle de s|tectacle, bien que les anthères qui les surmontent n’en soient point sorties en meme temps. Il n’y a rien là de comparable à la soudure des bords des pistils des Hellébores et des Aconits.
Pistil. Au moment où les mamelons staminaux, s’etant développés plus
«HURE UES POLVOALÉES.
rapidement i|ue les pétales, semblent leur avoir donné naissance, l'extrémité du réceptacle s'est aplatie ; ses bords antérieur et postérieur se sont relevés de deux bourrelets semi-lunaires , au pied de chacun desquels on remarque une petite fossette. Ces bourrelets grandissent, se réunissent par leur base , et forment un sac dont l’ouverture largement béante est bordée de deux |K>intes ; la cloison qui sépare les deux fossettes croit également , mais moins rapidement ; il en résulte que la cavité de ce sac n’est partagée en deux que dans sa partie inférieure. Le sac, c’est le pistil rudimentaire ; les fossettes sont les éléments des loges de l’ovaire.
Le pistil continue de croître; sa partie supérieure se rétrécit et s’effile en un long tube qui est le style ; sa partie inférieure, qui est l’ovaire, se gonfle de plus en plus. Quant à la cloison qui sépare les deux loges, elle ne s’élève jamais au delà de l’ovaire , et par suite la cavité du style est unique et surmonte la cavité de l’ovaire, qui, au contraire, est à deux compartiments.
A l’extrémité du style on observe toujours les deux bourrelets semilunaires primitifs , mais ils ont bien changé de forme. L’un d’eux, le postérieur, s’est allongé considérablement et s’est recourbé. Son extrémité s'est gonflée et s’est recouverte de papilles stigmatiques.
Ovule. Il n’y a qu’un ovule dans chaque loge; il naît à la partie supérieure de la cloison. A l’origine, sa base occupe presque toute la surface de cette cloison ; plus tard elle n’en occupe qu’une portion fort petite à son sommet. Que conclure de là? Que la jiartie supérieure de la cloison s'est développée avant la partie inférieure , puisque l’ovule, qui , au commencement, était presque en contact avec le fondée la loge, en est plus tard fort éloigné; que, par conséquent, l’accroissement de cette cloison a lieu de haut en bax.
Les développements de cet ovule sont anatropiques, et, sous ce rapport, n’offrent rien de particulier. Il est suspendu au sommet de la loge, il a son raphé intérieur, et son mieropyle supérieur et extérieur. Mais la primine so prolonge bien au delà de la secondine et du nueelle, et forme un capuchon qui recouvre en partie l’ouverture du funiculc et simule une arille.
EXPLICATION DES FIGURES
Polyrahi ipffiMt.
Fig. I A l'aisselle de la bractée mère, B , naît un axe floral donnant naissance à droite et à gauche à deux bractées secondaires, 6, qui apparaissent successivement.
Fig. 2. La fleur a grandi; outre la bractée mère, B, et les bractées secondaires , b, b\ on aperçoit les trois premiers sépales, sa, «3, inégalement développés.
EXPLICATION DES FIGURES
Fig. 3. La même fleur, débarrassée de ses bractées.
Fig. 4. Fleur plus avancée ; les cinq sépales, s1, *2, «3, *4, s5, sont formés; par l’inégalité de leur développement on peut conclure leur ordre d'apparition.
Fig. 5. Apparition de la corolle : les pétales naissent tous en même temps, p*, carène ; p7, pétale latéral ; p*, pétale postérieur.
Fig. 6. Apparition du premier rang d’étamines alternes avec les pétales ; il n’y a que quatre étamines, l'étamine superposée au sépale, sa, manquant.
Fig. 7. Fleur au même état de développement que dans la fig. 6, mais vue de côté au lieu d’être vue de face: a*,s‘, sépales ;p*, pétale postérieur; p*, pétale latéral ; el> étamines.
Fig. 8. Apparition du second rang d'étamines superposées aux pétales; il n v a aussi que quatre étamines au second rang, l'étamine superposée au pétale antérieur, p*, qui deviendra la carène, manquant.
Fig. 9. Apparition do pistil. Les deux sépales, g* et *s, qui doivent former les deux ailes, sont déjà très distincts des trois autres par leur forme. La carène, p*, est beaucoup plus développée que les deux pétales postérieurs, p*, qui, étant restés très petits, forment des bourrelets à la base des étamiues , et semblent naître après elles. Les cavités de l’ovaire sont à peine sensibles, ainsi que les deux mamelons stylaires qui les surmontent.
Fig. 10. Fleur plus avancée : s4, *4, ailes; p ', pétales postérieurs.
Fig. 1 1 . Pistil grossi de la fig. 10.
Fig. 12. Pistil plus développé ; la cloison qui sépare les deux loges commence à s’épaissir vers son milieu pour produire les ovules.
Fig. 13. Le même, déchiré sur le côté.
Fig. 14, 15, 16, 17. Sépale extérieur, aile, pétale et étamine de la fleur dont le pistil est représenté fig. 12.
Fig. 18. Fleur plus avancée encore : tous les sépales sont coupés; p*, carène; p1, pétale latéral ; p', pétales postérieurs.
Fig. 19. Carène séparée.
Fig. 20. Sommet de la carène vue sur le dos pour montrer le commencement de la crête.
Fig. 21, 22, 23, 24. Aile, pétale postérieur, étamine et pistil séparés.
Fig. 25. Pistil de la fig. 24 déchiré sur le côté; l’ovule commence à se développer dans chaque loge.
Fig. 26. Un ovule grossi.
Fig. 27. Fleur peu de temps avant l'épanouissement ; les sépales sont tous coupés comme dans la fig. 18. Les mêmes lettres indiquent les mêmes organes ; mais on remarque ici que le tube staminal, à peine sensible dans la lig. 18, a pris beaucoup plus d’extension, et qu’il est fendu dans la partie postérieure de la fleur. Les pétales latéraux, p/, sont rudimentaires ; les pétales postérieurs, au contraire, p1, se sont développés et commencent à se diviser. Enfin , les deux branches du style deviennent inégales , et la plus longue , celle qui est postérieure , laisse voir quelques papilles stigmatiques à sa face inférieure.
Fig. 28. Étamine séparée.
Fig. 29. Pistil séparé.
Fig. 30. Une des loges de l’ovaire déchirée pour montrer l’ovule.
Fig. 31. Pétale séparé.
Fig. 32. Fleur enveloppée de sa bractée mère et de ses deux bractées secondaires.
Fig. 33. Androcée et pistil d’une fleur au moment de l’épanouissement ; le tube staminal est largement fondu du côté postérieur de la fleur; la branche du style qui correspond également à ce côté postérieur s’est allongée et sa face inférieure est stigmatique.
Fig 34. Pistil séparé.
l*ig. 35, 36, 37, 38, 39. Ovules à divers états de développement: h, hile.
144 ORDRE DES POLYGALÉBS.
Fig. 40. Ovule de la 8g. 37, déchiré pour montrer ses membranes. « , nucelle: pr, primine ; sac, secondine.
Fig. 41. Ovule de la Fig. 39 vu sur le dos.
Fig. 42. Ovule de la lig. 3g déchiré : pr, primine ; asc, seoondine.
Fig. 43 . Étamine vue de face : f, fente unique qui s'ouvre largement pour laisser s’échapper , le pollen .
Fig. 44. La même, vue sur le dos.
Fig. 4t. Corolle d’une fleur au moment de l anthèse : p*, caréné ; pr, pétales postérieurs.
Fig. 46. Détail grossi d'une branche de la crête de la carène.
ORDRE DES MALPIGHIACÉES.
Placé par Adanson dans sa famille des Geraines , avec les Viola et les MeliatUhut, le genre Malpiyliia est devenu, dans le Généra plantai- tan de A.-L. de Jussieu, le type d’un on Ire à part, les Malpighiœ, qui a été, il y a quelques années, l’objet d’une monographie très étendue de M. Adrien de Jussieu.
L’espèce sur laquelle j’ai l'ait mes recherches organogéniques est le Malpirjhia urens; elle est très commune dans les serres et fleurit abondamment chaque année, en sorte que mes observations peuvent être facilement vérifiées.
Inflorescence. Calice. Chaque fleur naît à l’aisselle d’une bractée mère et est accompagnée de deux bractées secondaires fertiles ou stériles. Les sépales sont au nombre de cinq ; ils naissent successivement et se disposent dans le bouton en préfloraison valvaire ; deux sont antérieurs, ce sont les sépales 1 et 3; deux sont latéraux, ce sont les sépales A et 5; et enfin le cinquième est postérieur, e’csl le sépale 2. A l’origine, ces sépales n 'offrent rien de particulier à leur lia se; mais plus tard, on remarque sur le bord, au point où chacun d’eux se réunit et devient conné avec le sépale voisin , une glande qui grossit peu à peu et est souvent très volumineuse lors de l’anthèse.
J’ai dit que les sépales 1 et 3 sont antérieurs dans les Malpighiaeées comme dans la plupart des (liantes. M. Adr. de Jussieu avance le contraire et prétend (pic les sépales A et 2 sont (wslérieurs , que les sépales 4 et 5 sont latéraux , et que le sépale 3 est antérieur. Comment M. Adr. de Jussieu a-t-il pu sc tromper à ee point ? Est-ce donc que la situation des sépales est (dus difficile à constater dans les .Malpighiaeées (pie dans les autres plantes ? Est-ce qu’il y a une torsion du pédoncule ou tout autre phénomène capable de masquer, lors de l’anthèsc, la véritable situation des parties? En aucune façon. Il est arrivé à M. Adr. de Jussieu ee qu’il arrive à tous ceux qui, partant d’idées préconçues, veulent voir les faits non comme ils sont réellement, mais comme ils croient qu’ils doivent être. .M. Adr.de
OHDUB DES MALPIGIUACÉKS.
1/lG
Jussieu, remarquant que les sépales sonl en spirale, et préoccupé de l’idée que les sépales ne sont que des feuilles modifiées, en a conclu que la spirale des sépales est la continuation de la spirale des bractées , et comme dans celle manière de voir le sépale 3 doit être antérieur, il s’est imagine qu’il l’était en effet. L’observation ne se prêtait |Miiut à celle lliéoric; M. Adr. de Jussieu le voyait bien, mais il avait à sa disposition la déviation des organes, la torsion du pédoncule et une foule d’autres hypothèses, arsenal toujours ouvert à ceux qui raisonnent « priori; et voici comment il s’exprime :
« J’ai dessiné, dit-il , le diagramme d’une Heur do dieotylédonée com- » plèle et régulière, c’est-à-dire composée de quatre quinconces , dont les » parties alternent exactement de l’un à l’autre, et accompagnée de trois » bractées dont la première indique l’origine du pédoncule, et par consé- ■>quent le rapport général de la lleur à l’axe. J’ai dessiné à coté le dia- » gramme de la même lleur dans l lopotbèse d après laquelle les parties » s’insèrent sur une spirale continue à des distances angulaires égalant » 5/13 de circonférence d’une partie à la suivante. Si l’on compare ces » deux constructions, on verra que la seconde ne diffère de la première que par une légère déviation d’un petit nombre de parties... Ces déviations, » (pii ne dépassent pas 1/13 de circonférence, deviennent presque insigni- » liantes sur l’axe eu général si petit de la plupart des Heurs, et à plus forte » raison sur la portion rétrécie qui [airte les étamines et les ovaires, siège » ordinaire de la déviation. »
Corolle. Cinq pétales alternes avec les sé|>ales constituent la eOrolle. Ils naissent tous à la fois «d restent toujours libres jusqu'à la iiase. l ue fois nés, ils continuent de croître sans interruption jusqu'à l'épanouissement de la fleur, eu sorte qu’ils recouvrent toujours les étamines et le pistil. Dans le boulon ils sont en telle préfloraison (pie le pétale alterne avec les sépales 2 et 4 est entièrement recouvert d'un côté par le létale alterne avec les sépales 1 et 4, et de l’autre par le pétale alterne avec les sépales 2 et 5; (pie ce dernier est recouvert |tar le [étale alterne avec les sépales 5 et 3, «pii est à son tour recouvert par le [étale alterne avec les sépales 1 et 3; celui-ci, colin , est tout à fait extérieur et recouvre ses deux voisins. Il y a donc un pétale extérieur, un pétale intérieur et trois [étales moitié intérieurs et moitié extérieurs.
A ntlrocée. L’amlroeée se conqiosc de deux verticilles d’étamines qui sont superposés l'un au calice et l'autre à la corolle. Le premier est plus intérieur «pie le second, bien qu’il apparaisse avant lui sur le récc|>tucle. A l’origine toutes ces étamines sonl libres entre elles; plus tard elles sont
EXPLICATION DES FICUS ES
connues à leur base et forment un fuite slaminal |ilus ou moins élevé; les anthères, du reste, n’offrent rien de particulier dans leur développement ; elles sont introrses, biloculaires et s'ouvrent par deux fentes longitudinales.'
Pistil. lorsque toutes les étamines sont nées, trois mamelons earpellaires se montrent aux angles d’une plate-forme triangulaire qui termine le sommet du réceptacle. Ces mamelons sont superposés , deux aux sépales extérieurs et un au sépale moitié extérieur et moitié intérieur; en d’autres termes, il y en a un postérieur et deux antérieurs. En grandissant, ces mamelons qui étaient primitivement arrondis prennent l’aspect de feuilles rudimentaires , deviennent connés à leur base et forment un sac rcnllé eu ovaire à sa partie inférieure et eflilé à sa partie supérieure en un style qui se divise à son sommet en trois stigmates.
En même temps que ce sac pistillaire s’allonge et se transforme ainsi, à l’extérieur, dans sa forme générale, deux modifications importantes se manifestent à l’intérieur. La cavité du sac, qui était primitivement unique, se partage en trois compartiments par des cloisons qui , parlant des parois, s’avancent vers le centre et se soudent. D’un autre côté, le plancher réeeptaeuluire sur lequel s’est élevé le sac pistillaire semble se creuser de trois puits qui sont situés chacun au fond de l'un des compartiments du sac et qui augmentent d’autant l’étendue de ce compartiment. Chaque loge de l’ovaire est donc formée mi-partie par les cloisons, qui, partant des parois, se soudent vers le centre, mi-partie |>ar des trous qui semblent creusés dans le réceptacle.
Ovules. Il n’y a jamais qu’un seul ovule dans chaque loge; seulement, au lieu de naître immédiatement au-dessous de la fente produite par le rapprochement des cloisons, connue cela a lieu dans la plupart des plantes, eet ovule naît, sur le côté, sur une de ces cloisons, comme s’il y avait un autre ovule sur l’autre côté. Eet ovule est analropo cl suspendu; il est d’abord revêtu de deux enveloppes, et dans ses mouvements anutropiques il dirige son micropylc en bas vers l’intérieur, en sorte qu’à l’état adulte, son micropylc est supérieur et intérieur, cl son raphé extérieur.
EXPLICATION DES FIGURES
Mafplfhla areu*.
Fig. 21 . A l'aisselle de la bractée mère, //, est née «ne fleur qui est accompagnée de (leux bractées secondaires latérales, b. Les sépales sont disposés de façon (pie deux sont antérieurs, deux latéraux et un postérieur.
148 ORDRE DES MALPIGHIACEES.
Fig. 2ï. Apparition des cinq pétales, p, alternes avec les sépales, «J, a*, a*, «5: b, bractées latérales.
Fig. 23. Apparition du premier verticillo d'étamines. Ce sont cinq mamelons, cla, alternes avec les pétales, p, et superposés aux sépales, s1, **, s3, *4, *s.
Fig. 2 t . Apparition du second verticillo d'étamines. Ce sont cinq mamelons, ei°y superposés aux pétales, p, et alternes avec les étamines alternes, et".
Fig. 25. Apparition du pistil. Ce sont trois bourrelets carpellaires, rp, superposés aux trois sépales, a‘, *s, a3; p, pétales: cta, et°, étamines.
Fig. 25. Bouton sur lequel on n'aperçoit encore aucune trace des glandes qui apparaîtront plus lard sur le calice.
Fig. 27. Le môme, dont on a coupé le calice pour montrer la prédoraison des pétales.
Fig. 28 . Androcée et pistil de la fig. 26 . On a conservé et rabattu les pétales, p. Les étamines supposées aux pétales , el°, sont plus petites que les autres, cla. Le pistil forme une sorte do corbeille à trois crénclures , cp, au pied de chacune desquelles est creusée une petite fossette, rudiment d'une loge. Sur la paroi interne do cette corbeille crénelée, on remarque, alternes avec les crénolures, trois lignes saillantes, cl, qui s’étendent du sommet h la base.
Fig. 29. Coupe longitudinale du pistil de la fig. 28, pour montrer la profondeur de la loge, Ig, qui reste creusée au pied de chaque créneau, cp.
Fig. 30. Bouton au moment de l'apparition des glandes, gl, sur le calice.
Fig. 3t. Pistil de cette (leur.
Fig. 32. Coupe de co pistil. La loge, Ig , ost devenue plus profonde et les lignes saillantes, cl, qui alternent avec lescrénelures, cp, se sont épaissies et s'avancent davantago vers l’intérieur.
Fig. 33. Pistil encore plus figé.
Fig. 34. Coupe do ce pistil : cp, crénclures, rudiments des stigmates; la loge est alors profonde, et l’on remarque un jeune ovule, ol , qui est né sur l'une des parois.
Fig. 35. Une des loges du pistil de la fig. 33 , déchirée sur le dos , pour montrer que l’ovule, ol, no naît pas au-dessous de la fente, f, mais sur le côté.
Fig. 36. Une loge d'un pistil plus Agé déchirée sur le dos, pour montrer l'ovule, ol, suspendu et revêtu de scs (leux enveloppes.
Fig. 37. Fleur épanouie.
Fig. 38. La môme, dont on a enlevé la corolle, a, calice ; gl, glandes ; et, étamines ; $g, stigmates .
Fig. 39. Fleur plus jeune, dont on a enlevé le calice et la corolle, pour montrer les étamines connues , el° , et*. p, cicatrices des pétales ; s, cicatrices des sépales ; sg, stigmates.
Fig. 40. Pistil isolé.
Fig. 41 . Coupe longitudinale de la fleur.
ORDRE DES SAPINDACÉES.
Il n’existe au Muséum que deux plantes de eet ordre qui fleurissent en assez grande abondance )>our qu’on puisse en étudier l'organogénie llorale : ce sont : le Cardiospermum halicacabum et le Koelreuteria paullinioides. Très différentes par leur port, puisque l’une est une herbe grimpante et l’autre un arbre qui atteint des dimensions considérables , toutes deux ont cependant la même symétrie, le même système d'irrégularité, et sans le nombre des ovules, qui sont solitaires dans chaque loge des Cardiosjrermum, et gemmés dans chaque loge des Koelreuteria, ees deux genres seraient très voisins et placés dans une seule et même section.
Inflorescence. L'inflorescence est différente dans le Cardiospermum halicacabum et dans le Koelreuteria paullinioides, bien qu'elle procède du même principe. Dans tous deux, en effet , chaque Heur qui naît à l'aisselle de la bractée mère est accompagnée de deux bractées secondaires latérales. Mais dans le Cardiospermum halicacabum chacune de ces bractées latérales est fertile et la Heur principale se trouve entre deux fleurs secondaires ; l'inflorescence est une eyinc b i pare. Dans le Koelreuteria paullinioides, au contraire, une de ces bractées secondaires seulement est fertile et l’autre est stérile; l’inflorescence est une cymc unipare,et comme cescvmes unipares naissent toutes à l’aisselle de bractées le long d'un axe commun , l’inflorescence générale a la forme d’une grap|>e et ressemble complètement à l’inflorescence de VÆsculus hippocastanum .
Calice. Les sépales sont primitivement au nombre de cinq dans le Cardiosj)ennum halicacabum, comme dans le Koelreuteria paullinioides. Ils naissent successivement dans l’ordre quineoneial ; deux sont antérieurs par rapport à la bractée mère de la fleur, ce sont les sépales i et 3; deux sont latéraux , ce sont les sépales ft et 5 ; enfin un est postérieur, c’est le sépale 2. Dans 1 c Koelreuteria paullinioides, tous restent toujours librcsjusqu’à la base et se dis|»osent dans le bouton en préfloraison quinconcialc.
Dans le Cardiospermum halicacabum, les sépales ne se comportent pas tous de la même façon. Les deux sépales 1 et 2, c’est-à-dire les premiers
ORDRE DES SAPIND.Vf.ÉES.
nés, s'accroissent moins que les autres, et au moment rte l'antlièse ils sont très petits. Les deux sépales 3 et 5, qui sont nés sépares, deviennent promptement comtés entre eux à leur base et forment à eux deux un seul sépale bilobé à son sommet. Par suite, la fleur éjamouie semble n’êlre composée que rte quatre sépales au lieu rte cinq , savoir : les «leux sépales 1 et 2, qui sont extérieurs , le sépale 4 qui est intérieur, et le sépale qui résulte rte la réunion îles sépales 3 et 5, et qui est aussi intérieur.
Corolle. Cinq pétales, alternes avec les sépales, et qui naissent tous à la fois, constituent A l'origine la corolle des Koelreuteria paullinioides. Une fois nés, les pétales grandissent peu proportionnellement aux étamines, qui, bien que d’un âge moindre, les dépassent promptement de beaucoup. Ces cinq [létales ne s’accroissent pas tous également. I-e létale qui alterne avec les sépales 3 et 5 se développe beaucoup moins que les pétales alternes avec les sépales 5 et 2, et 1 et 3; ceux-ci un peu moins que les ] étales alternes avee les sépales 1 et 4 , et les sépales 4 et 2 ; en un mot , la Heur tend à devenir irrégulière du sépale 4 vers les sépales 3 et 5. 11 y a même plus, ce [étale alterne avee les sépales 3 et 5, avorte presque toujours complètement, et à un certain Age on n’en aperçoit plus aucune trace.
Cette irrégularité de la corolle, qui ne se manifeste qu’après l’apparition des pétales dans le Koelreuteria paullinioides, se manifeste, dans le 6'ardiosjtermum Imlicaeabum au moment même de l'apparition de ces pétales, c’est-A-dire que les létales ne naissent plus tous A 1a fois, mais successivement , les deux pétales alternes avee le sépale 4 d’aliord , les deux pétales alternes l’un avec les sépales 5 et 2, l’autre avec les sépales 1 et 3 ensuite ; [mis le [étale alterne avec les sépales 3 et 5 , et encore , pour ce dernier, ne nait-il souvent pas.
Ces [étales dans les Koelreuteria paullinioides , comme dans le Cardiospermum hulicacabtim, produisent sur leur face, au point de réunion du limbe avec l’onglet, des appendices variés, dont les figures que. j’ai dessinées donnent la forme et le mode do développement.
Androcée. L'androcée du Cardiosi>ermum halicaeabum et du Koelreuteria paullinioides se compose, au moment de l'épanouissement de la fleur, de huit étamines rangées sur- deux vertieilles. L’un de ces verlicilles est complet et formé de cinq étamines , c’est le vertieillc superposé au calice ; l’autre est incomplet et formé de trois étamines superposées , deux aux létales qui alternent avec le sépale 4 , et la troisième au [étale qui avorte. Ces étamines sont toujours libres jusqu’à la base et ont leurs anthères introrses , biloculaires et s’ouvrant chacune par deux fentes longitudinales. Mais comment ces étamines se développent-elles? Dans quel ordre appa-