MUTISME GUÉRI
la voix a été retrouvé, mais non l’articulation. Il a encore des voyelles, il n’a plus de consonnes.
Les troubles de la parole sont caractérisés chez lui par :
1° la disparition des explosives en général et de toutes les consonnes ;
2° des défauts de respiration et de coordination ;
3° une impotence fonctionnelle des lèvres et de la langue qui ne lui permettent pas d’articuler les consonnes.
Le muscle orbiculaire des lèvres et ceux de la pointe de la langue paraissent incapables de contraction.
M. L... est très impressionnable, très émotif, partant très inégal.
Cependant il a fait quelques progrès pour l’articulation des voyelles, il réussit à ébaucher quelques consonnes sifflantes ; mais, en général, il n’arrive guère à se faire comprendre.
IV. Mutisme guéri. —Un blessé grièvement avait perdu l’usage de l’ouïe et de la parole. Au bout de quelques mois, celleci est partiellement revenue, mais accompagnée de troubles si profonds, que le blessé en est réduit, pendant plus d’un an, à communiquer uniquement par l’écriture.
Un bégaiement intense, accompagnéde contractions et de crispations violentes, ne lui permettait pas de proférer la moindre proposition d’une manière intelligible.
L’amélioration fut peu sensible au cours du 4 e trimestre (1916). Elle fut au contraire très marquée au début de 1917. Le bégaiement diminuait progressivement ; les troubles respiratoires tendaient à disparaître. La prononciation devenait chaque jour plus intelligible et se rapprochait de la parole normale. Le blessé demeuré complètement sourd, suivait le cours de lecture sur les lèvres, en même temps que celui d’orthophonie, au .centre de rééducation de l’Institution nationale des Sourds-Muets. Et comme il était arrivé à lire remarquablement sur les lèvres, il n’était plus obligé de recourir à l’écriture pour la communication.
L’amélioration s’est surtout fait sentir du jour où, ayant eu la bonne fortune de trouver une occupation lucrative et conforme à ses goûts artistiques, il eut la grande joie de pouvoir assurer honorablement l’existence de sa jeune femme et de son enfant.