JOUET. — HISTORIQUE
parents intelligents qui étaient pour lui des auxiliaires précieux, ses efforts ont été couronnés de succès.
D’autres considérations d’ordre social entrent enjeu: Ou bien l’enfant va à l’école et n’est libre que le jeudi pour venir prendre sa leçon, ou bien l’employé obtient difficilement le congé nécessaire. Mais la raison la plus importante est l’absence de locaux pour loger les enfants. A différentes reprises nous avons reçu des lettres de parents habitant la province qui nous demandaient les conditions dans lesquelles on pourrait prendre leur enfant en pension pendant un mois ou deux. A notre grand regret nous ne pouvions leur répondre que par une fin de non recevoir, car c’est le point faible du Cours d’orthophonie de n’avoir pu, jusqu’à ce jour, recevoir d’élèves pensionnaires. Il est vrai que parfois un professeur peut prendre un élève dans sa famille et alors les résultats sont merveilleux et rapides, mais il estimpossible de répondre à toutes les demandes.
Il faut espérer que bientôt, en raison de la vitalité que montre le Cours d’orthophonie et des services qu’il rend, les pouvoirs publics voudront bien s’intéresser à cette œuvre, de façon à lui permettre de donner son rendement maximum.
Robert Jouet
Chef de Clinique à'VInstitution nationale des Sourds-Muets, Secrétaire du Cours d’orthophonie.
TRAITÉ D’ORTHOPHONIE
Les mouvements et les sons de la parole.
■ • PAR
M. MARICHELLE
Professeur du cours normal d'articulation à l’Institution Nationale des sourdsmuets de Paris.
Directeur du laboratoire de la parole de l’Ecole des Hautes Etudes.
Définition de la parole. — La parole est un système de sons et de bruits produits par des mouvements coordonnés de l’organe vocal et destinés à l’expression des idées. Dans cette brève étude, nous envisagerons les signes du langage sous leur aspect purement physique, sans nous préoccuper de leur rapport avec les idées qu’ils représentent lorsqu’ils sont groupés en mots et en phrases. D’après ce qui vient d’être dit, nous aurons à les considérer au double point de vue physiologique et acoustique.
Les différentes parties de l’organe vocal. Formation et renforcement de la voix. — L’organe vocal (fig. 1) se compose essentiellement d’une soufflerie (les poumons), — d’un organe vibrant.^ les cordes vocales) (fîg. 2) et d’une série de cavités dans lesquelles le son laryngien se renforce et se diversifie.
Les poumons fournissent pendant l’expiration un courant d’air qui met en vibration les cordes vocales : la voix ainsi formée (fig. 3, 4, S) est renforcée dans toutes les cavités sus et sous-glottiques : poumons, bronches, trachée-artère, ventricules de Morgagni, pharynx, bouche et fosses nasales.
Différenciation du son vocal : syllabe, voyelle , consonne. — Le travail de différenciation du son laryngien d’où résulte la formation des signes acoustiques du langage s’effectue exclusivement dans les régions supérieures du tube vocal, à savoir le pharynx, la bouche et le nez.
Prononçons par exemple le mot « papa ». En observant extérieurement le jeu des organes, nous remarquerons aussitôt qu’il
Fig. — Coupe de l’appareil vocal.
P, poumon. — T, trachée. — CV, corde vocale. — VP, voile du palais.
se produit une alternance régulière de mouvements de fermeture et d'ouverture^
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