‹ Traite d'organogenie comparee de la fleurChapitre 22 sur 82 · COMPARAISON DES CEN RES · texte numérisé non relu

COMPARAISON DES CEN RES

sur chacun do scs eûtes une sorte de promontoire qui s'avance dans l'intérieur. Ces sortes de promontoires sont les rudiments des placentas. Ils croissent rapidement, et, grandissant plus que les bonis du bassin, ils les dépassent, et bientôt, lorsque le pistil a la Ibrinc d'une tour quadranguluire , celle tour est comme couronnée à son sommet de quatre créneaux qui ne sont que les prolongements des placentas. D’un autre côté, à l’intérieur, ces quatre placentas forment des lames qui , partant des parois , se dirigent vers le centre sans cependant y atteindre, et sc recouvrent promptement d’un grand nombre d'ovules qui sont anatropes cl revêtus de deux enveloppes.

Disque. Dans la Heur du Parnassia palustris , au moment de son épanouissement, on observe, outre les étamines et le pistil, cinq organes qui ont chacun la forme d’une écaille frangée sur ses bords. Ces cinq organes sont alternes avec les étamines; ils croissent comme les pétales, les étamines et le pistil, d’arrière en avant , et s’il m’était parfaitement démontré qu'ils apparaissent avant le pistil , je n’hésiterais pas à les considérer comme des étamines transformées, d’autant plus que les franges qui entourent chaque écaille sc montrent, comme dans les étamines composées des Tilleuls, du sommet à la base. Mais, malgré tous mes efforts, je ne puis assurer que ces organes naissent avant le pistil. Mes observations, au contraire , tendent à me faire croire qu'ils n’apparaissent que longtemps après, et que cc ne sont dès lors que des organes glanduleux analogues à ceux qui accompagnent le pistil des Crassulaeécs, par exemple.

Si, après avoir étudié ainsi isolément et successivement ecs trois plantes, dans leur organogénie florale, on les compare entre elles pour constater en quoi elles diffèrent et en quoi elles sc ressemblent, on est frappé des différences nombreuses qu’elles piésentent , et l'on ne peut comprendre comment on a pu les réunir dans un seul et même groupe.

Ainsi :

L'inflorescence est une eyme biparc dans le Dionœa muscipula , une eyme unipare scorpioïdc dans le Drosera rolmuti folia , une inflorescence axillaire dans le Parnassia palustris.

Le pédoncule de la fleur est conné avec la feuille qui lui a donné naissance dans le Parnassia palustris ; ce qui n’a pas lieu dans les deux autres genres.

La fleur est construite sur le tv|>e 5 dans toutes ; mais dans le Parnassia palustris , il y a un sépale antérieur, deux latéraux et deux )>os!éricurs , tandis que dans le ürosera rotundifolia et le Dionœa muscipula , comme dans la plupart des plantes, il y a deux sépales antérieure, deux latéraux et un postérieur.

Oit Dit K DES UH08ÉRACÉES.

Bien que régulière au moment de l’anlhèse, la fleur du Parnassia ixilustris est irrégulière à l'origine ; rien de semblable n’a lieu dans les deux autres plantes; elles sont régulières à tout tige.

I.a préfloraison du calice et de la corolle est imbriquée dans le Parnassia palustris; dans le Dionœa muscipula et le Droscra rotundi folia , la préfloraison du calice est quinconcialc et celle de la corolle est contournée ou imbriquée.

Il n’y a qu’un seul vcrtieillc à l’androcée dans le Drosera rotundi folia et le Parnassia palustris ; il y a en a deux dans le Dionœa muscipula. I.t's anthères sont extrorses dans le Drosera rotundifolia , elles sont inlrorses dans le Parnassia palustris et le Dionœa muscipula.

l.c Parnassia palustris a des glandes alternes avec les étamines ; le Dionœa muscipula et le Drosera rotundifolia en sont complètement dépourvus.

Les stigmates sont placentaires dans le Parnassia palustris; ils sont carpellaires dans le Dionœa muscipula et le Droscra rotundifolia.

Les ovules naissent sur des placentas pariétaux dans le Parnassia palustris et le Drosera rotundifolia ; ils naissent sur un bourrelet annulaire situe au fond de l’ovaire dans le Dionœa muscipula.

Enfin , la graine du Parnassia palustris ne contient pas de périsperme , tandis que dans les graines du Dionœa muscipula et du Droscra rotundifolia, l’embryon est renfermé dans un périsperme charnu.

Jccroisdonc, avec Adanson, Endlichcr et M. Lindlev, que les Parnassia ne peuvent rester avec les Drosera ; mais faut-il avec Adanson et M. Lindlev les réunir aux Hypéricinées, ou en faire avec Endlichcr un ordre à part.

Dans les Hypéricinées, comme je l’ai montré précédemment, la préfloraison du calice est quinconciale et celle de la corolle est contournée ; la fleur est régulière à tout âge ; las étamines sont nombreuses et réunies par groupes superposés aux pétales; les placentas sont pariétaux cl les stigmates sont la prolongation des carpelles; enfin les graines sont anatropes et sans périsperme. Or, de tous ces caractères, il n’y a que la placentation pariétale cl l’absence de périsperme qui conviennent au Parnassia, et dès lors il me semble qu'il vaut mieux faire de cette plante le type d’un ordre à part.

Par leur inflorescence en eyinc bijKire , par leurs étamines en nombre double des pétales, par leurs anthères inlrorses, par leur placenta si singulier, les Dionœa se distinguent aussi très nettement des Droscra, et si l’on fait des Parnassia un ordre distinct, il me semble de toute logique d’en faire un également des Dionœa.

EXPLICATION des FIGURES.

EXPLICATION DES FIGURES

Droftera rotundlfolla.

Fig. I. Inflorescence du D rusera rotundifolia. C’est une grappe scorpioïde accompagnée de deux séries do bractées.

Fig. 2. Apparition de la corolle : ce sont cinq mamelons, p, alternes avec les sépales a1, sa, s3, *4, s5.

Fig. 3. Apparition de l’androcée : ce sont cinq mamelons, et, altomos avec les pétales, p, et superposés aux sépales, s1, a3, s4, «5.

Fig. 4. Apparition du pistil : ce sont trois mamelons, ep, placés aux angles d’une plateforme centrale triangulaire, et, étamines: p, pétales ; **, aa, «s, a4, ts, sépales.

Fig. 5. Pistil isolé d’une fleur un peu plus Agée que dans la lig. 4. Au pied de chaque mamelon earpollaire. cp, on remarque une excavation , Ig, rudiment d’une loge.

Fig. 6. Pistil plus âgé. Les mamelons carpellaircs sont connés à leur base et forment une sorte do bassin triangulaire sur les côtés duquel on remarque des promontoires placentaires, pf.

Fig. 7. Fleur au moment où les anthères des étamines, et, sont complètement formées et extrorses, mais sont encore sessiles. p, pétales; s2, s3, s4, a5, sépales; cp , carj>ellcs qui, devenus connés, forment un sac sur les parois internes duquel sont les placentas, p/.

Fig. 8. Pistil plus âgé.

Fig. 9. Coupe longitudinale de ce pistil, pour montrer que les placontas, pi, ne sont point encore recouverts d’ovules.

Fig. 10. Coupe transversale du mémo pistil, pour montrer comment' les placentas, pl, se terminent au fond de l'ovaire.

Fig. \ I . Pistil au moment de l’apparition des ovules sur les placentas : ot>, ovairo ; sg, stigmates.

Fig. 12. Un placenta isolé de ce pistil, pour montrer que l'éruption des ovules, ol, commence sur ce placenta h mi-hauteur et gagne peu à peu les deux extrémités supérieure ol inférieure.

Fig. 13. Pistil au moment où les ovulos deviennent anatropes : sg, stigmates ; ov, ovairo.

Fig. 1 4. Un placenta couvert d’ovules qui tous deviennent anatropos on dirigeant leur micropylo en bas.

Fig. 15. Stigmates d'un pistil au moment do l’épanouissement do la fleur.

DIOIUPB mtlftClpUlB.

Fig. 1 0. Apparition do la corolle dans le Diouaa muscipula : ce sont cinq mamelons alternes avec les sépales, s1, s1, «3, i1, a\

Fig. J 7. Fleur dans laquelle le pistil n'est pas encore né : p, pétales; eln, étamines alterne», nées les premières ; el°, étamines superposées aux pétales, nées les dornières.

Fig. 1 8. Jeune pistil : ce sont cinq mamelons carpellaires, cp, déjà connés à leur base, de façon à former une sorte de bassin pentagonal crénelé. Au pied de chacun do ces mamelons on remarque une légère excavation.

Fig. 19. Corolle, atldrocée et pistil d une fleur plus âgée : p, pétales: el°, étamines superposées à ces pétales; et", étamines alternes ; cp, pistil.

Fig. 20. Corolle, androcéc et pistil d'une fleur encore plus Agée : p, pétales : et° , étamines supposées à ces pétales ; cl", étamines alternes ; cp, pistil.

Fig. 21. Pistil ayant la forme d'uli sac dont l'ouverture est bordée de cinq crénelures. cm, anthère.

ORDRE DES DROSÉRACÉES.

Fig. 22. Pistil au moment de I apparition des ovules. Il a la forme d'une bouteille, à ba>e renflée en ovaire, or , et à col rétréci en style , si , et dont I ouverture est crénelée , et. étamines.

Fig. 23. On a coupé transversalement le pistil , pour montrer que le placenta, pl, forme au fond de l'ovaire, or, un bourrelet annulaire sur le côté interne duquel les ovules, ol, apparaissent.

Fig. 24, 25, 26. Coupes transversales d’ovaires, ov, de plus en plus âgés. Dans toutes ces ligures, on voit que les ovules , ol, sont d’autant plus jeunes qu’ils sont plus rapprochés dos parois de l'ovairo. pi, placenta.

Fig. 27. Fleur épanouie.

Fig. 28. Pistil isolé de cette fleur épanouio.

Fig. 29. Ovaire, or, do ce pistil déchiré , pour montrer les ovules, ol, tous dressés, aiuv* tropes, et ayant leur micropyle inférieur et externe.

Fig. 30. Un jeune ovulo : ni, micropyle; h, Iule.

Fig 31 . Étamine moustrueuse qui se termine par uneanthere, an, et porte, attaché à son iilet, un ovule, ol.

Parnamila pallia tri*.

Fig. 13. Boulon enveloppé par la feuille mère, F. Les sépales s1, s3, sont les sépales postérieurs.

Fig. <6. Boulon isolé: s1, s3. s *, s5, sépales.

Fig. 4 7. Les sépales sont coupés do manière à montrer la prefloraison de la corolle. Les pétales antérieurs, pa, recouvrent par les pétales latéraux, p/,qui, à leur tour, recouvrent le pétale postérieur, pr.

Fig. 4 8. Fleur dont on a enlevé les sépales et dont on a ensuite étalé les pétales pour montrer les organes intérieurs. On voit d abord que les pétales, les étamines, et, les staminodes, ets, et le pistil sont plus âgés et plus développés du côté postérieur que du côté antérieur. Les deux étamines postérieures, par exemple , ont déjà leurs anthères nettement formées que les trois antérieures sont encore réduites à l'état de mamelons. Le pistil est formé de quatre carpelles connés à leur base et disposés en croix ; les placentas, p1, font saillie à l'intérieur et tendent à se réunir au centre.

Fig. 49. Pistil jeune isolé et vu de côté. Un carpelle est antérieur, un autre postérieur et deux sont latéraux, pi, placentas.

Fig. 20. Fleur dont on a coupé le calice, s, et la corolle, p, pour montrer les staminodes, ets, les étamines, et, et le pistil, sg.

Fig. 24 . La même dont on a coupé, en outre, une étamine antérieuro , cla , et une étamine latérale, et1. Le pistil a l'aspect d’une sorte de citadelle surmontée de quatro créneaux sligmatiques, sg, qui ne sont autre chose que les prolongements des placentas.

Fig. 22. Coupe longitudinale de ce pistil où l'on voit très nettement les placentas, pi, se couvrir d’un grand nombre d’ovules, ol , sur leurs flancs et se prolonger au sommet pour former les stigmates.

Fig. 23. Coupe longitudinale faite dans un autre sons, afin de montrer les deux flancs d’un placenta, pl, couvert d'ovules, ol.

Fig. 24. Un carpelle déchiré sur le dos; ol, ovules; pl, placenta.

Fig. 26. Diagramme d'une fleur, moins les sépales : pf>, pétale postérieur ; ets, staminodes; et, étamines; cp, carpelles: pl, placentas.

Fig. 26, 27, 28, 29. Staminodes à divers étals de développement.

ORDRE DES FRANKÉNIACÉES.

M. Au». Saint-Hilaire, dans son Mémoire : Sur les Plantes auxquelles on attribue un placenta central libre (Mém. Mus., Il, 122; XI, 61'), a montré que, dans le Frankenia pulverulenta, les ovules sont attachés aux («rois de l’ovaire cl que cette plante , par suite, doit être retirée des Caryophyllécs où Adanson et A.-L. de Jussieu l’avaient placée pour devenir le type d’un petit groupe, les Frankéniacécs, qu’il faut ranger près des Violariées, dont les ovules naissent également sur des placentas pariétaux.

!>■ Frankenia pulverulenta lleurit chaque année en assez grande abondance au Muséum. Cette année surtout, par suite des pluies continuelles du mois de juin , il a offert une végétation tellement luxuriante qu’il m’a été possible de terminer assez promptement des observations que la petitesse des (leurs, leur consistance toujours mucilagineusc -Inrsqiéellcs sont jeunes, et la végétation languissante de la fleur, me rendaient extrêmement difficiles les années précédentes.

Inflorescence. L’inllorespcncc du Frankenia pulverulenta est une ovine bijiaro. Chaque (leur liait à l’aisselle d’une feuille et est accompagnée de quatre autres feuilles dont deux sont latérales et dont deux sont, l’une antérieure et l’autre postérieure. Les deux feuilles latérales , qui apparaissent pii même temps, sont toujours fertiles, c'est-à-dire qu’elles donnent naissance chacune à leur aisselle A un rameau. Il en résulte par suite deux rameaux qui forment une vraie dichotomie au centre de laquelle se trouve la fleur, fus in dichotomia. Les deux feuilles antérieure et postérieure, qui naissent toutes deux en même temps, n'apparaissent qu’apres les deux feuilles latérales. Elles sont toujours stériles. D’abord distinctes de ces feuilles latérales , elles deviennent promptement eonnées avec elles , et l’ensemble de ces quatre feuilles ainsi eonnées à leur base forme un sac qui enveloppe la fleur et les deux branches de la dichotomie. Ces feuilles, du reste, sont dans le bourgeon en préfoliation révolulive.

Calice. Les sépales sont au nombre de cinq. D'abord complètement

ORDRE DES FRANKÊMACKe».

libres à leur base, ils sont promptement comtés et forment tin tube très allongé et quinquélidc. Ils apparaissent successivement dans l’ordre quiriconcial. Les sépales 1 et 2 sont latéraux ; les sé|>alcs 3 et 5 sont antérieurs, et le sépale h est postérieur. C'est, comme on le voit, le contraire de ce qui se passe dans la plupart des plantes dont l'inflorescence est en cyme biparc. A quoi cela tient-il ? A ec que la lleur est accompagnée de deux paires de feuilles au lieu d’une.

Ix calice des fleurs pentamères, ai-je dit précédemment , pages 10 et 16, peut presque toujours être considéré comme composé de deux paires de sépales disposés en croix. L’une de ces paires est latérale, c’est-à-dire qu’il y a un sépale à droite cl un sépale à gauche de la bractée mère ; l’autre paire est antéro-postérieure, et , chose à peu près constante, car on ne compte que deux ou trois exceptions, dans cette paire antéro-postérieure le sépale antérieur se dédouble en deux autres.

Ce n'est pas toujours la paire inférieure des sépales qui est latérale et la paire supérieure qui est antéro-postérieure. Cela varie beaucoup, selon le nombre des bradées qui accompagnent la fleur. Quand il n'y a pas de bractées au-dessous de la fleur, ou qu'il y en a quatre, comme dans le Frankenia pulverulenta , la paire inférieure des sépales est latérale et la paire supérieure est antéro-postérieure; quand il y en a , au contraire, deux , 1a paire inférieure des sépales est antéro-postérieure et la paire supérieure est latérale. Par suite, la position des sépales et leur ordre d’apparition varie également. Quand il n’y a pas de bractées au-dessous de la fleur, ou qu’il y en a quatre , les sépales 1 et 2 provenant de la paire inférieure sont latéraux, les sépales 3 cl 5 provenant du sépale antérieur qui s’est dédoublé sont antérieurs et le sépale h est postérieur. Quand, nu contraire, il y a deux bractées latérales , le sépale qui est antérieur se dédouble dans les sépales 1 et 3, qui sont alors antérieurs, le séjiale 2 est postérieur et les sépales /t et 5 provenant de la seconde paire sont latéraux.

Corolle. Cinq |>élales alternes avec le calice constituent la corolle. Ces pétales naissent tous à la fois et croissent peu dans leur premier âge, en sorte qu'ils sont promptement dépassés par les étamines , qui cependant n’apparaissent qu’après eux sur le réceptacle. Ce n’est que peu de temps avant l’anthèse , alors que les étamines ont acquis presque tout leur dévelop|»ement , qu’ils s'accroissent rapidement et recouvrent alors tous les organes intérieurs de la fleur. Dans le boulon , ils sont en prélloraison imbriquée de façon qu’il y a trois pétales moitié intérieurs et moitié extérieurs, cl que les deux autres sont l'un extérieur et l'autre intérieur.

Androcée. L’androcée dit Frankenia pulverulenta se compose de deux

A.XDHOCKK, IMNTIL. . EXPLICATION DES PIOCHES. 191

vcrtk'illes d'étamines. L’un, ipii esl superposé au calice, est complet, c’està-dire comprend cinq étamines; l’autre, qui est superposé au calice, est incomplet et ne comprend ordinairement qu'une étamine superposée au [létale qui alterne avec les sépales l et 3. Ces étamines grandissent rapidement , et chose assez remarquable , parce que c’est le contraire qui s’observe le plus ordinairement, le filet se développe presque en même temps que l'anthère ; libres d’abord, elles deviennent promptement connées entre elles et semblent ne plus former alors qu’un seul vertieillc de six étamines. A l'origine, l’étamine superposée au [létale est seule plus petite que les cinq autres , qui sont toutes égales entre elles ; mais bientôt trois des six étamines deviennent plus grandes que les autres, et si l'on recherche quelles sont les trois étamines les [dus grandes, on remarque avec surprise que c’est d'une part cette étamine stqier|iosée à un pétale, et d'autre part les deux étamines superposées aux sépales 4 et 5, et que par conséquent les trois étamines (pii alternent avec ces grandes étamines et qui sont supervisées aux sépales 1, 2 et 3, sont les plus petites. Les anthères sont extrorses, biloculaires , et s'ouvrent par deux fentes longitudinales.

Pistil. Lorsque les étamines sont nées , le sommet du réceptacle qui était hémisphérique s’aplatit et forme une sorte de [date-forme triangulaire dont les angles sont superposés aux sépales 1 , 2 et 3. C’est sur ses angles qu’apparaissent les mamelons ear|iellaircs. D’abord distincts, ils sont promptement comtés et forment un sac dont l’ouverture est triangulaire et bordée dans ses angles de trois crénelures. Ce sac se gonfle à sa partie inférieure pour former l’ovaire, et s'effile à son sommet en un style qui supporte les trois stigmates. D’un autre côté, dans l'intérieur de ce sac, trois placentas se montrent sur les parois ; ees placentas s’élargissent beaucoup et se recouvrent d'ovules, qui deviennent anatro[ies, et sont portés sur un long cordon ombilical; l’éruption ovulaire, si je puis m’exprimer ainsi, commence à mi-hauteur sur les placentas pariétaux et gagne |ieu à peu les extrémités supérieure et inférieure. Tous ces ovules se revêtent de deux enveloppes, et à l’état parfait ils ont le micropyle inférieur.

EXPLICATION DES FIGURES

Frankenla pulvérulent*.

Fig. 23. A l'aisselle de la feuille, F, ost née une Qeur, fl, qui est d’abord accompagnée de deux feuilles latérales , f.

Fig. 24. Outre les deux feuilles latérales, f , qui accompagnent chaque fleur née à l'aisselle de la feuille, F, il en est né deux autres, ff, dont Tune est antérieuro et l'autre posté- •** rieure ; celle-ci seule est visible sur la figure.

192 ORDRE DE* K R AN k É.N I ACRES .

Fig. 25. Les quatre feuilles, sont connées à lu bade. F , feuille mère, à 1 aisselle de laquelle est née la fleur.

Fig. 26. C'est la fig. 35, dans laquelle on a rabattu la feuille postérieure, f\ pour montrer que les sépales sont nés sur la fleur, fl, et que les sépales les plus grands sont latéraux. F% feuille mère, k l’aisselle de laquelle est née la fleur.

Fig. 27. Apparition des pétales, p, alternes avec les sépales ; *a, sépales latéraux;

**, sépale postérieur.

Fig. 28. Apparition des étamines, et, superposées aux sépales, s1, a5, «J, **, s3: p, pétales.

Fig. 29. Fleur un peu plus âgée que dans la fig. 28. Lo calice, •*, a3, a1, as, est rabattu pour montrer les pétales, p, cl les étamines, et.

Fig. 30. Fleur encore plus âgée. Le calice, a, est ccupé. p, pétales beaucoup plus petits que les étamines, et; cp, pistil ayant la forme d’un sac, sur les parois internes duquel ou remarque les trois placentas, p/.

Fig. 31. Coupe longitudinale du pistil de cette fleur : cp, carpelles; pl, placentas.

Fig. 32. Corolle, p, androcée, et, et pistil, cp, d'une fleur au moment où les logos des anthères commencent it se creuser extérieurement d'un sillon longitudinal qui indique leur déhiscence : p, pétales ; et, étamines; cp, pistil.

Fig. 33. Corolle, p, androcée, et, et pistil, cp, au moment de l'apparition des ovules sur les placentas.

Fig. 34. Pistil isolé.

Fig. 35. Coupe longitudinale de ce pistil : p/, placentas; o/f ovules.

Fig. 36. Pistil au moment où les ovules se revêtent de doux enveloppes.

Fig. 37. Un placenta do ce pistil isolé : ol, ovules.

Fig. 38. Bouton peu de temps avant lanthèse : les sépales sont connés k leur base.

Fig. 39. Coupe longitudinale de ce boulon : s, calice; p, corolle; et, étamines; or, ovaire; si, style; $g, stigmates; ol, ovules.

Fig. 40. Androcée, et, et pistil isolé; or, ovaire; st style; tg, stigmates.

Fig. 4t. Ovaire déchiré sur le dos ; ol , ovules d'un placenta ; ol', ol", ovules des deux autres placentas.

Fig. 42. Un ovule isolé et grossi: r, raphé ; m, micropyle.

Fig. 43, 44, 45. Pétales k divers états de développement pour montrer comment se forme cet appendice qui tapisse la partie antérieure et supérieure de l'onglet.

ORDRE DES RÉSÉDACÉES.

Les Résédas ont eu le sort des Balsamines. On a énormément éerit sur la structure de leur tleur, sur sa symétrie. Les opinions les plus variées ont été émises , et, chose singulière , à mesure que ces opinions se sont succédé , elles sont devenues de plus en plus extravagantes. Ainsi, après .M. de Tristan, qui, le premier (.4nn. Mus., XVIII, 392 ), sépara les Résédas des Câpriers avec lesquels Adanson et A.-L. de Jussieu les avaient confondus pour en faire un groupe à part sous le nom de Résédaeées , et dont le mémoire renferme à peine quelques erreurs, au milieu d’un grand nombre d’observations lînes et judicieuses, vint M. Lindley, qui, dans ses CoUectanea botanica , avança cette idée étrange que la (leur du Réséda est une fleur composée analogue à celle des Euphorbes : que le calice est un involucre commun , chaque pétale une fleur stérile, et le disque un calice propre qui environne une fleur hermaphrodite composée des étamines et du pistil (I). Enfin, il y a quinze ans à peine, un homme dont je me glorifie d’avoir été l’élève chéri, qui n’avait d’autre passion que la liotaniquc, d’autres désirs que de la faire aimer aux autres (2), et dont les travaux nombreux sur le placenta central , sur le gynobase , sur la morphologie, etc. , lui ontaequis un des premiers rangs parmi les botanistes modernes, a aussi étudié les Résédas et publié deux mémoires sur ces plantes. Comme dans tous ses autres ouvrages , les observations sont exactes et les descriptions sont complètes ; mais les considérations générales qui les accompagnent sur la symétrie de la (leur sont encore [tins étranges que

(t) M Lindley a renonce depuis a celle explication do la Uuur de» Héscdas, et il la annoncé dans son Vegetable Kingdom tlo la fat;on la plus convenable. En cela, il a fait preuve de ce bon goût qui distingue les vrais savants.

« Vous m'avez ouvert les yeux, écrivait M. de Mirbel a M. knigth , et je vous en » remercie ; car, de mémo que vous , je cherche la vérité. Se refuser à l'évidence est une » folie dont un savant est tôt ou tard puni par la perte de sa réputation. Il vaut mieux » changer de route que d'en suivre une qui vous égare. •

(2) La plupart des botanistes modernes français sont des élèves de M. Aug. de Saint- Hilaire : MM. Moquin-Tandon. Tuiasnc, Planchon, Naudin, de Girard, etc...

194 0H1PHE UES KÉSÉDACÉES.

celles de il. Liudlcy. Ainsi, par exemple, [kiuc rendre compte de colle espèce d’appendice transversal qui se développe au sommet de l'onglet du pétale , il admet qu’il y a dans la Heur des Résédas deux vcrlicilles de létales superposés , et que ees pétales superposés se soudent deux à deux dans la plus grande partie de leur étendue. Ainsi encore, il admet que le disque , c’est-à-dire ce gonflement du tissu réeeptaeulaire qui se produit après le développement de tous les autres verticilles de la fleur, représente deux verticilles en partie avortés.

Inflorescence. Calice. L'inflorescence de toutes les Résédaeées est une grappe , et la fleur est le plus souvent quinaire. Quelquefois cependant on observe sur certaines espèces , en même temps que des fleurs quinaires, des fleurs avec le type 4 (ex. Réséda Inteola ) ou des fleurs avec le type 6 ( ex. Réséda nlba ). Quand la (leur est quinaire , un sépale est [loslérieur, deux sont latéraux et deux antérieurs. Quand la fleur est quaternaire, un sépale est postérieur, un autre antérieur et deux sont latéraux. Enfin, quand la fleur est construite sur le type 6, deux sépales sont antérieurs, deux postérieurs, et deux latéraux.

Ces sépales sont libres jusqu’à la base. Dans la fleur quinaire , deux se montrent d'abord , ce sont les deux sépales latéraux ; le sépale postérieur apparaît ensuite et, en dernier lieu, les deux antérieurs. Dans la fleur quaternaire , c’est le même ordre d’évolution. Le calice des Réséda peut donc, être considéré comme composé de deux paires de feuilles, l’une alterne avec la bractée mère , l’autre antéro-postérieure dont l’une des feuilles , celle qui est superposée à la bradée mère, se dédouble parfois pour former un calice quinaire au lieu d’un calice quaternaire.

Corolle. Les pétales des Réséda alternent avec les sépales ; ils naissent successivement d’arrière en avant , c’est-à-dire que les deux [létales postérieurs apparaissent d’abord et simultanément, les deux latéraux ensuite et enfin l’antérieur. L’irrégularité qui s'était déjà manifestée dans l'évolution des sépales se continue donc dans l'évolution des pétales , en devenant même [plus marquée et plus durable. Les sépales, bien que nés à des époques différentes, sont à peu [très semblables entre eux à l'état parfait. Les pétales, au contraire , conservent toujours, dans leurs formes et leurs dimensions ultérieures, des traces de leur ordre d’apparition sur le réceptacle. Ainsi , tandis que les deux pétales postérieurs , les [premiers nés , prennent un grand accroissement et se ramifient en produisant sur chacun de leurs cotés une série de lanières qui se montrent successivement du haut en bas, comme les folioles d’une feuille composée, les deux pétales latéraux se développent moins et ne se ramifient que d'un seul côté, le côté contigu

COROLLK, 01*01 K.

au pétale postérieur le plu» voisin, en sorte que chacun de ces deux pétales n’est pas symétrique et ressemble complètement à la moitié d’un des (létales postérieurs. Enfin, le pétale antérieur est beaucoup plus petit que les autres et n'est point ramifié le plus souvent. Je n’ai point eu l’occasion d’observer sur le vivant les Oligomerù , genre do Résédacées qui n'a que deux pétales à la corolle, et par suite il m’est impossible do dire si, à l'origine, on trouve les traces de cinq [létales alternes avec les cinq sépales. Mais, en présence de cette tendance constante dans toutes les Résédacées à s p développer, moins du côté antérieur que du côté jiostéricur, on est tout naturellement conduit à conclure que dans ces Oligomeris qui n’ont plus que deux pétales, ce sont les trois [létales antérieurs qui ont avorté , et l'observation sur des fleurs à l’état parfait montre qu’en effet les deux pétales qui restent sont les deux pétales postérieurs.

Je viens de dire que les pétales apparaissent d'abord comme des mamelons qui s’allongent bientôt de manière à produire une sorte de lanière pétaloïde ; que sur les côtés de cette lanière , dans les [létales postérieurs , se montrent d'autres mamelons formant deux séries, l'une à droite et l'autre à gauche, et d’autant plus jeunes qu'ils sont plus rapprochés de la base du I létale ; enfin , que ces nouveaux mamelons s'allongent à leur tour eu lanières pétaloïdes comme le mamelon principal sur lequel ils se dévelop|ienl, en sorte que ce mamelon principal paraît comme ramifié.

O n'est que lorsque tontes ces ramifications du pétale sont nées et déjà grandement développées que l'on voit apparaître, presque à la base du pétale, un bourrelet transversal , sorte dd repli qui croit très rapidement et finit par former, avec la partie inférieure du pétale, cette écaille sur la nature de laquelle les botanistes ont tant disserté. Cette écaille n’est donc, à vrai dire, qu'une sorte d'appendice de l’onglet, quelque chose de tout à fait analogue à ce qu’on remarque au sommet de l’onglet des (s-talcs d'un grand nombre de Caryophyllées.

Disque. Lorsque les pétales sont nés, il se forme autour du réceptacle devenu [dus ou moins conique, une sorte de bourrelet circulaire [dus développé en arrière qu’en avant. C’est sur la partie' supérieure de ce bourrelet qu'apparaissent les étamines; quant à la [sirtie inférieure, elle s'allonge surtout du côté postérieur de la fleur en celte lame mince qui se recourbe [dus ou moins selon les especes, et produit une sorte de disque sur la nature duquel M. Aug. de Saint-Hilaire , toujours trompé par sa méthode analogique, a fait les suppositions les plus singulières : c’est un gonflement du tissu du réceptacle qui se manifeste au-dessous de l’androeée et après l’apparilion des étamines, tout à fait analogue au gonflement beaucoup plus

ORDRE RES RKSKO VCEE.S.

fréquent du tissu du réceptacle qui se manifeste au-dessous du pistil et après l'apparition des carpelles.

Androcée. Comme le bourrelet sur lequel naissent les étamines se dessine d’abord sur le côté postérieur de la fleur, il est tout naturel que les premières étamines qui se montrent soient les étamines postérieures : l'apparition des étamines a donc lieu, comme |>our les sépales et les pétales, d’arrière en avant.

On a beaucoup discuté sur la question de savoir si, dans l'androcée des Réséda , il y a plusieurs verlicilles d’étamines , et si , dans l’hypothèse de plusieurs verlicilles , un seul se dédouble, ou plusieurs, {tour produire ce nombre d’étamines parfois si considérable. Cette question , presque insoluble jusqu'à présent, l’organogénie permet de la résoudre avec la plus grande facilité.

Les Réséda ont le plus souvent onze étamines, quelquefois on eu compte treize , rarement un très grand nombre. Enfin, dans le genre Oligomeris, on n’en observe que trois.

Lorsqu’il y a onze étamines, voici comment elles sont placées : une est superposée au sé|>alc |H)stérienr, boit sont super|K)sées par paire à chacun des quatre autres sépales, enfin deux sont sti|KT|iosée.s chacune à l'un fies pétales postérieurs. 11 y a donc dans les Réséda deux verlicilles d’étamines, l’un super|H>sé au calice et composé de neuf étamines, l'autre superposé à la corolle et compost! seulement de deux étamines qui sont plus intérieures que les autres, ce «pii est un cas assez rare dans le règne végétal.

Lorsqu'il y a treize étamines , cela tient à ce (pie à la place des deux «-lamines superposées à chacun des deux sépales antérieurs, il y en a trois. Enfin, lorsqu’il y a un grand nombre d’étamines, comme dans le Réséda odorata , c’est que devant chacun des sépales latéraux et des sépales antérieurs, au lieu de deux ou trois étamines , il en naît un plus grand nombre. Les choses, toutefois, sont toujours d’une telle layon, qu’en face les sépales antérieurs il y a plus d'étamines qu’en face les sépales latéraux. Et l'on ne saurait trop faire remarquer ce fait, que c’est précisément du côté où le disque et la corolle ont le moins de développement que les étamines sont plus nombreuses.

Dans YOligameris, les trois étamines qui existent correspondent aux trois étamines qui se montrent les premières dans les autres Résédacées, c'està-dire «pie l’une est superposée au sépale postérieur, et les deux autres superposées aux pétales postérieurs; c’est une sorte d'arrêt de dévetopjienient dans l’androcée.

pistil. L’irrégularité qui s’esl manifestée dans l'ordre d’apparition du

PISTIL

calice, de la corolle et de l'amlrocée, se continue dans l’évolution du pistil , et se produit également d’arrière en avant. Ainsi, dans le Réséda phyleiima, où il n’y a ()ue trois carpelles, on aperçoit d'abord le carpelle postérieur, puis les deux autres carpelles. Dans le Réséda alba , où il y en a souvent quatre , le premier qui apparaît est également le carpelle postérieur. Les deux carpelles latéraux viennent ensuite, et enfin le carpelle antérieur.

Ces carpelles des Rese<la grandissent et forment une sorte de sac qui reste toujours ouvert à son sommet, et dont les parois sont parcourues par trois ou quatre placentas alternes avec les pointes de ces carpelles , et sur lesquels apparaissent du bas vers le haut, et sur deux séries, des ovules anatropes.

Dans l' A strocarpus sesamoides, les eaïqielles apparaissent également d'arrière en avant , et sont tantôt au nombre de cinq , tantôt au nombre de six , selon qu’il y en a un ou deux en avant. Mais ces carpelles ont une structure bien singulière et qui a de tout temps exercé la sagacité des botanistes. Ce sont, en effet, cinq ou six petits mamelons arrondis, ressemblant assez à cinq ou six petites bornes placées sur le réceptacle. Mais bientôt, sur le côté interne de chacune de ces bornes , se forme comme une sorte de niche qui devient de plus en plus profonde, et surles parois de laquelle apparaît unovule.

Voilà ce que donne l’observation des faits ; voyons maintenant quelle peut en être l’explicûlion.

Dans les Caylusea, le pistil se compose de cinq feuilles carpelluires, toujours distinctes jusqu’à la base, et offrant chacune à leur aisselle un petit mamelon placentaire, sur lequel naissent deux ovules anatropes dressés, et ayant leur micropyle extérieuret inférieure! leur raphé intérieur. Imaginons (pie ce petit mamelon placentaire devienne comté avec la feuille rarpcllaire à l’aisselle de laquelle il se trouve, comme nous voyons, dans la Capucine, la fleur devenir connéeavee la bractée qui l'a produite, et sembler naître du pétiole ; n’en résultera-t-il pas que les ovules seront attachés au dos du carpelle ; qu’ils seront suspendus au lieu d’être dressés, et que leur raphé sera extérieur et non intérieur; en un mot, que nous aurons exactement l’ovaire de YAstracarpus sesamoides, à (‘elle seule différence qu'il n'y a qu'un ovule au lieu de doux ?

Kn d’autres termes , et sans avoir recours à la théorie des soudures de M . Deeandolle , la feuille earpellairc, comme toute autre feuille, naît sur un coussinet qui produit en même temps un mamelon placentaire à son aisselle. Dans la plupart des cas , ce coussinet se développe |ieu ; sa surface est horizontale et limitée du côté extérieur parla feuille earpellairc, et du côté intérieur par le mamelon placentaire. Mais dans YAstrocarpus sesamoides , ce coussinet s’allonge lieaneoiqi du côté extérieur, de façon que sa

ORDRE ItkS RÊSKIlAr.FKS.

surface, qui était horizontale, devienne verticale et intérieure. Par suite de telle espèce de mouvement de haseulc , le bord de ce coussinet qui était extérieur est devenu supérieur; la feuille earpellaire , qui formait une sorte de parapet à l'extérieur, forme maintenant une sorte d’auvent ; et le mamelon placentaire, qui était intérieur et inférieur, est devenu supérieur et extérieur.

C’est quelque chose de tout à fait analogue à ce qui se passe dans le dévclop|>einent des ovules anatropes, où le sommet du funiculc, au lieu de rester horizontal , comme dans les ovules ortliotropes , s'allonge considérablement d’un côté pour constituer un raphé sur la face latérale et interne duquel naissent les enveloppes de l’ovule.

IMPLICATION DES FKîl'RKS.

Rrsrtfa odorat».

Fig. 1 . Mamelon dorai au moment (le l’apparition des deux premiers repaies latéraux, *L Ce mamelon est déjà irrégulier, car il est beaucoup plus élevé du côté postérieur que du côté antérieur : comme H est représenté de côté , on n'aperçoit qu’un des deux sépales „ latéraux.

Fig. 2. Apparition du sépale postérieur, *r : s/, sépale latéral.

Fig. 3. Fleur plus âgée. Tous les sépales sont nés; mais la différence des grandeurs indique celle des âges, et l’on voit très bien que les deux sépales antérieurs , ont apparu après les autres. Quatre pétales sont nés; les deux postérieurs d'abord, pP ; les deux latéraux, />*, ensuite. On n'aperçoit encore aucuno trace du cinquième qui sera antérieur.

Fig. 4. Le pétale antérieur, p*, est né. De plus, l androcée s'est détaché du réceptacle du côté postérieur seulement, sous la forme d'un bourrelet, sur le sommet duquel on aperçoit trois étamines, et, une médiane plus Agée, puis deux autres, */', autres sépales : pP, p7, autres pétales.

Fig. 5. On a coupé un sépale latéral , »f, et un sépale antérieur, Les cinq pétales sont nés. L’androcée, ete, forme un bourrelet qui fait maintenant le tour du réceptacle, et au lieu de trois étamines seulement on en compte déjà onze, et, et elles sont d autant plus jeunes qu elles sont plus antérieures. Du reste, aucune trace encore du pistil.

Fig. 6. Fleur au moment de l'apparition du pistil. On a coupé , comme dans la figure précédente , un sépale latéral et un sépale antérieur; pP, p1, p*, pétales. Les étamines, et , sont déjà très nombreuses, mais ne recouvrent point encore tout le pourtour du bournèlet androcéen. Les postérieures sont déjà très grandes que les antérieures sont à peine nisibles. Le pistil ne se compose encore que de trois bourrelets carpellaires, un postérieur, epP, qui s’est montré lo premier, deux latéraux, c/j7, qui se sont montrés ensuite.

Fig 7. Pistil de la fig. 6, vu de face.

Fig. 8. Le pistil est complet; le quatrième carpelle, c//'r est né, et les quatre carpelles sont connés de façon que le pistil a l'aspect d’une enceinte continue très élevée du côté postérieur ; et comme les placentas, p7, font déjà saillie à l'intérieur, la cavité de l'enceinte a la forme d'une croix.

IMPLICATION HKS KK.IRKS.

Fig. 9. Pistil plus âgé. Los placentas postérieurs, plP, sont comme tuméliés.

Fig. 40. Pistil beaucoup plus âgé encore. C’est une sorte de sac dont les parois intornes sont parcourues par quatre placentas et dont les bords sont considérablement épaissis.

Fig. H. Le mémo , déchiré , pour montrer dans I intérieur les quatre placentas Les deux postérieurs, pU\ sont déjà couverts d’ovules que la surface des doux antérieurs est encore lisse.

Fig. 42. Pistil peu de temps avant l'épanouissement.

Fig. 4 3. Le même, coupé longitudinalement de manière a montrer les deux placentas postérieurs, pi?, couverts d'ovules avec deux enveloppes.

r«)iu»ra ranr»c«ni,

Fig. 14. Jeune pistil de Caylusea canneras au moment où les ovules apparaissent au nombre de deux en face de chaque carpelle. Chacun de ces deux ovules, ol , est moins rapproché de son voisin de la même logo que de son voisin do la loge contiguë.

Aiimtrira» ifumoMei.

Fig. I. Inflorescence en grappe de l Asli'oearpus stsainoulc*. Lrs bractées, 6, cl les fleurs,

/T, sont d autant plus jeunes qu elles sont plus élevées sur l’axe floral. Sur les fleurs

inférieures, on aperçoit déjà les deux premiers sépales, «*, **.

Fig. 2. Une bractée isolée, h, avec la fleur née à son aisselle. s3, sépales.

Fig. 3. Fleur dans laquelle le calice seul est né. Les sépales, «2, ont apparu d abord et

simultanément. Le sépale, a4, superposé à l'axe, est né ensuite, et enfin les sépales, *\ «*, à peu près en même temps.

Fig. 4. Jeune fleur vue de face au moment de l'apparition des deux pétales postérieurs . pP, a1, aa, a3, a4, sépales.

Fig. 5. La même, vue de côté, pour montrer 1 insertion de ces deux pétales postérieurs, p **.

Fig. 6. Fleur plus âgée. Tous les pétales sont nés : les deux latéraux , p', après les deux postérieurs, pP, et enfin l'antérieur, p*. Trois étamines postérieures, cl , sont également nées, l'une superposée au sépale, a4, d'abord, les doux autres superposées aux deux pétales postérieurs, pf\ ensuite, et simultanément.

Fig. 7. Fleur encoro plus âgée. Il y a sept étamines au lieu de trois, et elles sont d'autant plus jeunes qu elles sont plus antérieures. Les quatre qu'on n'aperçoit point encoro dans la lig. 6 sont superposées par paires aux deux sépales latéraux, a1, a3. On n'aperçoit encore aucune trace du pistil.

Fig. 8. Toutes les étamines sont nées et sont d autant plus développées qu elles sont plus postérieures. Quatre des carpelles du pistil sont déjà nés ; les deux postérieurs sont plus gros.

Fig. 9. Pistil isolé do la lig. 8. Les carpelles sont des corps complètement hémisphériques.

Fig. 4 0. Pistil d'une fleur plus avancée. Le cinquième carpelle qui est antérieur est né.

Fig. 1 1 . Fleur plus âgée dont on a enlevé la plus grande partie des sépales pour montrer linlérieur. Les étamines intérieures ont déjà leurs anthères formées que les étamines antérieures sont encore arrondies. Les cinq carpelles sont au centre; deux sont intérieurs ; deux sont latéraux; un est antérieur.

Fig 12. Fleur dont on a coupé les sépales et que l'on a dessinée de côté pour montrer

200 Ull DK K DKH NËHKIMliKKS.

l'ordre de décroissance des pétales , p, des étamines , et, et des carpelles , cp, d’arrière en avant.

Fig. 13. Pistil de celte fleur isolé et grossi. Les carpelles postérieurs commencent à se creuser sur leur face interne; les quatre autres carpelles, car il y en a ici comme souvent deux antérieurs nu lieu d’un, sont encore arrondis.

Fig. 1 4. Autre pistil beaucoup plus âgé. Les carpelles ont tous leur face évasée ol présentent en outre à leur extrémité une pointe d’autant plus développée que l'on consi* dère un carpelle plus postérieur.

Fig. 15. Trois carpelles de la flg. 4 3 pour montrer la différence de leur développement d'avant en arrière. Le carpelle antérieur, cp*, est arrondi dans tout son pourtour ; le carpelle latéral, cp1, commence à se creuser sur sa face interne ; et le carpelle postérieur, cpP, montre à la partie inférieure de son excavation un grand mamelon ovalaire, ol.

Fig. 46. Carpellu un peu plug âgé : o/, ovulo, qui semble attaché sur le milieu de la nervure médiane du carpelle.

Fig. 17. Fleur dont on a enlevé les étamines et la pistil pour montrer la formation du disque, cl, qui n’est qu’un gonflement du réceptacle beaucoup plus considérable du côté postérieur que du côté antérieur. On aperçoit déjà en ec , le commencement de ces appendices qui se dévelopj>enl sur la face interne des pétales.

Fig. 4 8. Coupc verticale do la fig. 17, pour inonlrer la hauteur do ce disque, d.

Fig. 19. Fleur dont on a enlevé les étamines et le pistil comme dans la fig. 17, pour montrer le disque, d, qui s’est considérablement accru du côté postérieur. Les appendices intérieurs, ec, de chaque pétale sont également très grands.

Fig. 20. Coupe longitudinale d'avant en arrière de la fig. 4 9. On voit que le disque est beaucoup plus élevé en arrière qu'on avant et s'amincit à sa partie supérieure en une sorte de lame qui se recourbe.

Fig. 24, 22, 23. Pétales à divers étals de développement. Les lanières de chaque pétale apparaissent de bas en haut. On voit, en outre, dans la fig. 22 le commencement de l'écaille, ce, qui est fort manifeste dans la fig 23.

Fig. 24. Carpelle au moment de l’épanouissement do la fleur.

Fig. 25. Le môme, coupé longitudinalement do manière à laisser voir l'ovule.

Fig. 26. Ovule isolé : m, micropyle, h, hile.

ORDRE DES CAPPAR1DÉES.

Doux tribus constituent l’ordre des Capparidées : lesCléomées et lesCapparidées proprement dites. Leur mode de développement est trop différent pour ipie je n’expose pas successivement leur organogénie. Les unes, en effet, parleur symétrie, le nombre et l’évolution de leurs étamines, la nature de leur pistil, la disposition et la forme de leurs ovules, ressemblent beaucoup aux Crucifères et ne peuvent en être éloignées, tandis que les autres, par la multitude de leurs étamines, leur développement centrifuge, par l'organisation de leur pistil, et les dispositions multisériéesde leurs ovules sur les placentas, ont beaucoup d’analogie avec les Hypérieinées et les Cistes.

cléomkes.

Inflorescence. L’inflorescence dans les deux plantes que j'ai étudiées, le Cleome spinosa et le Polanisia graveolens, est très simple ; c’est une grappe. A l’extrémité de chacune des branches, les feuilles se métamorphosent successivement en bractées, et à l’aisselle de chacune de ees feuilles plus ou moins métamorphosées naît une fleur longuement pédoneulée.

Calice. Le calice des Cleome et des Polanisia est composé de quatre sépales distincts jusqu’à la base. Deux sont latéraux ; deux sont, l’un antérieur, l’autre postérieur. Ils sont très étroits, et, peu de temps avant l’anthèse, ils atteignent à peine la moitié de la hauteur des pétales. A l’époque de l’épanouissement, ils se réfléchissent dans I eCleome, tandis qu’ils restent dressés dans le Polanisia. Lorsqu’on suit le développement de ees sépales, on est frappé des différences profondes qu’ils présentent dans ces deux genres. Ainsi, dans les Cleome , ils apparaissent par paire, d’abord les deux latéraux, puis les deux autres. Dans les Polanisia, le sépale antérieur se montre, à l'origine, sous la forme d’un large bourrelet qui double en quelque sorte la bractée mère. Viennent ensuite les deux sépales latéraux, et enfin le sépale postérieur. Cette différence dans l’âge des sépales en entraîne pendant longtemps de correspondantes dans leurs formes et leurs dimensions. Mais, lorsque tous se sont dévelop[>és, tous se ressemblent, et le calice, qui était irrégulier dans sa jeunesse, est devenu régulier,

IIHIIHC UKS (.U'I'AimiKKS,

Corolle. La corolle est polypétalc et les létales alternent avec les séjciles. Ils naissent Ions en même temps et se disposent en préfloraison contournée dans les Polanisiu comme dans les Cleome. Leur limbe est porté sur un long onglet, mais leur développement n'offrc rien de spécial.

Androcée. Les étamines ne sont pas en même nombre dans lesC’/eome et les Polanisiu, et cependant la symétrie est la même. Ainsi, dans les Cleome , il n’y a que six étamines, tandis que dans les Polanisia il y en a huit. A quoi tient celle différence? Dans les Cleome comme dans les Polanisiu, il y a une étamine devant chaque sépale latéral, et un groupe d'étamines devant chacun des deux sépales antérieur et postérieur. Seulement dans les Cleome , il n’y a que deux étamines devant chacun de ces deux sépales, tandis que dans les Polanisia , il y a deux étamines devant le sépale postérieur cl quatre devant le sépale antérieur (1).

Ijb mode de développement de ces étamines est très différent dans les deux genres. Dans les Cleome , où l’évolution est régulière, les deux étamines latérales se montrent d’abord, et ce n’est que plus lard que les groupes antérieur et postérieur apparaissent simultanément. Dans les Polanisia , au contraire, l’évolution est irrégulière pour les étamines comme pour le calice, mais en sens inverse; tandis que pour le calice, c’est le sépale antérieur qui se développe d’abord, puis les deux latéraux et enfin le postérieur ; pour les étamines, au contraire, ce sont les deux étamines postérieures qui apparaissent d’abord, puis les deux latérales, puis les quatre antérieures. Comme pour le calice, «lu reste, lorsque la (leur a atteint son complet développement, tontes les étamines sont égales et l'arulrocée est régulier.

Disque. Dans les Cleome , le disque n’est autre chose «pie le gonflement de la portion du réceptacle qui supporte les étamines et le pistil, et comme la fleur est essentiellement régulière, le disque est aussi très régulier. Dans les Polanisia , il n’en est pas de même. La | an-lion du réceptacle comprise entre les étamines et les pétales, du côté postérieur de la fleur seulement, se gonfle et finit par former de ce côté un bourrelet demi-circulaire, une sorte de muraille qui sépare la base des étamines de la base des (létales. Quelquefois dans la même plante, sur le même pied, au lieu d’une muraille, ce sont trois pans de mur qui ont la forme de trois glandes.

Pistil. Le pistil se ressemble beaucoup au premier abord dans les Cleome et les Polanisia. Il est porté sur un gynophore très long dans les Cleome et très court dans les Polanisia , et se compose d’un ovaire uniloculaire à deux placentas pariétaux, qui sont, l’un antérieur et l’autre postérieur, d’un style

(t) J'ai rencontré quelquefois douze étamines dans les Polanisia, et il m'a semblé quo les quatre étamines qui se trouvaient en plus étaient superposées aux pétales.

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