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CAUSES DU BÉGAIEMENT

Nos observations personnelles, fruit d’une pratique déjà longue, jointes aux documents fournis par tous ceux qui ont traité le même sujet, vont nous permettre, avant d’en finir avec ce chapitre des causes du bégaiement, de présenter de ces dernières un tableau suffisamment complet.

En premier lieu, il convient de signaler la contraction spasmodique du diaphragme, de laquelle résultent une inspiration subite ou un arrêt brusque de l’expiration, avec occlusion complète de la glotte; les muscles se raidissent d’une façon inopportune; toute souplesse disparaît ; l’acte de phonation s’accomplit dans la gêne.

Viennent ensuite, par ordre d’importance, des causes d’ordre purement psychique. Il y a manque de coordination entre l’élaboration de la pensée et son émission verbale. Nous en avons la preuve dans ce fait que la pensée se traduit par l’écriture avec autant de facilité que chez le parlant normal. Les idées se heurtent en foule dans le cerveau; la volonté du sujet est impuissante à réglementer le travail des organes phonateurs ; il en résulte.une trop grande précipitation dans l’articulation, compliquée de chorée des lèvres, de mouvements désordonnés de la langue, soit à l’intérieur, soit, parfois, à l’extérieur de la bouche. S’il s’agit, au contraire, d'une lenteur excessive dans le travail d’élaboration de la pensée, les mouvements d’articulation se font pour ainsi dire à vide, nombre de mots ou de membres de phrases sont ébauchés qui ne répondent pas à la pensée de leur auteur ; celui-ci se reprend, impatienté. Ici, ce n’est plus du bégaiement à proprement parler; il s’agit de bredouillement.

Signalons ensuite l’imitation et l’hérédité. A ce propos, il est un point sur lequel nous croyons devoir attirer l’attention. Chez les bègues par imitation, le spasme glottique est moins apparent. Peut-être même pourrait-on dire que ce bégaiement n’affecte que les consonnes dentales ou labiales. Jusqu’à ce jour, il ne nous a pas encore été donné de noter la sensation d’angoisse dans la région abdominale — crampe du diaphragme — chez de semblables sujets.

Les phénomènes émotifs peuvent occasionner le bégaiement : vives surprises, peurs, sensibilité excessive, timidité. Il s’agit ici de la timidité native, laquelle peut, à bon droit, être considérée

comme une cause susceptible de déterminer le bégaiement. Il ne faut pas la confondre avec cette timidité acquise qui paralyse la volonté du bègue au moment où il éprouve le besoin de parler et où il redoute le spasme du diaphragme auquel il s’attend. Cette timidité acquise n’est donc qu’une résultante qui, à la longue, finit par aggraver l’état du sujet.

Nous n’aurons garde d’oublier les mauvais traitements — enfants sensibles, frappés, ou simplement rudoyés. Les pleurs sont fréquents. Les sanglots qui secouent le malheureux petit être, causés, on le sait, par de brèves contractions du diaphragme, ont plus d’un lien de parenté avec les contractions prolongées de ce même organe qui caractérisent le bégaiement.

Rappelons pour mémoire les lésions cérébrales, les traumatismes, l’excitabilité sexuelle. Cette diversité de causes explique pourquoi les uns deviennent bègues petit à petit et les autres subitement.

Portrait signalétique des bègues. — Ce qui saute aux yeux chez le sujet atteint de ce vice de prononciation c’est : ou la répétition inusitée de certains éléments phonétiques, ou l’impossibilité absolue d’attaquer la première lettre du mot ou de la phrase qu’il s’agit de prononcer. Dans les deux cas, la physionomie du sujet traduit l’angoisse ou l’effort démesuré. Çhez certains malades, la face se congestionne, le regard est d’une fixité troublante.

Des mouvements choréiques des lèvres accompagnent la tentative d’émission ; tantôt les lèvres refusent de s’écarter pour livrer passage au souffle emmagasiné dans la bouche, s’il s’agit d’une explosive ; tantôt elles refusent de se rapprocher et exécutent des mouvements désordonnés. Les joues se gonflent. La langue est projetée au dehors, ou bien elle exécute des mouvements en tous sens, tout en se maintenant sur le plancher buccal; enfin, et c’est le cas le plus grave, elle se bombe, s’applique avec force contre le palais et met le sujet dans l’impossibilité absolue de lui faire prendre aucune des positions nécessitées par l’acte de phonation.

Il nous a été donné de constater chez un des derniers sujets que nous avons traités un mouvement particulier des ailes du nez. Nous sommes heureux de nous rencontrer sur ce point avec Le Dr Froschel, de Vienne. Dans une étude sur le diagnostic du bégaiement simulé il note un symptôme nouveau, trouvé par

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