CORNEVIN ÉT DUPONT. — LES MUETS DE LA GUERRE
totalement abolie et la mémoire complètement perdue. Le diagnostic médical portait : surdité psychique.
Au bout d'un an, l’usage de la parole et la mémoire revinrent peu à peu; mais, en mars 1918, apparurent de nouveau des troubles graves de la parole, troubles probablement, consécutifs aux mauvais traitements que le malade eut à subir dans un camp de représailles où il avait été envoyé.
Complètement muet depuis cette époque, il fut réduit à communiquer uniquement par l’écriture et la mimique.
Admis au cours de rééducation orthophonique de l’Institution nationale le 13 décembre 1918, il commença bientôt à récupérer quelques articulations, mais sans pouvoir encore articuler aucune consonne explosive.
Peu à peu, les contractions des lèvres, de la langue et du larynx disparurent et la parole est devenus intelligible, plus aisée et presque courante.
En résumé, les résultats obtenus furent si satisfaisants qu’il put quitter le cours à la fin de février 1919.
Fait digne de remarque : les vives émotions éprouvées au moment de la mort de son frère accélérèrent le cours de son amélioration et hâtèrent sa guérison.
II. Perte totale des voyelles {aphonie). — Chez un blessé enseveli sous un éboulement le 18 août 1915, lorsqu’on le retira, l’usage de l’ouïe et de la parole était perdu.
Sa surdité guérit spontanément au bout de 3 mois, mais il reste aphone.
L’impotence fontionnelle des cordes vocales est telle, trois ans après (1917), qu’il ne peut émettre ni son, ni murmure laryngien.
L’absence de toute voyelle et de toute consonne sonore rend sa parole inintelligible, bien qu’il produise assez correctement les mouvements et les souffles des consonnes muettes.
C’est à peine s’il arrive parfois à se faire comprendre, en proférant quelques courtes phrases chuchotées.
Au bout de 6 mois, on ne constate guère d’amélioration, au point de vue tout au moins de la phonation.
III. Perte totale des consonnes. — Chez un blessé enseveli à Verdun, sorti du trou, muet, mais non sourd, l’usage de