‹ Traité d'orthophonieChapitre 3 sur 52 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

intellectuelle qu’ils savent communiquer en partie à leurs élèves avec le don de la parole.

Aussi bien ne suis-je pas moi-même un orthophoniste. Mon rôle s’est borné à organiser le cours et à sélectionner les sujets nombreux qui venaient à là clinique réclamer cette éducation spéciale. Beaucoup nous étaient adressés par des directeurs ou directrices d’écoles.

C’est ainsi que nos professeurs ont pu, de jour en jour, enrichir leur expérience technique et, pendant la guerre, la mettre au service de nombreux soldats qui ont été mutilés dans les organes de la parole.

On trouvera dans ces divers chapitres des notions de physiologie mises en lumière par l’expérience journalière et par les difficultés à surmonter. Nos professeurs y ont exposé leur enseignement, dut-il parfois aller à l’encontre des idées reçues.

A côté des indications techniques pour les orthophonistes purs, ils n’ont pas oublié ces petits moyens qu’une mère peut employer pour son enfant.

Oh y trouvera encore bien des particularités intéressantes surtout par leur valeur historique.

Les observations y abondent. Ne le fallait-il pas pour donner à ces études leur fondement positif. Si chaque chapitre a son caractère personnel, l’ensemble se réclame des mêmes principes.

Nos remerciements doivent aller au distingué Directeur de l’Institution Nationale, M. Victor Collignon, qui non seulement a bien voulu autoriser l’ouverture du cours, mais qui par son zèle personnel a contribué largement au succès.

Puisse ce livre ainsi conçu parvenir au grand public médical, et que, grâce au savoir de nos dévoués professeurs, il instruise quiconque, soit par profession soit par devoir paternel, doit s’intéresser à l’orthophonie.

D r André Castex

Historique.

Le cours d’orthophonie pour la correction des troubles de la parole et de la voix fut créé, il y a déjà dix ans, grâce à l’initiative du D r André Castex et au bienveillant appui de M. Victor Collignon,- préfet honoraire, Directeur de l’Institution Nationale des Sourds-Muets de Paris : la durée de son existence est la preuve qu’il répondait à un besoin.

Une conférence du D r Castex faite à la Sorbonne sous les auspices de M. le Recteur de l’Académie de Paris amena bientôt à ce cours une foule de déshérités de la parole. Ces disgraciés^ objet de risée à l’école et au régiment de la part de leurs camarades, subissent plus tard, du fait de leur infirmité, un rude handicap dans la lutte pour la vie toujours de plus en plus âpre.

Les bègues sont les plus nombreux, mais beaucoup d’enfants présentent des troubles, qui, pour être moins graves et moins rebelles au traitement, n’en constituent pas moins des affections déplorables. C’est ainsi que les diverses blésités (zézaiement,clichement, déformation, élision,substitution, etc.), les retards de langage, le nasillement et la raucité vocale ne relevant pas de cause pathologique sont des troubles de la parole que l’orthophonie atténue et fait disparaître le plus souvent.

Pour mener à bien la tâche que s’étaient imposés les fondateurs du cours, il fallait avoir sous la main des professeurs d’élite, spécialisés dans les questions de voix. Ils ne furent pas difficiles à trouver, car ils sont nombreux à l’Institution Nationale des Sourds-Muets où fonctionne le cours.

En effet, depuis le mémorable Congrès de Milan 1880), la méthode orale est la base de l’éducation des Sourds-Muets :

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