‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 2 sur 82 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

que j’avais sous les yeux de manière à n'être trompé par aucune des illusions d’optique qui accompagnent fréquemment des observations si délicates. Et ces difficultés étaient d’autant plus sérieuses et pénibles, qu’elles se renouvelaient avec chaque plante et exigeaient ainsi chaque jour de nouveaux procédés et de nouveaux efforts.

Mais j’ai été amplement récompensé de ma persévérance. Des affinités à peine entrevues, ou même simplement soupçonnées, ont été mises au grand jour; d’autres, complètement inconnues, ont été découvertes. La symétrie des organes de la fleur, ainsi que leur véritable nature, est sortie du domaine des conjectures pour reposer sur des observations directes, et les lois qui président à leurs évolutions ont été reconnues et classées, sinon dans leur cause, du moins dans leurs effets.

Ce travail a été entrepris et continué jusqu’à la fin sans aucune idée préconçue : les faits étaient journellement notés et représentés tels qu’ils étaient vus (1). Ce n’est que quand toutes mes observations ont été faites que je les ai rapprochées, comparées, afin d’en tirer quelques conséquences générales, et j’ai tout lieu de penser que ma manière de considérer les corolles gamopétales, les étamines hypogynes et périgynes, les ovaires infères, les styles et les placentas, sera adoptée par tous ceux qui voudront laisser de côté les théories plus ou moins ingénieuses qui ont été émises sur ces organes, et examiner sans esprit de parti toutes les observations que j'ai faites.

Voilà pourquoi je commence par exposer successivement l’organogénie des diverses parties de la fleur dans chaque groupe de plantes, et termine par l’exposition des conséquences que j’en ai tirées relativement à la nature de ces parties.

Voilà aussi pourquoi, dans la description des étals de développement que j ’ai observés, j’indique les choses telles que je les

(t) C’est en 1851 [Com/des rendus de l' Académie des sciences, vol. XXXII, p. 871) que j’ai commencé à publier quelques-unes de ces études organogouiques qui ont été ensuite insérées dans les Annales des sciences naturelles. Mais ce n'est qu'en mars 1854 qu’a paru la première livraison de ce Traité d’organogénie comparée de la fleur.

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