MM. GORNEVIN ET DUPONT
Professeurs à l’Institution nationale des Sourd-Muets de Paris.
Nous croyons faire oeuvre utile en indiquant dans quelles çom ditions et dans quelle mesure ont été améliorés ou guéris quelques-uns des soldats, muets de la guerre, qui ont suivi nos cours d’orthophonie au centre de rééducation de l'Institution nationale des Sourds-Muets de Paris en 1917 et 1918.
A cet effet, les cinq observations que nous relatons nous semblent caractéristiques.
Il s’agit ici de blessés ayant fait de longs stages dans les hôpitaux et dans les centres de rééducation, blessés dont l’amélioration parfois insignifiante, dont la guérison parfois complète, a mis plus d’un an à se produire.
Trois de nos soldats peuvent être considérés comme guéris de leur mutisme.
L’un d'eux a récupéré la parole sans récupérer l’audition ; un autre a retrouvé l’ouïe sans que sa parole en ait été améliorée.
Un troisième’, ancien bègue devenu muet, qui paraissait guéri et de son mutisme et de son bégaiement, nous a écrit, de retour aux armées, qu’il venait de voir reparaître quelques-uns de ses troubles de la parole ; on sait combien sont fréquentes les rechutes du bégaiement !
Les conclusions que nous avons cru devoir’tirer de nos deux dernièrés observations sont dignes d’attirer plus spécialement l’attention.