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CORNE VIN ET DUPONT. — LES MUETS DE LA GUERRE

Mais s’il est guéri de son mutisme, il resté affligé de la même surdité.

V. Mutisme et bégaiement. — Deux ans avant la guerre, un étudiant atteint de bégaiement fut guéri par le professeur Pouillot, de l’Institution Nationale des Sourds-Muets de Paris.

Dès son internement aü camp de Guben (Allemagne) ont apparu des troubles graves de la parole, troubles probablement occasionnés par les coups de crosse qu’il a reçus sur la tête au moment Où il fut fait prisonnier.

Au début de 1916,1a perte de la parole n’était qu'intermittente.

A la fin de la même année, la faculté de parler était totalemen t abolie.

Muet pendant une année entière* il fut réduit à communiquer uniquement par l’écriture et la mimique de novembre 1916 à novembre 1917.

Entré au cours de rééducation orthophonique au mois de septembre 1917, il a commencé à récupérer quelques articulations en novembre, mais sans pouvoir jusque-là articuler lés consonnes explosives. .

En décembre, les contractions de la face ont disparu et la communication s’établit par monosyllabes,

. En janvier 1918, l’articulation de presque tous les sons isolés est assurée, la parole devient plus intelligible, bien qu’elle demeure lente, scandée et monosyllabique.

Les résultats furent, au début, peu encourageants, et les premiers progrès, d’iine lènteur désespérante, ne se firent sentir qu’après plusieurs mois d’exercices orthophoniques. Ceci dit pour ceux qui seraient tentés d’abândonner trop tôt tout espoir de guérison ou d’amélioratioh.

Enfin nous né croyons pas sortir du domaine des hypothèses permises en attribuant cés résultats à des causés d’ordres divers :

lo Cause anatomique. — Probabilité des modifications favorables des lésions qui ont pu affecter les centres moteurs de l’articulation.

2° Causé physiologique. — Changement heureux survenu dans la santé physique et morale de nos deux « mutilés de la parole »

méthode et procédés

par la vie de famille dont il leur a été permis de jouir chez leurs parents au cours de la période - de rééducation,

3° Causes morales. — Influence personnelle des maîtres ; conseils et suggestions de nature à faire naître la confiance et à réveiller la volonté.

4° Causes d’ordre pédagogique. — Exercices orthophoniques.

Méthode et procédés.

Bien que 1 intérêt de nos observations réside surtout dans les faits que nous avons notés et dans les résultats que nous avons constatés, nous ne croyons pas devoir terminer eettê étude sans donner quelques brèves indications sur la méthode que nous avons mise en œuvre au cours de nos leçons,

En présence des difficultés provenant des troubles divers de la parole, avec lesquels nous nous sommes trouvés aux prises, nous, avons fait appel aux connaissances que possèdent tous ceux qui font profession de redresser les vices de la parole et de rendre ou de donner la parole aux sourds-muets.

Qu’il s’agisse de moyens préparatoires ou d’exercices de respiration, qu’il s’agisse de l’étude des sons, des syllabes des mots ou des phrases* nous n’avons rien ajouté aux procédés exposés dans les manuels d’articulation et dans les livres qui traitent du bégaiement.

Exercices de respiration .— Les exercices de respiration, tels qu’on les trouve décrits dans les traités d’orthophonie et dans les livres de physiologie, d’hygiène ou de médecine, ont été employés avec tous les élèves du cours d’orthophonie, tantôt sous forme d’exercices individuels, tantôt sous forme d’exercices collectifs ; mais c’est surtout avec les sujets affligés de bégaiement que ces exercices ont pris une part prépondérante, et ont du être répétés sans cesse et prolongés jusqu’à la fin du cours.

Exercices de la période préparatoire. — Avec les sujets atteints d’aphonie, les exercices de la période préparatoire qui font jouer les muscles de la mâchoire, de la langue, des lèvres, du larynx, étaient tout indiqués, puisqu’il s’agissait de mettre en jeu, par une gymnastique appropriée, des organes qui sont les agents les plus actifs de la phonation.

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