‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 21 sur 82 · ORDRE DES PIITOSI'ORÉES · texte numérisé non relu

ORDRE DES PIITOSI'ORÉES

EXPLICATION DES FIGURES

tour» rnetronni».

Fig. 29. Inflorescence très jeune du Sollya fusijunnis. A l'aisselle de la bractée uiére, B, est née une fleur, fl, qui est accom|>agnéo de deux bractées latérales, b. Les sépales sont nés, et l’on voit que les sépales I et 3 sont anterieurs , les sépales 4 et S latéraux , et le sépale 4 postérieur.

Fig. 30. Apparition de» pétales, p, alternes avec las sépales, a1, a1, *3, a4, **.

Fig. 31 . Apparition des étamines, et, alternes avec les pétales, p, et superposées aux sépales, t*, a3, s4, a5.

Fig. 32. Apparition du pistil. Ce sont deux bourrelets carpellaires, cp, en forme de croissants, dont l’un est antérieur et l'autre postérieur : et, étamines ; p, pétales ; a1, a3,

«S a\ sépales.

Fig. 33. Pistil plus Agé. Les doux bourrelets carpellaires, cp, sont comtés à leur base, et Ton aperçoit déjà, aux points do leur réunion, les rudiments des placentas, pl.

Fig. 34. Pistil encore plus Agé et entouré des cicatrices des étamines, et, des pétales, p, et des sépales, «.

Fig. 33. Androcée, cl, et pistil, cp, au moment où los ovules apparaissent sur les placentas.

Fig. 36. Coupe longitudinale du pistil de la fig. 33 : ol, ovules; or, ovaire; sy, stigmate; pt, placentas.

Hlg. 37. Bouton d'une fleur peu de temps avant Fanthèse.

Fig. 38. Le même, dont on a coupé le calice, », pour montrer la préfloraison quinconciale des pétales, p.

Fig. 39. Pistil isolé de ce bouton.

Fig. 40. Coupe longitudinale de ce pistil : ov, ovaire; »g, stigmate; ol, ovules ; pl, pla-

i renias.

Fig. 41. Ovule ; ni, micropyle; /*, bile.

ORDRE DES V10LAR1ÉES

Les Violettes [Fiok r) sont placées par Adanson dans sa famille dos Gérâmes, à côté des Hermannia, et il m’est impossible de saisir les raisons de ee rapprochement. A.-L. de Jussieu, dans son Généra plantarum, les range près des Helianthemum , avec lesquels elles oui beaucoup plus d’affinités , par leur calice à cinq sépales , leur corolle à cinq pélales , leur ovaire à trois placentas pariétaux , et en fait le type de la seconde section de son ordre des Cistes. Dccandolle, selon son habitude, fit deux ordres distincts des deux sections de l’ordre des Cistes d’A.-L. de Jussieu : à l’un , il conserva le nom de Cistes; à l’autre, il donna le nom de Violariées , et depuis lors ces deux ordres ont été adoptés par tous les botanistes.

La fleur de la Violette est d’une structure extrêmement simple , et cependant elle a donné lieu aux hypothèses les plus singulières. M. de Gingins, par exemple , imagine qu’elle est construite sur le type 6 au lieu du type 5, et ators il admet l’avortement d’un sépale intérieur et d'une étamine, et la soudure de deux pétales en un seul pour former le pétale éperonné. Lorsqu’une idée générale se produit dans la science , il y a toujours des esprits qui l’exagèrent et la faussent. C’est ce qui est arrivé à la théorie de Dccandolle sur les soudures et les avortements ; cl pour que la manière de voir de M. de Gingins ne semble pas grotesque , il faut se rappeler qu’il l’a émise au moment où la théorie de Dccandolle préoccupait toutes les intelligences, où tous les botanistes voulaient voir des soudures et des avortements partout, M. Lindlcydans les Résédaeécs, .M. Ach. Richard dans les Balsaininées, etc.

Inflorescence. Calice. L’inflorescence des Violettes est une inflorescence axillaire. Chaque fleur naît à l’aisselle d’une feuille et est accompagnée de deux bractées latérales stériles dont le tissu est membraneux. Elle est pentamère et son calice se compose de cinq sépales qui naissent successivement et se disposent dans le bouton en préfloraison quincoucialc. Les sépales 1 et 3 sont antérieurs , les sépales 4 et 5 latéraux , et le sépale 2 est posté-

OKDHE DES VIOI.AKIKKS.

rieur. Ces sépales sont entièrement libres et proiluisent eliaeun à leur base un appendice qui descend au-dessous de leur point d'insertion.

Corolle. Cin(| pétales alternes avec les sépales constituent la corolle. Ils naissent tous à la fois dans la Viola altaica , et ils ne deviennent irréguliers ipi'en grandissant ; ils naissent, au contraire, successivement dans la Viola odoratn , le pétale antérieur d’abord, les deux pétales latéraux ensuite, et enfin les deux pétales postérieurs, l'ne fois nés , ils continuent tous à croître sans interruption , en sorte qu’ils recouvrent toujours les étamines elle pistil ; mais ils se développent inégalement, et le pétale antérieur (1) prend à sa base un éperon dans lequel s'engagent les éperons des deux étamines alternes. Celle corolle est polypétale, et sa préfloraison est imbriquée de façon que le pétale antérieur éperonné est recouvert par les deux l«;tales latéraux, qui sont à leur tour recouverts par les deux pétales postérieurs. De ces deux derniers l’un est extérieur et l’autre moitié intérieur et moitié extérieur.

Androcéc. L’androcéc se compose de cinq étamines qui naissent toutes à la fois dans la Viola altaica et successivement d'avant en arrière dans la Viola odorala , e’est-à-dire les deux antérieures d’abord, les deux latérales ensuite, et enfin l’étamine postérieure. Ces étamines grandissent , et leurs anthères se partagent bientôt chacune par un sillon horizontal en deux parties : l'une, supérieure, qui s’aplatit et devient cet appendice pétaloïdc que l'on remarque au sommet des étamines ; l’autre, inférieure, qui forme l' anthère proprement dite, et qui se subdivise ensuite par un sillon longitudinal en deux loges. Lorsque ce sillon longitudinal se manifeste , on remarque sur le dos de chacune des deux étamines antérieures un appendice en forme d’éperon qui s’allonge et descend dans l'éperon du pétale.

Pistil. Le réceptacle , après avoir produit les étamines, se déprime à son centre, et il en résulte une sorte de bassin circulaire qui est le rudiment du pistil. Iæs bords de ce bassin s’élèvent, en effet, bientôt au-dessus de l’insertion des étamines , s'accroissent rapidement cl forment un sac , rentlé à sa base en un ovaire hémisphérique, effilé ensuite en un style allongé Cl gonflé à son extrémité en un stigmate qui ressemble jusqu'à un certain point , lors de l’épanouissement de la fleur, à une tète d’oiseau.

Kn même temps que le sac1 pistillaire grandit, on remarque sur scs parois internes trois épais IhhiitcIcIs qui s'étendent du solnmct à la base et qui sont les placentas ; ils sont placés de telle façon que l'un d’eux

I , Je ne sais pourquoi les botanistes modernes, cl en particulier M. Aug. SuitU-Hilairc ( Morphologie , 4 1 X) , admettent que le pétale éperonné des Violettes est |K>sléricur, et que c'eut par suilo d une torsion du |iédonculo qu'il douent antérieur.

EXPLICATION DES HOCHES

est postérieur cl que les deux autres sont anterieurs. Les ovules naissent en grand nombre sur ces placentas, où ils forment plusieurs séries, et quand on recherche l’ordre dans lequel ils apparaissent, on observe que l'éruption ovulaire commence à la base des placentas et qu’elle gagne peu à peu leur sommet ; les plus jeunes ovules sont donc en haut cl les plus âgés en bas. Ils sont tous anatropes , et dans leurs mouvements analropiqucs ils dirigent d’abord leur inieropylc en haut.

EXPLICATION DES FIGURES

Viola allaita.

Fig. 1 . Inflorescence du Viola altaica. À l'aisselle de la bractée mère , B, accompagnée do scs deux stipules , sp, est née une fleur, /I, enveloppée par deux bractées latérales mem braneuses, b.

Fig. 2. Apparition successive des sépales, a1, s2, a3, a4, $'J. b, bractées latérales.

Fig. 3. Apparition simultanée dos pétales : p", pétale antérieur; p4, pétales latéraux . pp, pétales postérieurs.

Fig. 4. Apparition simultanée dos étamines , el : pa, pétale antérieur ; p1, pétale latéral : pp, pétale postérieur ; s1, s2, s3, s4, sépales.

Fig. 5. Fleur un peu plus âgée que dans la lig. iis1, s2, s1, s1, a3, sépales ; p„, pétale antérieur; p1, pétale latéral ; p'% pétale postérieur.

Fig. 6. Fleur au moment où l'irrégularité des pétales so manifeste. Le pétale antérieur, p", est plus grand que les pétales latéraux , p1, et ceux-ci sont plus grands que les pétales postérieurs, pP. Les étamines , et, sont à peu prés égales , et déjà on remarque sur leur face antérieure le sillon transversal qui sépare l’appendice pétaloïde de l'anthère proprement dite qu'il surmonte, et le sillon longitudinal qui partage l’anthère en deux loges, a* , a2, s3, i1, sépales.

Fig. 7. Jeune pistil. C’est une sorte de bassin circulaire dont les côtés so bossèlent sur trois points pour former les placentas, pl.

Fig. 8. Jeune bouton, au moment où un appendice, op, so remarque à la baso de chaque sépale.

Fig. 9. Pistil isolé de ce bouton : or, ovaire; si, stylo: *</, ouverture stigmatique.

Fig. 10. Portion de ce pistil pour montrer les placentas, pl, qui s’étendent du sommet a la base du sac pislillairo.

Fig. 1 1 . Portion d'un autre pistil dans lequel les ovules , ol , commencent à se montrer sur les placentas, pl.

Fig. 12. Placenta d'un pistil plus Agé dans lequel on voit très noltoment que l'éruption ovulaire, o/, a lieu sur les placentas, pl, de bas en haut.

Fig. 13. Fleur au moment oii le pétale antérieur, p", commence à sôperonner à sa base on ep: p1, pétale latéral ; pP , pétalo postérieur ; s2, sépales coupés ; cl, étamine.- ;

kj, stigmate.

Fig. 14. Portion d’une coupe longitudinale do la lig 14 pour montror la cavité de I o|wron, ep, qui sc développe à la base du pétale antérieur, p* : cl, étamine; p*, pétale latéral oo, ovaire : sg, stigmate.

ORDRE DES VIOLAKIÉES.

Fig. 15. Fleur plus Agée que dans la flg. 13 : a', s1, s2, cicatrices de sépales ; p", pétale antérieur éperonné à sa base ; p', pétale latéral ; pi\ pétale postérieur ; et, étamines ; sg, stigmate.

Fig. 16. Androcce et pistil de la fig. 15 vus du côté antérieur: eln, étamines antérieures qui donnent chacune naissance à la base de leur connectif à un éperon, ep', qui s'enfonce dans l'éperon du pétale ; et1, étamine latérale; sg , stigmate. Dans cette figure, les étamines antérieures, et*, sont connécs à leur base, ce qui est un cas anormal.

Fig. 17. Androcée et pistil d’une fleur un peu plus Agée : sg, ouverture sLigmatique . et", étamines antérieures éperonnées chacune à leur base en ep' ; et1, étamine latérale. Les deux étamines antérieures, et", sont libres.

Fig. 18. 19. Stigmates, sg, à divers états de développement : st, sommet du style.

Fig. 20. Pistil d une (leur peu de temps avant l'épanouissement : ou. ovaire ; si, style ; sg, ouverture sligmatique .

Fig. 21 . Placenta recouvert d'ovules, o/, d’autant plus âgés qu'ils sont situés plus bas.

Fig. 22 Boulon do ta lleur dont on a représenté le pistil dans la fig. 20 : 6, bractées latérales ; ap, appendice qui sc développe à la base de chaque sépale, s.

Fig. 23, 24, 25. Étamines à divers étals de développement. Dans la fig. 23 , Panthère n'offre aucun sillon ; dans la fig. 24, un sillon transversal sépare l'anthère proprement dite de I appendice pélatoïdo qui la surmonte , et un sillon longitudinal partage celte anthère en deux logos. Dans la lig. 25 , on remarquo deux autres sillons longitudinaux qui indiquent la déhiscence longitudinale de chaque loge.

Fig. 26 et 27. Étamine au moment do l'épanouissement de la fleur. Elle est vue de faco dans la fig. 26 et sur le dos dans la fig. 27.

Fig. 28. Ovule isolé : h, hile: m, micropyle.

Viola oUoraia.

Fig. 29. Apparition successive des pétales alternes avec les sépales, s1, a2, a3, a1, a\ dans la Viola odorata ; le pétale antérieur, />*, apparaît d abord, les pétales latéraux, pl , apparaissent ensuite, et enfin les pétales postérieurs, pP.

Fig. 30. Apparition successive des étamines: deux, et", sont superposées aux sépales antérieurs, s1, a1, et naissent en premier lieu; deux autres, et1, sont superposées aux sépales latéraux, a‘, «s, et naissent ensuite ; enfin, I clamino, et?, supcr|>osée au sépale postérieur, s2, apparaît la dernière.

Fig. 31, 32. Feuilles à deux étals de développement.

ORDRE DES DROSÉRACÉES.

C’est Dccandolle qui a établi le premier, dans sa Théorie élémentaire , le groupe des D rosé racées. Les genres Drosera et Parnassiu , en effet , étaient placés par Adanson, l'un avec les Talinum dans sa famille des Pourpiers , l'autre avec les Hypericum dans sa famille des Cistes. A.-L. de Jussieu, dans son Généra plantarum, les rapprocha et les mit à la suite des Cappa ridées comme généra a/fmia avec les Réséda et les Marcyraria, qui sont aussi devenus les types de deux ordres distincts. Quant au genre Dionœa , inconnu à Adanson, il était rangé par A.-L. de Jussieu parmi les incertce scdis avec celte annotation : Caractcr ex Linnœo : An afjinis Droserœ aul Horidu/œ. M. Brongniart, dans son Enumération, conserve les Droséracées telles que les a établies Dccandolle, tandis que Endlicher et Lindley en retirent les Parnassia , l’un pour en faire le type d’un groupe distinct sous le nom de Parnassiées , l’autre pour les réunir à l 'Elodes dans sa section des Elodeœ de son ordre des Hypéricinées.

J’ai étudié au point de vue organogéniquc le Dr user a rotundi folia, le Parnassia palustris et le Dionœa mnscipula. Le Drosera rotundi folia et le Parnassia palustris sont assez communs et fleurissent abondamment ; mais le Dionœa muscipula est très rare dans les serres, donne peu de Heurs, et sans M. Pesealorc , qui a eu l’obligeance de mettre à ma disposition tontes ses riches collections, il m’eût été impossible d'en faire l'organogénie d'une manière complète. Ces trois plantes , du reste, présentent entre elles trop de différences pour qu’il ne soit pas nécessaire de les étudier séparément.

DROSF.RA ROTUNDI FOLIA.

Inflorescence. Calice. L’inflorescence du Drosera rotundifolia est une cyine unipare seorpioïde. Chaque (leur naît à l’aisselle d'une bradée mère* t est accompagnée d’une bractée latérale fertile. Les sépales sont au nombre de cinq ; ils naissent successivement et se disposent dans le bouton en prélloraison quineoneiale. Deux sont antérieurs , ce sont les sépales 1 et 3 ;

ORDRE DES RROSÉRACÉES.

doux sont latéraux , ce sont les sépales h et 5 ; enfin le ciiHpiièmc, le sépale 2, est postérieur. Peu de temps avant l'anthèse, ils deviennent eonnés à leur hase et forment un ealiee gamosépale.

Corolle. La corolle est toujours régulière; elle se compose de cinq pétales libres jusqu’à la hase , qui naissent tous à la lois alternes avec les sépales. Une fois nés , ils croissent peu pendant quelque temps , en sorte qu’ils sont bientôt dépassés par les organes plus intérieurs , tels que les étamines et le pistil. Dans le IhmiIou, ils se dis|K>sent eu prédoraison contournée ou imbriquée.

Androcée. Cinq étamines, alternes avec les pétales, constituent l’androcée ; elles naissent toutes en même temps ; leurs anthères se forment complètement avant qu’on aperçoive la moindre trace des filets, et sont extrorscs; du reste, elles sont bilorulaires, comme dans la plupart des autres plantes , et s'ouvrent par deux fentes longitudinales.

Pistil. Lorsque toutes les étamines sont nées, le sommet du réceptacle prend l’aspect d’une plate-forme triangulaire qui porte un mamelon carpellaire à chacun de ses trois angles. Ces mamelons earpellaires , premiers rudiments du pistil, sont d'abord complètement libres; mais eu grandissant ils deviennent promptement eonnés à leur base et forment un sac plus ou moins grand, selon l’àge, et dont l'ouverture "est bordée des trois mamelons primitifs qui se sont allongés pour former trois styles. Sur les parois internes de ce sac on remarque trois placentas alternes avec ces trois styles. Ces trois placentas sont des bandes très larges qui s’étendent du sommet à la hast' du sac et qui se recouvrent rapidement d’un grand nombre d’ovules analropes. C’est à mi-hauteur de ces placentas que commence l’éruption ovulaire, et elle gagne peu à peu les deux extrémités supérieure et inférieure. Ces ovules sont recouverts de deux enveloppes, et dans leurs mouvements analropiques ils dirigent d’abord leur mieropyle en bas et de dedans en dehors.

DIOX.F.A MCSCIPULA.

Inflorescence. Calice. Le Dionoea mvscipula est, comme le Drosera rot wul i folia , une petite plante qui ne végète bien dans nos serres que sur les Sphagnum. Son inflorescence est une cyme biparc ; chaque fleur née à l’aisselle d’une bradée mère est accompagnée de deux bractées secondaires latérales et fertiles. Le calice se compose , comme dans le Drosera rotundi folia , de cinq sépales qui naissent successivement et se dis|Misent dans le bouton en préfloraison quinconcialc. Les sépales 1 et 8 sont antérieurs ; les sépales h et 5 sont latéraux , et le sépale 2 est postérieur.

DI0NÆA MCSCIPl'LA , PARNASSIA PALISTRIS. 18S

Corolle, Toujours comme dans le Drosera rotundifolia , la corolle est régulière et se compose de cinq pélales alternes qui naissent en même temps et se dis|H)scnt dans le boulon en préfloraison contournée ou imbriquée. Lue fois nés , ils croissent plus rapidement que dans le Drosera rotundifolia, et recouvrent à toute époque les étamines et le pistil.

Androcée. L’androeéc du Dioncea muscipula sc compose de deux verticilles d’étamines : l’un de ces verticilles est alterne avec la corolle et apparaît avant l’antre qui est superposé à cette corolle ; le premier est plus intérieur que le second. Rarement chacun de ces verticilles n’est composé que de cinq étamines ; le plus souvent on en compte plus de cinq, parce que à la place d’une il s’en développe deux. Ces étamines , quel que soit leur nombre , grandissent comme dans les Drosera , c’est-à-dire que leurs anthères sont entièrement formées avant qu’on aperçoive la moindre trace de leurs filets ; mais ces anthères sont inlrnrses et non exlrorses, et elles présentent deux loges qui s’ouvrent par deux fentes longitudinales.

Pistil. Après l’apparition des étamines, le sommet du réceptacle se déprime , et il en résulte au milieu de la (leur une sorte de bassin dont les bords présentent bientôt cinq erénelnres superposées aux pétales. Ce bassin, c’est le rudiment de l’ovaire; les cinq erénelnres les rudiments des stigmates. Les bords de ce bassin grandissent rapidement et forment un sac plus ou moins développé, selon l’àge , mais dont la partie inférieure gonflée est l’ovaire cl la partie supérieure ciblée est le style. L’ouverture de ce sac est bordée des cinq erénelnres primitives qui se crénèlcnt ellesmêmes et qui sc recouvrent de papilles stigmaliques. C’est au fond de l’ovaire, sur un bourrelet circulaire, que naissent les ovules ; ils apparaissent d’abord sur le côté interne de cc bourrelet et gagnent peu à peu le côté extérieur ; ils sont anatropes et dressés ; ils sont recouverts de deux enveloppes, et ont leur micropylc extérieur et leur rapiié intérieur.

PARNASSIA PALISTRIS.

Endlieber a proposé de faire de celte plante le type d’un ordre à part , sous le nom de Parnassiées , et je ne semis pas éloigné de partager cette opinion. La Parnassia paluslris est une petite plante qui croît dans les prairies humides. A l’aisselle de chacune de ses feuilles naît un pédoncule très allongé qui croit en même temps que la feuille qui lui a donné naissance , devient eonné avec clic , et se termine par une fleur.

Inflorescence. Calice. Contrairement à ce qui se passe dans la plupart

ORDRE DES DROSÉRACÉES.

des autres plantes, cette (leur de Parnassia palustris commence par être irrégulière dans son développement et finit par être complètement régulière à son état parfait. Ainsi cinq séries forment le calice; ils sont libres jusqu’à la base et sont placés par rapport à la bractée mère de façon que deux sont postérieurs , deux latéraux et un antérieur : les deux postérieurs apparaissent en premier lieu et à peu prés en même temps; les deux latéraux ensuite, et enfin l’antérieur. Dans le bouton ils sont en préfloraison imbriquée de façon que le sépale antérieur soit recouvert par les deux latéraux qui sont à leur tour recouverts par les deux postérieurs. De ces deux derniers, l’un est extérieure) l'autre moitié intérieur et moitié extérieur.

Corolle. Les pétales sont au nombre de cinq ; ils naissent successivement d’arrière en avant, c'est-à-dire que le pétale |>ostérieur apparaît en premier lieu , les pétales latéraux ensuite , et enfin les pétales antérieurs. Ils croissent rapidement et recouvrent toujours les étamines et le pistil. Dans le bouton ils se disposent en préfloraison imbriquée comme les sépales, mais en sens inverse, c’est-à-dire que le pétale postérieur est recouvert par les pétales latéraux, qui à leur tour sont recouverts par les (létales antérieurs.

Androeée. L’androeée du Parnassia palustris se compose de cinq étamines superposées aux sépales; ces cinq étamines apparaissent successivement comme les pétales, d’arrière en avant, c'est-à-dire les deux étamines postérieures d’abord, les deux étamines latérales ensuite, et enfui l’étamine antérieure, et la différence entre l’àge de ecs diverses étamines est telle que les étamines postérieures présentent déjà sur leurs loges les lignes de leur déhiscence , que sur l’étamine antérieure le sillon qui indique la séparation de l’anthère eu deux loges n’est pas encore tracé. Ces anthères, du reste, sont introrses comme dans le Dionaea.

Pistil. Quatre mamelons earpellaires constituent à l’origine le pistil. Deux sont latéraux; deux sont, l’un antérieur et l’autre postérieur. Comine les pétales et les étamines , les mamelons earpellaires apparaissent successivement d’arrière en avant, le postérieur d’abord , les latéraux ensuite, et enfin l’antérieur. Ces mamelons earpellaires, primitivement distincts, deviennent promptement comtés à leur base, et forment une sorte de bassin qiiadrangulairc dont les bords sont (dus relevés du côté postérieur que du côté antérieur. En grandissant, ce bassin devient une tour à quatre créneaux, et enfin le pistil tel qu’on l'observe dans la fleur épanouie avec son ovaire surmonté immédiatement de ses quatre stigmates.

Lorsque le pistil a la forme d'un bassin quadrangulairc , on remarque

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