INFLORESCENCE
passe pour les lobes ou pour les folioles quelque chose d’analogue ce qui a lieu pour les fleurs dans le Ihyrse du Marronnier d’Inde. Les lobes latéraux supérieurs sont tous de même génération, et, par conséquent, leur évolution a lieu de bas en haut. Les lobes latéraux inférieurs, au contraire, naissent tous successivement les uns des autres; ils sont tous, par conséquent, de générations différentes, et leur évolution a lieu de haut en bas. C’est là l’explication de ce mode d’évolution dans lequel les lobes médians naissent avant les lobes supérieurs et les lobes inférieurs.
Il est bien entendu que dans cette comparaison entre les feuilles et les axes, je n’ai eu en vue que le mode d'évolution de ces organes et non le mode de leur développement. Naître et s'accroître sont deux choses différentes, et, par suite, l’ordre d’apparition des organes n’est pas nécessairement le même que le mode d’accroissement. Au contraire, quiconque s’est occupé d’une manière suivie d’organogénie a vu un grand nombre de fois : 1“ un organe naître et ne pas grandir; c’est même là l’origine de la théorie des avortements ; 2° un organe naître avant un autre, et cependant être promptement dépassé par lui dans son accroissement : ainsi la corolle apparaît avant les étamines; mais, comme pendant longtemps, dans plusieurs plantes, elle s’accroît peu, tandis que les étamines s'accroissent beaucoup, il arrive un moment où les étamines sont tellement grandes et les pétales tellement petits, qu’on croirait et qu’on a cru que la corolle apparaissait après les étamines.
Revenons maintenant à l’involucre des Ombellifères. Il est facile de constater que les diverses parties qui le composent sont autant de feuilles distinctes, car elles naissent isolées les unes des autres, et produisent chacune à leur aisselle un rayon d’ombelle. Il s’en faut de beaucoup que tous les rayons d'ombelle aient une feuille involucrale à leur base; ceux qui sont au centre et qui sont les plus jeunes en sont complètement dépourvus. Tous se montrent d'abord sous la forme de mamelons qui se comportent à leur tour comme le mamelon principal sur lequel ils se sont développés, c'est-àdire qu'ils produisent à leur pourtour de petites feuilles, rudiments de Pinvolucelle, et au centre d’autres mamelons, rudiments des fleurs. De même que pour les rayons de l’ombelle, parmi les fleurs qui naissent sur un même rayon, les plus externes sont les plus âgées, et toutes n’ont point à leur base de feuille involucellaire.
Il arrive souvent qu’à l’aisselle de chacune des deux feuilles involuerales qui naissent les premières, et qui sont situées à droite et à gauche de la bractée mère, au lieu d'un rayon d'ombelle, on observe une étamine dont l’anthère est exlrorse. J’ai figuré cette monstruosité sans pour le moment vouloir en tirer aucune conséquence.
ORDRE DES UMBELUEÈRF.S.
Calice, corolle et androcéc. La fleur des Oinbellifères a cinq sépales, cinq pétales et cinq étamines, et chaque verticillc alterne avec celui qui le précède et celui qui le suit. Deux sépales sont antérieurs, deux latéraux et un postérieur. Les latéraux apparaissent en dernier lieu : cela est très visible dans YUeracleum barbatum; mais il est impossible de déterminer avec certitude si les trois autres se développent en même temps ou successivement.
Ces sépales grandissent peu, et lors de l'épanouissement de la fleur, on les aperçoit souvent avec peine ; les pétales, au contraire, naissent tous à la fois, cl, à l’encontre de ce qui se passe dans beaucoup de plantes, ils ne présentent aucune interruption dans leur croissance, et sont toujours proportionnellement plus grands que les organes qu’ils protègent.
Les étamines n 'offrent rien de particulier dans leur développement. Elles naissent toutes en meme temps, sont biloeulaires, inlrorses et s'ouvrent par deux fentes longitudinales, une sur chaque loge.
Pistil. Ce n’est (pie longtemps après l’apparition des étamines, lorsque tes anthères sont déjà nettement caractérisées, que l'on aperçoit les premières traces du pistil. Ce sont deux bourrelets seini-lunaires se touchant par leurs extrémités, de manière à circonscrire une surface circulaire ; ces deux bourrelets sont les rudiments des styles etdes stigmates. Us grandissent promptement, et tandis qu’ils s’élèvent d’un côté, ils enfoncent, de l’autre, leurs extrémités dans la cavité ovarienne formée par la dépression de la surface réceptaculaire qu’ils circonscrivent. Il en résulte que les parois de celle cavité sont parcourues par deux doubles cordons qui s’étendent du sommet à la hase, et qui ne sont autre chose que les placentas. En effet, on voit bientôt ces deux doubles cordons s’avancer l’un vers l’autre, se joindre sur la ligne médiane, s’y souder de manière à partager la cavité ovarienne d'abord unique en deux compartiments ou loges; puis, dans chaque loge, ces placentas se gonflent à leur base, et donnent naissance à deux ovules analropes dont l’un est ascendant et avorte, et dont l’autre est pendant et arrive seid à maturité. Ce dernier a son raphé intérieur et son micropyle extérieur, ce qui est un cas assez rare et qui mérite d’être noté. Il n’a jamais qu'une enveloppe, et est suspendu dans l’intérieur d’une cavité qui sc forme dans chaque loge, au-dessous de la fente qui indique la soudure des deux placentas qui se sont rencontrés sur la ligne médiane : en sorte que chaque loge de l'ovaire des Oinbellifères peut se diviser en deux parties au point •
de vue de l’origine : l’une, supérieure, formée par la réunion des deux placentas; l’autre, inférieure, qui est produite par une sorte de puits creusé dans le réceptacle. L'est quelque chose d'analogue à ce qui se passe dans les Sapindacées (page 151) et dans les Onagres.
EXPLICATION DES FICtKKS.
EXPLICATION DES FIGURES
PLANCHE LXXXVIII
Ueracleuni barbu) uni.
Fig. 4 . Premier élat d'une ombelle composée d ’Heracleum barbaltnn. C'est uniquement un mamelon utriculaire entouré d'une bractée, B.
Fig. i. Mais bientôt à droite et à gauche de cette bractée, fi, on voit naître sur le mamelon floral deux autres petits mamelons, /■, qui sont les rudiments de deux folioles de l involucre A l'aisselle de l'une d'elles, on voit déjà apparaître un rayon do l'ombelle, r.
Fig. 3 L' inflorescence est plus âgée. On aperçoit, d’un côté, trois folioles de l'tnvolucre, f>t et un grand nombre de mamelons qui sont les rudiments des rayons de l'ombelle. Ces mamelons sont d’autant plus âgés qu'ils sont plus extérieurs.
Fig. 4. On a coupé l'inflorescence pour montrer qu'à l'aisselle de la bractée, D , apparait une petite inflorescence, I, accompagnée d’une bractée, B1 .
Fig. 5. Inflorescence beaucoup plus Agée et vue de face. La bractée mère, /?, est coupée; /*, sont les deux folioles de 1 involucre qui se sont développées les premières. Par un phénomène assez singulier, à l’aisselle de chacune d’elles, s'est développée une étamino extrorseau lieu d un rayon d'ombelle. Dans lo milieu, on aperçoit une série de gros mamelons dont les plus jeunes sont au centre, et sur chacun de ces gros mamelons, qui sont des rayons d’ombelles, on voit naître, d’une part, des folioles de l’involucelle, /*#, c', d'autre part, les fleurs de l ombellulo, fl.
Fig. 6. Un rayon d'ombelle isolé pour montrer quo les fleurs naissent do la circonférenco au centre.
Fig. 7. Un rayon d'ombelle plus Agé. f folioles do l involucelle. Les fleurs extérieures, p , ont déjà leur calice, que les lîours centrales ne sont point encore nées.
Fig. 8. Fleur isolée dans laquelle trois sépales seulement sont nés. Deux sépales sont antérieurs, l'autre est postérieur.
Fig. 9. Calice avec ses cinq sépales.
Fig. 10. Apparition simultanée des cinq pétales, p, alternes avec les sépales, #.
Fig. 1 1 . Apparition simultanée des cinq étamines, e/, alternes avec les pétales, p, et superposées aux sépales, s.
Fig. 12. Apparition du pistil sous la forme de doux bourrelets, *j, semi-circulaires.
Fig. 13. Pétale, p, avec deux étamines.
Fig. 1 4. Pistil vu do face : p/, placentas ; «g, stigmates.
Fig. 13. Pistil un peu plus âgé.
Fig. 16. Coupe longitudinale du pistil représenté dans la flg. 1 5.
Fig. 17. Le même, déchiré sur le dos d’une loge, pour montrer les placentas qui se rapprochent et se gonflent, et la cavité qui se creuse dans chaque loge sur le réceptacle.
Fig. 18. Pistil plus Agé, lors de l'apparition du disque.
Fig. 19. Le mémo, déchiré sur le dos d’une loge, pour montrer les deux ovules qui naissent, l'un à droite et l'autre à gauche, de la ligne médiane qui réunit les deux placentas, p/.
Fig. 20. Pistil encore plus âgé. Apparition des stigmates.
Fig. 21. Le même, déchiré sur le dos t^'une luge. L'un est ns.’endanl et beaucoup plus |H*lit; l'autre est descendant.
ORftKK u K S OMBELLIFERKS.
Fi^r. 22. Un pistil plus développe déchiré sur le dos. Les deux ovules ont une enveloppe , mais l'ovule descendant est très gros.
Fig. 23. Bouton pour montrer la prélloraison des pétales, p.
Fig. 21. On a coupé les pétales et les étamines pour montrer les sépales, *, qui sont très petits, et l'ovaire infère, ou, avec son disque, d, ses styles, *t, et ses stigmates, sg.
Fig. 25. Un pétale, p, et une étamine, et.
Fig. 26. On a déchiré sur le dos une des loges de l'ovaire de la fig 24, pour montrer qu’il no reste plus quo l'ovule suspendu dont le raphé, r, est intérieur, et le micropyle, m, extérieur.
Fig. 27. Apparition successive de deux feuilles, f1 f9, à l’extrémité d'un bourgeon.
Fig. 28. La feuille, f \ a l’aspect d ut» bonnet phrygien. L’autre, /*, n’est encore qu'un mamelon.
Fig. 29. Sur la feuille, on voit des mamelons qui sont d'autant plus jeunes, qu’ils sont plus éloignés de la base : ce sont les rudiments des premières ramifications de la feuille. Fig. 30. Bourgeon un peu plus avancé, où les mamelons de la feuille, /’*, sont plus
développés.
Fig. 31 . Chaque mamelon commence '» se mamelonner sur ses cétés.
Fig. 32. 33, 34. Les nouveaux mamelons apparaissent sur les premiers de la base au sommet. C’est coque l’on voit très bien dans les fig. 33 et 34, qui sont des mamelons
isolés et grossis.
Fig. 35. Fouilles développées.
ORDRE DES ARALIACÉES.
Los Araliacées ont de telles affinités avec les Ombellifères, que dans toutes les classifications, ces deux groupes ont toujours clé placés l’un à la suite de l’autre, et même dans Adanson ils sont confondus en un seul. C’est, qu'en effet, à l’exception du nombre des loges de l'ovaire, qui est cinq dans les Araliacées, et deux seulement dans les Ombellifères, et de la consistance du fruit, qui est charnu dans les premiers et sec dans les seconds, tout est à j)cu près semblable. Il faut ajouter seulcmentque la plupart des Ombellifères sont herbacées, tandis que les Araliacées sont arborescentes ou frutescentes. Du reste, les Araliacées comme les Ombellifères se ressemblent toutes entre elles dans la structure de la fleur, et étudier l’une d’elles, c’est les étudier toutes. J’ai pris comme sujet d’études YAralia edulis, bien que ses fleurs soient plus petites que dans les autres espèces, parce qu’on trouve facilement sur le même pied des boutons de tout âge.
Inflorescence. L’inflorescence de YAralia edulis rappelle à beaucoup d’égards l’inflorescence des Ombellifères, telles que les Erynyium où les fleurs sont groupées en capitules. A l'aisselle de chacune des feuilles supérieures, on remarque un petit axe qui s'aplatit à son extrémité comme le réceptacle d'une fleur, et produit à sa base deux feuilles latérales qui seront fertiles. Mais celte extrémité aplatie, qu’on peut appeler réceptacle commun des fleurs, au lieu de porter des sépales, des pétales, etc., donne naissance à de petites bractées disposées en spirale, et d'autant plus âgées qu'elles sont plus extérieures. A l’aisselle de chacuno de ces petites bractées naît un mamelon, rudiment d’une fleur. C’est, comme on le voit, à peu près ce qui se passe dans le développement de l’inflorescence des Ombellifères.
Calice. Le calice se compose de cinq sépales qui naissent successivement, et se placent, les sépales l et 3 en avant, le sépale 2 en arrière, et les sépales 4 et 5 sur les côtés. Isolés les uns des autres à l’origine, ils se rapprochent en grandissant, mais restent toujours distincts, en sorte que le calice est dialysé pale. Dans le premier âge, ils tendent à se recouvrir, ce
ORDRE DES ARAEl.VCÉES.
qu'ils parviennent à faire lorsque les loges de l’ovaire commencent à se former. Mais plus tard, la corolle et les étamines ne prenant plus de développement, les forcent à s’écarter de nouveau, en sorte qu’au moment de l'épanouissement de la fleur, ils se touchent, mais ne se recouvrent plus, et sont en prélloraison valvaire.
Corolle. Les pétales sont au nombre de cinq et alternent avec les sépales ; ils naissent tousà la fois, après les sépales, et restent toujours distincts jusqu’à la base; leur accroissement est continu, et par suite, on ne les voit jamais plus courts que les étamines qu’ils recouvrent toujours. Dans le bouton, ils sont en prélloraison convolutive.
Androcée. Comme dans les Ombellifères, il n’y a qu'un seul verticillc de cinq étamines à l’androeéc. Elles alternent avec les pétales et naissent toutes en même temps sur le bord interne du réceptacle qui a déjà [tris la forme d’une coupe; elles ne présentent rien, du reste, de particulier dans leur développement. Leurs anthères sont biloculaires, introrses, et leur déhiscence a lieu par deux fentes longitudinales, une sur chaque loge.
Pistil. Cinq mamelons carpellaires, alternes avec les étamines, et insères de même sur le bord interne de la coupe réeeptaeulaire, mais un peu plus bas, forment à l’origine tout le pistil. Us sont d’abord complètement arrondis et ressemblent à autant de petites bornes. Mais bientôt ils se compriment et prennent chacun la forme d’une petite feuille dont les bords, rapprochés sur leur face interne, présentent une petite fente longitudinale. En même temps (pie ces modifications sc manifestent dans chaque mamelon carpellaire, on voit une petite fossette se creuser dans le réceptacle au pied de chacun d’eux, et devenir le rudiment d’une loge. Dès lors, le pistil est constitué; il n’a plus qu’à croître et grandir. Les loges s'approfondissent chaque jour davantage ; sur leur paroi interne tout à fait à leur sommet, on voit paraître deux ovulesdont l'un s’atrophie promptement, tandis que l'autre s'allonge, se revêt d’une enveloppe, tourne à l’anatropie, de manière que son micropyle soit externe et son raphé interne, et finalement devenir ce que les botanistes appellent lin ovule pendant. D’un autre côté, les mamelons carpellaires, devenus feuilles carpellaires, s’élargissent à leur base et s’allongent à leur sommet en styles sur la face interne de chacun desquels on remarque toujours la fente produite par ses bords rapprochés et soudés. Dans les Araliaeées comme dans les Ombellifères, le pistil est donc composé de deux parties, l’une axile, qui est l’ovaire infère, et l’autre appendiculaire, qui constitue les styles, et par suite, dans la formation des loges et des cloisons qui les séparent, les feuilles carpellaires n’entrent pour rien.
Disque. Peu de temps avant que les ovules apparaissent dans les loges
EXPLICATION DES FIGURES. au
île l'ovaire, on voit la partie du réceptacle comprise entre les étamines et les feuilles carpellaires se gonfler et donner naissance à un disque qui grandit rapidement et présente bientôt l'aspect d'une sorte de cône placé au pied des styles et parcouru du sommet à la base par cinq sillons qui alternent avec les pétales.
EXPLICATION DES FIGURES
Ara lia ednlls.
Fig. I . Jeune inflorescence générale : à l'aisselle de la feuille mère, F, naît un groupe de fleurs accompagné de deux feuilles secondaires, f.
Fig. 2. Le jeune groupe de fleurs de la fig. i, vu de face : b , bractées ; fl, fleurs.
Fig. 3. Apparition des premiers sépales, a1, s2, a3. B, bractée mère à l’aisselle de laquelle la fleur est née.
Fig. 4. Apparition des pétales, p, alternes avec les sépales, a. L'extrémité du réceptacle s’est affaissée, ou mieux ne s’est pas allongée comme le pourtour, et il en résulte une cavité centrale.
Fig. 5. Apparition des étamines, et. Elles sont au nombre de cinq et alternent avec les pétales, p. s, sépales.
Fig. 6. Coupe longitudinale de la fig. 5 : et, élamines; p, pétales; *, sépales.
Fig. 7. Apparition du pistil sous la forme de cinq mamelons carpellaires, cp, alternes avec los élamines, et, et les sépales s, et superposés aux pétales, p.
Fig. 8. Coupe longitudinale de la fig. 7 ; », sépales; p. pétales ; et, étamines.
Fig 9. Bouton au moment où les loges de l’ovaire commencent à se montrer. Les sépales, à cet Age, se recouvrent par leurs extrémités : des poils apparaissent sur l’ovaire.
Fig. <0. Le même bouton dont on a coupé los sépales, *, les pétales, p, et les étamines, et, pour montrer les mamelons carpellaires. cp, qui ont pris l'aspect de jeunes feuilles et au pied de chacun desquels on remarque une petite fossette, rudiment d’une loge.
Fig. II. Coupe longitudinale du mémo bouton; », sépales; p, pétales; et, élamines; cp, mamelons carpellaires au pied de chacun desquels est une petite fossette, /, rudiment d’une loge.
Fig. 12. Bouton plus âgé que dans la fig. 9. Les sépales, *, ne se recouvrent plus. Les poils qui sont sur l’ovaire sont plus nombreux et apparaissent du sommet à la base. P, corolle.
Fig. 13. Le même dont on a étalé les sépales, s, pour montrer la préfloraison de la corolle, p,
Fig. 14. Le même dont on a coupé les sépales, #, les pétales, p, les élamines, et, pour montrer les mamelons carpellaires, cp, qui ont grandi et sur la face interne de chacun desquels on remarque une fento , ouverture de la loge. On commence a apercevoir le disque, d.
Fig. 1 5. Bouton de la fig. 1 2 coupé dans sa longueur : s, sépales ; p, pétales ; et, étamines ; cp, mamelons carpellaires -, /, logos dont une est coupée.
Fig. 16. Bouton au moment où apparaissent les ovules : », sépales ; p, pétales.
Fig 17. Le mémo dont on a coupé les sépales, *, les pétales, p, les étamines, et, pour montrer les mamelons carpellaires, primitifs, cp, qui sont devenus les styles. On a en
ORDRE DES ARALIACKF.S,
outre déchiré une loge sur le dos pour montrer les deux ovules , ol, qui naissent immédiatement au-dessous de la fente produite par le rapprochement des deux bords de chaque mamelon carpellaire Le disque, d, se prononce davantage.
Fig. 4 8. Coupe longitudinale du bouton de la fig. 4 6 : a, sépales ;p, pétales; et, étamines; cp, styles; l, loge; o/, ovule.
Fig. 4 9. Pistil peu de temps avant l’anthèse. On a déchiré une loge de l’ovaire sur le dos pour montrer les deux ovules, ol, dont l'un est très allongé et pendant, tandis que l'autre est atrophié. Les sépalos, s, les pétales, p, les étamines, et, sont coupés. Le disque, d, est entièrement développé.
Fig. $0. Coupe longitudinale du boulon dont la 6g. 4 9 représente le pistil : s, sépales ; p, pétales; et, étamines; cp, styles; /, logo dans laquelle on remarque l'ovule développé, ol.
ORDRE DES ADOXÉES.
La Moschatelline ( Adoxa motchalellina), est une petite plante fort commune aux environs de Paris et qui fleurit au commencement du printemps. Placée par Adanson dans sa famille des Pourpiers, entre les Cereus et les Grossularia, tout près des Saxifraga , elle est rangée par A.-L.,de Jussieu, dans son ordre des Saxifrages, à côté des Chrysosplenium, et par Decandolle dans son ordre des Araliacées, à côté des Ifetlera.
Tant qu’on a pu croire qu'il n’y avait qu’un seul ovule dans chaque logo de l’ovaire des Araliacées, l’opinion de Dccandolle a pu prévaloir et être adoptée par tous les botanistes modernes. Mais aujourd’hui l’organogénie nous ayant fait voir qu’il y a toujours primitivement dans chaque loge des Araliacées deux ovules dont l’un s’atrophie, il n’est pas possible de mettre avec ces plantes les Adoxa qui n’ont jamais qu’un seul ovule dans chacune des loges de son ovaire, et qui, parla structure de leur corolle gamopétale, l'irrégularité de son calice, la disjonction de scs étamines, en diffèrent à tout égard. Aussi en ai-je fait le type d’un ordre distinct qui a beaucoup moins d'affinité avec les Araliacées qu’avec les Sambucinées.
Inflorescence. L’inflorescence de 1* Adoxa moschatellina est assez singulière ; elle se compose de cinq fleurs dont l’une occupe le centre, tandis que les quatre autres sont rangées à l’entour. La première est construite sur le type quaternaire et se développe régulièrement ; les autres sont pentamère, et leur développement a lieu irrégulièrement, le côté postérieur apparaissant toujours avant le côté antérieur. En outre, de ces quatre fleurs qui entourent la base de la fleur centrale, deux naissent à l’aisselle de deux bractées opposées; les deux autres alternent avec les deux premières, mais on ne remarque jamais la moindre trace de bractée au-dessous de chacune d'elles.
Calice. Le calice de la fleur centrale se compose de quatre sépales; ils naissent en deux fois, par paire, la paire qui alterne avec les deux bractées d’abord, la paire qui leur est superposée ensuite. Ces sépales grandissent rapidement et deviennent légèrement connés à leur base. Dans le plus grand
ORDRE ORS ADOXÉES.
nombre des eus, l'un de ces quaire sépales s’arrête dans son développement et reste à l’état de mamelon, lai calice des fleurs latérales ne se compose que de trois sépales ; deux sont postérieurs, le troisième est antérieur. Les deux premiers apparaissent d'abord sur le réceptacle ; une fois nés, ils s’accroissent tous promptement, mais toujours de façon que le sépale antérieur soit plus petit que les deux autres.
Corolle. Les pétales sont au nombre de quatre dans la fleur centrale et de cinq dans les fleurs latérales. Dans le premier cas, ils alternent avec les sépales et apparaissent tous à la fois, grandissent en même temps que les antres organes intérieurs, de manière à toujours les recouvrir. Dans le boulon, ils sont disposés de telle sorte que deux sont, moitié intérieurs et moitié extérieurs, et que deux autres sont, l’un tout à fait intérieur et l’autre tout à fait extérieur. Dans le second cas, il y a un pétale postérieur qui alterne avec les deux sépales postérieurs , deux [létales latéraux et deux pétales antérieurs. Ces cinq pétales apparaissent successivement sur le réceptacle, le pétale postérieur d'abord, les latéraux ensuite, et enfin les antérieurs. Dans le bouton, ils sont disposés de telle sorte que le pétale postérieur recouvre les deux latéraux, et que ceux-ci recouvrent les deux antérieurs.
Androcée. Il n'v a pas également le même nombre d’étamines dans la fleur centrale et dans les fleurs latérales; on en compte huit dans la première et dix dans chacune des autres. Du reste , dans la fleur centrale comme dans les Heurs latérales, elles sont groupées par [mires qui alternent avec les pétales. Chaque anthère est uniloculaire, en sorte (pie les botanistes ont admis depuis longtemps déjà que chaque paire d'étamines n’est qu’une étamine partagée en deux dans sa longueur, une étamine bipartite, pour me servir du langage descriptif. Or celle supposition, l’organogénie en démontre la réalité. Pour peu qu’on suive, en effet, l'audrocée de la fleur centrale de X A doxa moschalellina dans les diverses phases de son développement, on remarquera que les quatre mamelons staminaux qui apparaissent alternes avec les pétales, sont d’abord complètement entiers, et que ce n’est que plus tard et successivement qu’ils se divisent de manière à constituer deux étamines au lieu d’une. Dans les fleurs latérales le phénomène est encore plus apparent, car là les étamines comme les [létales apparaissent successivement, d’arrière en avant, les postérieures d’abord, les latérales ensuite et enfin l’antérieure, et, par suite, on trouve souvent sur la même fleur les étamines postérieures déjà partagées chacune en deux autres, tandis qu'un léger sillon indique à peine le commencement de la séparation dans les étamines latérales et que l'étamine antérieure est encore tout à fait entière.
PISTIL
Pistil. Les mamelons earpellaircs qui doivent former le |>istil sont en meme nombre que les |>étalcs auxquels ils sont superposes. On en compte donc quatre dans la fleur centrale et cinq dans les fleurs latérales. Ils apparaissent tous les quatre simultanément sur le réceptacle dans la première et tous les cinq successivement dans les secondes , le postérieur d’abord, les latéraux ensuite, et enfin les antérieurs. Tuberculeux à l’origine, ils prennent promptement chacun l’aspect d'une petite feuille rudimentaire à la base de laquelle on remarque une petite fossette. Cette petite fossette , rudiment d’une loge de l’ovaire, devient de plus en plus profonde, et sur sa paroi interne on voit poindre un ovule qui se dirige vers le fond de la cavité, se revêt de deux enveloppes et tourne à l’analropie, de façon que son micropylc est interne et son raphé externe.
En même temps que ees phénomènes se passent dans les loges formant la partie inférieure de l’ovaire, d'autres modifications tout :1 fait analogues à ce que j'ai indiqué dans les Sapindaeées et dans les Ombellifères se produisent dans la partie sujtérieure. Les mamelons carpellaires devenus feuilles earpellaircs dépassent en grandissant la partie centrale du réceptacle autour de laquelle sont les quatre loges, et qui donne naissance aux ovules, deviennent connés et entraînent avec eux le côté des eloisons sur lesquelles ils sont insérés. Il résulte île là que le bord supérieur et libre de ees cloisons, qui était horizontal tant que les mamelons étaient distincts, et ni plus ni moins élevé que l’axe central qui porte les ovules, devient de plus en plus incliné de la circonférence vers le centre, et ressemble de plus en plus à ces entrefends qui séparent les loges d’une salle de spectacle. Il finit même par être presque vertical, et forme une sorte de bourrelet le long de la paroi de l’enceinte produite parles mamelons earpellaircs connés. A un certain âge, par conséquent, on distingue dans la cavité de l’ovaire deux parties, l’une inférieure, pluriloeulairc, et l’autre inférieure, uniloculaire. Mais en grandissant, ces bords des cloisons qui s'étendent le long des parois de cette partie supérieure et uniloculaire de l'ovaire, s’avancent comme des lames vers le centre, se réunissent et se soudent de manière à partager aussi celte cavité uniloculaire en quatre loges qui continuent celles qui sont au-dessous. A l’époque de l’épanouissement, l’ovaire est donc pluriloeulairc dans toute son étendue ; mais l'origine de ces loges est double, puisqu’à la partie inférieure, ce sont des sortes de puits qui se sont creuses dans le réceptacle ; tandis qu’à la partie supérieure, c'est une seule loge primitive qui s'est partagée en plusieurs compartiments.
Quand je disque le réceptacle se creuse an pied «le chaque mamelon carpellaire d'une petite fossette, rudiment d une loge, il est bien entendu
IIKDRK UES UHIIÉES.
dans YAdoxa moschatellina, comme partout ailleurs où je me sers des mêmes expressions, que je n'exprime là que les apparences. En réalité, les fossettes sont produites parce que les points du réceptacle où elles se montrent sc développent et s’élèvent moins que les autres parties qui les entourent.
Les styles sont formés par les prolongements des mamelons earpcllaires. Dans la fleur centrale, ils sont tous égaux entre eux, car les mamelons carpellaires sont nés tous ensemble. Dans les fleurs latérales , au contraire, ils sont inégaux entre eux jusqu’à leur entier développement, et l'ordre de leur grandeur indique l’ordre de leur apparition sur le réceptacle.
J’ai eu cette année l’occasion de suivre l’organogénie de la fleur du Lierre ( lledera hélix), car il m’importait de savoir si je devais ranger cette plante dans l’ordre des Adoxces ou dans celui des Araliacées. Or, il résulte de mes observations que tout se passe dans le développement du boulon de Y lledera hélix comme dans VAraliaedulit, dont j'ai donné l'histoire dans l'ordre précédent, et que par conséquent c’est dans l’ordre des Araliacées que le Lierre doit être placé. Ainsi, pour ne citer qu’un fait, le plus important, j’ai trouvé dans chaque loge de l’ovaire jeune de YHedera hélix deux ovules dont l’un avorte de très bonne heure, tandis que l’autre s'allonge et devient analrope, le mieropylc étant externe et le raphé interne.
EXPLICATION DES FIGURES
TL ANCHE LXXXVI
Adotut motthaltlllna.
Fig. I. Apparition do* deux bractées, b, qui accompagnent l’inflorescence dans 1 Adoxa
motchaletlina.
Fig. 2. Jeune intloroscenco. Dans la fleur centrale, flc , les quatre sépales sont nés, tandis que dans les fleurs latérales, /!*, les deux sépales postérieurs seuls sont nés.
Fig. 3. Inflorescence plus Agée. La fleur centrale, flc , est télramère, et a quatre sépales et quatre pétales. Les flours latérales , fl1, au contraire, ont trois sépales et cinq pétales : des trois sépales, deux sont postérieurs et un antérieur ; des cinq pétales , deux sont antérieurs, deux latéraux et le cinquième est postérieur, b, Tune des bractées qui accompagnent l'inflorescence.
Fig. i. Uno fleur latérale dans laquelle les deux sépales postérieurs seuls, *r, sont nés.
Fig. 5. Une fleur latérale dans laquelle les trois sépales, P', #*, sont nés ainsi que le pétale postérieur, pf .
Fig. 6. Une fleur latérale dans laquelle on voit les trois sépalos, sr, s", le pétale postérieur, p-, ol les pétales latéraux, pL
Fig. 7. Une fleur latérale dans laquelle le calice, s", s", et la corolle. prt, p#, sont nés. On remarque on outre, superposés aux doux sépales postérieurs', */’, deux bourrelets slantinaux, </L
EXPLICATION DES Fl CL' R ES.
Fig. 8. Une flear latérale dans laquelle le ealice, a*, bp, la corolle, p", p1, pp, et les étamines, et*, et1, etP, sont nés : seulement, tandis quo le mamelon staminal antérieur, eta, est encore entier, les mamelons latéraux, et1, commencent à se diviser par une ligne médiane, et les mamelons postérieurs, etP, sont entièrement dédoublés.
Fig. 9. Une Heur latérale plus avancée pour montrer la prélloraison de la corolle. Le pétale postérieur, pP, recouvre les deux pétales latéraux, p *, qui recouvrent à leur tour les pétales antérieurs, p* ; bp, sépales.
Fig. 4 0. La même figuro étalée pour montrer l’androcée. Les étamines postérieures, etP, sont partagées en deux moitiés, et sur chaque moitié on aperçoit déjà le sillon de la déhiscence de l'anthère. Les étamines latérales, et1, sont presque entièrement divisées en deux par une ligne médiane, tandis que l'étamine antérieure , cta , commence à peine à se diviser : pP, p1, p*, pétales ; bp, a*, sépales.
Fig. 4 4 . Une fleur latérale un peu plus âgée que dans la fig. 10. Les sépales, sp , s", sont étalés, ainsi que les pétales, pP, p*, p*. L'étamine antérieure, et*, est partagée en deux autres comme les étamines latérales, et1, et les étamines postérieures, etr ; mais le sillon de déhiscence de l'anthère n’y ost pas encore tracé, tandis qu'il est très visible sur les quatre autres.
Fig. 4 2. Pistil très jeune d'une flour latérale. Les carpelles, cpP , cp1, e p*, sont nés successivement, le postérieur d'abord, les latéraux ensuite, et enfin les antérieurs.
Fig. 4 3. Fleur centrale au moment où les mamelons staminaux, et, apparaissent ; ils sont au nombre de quatre, superposés aux sépales, «, s ’ , et alternent avec les pétales, p.
Fig. 4 4. Fleur centrale au moment où les mamelons staminaux, et, se divisent chacun en deux autres : p, pétales; s, *\ sépales.
Fig. 4 5. Pistil d’une fleur centrale au moment où les ovules, ol, apparaissent : cp, feuille carpe! laire.
Fig. 46. Coupe longitudinale du pistil do la fig. 15 : ol, ovule; cp, feuilles carpellaires.
Fig. 17. Fleur centrale au moment où les pétales, p, se recouvrent. Il y en a un tout à fait intérieur, un autre tout à fait extérieur, et deux , moitié intérieurs, moitié extérieurs ; s, sépales.
Fig. 48. Fleur de la fig. 1 7, vue en dessous, pour montrer que des quatre sépales, *, l’un avorte presque complètement ; p, pétales.
Fig. 1 9 . Fleur centrale plus âgée. On a étalé les pétales, p, et les étamines, et, pour montrer l'ovaire surmonté de ses qnatre styles.
Fig. 20. Pistil d’une fleur latérale au moment où les ovules se revêtent de leurs enveloppes.
. Les styles sont encore inégaux ; les derniers nés étant les plus petits.
Fig. 24 . Coupe longitudinale du pistil de la fig 20. Les cloisons placentaires, pi, dépassent l'axe central sur lequel naissent les ovules, ol, un dans chaque loge.
Fig. 22. Pistil d'une fleur latéralo encore plus âgé que dans la fig. 20.
Fig. 23. Coupe longitudinale d’une fleur latérale de l'âge de celle dont on a extrait le pistil de la fig. 22 : t, calice; p, pétales ; ol, ovules.
Fig. 24. Coupe longitudinale du pistil de la fig. 22, grossi : ol, ovule; pl , cloisons placentaires.
Fig. 25. Pistil de la fig. 22, déchiré sur le dos d’une de ses loges pour montrer quod'ovule, ol, natt au-dessous do la fente produite par le rapprochement des deux cloisons placentaires.
Fig. 26. Unodos étamines doubles, isolée.
Fig. 27. Inflorescence pou de temps avant l'épanouissement des fleurs : f lr , fleur centrale , /F, fleurs latérales.
ORDRE DES CORNÉES
J’ai étudié dans cet ordre deux genres qui doivent être considérés connue les types de deux ordres distincts, plutôt que deux sections du même ordre : ce sont les Aucuba et les Cornus.
COUSUS ALTEHMFOLIA.
Les fleurs des Cornouillers commencent A se former dès les premiers jours de juin , en sorte que c’est à celte époque qu'il faut les observer quand on veut faire leurorganogénie. Dès le mois d’août tous les organes sont développés; ils grandissent un peu en septembre et octobre, restent stationnaires durant l’hiver et s’épanouissent au printemps. M'v étant pris deux années de suite trop tard , je ne puis dire si le calice apparaît en deux fois, comme cela est probable, ou en une. Mais j’ai pu observer la naissance des autres organes, et voici ce que j’en puis dire.
Corolle et Androcée. Les pétales sont au nombre de quatre ; ils se montrent tous à la fois et alternent avec les sépales; il y en a deux antérieurs et deux postérieurs-, eu préfioraison ils sont imbriqués, c’est-à-dire qu’il y en a deux qui recouvrent les autres. Los étamines sont aussi au nombre de quatre ; elles apparaissent aussi toutes à la fois et alternent avec les pétales. Rien, du reste, de particulier dans leur développement; leurs anthères sont inlrorses, biloeulaires, et s’ouvrent par deux fentes longitudinales. Lorsque les pétales et les étamines naissent, le réceptacle a déjà pris la forme d'une coupe, et c’est sur les bords de celte coupe que l’on voit poindre ces organes.
Pistil. Deux mamelons carpcllaires constituent à l’origine tout le pistil; d'abord complètement libres, ils deviennent promptement connés et forment au-dessus du fond de la coupe réccptaculairc une sorte de dôme qui s’cflilc en style à son sommet. Ko même temps que ces modifications se produisent à l’extérieur, le fond de la coupe réeeptaeulaire se creuse de deux trous, suites de puj|> ,.Hj s„nl les rudiments des loges. L'est dans l’angle interne
IMFLORESCENCE, CALICE, COROLLE, l'IÏTIL. li 19
île chacun (le ccs puits, à la partie supérieure, qu'on voit poiniire un ovule qui est, par suite, pendant. Cet ovule se revêt de scs enveloppes, devient anutropc en tournant le dos vers le centre de la loge, c’est-à-dire en ayant son inieropyle interne et son raplié externe.
AlCl'HA JAPONICA.
Les Heurs de I ’Aucuba japonica se forment avant l'hiver, comme celles du Cornouiller, et ne s'épanouissent que le printemps suivant ; seulement, tandis que dans les Cornouillers c'est au mois de juillet que cette formation a lieu, dans l’Aucuba japonica c’est dans le courant de novembre, et si même l’automne n’est pas très favorable, le mois de novembre peut se passer sans que toutes les parties de la fleur soient nées. C’est ce qui est arrivé, par exemple, cette année (1855), où j'ai eu beaucoup de peine à trouver, même le 1" décembre, quelques fleurs assez avancées pour me permettre de suivre les premiers développements de l’ovule.
Inflorescence. L’inflorescence de VAucuba japonica procède toujours par dichotomie et devient une cymc. Chaque fleur naît à l’aisselle d’une bractée mère et est accompagnée de deux bractées secondaires fertiles, c’est-à-dire qui deviennent bractées mères à leur tour. A l’automne, cette cyme, qui est toujours à l’extrémité d’un rameau feuille, est enveloppée par deux écailles opposées (pii alternent avec les deux dernières feuilles, et qui produisent chacune un bourgeon. Au printemps, les fleurs de la cyme s’épanouissent, et les demx bourgeons nés à l'aisselle de ces deux écailles se développent et s'allongent en deux rameaux de même génération qui forment une dichotomie dans laquelle est placée cette cymc, qui se flétrit bientôt et tombe.
Calice. Le calice se compose de quatre sépales dont deux sont latéraux et deux placés l’un en avant et l’autre en arrière. Ces sépales apparaissent en deux fois. Libres à l’origine , ils deviennent à peine connés plus tard à leur base. A quelque âge qu’on les examine, ils ne se recouvrent jamais.
Corolle. Quatre pétales alternes avec les sépales constituent la Corel te ; ils naissent tous à la fois sur un bourrelet circulaire qui se forme après l’apparition du calice. Ils sont toujours distincts et se dissent dans le boulon en préfloraison valvaire.
Pistil. Ce n’est que longtemps après la naissance des pétales que le pistil se montre. C'est à l’origine un bourrelet semi-lunaire dont les pointes tendent à se rapprocher et à circonscrire le centre du réceptacle ce bonr-
OR!» il K UES CORNÉES.
relet, qui est superposé au sépale postérieur, grandit rapidement et l’orme bientôt une sorte de tube fendu sur le devant, qui constituera le style et le stigmate quand les bords de la fente seront rapprochés et soudés.
D’un autre côté, pendant (pic le style et le stigmate se développent, le fond du réceptacle qui est recouvert par le bourrelet semi-lunaire, premier rudiment du style, se creuse et produit une cavité qui s’approfondit de plus en plus et constitue un ovaire uniloculaire infère. C’est sur la paroi de cet ovaire infère, immédiatement au-dessous de la fente résultant du rapprochement des deux bords du bourrelet semi-lunaire primitif, qu'apparait l’ovule, qui devient anatropc et suspendu en tournant son mieropylc du côté de son point d’attache.
Celte position de l'ovule, par rapport au placenta, rapproche VAucuba jnponica des Cornées, et l’éloigne des Araliacées et des Ombellifères. Bien qu’elle ne soit pas difficile à constater au commencement du mois de mars, époque à laquelle l’ovule a la forme d'une spathule suspendue par sa partie rétrécie au sommet de la loge, cependant comme en se développant le stigmate se modifie beaucoup, que la fente si visible à l’origine disparait, on peut facilement être induit en erreur si on l’examine seulement en avril.