HEHVAUX. — RETARDS D'ACQUISITION DU LANGAGE ARTICULÉ
Elles sont ou d’ordre physique ou d’ordre fonctionnel. Elles s’appliquent, d’une part, au mécanisme chargé de recevoir les ondes sonores qui provoquent l’ébranlement nerveux ; d’autre part, à la communication par phénomène réflexe, plus ou moins rapide, plus ou moins adéquate, entre les neurones Sensibles et les neurones moteurs. Que l’harmonie naturelle soit rompue, même partiellement, et des troubles de gravité variable apparaissent dans la fonction du langage. L’anormalité fonctionnelle est purement mécanique lorsqu’elle tient à un vice affectant un organe de l’appareil phonateur.Dans certains cas, d’un caractère plus accentué encore, l’incapacité, sensorielle ou organique, devient Complexe, par suite d’une tare cérébrale qui oppose une barrière aux révélations psychiques.
On conçoit l’utilité qu’il y aurait à renseigner lé grand public sur les causes responsables des retards de parole, c’est-à-dire qui font que des enfants n’arrivent pas, en temps voulu et par euxmêmes, à parler comme les autres.
Parmi les principales, celles qui s’observent le plus communément, nous pouvons énumérer :
La surdité. totale (1) ou partielle, d’origine congénitale ou survenue dans le tout premier âge ;
Les affections du système nerveux ;
Les anormalités cérébrales d’où dérive l’arriérisme mental ;
La misère physiologique agissant au moment de la conception ;
Les traumatismes crâniens et les frayeurs vives - ;
La débilité et les malformations organiques ;
Le milieu familial.
Le docteur Ozun (2) cite encore l’hérédité syphilitique'qui, d'après FournTer, se manifeste par des. troubles dystrophiques, de sorte que beaucoup d’enfants hérédos croissent lentement, font leurs dents en retard, n’apprennent à marcher et à parler que tard.
Chacun peut remarquer comme le bébé porté dans les bras
(1) Nous n’ignorons pas que la surdité complète est: considérée comme inexistante, mais on peut qualifier l'affection de totale lorsqu’elle empêche l’arrivée des ondes sonores au point que les courants réflexes ne peuvent se manifester et permettre l’audition différenciée, si minime soit-elle.
(2) Quelques considérations sur les causes du retard dans l’apparition et dans le développement du langage. Thèse de Paris.
les PERTURBATIONS ORGANIQUES ou fonctionnelles
fixe avee une évidente curiosité la bouche de la personne qui s’adresse à lui. En partant de cette constatation, n’y aurait-il pas lieu de rechercher si le sens de la vue doit contribuer, dans une mesure quelconque, à fournir des renseignements sur le mécanisme d’articulation ? A l’effet de nous documenter à cet égard, nous nous sommes présenté à la direction de l’Institution nationale des Jeunes Aveugles, où nous avons reçu l’accueil le plus cordial. Des réponses qui furent apportées au questionnaire que nous avions préalablement établi il n’apparaît pas, disons-le sans détour, que, chez les aveugles-nés ou devenus tels dans les premiers mois de l’existence, la privation de la vue puisse gêner en rien le développement de la faculté de parler. En effet, parmi la population scolaire de l’établissement, on ne trouve pas de cas où la parole ne soit équivalente à celle des voyants. Ajoutons que seuls les enfants atteints de cécité, mais normaux par ailleurs, sont reçus à l’Institution. L’âge d’admission étant fixé à neuf ans, on peut insinuer que, jusque là, l’apprentissage de l’élocution a eu le temps de se parfaire ; cependant, on reconnaîtrait bien des défectuosités révélatrices, si le jeune aveugle avait éprouvé des retards dans les acquisitions verbales.
Les perturbations amenées par les causes d’ordre organique ou fonctionnel, — La surdité congénitale, ou acquise dans la toute première enfance, entraîne fatalement l’absence de langage oral. Cela ne veut pas dire qu’il y ait aphonie complète : ce cas est très rare, au contraire ; mais la voix, d’un caractère plutôt guttural, n’est émise, chez les jeunes sujets, que sous l’influence defe impressions émotives. Plus tard, il arrive que l’on constate des actes physiques musculaires produisant une articulation désordonnée. Ce fait se produit avec les petits sourds d’intelligence éveillée et à qui la maman s’adresse de vive voix, comme s’ils étaient capables de l’entendre. Il s’agit — on doit le croire, ^— d’un résultat du à l’instinctd’imitation qui se découvre à l’aide de l’ébranlement nerveux causé par les révélations psychovisuelles. Nous avons observé, à plusieurs reprises, des enfants qui donnaient ainsi l’illusion de posséder encore des restes auditifs appréciables. Mais ils ne sont pas capables d’aller bien loin dans