L. DUPUIS et A. LEGRAND
Professeurs à l'Institution nationale des Sourds-Muets de Paris et au Cours d’orthophonie.
Définitions. — Bien qu’on l’ait tentée à maintes reprises, la classification des troubles de la parole n’est pas encore définitive, sans doute parce qu’on ne peut l’établir exclusivement sur des base|, anatomiques. Il semble toutefois possible de rattacher ces troubles à quatre grands groupes distincts : 1° ceux résultant d’une'altération centrale (aphasies) ; 2° ceux se rattachant à une altération périphérique nerveuse ou musculaire; 3° ceux provenant de malformations congénitales ou acquises ; 4° enfin ceux déterminés par une altération des fonctions de la respiration, de la phonation, de l’expression de la pensée.
Auquel de ces groupes allons-nous rattacher le bégaiement ?
Pour le commun des mortels, qui n’est frappé que par ses effets visibles, le bégaiement est ce défaut qui consisté à hésiter devant certaines syllabes, ou à les répéter plusieurs fois de suite. Nous en serions ainsi amenés à le rattacher uniquement à un trouble de la phonation . Or, le praticien qui bornerait ses efforts à une action exclusive sur le larynx, la langue et les lèvres irait à un échec certain.
Retournons-nous du côté des physiologistes et des phonétistes, et voyons si les définitions qu’ils nous offrent nous seront de quelque utilité dans l’œuvre de redressement vocal que nous sommes appelés à accomplir en qualité de professeurs d’orthophonie.
Colombat considère le bégaiement comme une lutte psychophysiologique qui existe entre les nerfs moteurs transmettant la pensée et les muscles vocaux qui l’expriment par la parole articulée... Quand, après de nombreux mouvements spasmodiques,