‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 19 sur 82 · PISTIL , OVULE , DISQUE · texte numérisé non relu

PISTIL , OVULE , DISQUE

raissent-clles ? Omis le Kodreuteria paullinioides, où l'irrégularité de la fleur ne se manifeste qu'a près la naissance des organes , les cinq étamines superposées aux sépales se montrent d’abord et toutes à la fois; les trois autres , superposées à des pétales , ne se montrent qu'ensuite , mais aussi toutes trois en même temps. Dans le Cardiospermum halicacabvm, où l’irrégularité se manifeste dès l'origine des organes, deux étamines se montrent d’alwrd, ce sont les deux étamines qui alternent avec le sépale ft; deux autres se montrait ensuite , ce sont les deux étamines superposées aux sépales 1 et 2; trois autres se montrent encore pins tard , ce. sont, d’une part , l'étamine supposée au sépale â, et d'autre part , les deux étamines sujierposées aux sépales 3 et 5 conncs; enfin, l’étamine siqicrposée au pétale qui manque se montre la dernière et seule.

Pistil. Trois mamelons carpcllaires, libres jusqu'à la base, eonstiluent à l’origine ie pistil ; ils naissent tous trois simultanément dans le Cardiospermum lialicticabum comme dans le Kodreuteria paullinioides; l'un est alterne avec les sépales 3 et 5; les deux autres sont superposés aux deux létales qui alternent avec le sé|>ale h. Ces trois mamelons carpcllaires grandissent, deviennent promptement connés et forment un sac pislillaire renflé à sa base , effilé ensuite en un style qui est surmonté de trois stigmates. D’abord unique, la cavité de ce sac est bientôt partagée en trois compartiment» par trois cloisons qui partent des parois, s'avancent vers l'intérieur et s'v soudent. Au fond de chacun de res trois compartiments trois puits semblent se creuser dans ie réceptacle et augmentent d'autant l'ctenduc de ces trois compartiments. C’est l'ensemble de ces compartiments eide ces puits qui forme les loges, en sorte que chaque loge du pistil des Sapindacécs est composée mi-partie j»ar des cloisons qui , partant des parois, se sont soudée*', et mi-partie par des excavations qui se sont produites dans le j4anrhcr réceptaculaire.

Ovule. Les ovules sont an nombre de deux , dans chaque loge , dans le Kodreuteria paullinioides ; iis naissent de chaque côté de la fente produite [sir le rapproeliemcut des cloisons; ils sont primitivement collatéraux, mais deviennent bientôt l'un ascendant et l'autre descendant. Ils sont anatropes tons deux et se revêtent elmcun de deux envdofqies. Dans le Car dsospermuM halicacabum, il n’y a jamais qu'un ovule dans chaque loge. I! nait immédiatement au-dessous de la feule produite par le rapprochement des cloisons; il est dressé , anatrope cl revêtu de deux enveloppes. Son micropyle est externe et soit raphé interne.

Disque. Dans le Kodreuteria paullinioides , te disque n ‘est antre chose que le goulleineul du réceptacle et ne prend naissance que longtemps après

152 ORDRE DES SAPINDACÉES .

l'apparition du pistil , en sorte qu’il forme eomnic un bourrelet circulaire dans lequel les étamines sont comme enchâssées. Dans le Cardiospermum halicacabum, le réceptacle s’allonge beaucoup du coté opposé au pétale qui manque et forme comme une sorte de promontoire; il en résulte un grand espace vide entre le séjiale k et les pétales qui l'accompagnent d'une pari, et le pistil et l’androeée de l’autre. C’est cet espace vide qui se gonfle et devient ira disque peu de temps avant l’antbèse. Comme cet espace vide sc gonfle plus devant les deux pétales alternes avec le sépale h que partout ailleurs, il en résulte deux glandes superposées à ces [létales.

Adanson a placé les ( ’ardinspermum , ipi’il appelle, avec Tourncforl, Corindum, a côté des Meliantlws , dans sa famille des Géranium, et ce rapprochement a quelque chose de très ingénieux. Dans les Meliantlius, en effet, comme dans les Cardiosiiermum , la lleur est pentamère et devient irrégulière par l’avortement d’un [létale , par l’allongement outre mesure du réceptacle du côté opposé an pétale avorte , allongement duquel il résulte une sorte de promontoire qui écarte de l'androeée et du pistil trois sépales cl deux [létales. Dans ces deux genres , cette sorte de promontoire se gonfle et devient un disque glanduleux. Mais là se bornent les ressemblances ; car il y a , d’une part , deux vcrticilles à l’androeée dans les Cardiospermum,- tandis qu’il n’y en a qu’un dans les Melianlhvs , et d’autre part, la structure de l’ovaire quadriloeulaire des Meiianthus , renfermant dans chaque loge plusieurs ovules , n’a rien de commun avec celle de l’ovaire triloculnire des Cardiospermum , qui ne renferme jamais qu’un seul ovule.

M. I.indley rapproche, au contraire, les Cardiosj>ermim et les Koelrculeria des Æsculus, et , comme je l’ai dit ailleurs , [tour ce botaniste , les Hippocaslanées ne sont qu’une section des Sapindacées ; ce rapprochement me semble mieux fondé que le précédent. Si l’on coni|>arc, en effet, le Koelrcuteria paullinioides , par exemple , au Par in maerostnchi/a , on remarque : 1“ Qu’ils ont la meme inflorescence , c’est-à-dire des cymes imipares disposées le longd'un axe eommun; 2* que leur fleur est pentamère; 3” qu’elle devient irrégulière par suite de l’avortement du pétale alterne avec les sépales 3 et 5; h° qu’ils ont chacun deux vcrticilles d’étamines, l’un complet, superposé au calice, l’autre incomplet, composé détruis étamines siqierposécs l’une au pétale qui avorte, et les deux autres à deux [létales alternes avec le sépale h ; 5" qu'ils ont un pistil formé primitivement de trois mamelons carpellaircs, qui forment, en grandissant, un ovaire triloculnire surmonté d'un style cl de trois stigmates ; 6* que les trois loges de cet ovaire sont formées, mi-partie par des cloisons qui se

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