DIFFÉRENCIATION' DD SON VOCAL
La fermeture, qui, suivant l’élément choisi, peut être complète ou partielle (papa, lala) a pour effets : 1° un accroissement de la
Fig. 2. — Coupe transversale du larynx.
I, région sous-glottique. — 2, coupe du muscle.thyro-aryténoïdien l’épaisseur de la corde vocale).
pression du souffle dans la bouche ; 2° une interruption o affaiblissement momentané du son vocal ; c’est la consonne.
AC
Fig. 3. —Aspect du larynx pendant une inspiration profonde.
AC, commissure antérieure de la glotte.—LGEF, repli glosso-épiglottique latéral. — PEF, repli pharyngo-épiglottique. — AEF, repli ary-épiglottique. — SSE, face antéro-postérieure de l’épiglotte. — ISE, face inférieure de l’épiglotte. — CE, bord libre de l’épiglotte. — VB, bandes ventriculaires ou fausses cordes vocales.—VM, ventricules de Morgagni. —CW, cartilages de Wrisberg. — CS, corpuscules de Santorini. — 1AF, repli interaryténoïdien. — YC, cordes vocales. — CC, cartilage cricoïde. —T, trachée. — HF, fossette hyoïdienne.
Àu contraire, pendant l’ouverture, la pression du souffle diminue et la voix sort à peu près librement , c’est la voyelle.
Quelle que soit la phrase prononcée, la parole, dans la grande majorité des cas, est constituée par une semblable alternance de mouvements de, fermeture et d'ouverture , avec leurs conséquences sur la condensation et la dilatation du souffle, sur Y affaiblissement et le renforcement de la voix ; chacune de ces pulsations buccales, chacun des temps de ce processus périodique est ce qu’on appelle une SYLLABE.
Formation des consonnes. — La langue française possède 18 consonnes qui se forment de la manière suivante :
P,T,C. — Le mécanisme élémentaire de ces éléments consiste dans un acte très simple : le soufflem;ent explosif.
Pour p (1), le souffle, comprimé dans la bouche, par suite de l’occlusion labiale, s’échappe en produisant, lorsque les lèvres se séparent, le bruit caractéristique delà consonne.
— Pour t, le contact s’établit entre le bord antérieur de la langue et les incisives, supérieures, l’occlusion étant éga- Pour c, c’est’ la base de la langue.
Fig. 4. — Aspect du larynx pendant la phonation.
LE, épiglotte. — PC, commissure postérieure. — TEF, commissure antérieure. — El, bande ventriculaire. —
VP, apophyse vocale. — CH, sinus piriforme.
lement assurée sur les côtés, qui rejoint le palais.
F,S,CH, (nef, tasse, poche). — L’acte fondamental est ici le soufflement continu ordinaire qui,sans modification aucune,fournit à certains idiomes^ à la langue hollandaise, par exemple, une consonne, la sifflante bilabiale.
En français, l'orifice du f est formé par les incisives supérieures qui viennent -se placer surjla lèvre inférieure. — Le s est obtenu avec un orifice analogue, compris entre la face antérieure de la langue (dont la pointe s’appuie contre les dents de la mâ-
(l).Ne pas confondre le nom de la lettre, pé ou pe, té ou te, etc., avec la valeur phonétique de la consonne dont il est uniquement question ici ; prendre cette dernière à la fin d’un mot : cap, tête, sec.
FORMATION DES CONSOSKES
choire inférieure) et la couronne alvéolaire des incisives supérieures. — Si le resserrement se produit plus en arrière entre la pointe, ou le dos de la langue (la position varie suivant les personnes), et le palais, on entend le ch.
B,D,Cf,V,Z,J, (robe, ra de, vague, caae, case, cage). — Les sons p,t,c,f,s,ch, deviennent respectivement b,d,g,v,z.j, par l’adjonction d’un mouvement assez simple. Soit le p : que, pendant l’occlusion labiale, les cordes vocales se tendent pour entrer en vibration, et l'on obtiendra le b. On passe de la même manière du t
au d, du / au v, du s au z, du ch au j en conservant la position buccale qui correspond à la première consonne de chaque couple, et en faisant vibrer les rubans vocaux.
M,N,GN (dame, une, vigne). — Si le voile du palais s’abaisse pendant que les lèvres sont jointes comme pour le b, le souffle s’échappe par le nezil se produit simultanément une double résonance , buccale et nasale : la consonne m-sè fait entendre pendant la phase d’occlusion et au. moment où les lèvres se séparent. — Le n et le gn dérivent respectivement du d et du g par un semblable mouvement du voile du palais. Chez la plupart des parleurs, la langue touche la voûte palatine plus en avant pour le gn que pour le g.
En outre le gn est une mouillée. Le phénomène de la mouillure est dû principalement à cè fait que le contact de la langue avec le plafond buccal est plus étendu dans le sens antéro-postérieur pour les éléments qui en sont affectés que pour les autres éléments.
L,R,Y (ba/, par, pai lie). — Les trois consonnes qui vont suivre
Les figures 6, 7, 8, 11 et 12 représentent des graphiques obtenus en reportant sur papier par un procédé mécanique les. tracés de la parole enregistrée sur un phonographe spécial et soumis à la vérification auditive.
Dans la tenue de la bourdonnante J on découvre la trace d’une légère vibration, alors qüe pendant la tenue d’une consonne muette (voir fig. 8, le C), le sillon du phonographe ne reçoit aucune empreinte. — Pour la sonore R, on constate que la langue a exécuté,3 battements en 1/10 de seconde. — Les phases d’implosion et d’explosion du Y montrent la ressemblance existant entre cette consonne et la voyelle I *.
mouillée due au rapprochement du dos de la langue et du palais dans la partie moyenne de la bouche ; l’occlusion n’est pas eom-
* Les tracés et les images clironophotorrapliiques joints à cet article ont été exécutés au Laboratoire de la parole fondé en 1912 à l’Institution Nationale des sourds-muets de Paris par M. Victor Collignon, directeur de cet Etablissement, pour documenter les cours normaux, analyser, par les méthodes graphiques, les mouvements el les sons de la parole chez les élèves aux divers stades de leur éducation, approfondir enfin les différents problèmes relatifs à la phonétique expérimentale.
ne se rattachent directement à aucune des précédentes. Pour le Z, le bord antérieur de la langue, sur toute sa largeur, entre en contact avec la partie antérieure du palais ou avec les dents ; l’air s’écoule par deux étroits orifices situés de chaque côté de la bouche. — Le r est produit, suivant les individus, par une vibration de la pointe de la langue ou de la luette, ou encore par un simple resserrement de l’isthme du gosier. — Le t/ est une