‹ Traité de balistique expérimentaleChapitre 90 sur 127 · IC · texte numérisé non relu

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OÉVlÀTIONà DES PROJECTILES SPHÉRIQUES.

§ 5. — Comparaison des déviations latérales et des déyiations yerticales. — Observations faites à bord du bâtiment-école de Toulon.

Jusqu'à présent, les déviations longitudinales des boulets sphériques n'ont été l'objet d'aucune étude, mais les déviations verticales ont donné lieu à quelques recherches.

En général, les déviations verticales sont supérieures aux déviations latérales ; mais, quand le tir est très surbaissé, la différence des moyennes est extrêmement faible et de nature à être négligée.

C'est ce qui résulte, par exemple, des tirs exécutés à Metz, en 1846, avec un canon de 16, contre des réseaux en ficelles (Chapitre VII, § 10,) :

OBSERVATIONS

DISTANCE

Déviation verticale moyenne

Déviation latente moyenne

On doit à M. Lewal, capitaine de frégate, longtemps employé à l'école des matelots-canonniers, une suite de nombreuses observations dont il a consigné les résultats dans un Ouvrage publié en i863, sous le titre de Traité pratique d^A rtillerie navale .

Voici la manière dont il expose les procédés qu'il a suivis : « ... Le bâtiment-école était à voiles; il faisait la plus grande partie de ses tirs devant une falaise située dans la rade des îles d'Hyères, au lieu appelé la Badine. Cette falaise, composée de roches schisteuses et d'un relief assez irrégulier, avait sa crête supérieure à peu près horizontale et élevée de 20"* au-dessus du rivage de la mer. Le but sur lequel on tirait était habituellement un ballon de toile (d'un diamètre

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compris entre o™,6 et i™,8), et monté sur une hampe ou une saillie de rocher peinte en blanc. Il était, dans tous les cas, contigu à la falaise, et son élévation au-dessus de la mer variait de 2°* à 4™- Le choc des boulets contre la falaise était donc assez apparent pour qu'on jugeât des écarts par rapport au but.

» Pour les écarts en hauteur, l'appréciation était facile : l'œil juge aisément des rapports d'éloignement dans un espace restreint, limité par deux lignes droites parallèles, distantes entre elles de 20™ comme celles que présentaient l'horizon de la mer et la crête de la falaise.

» Avec un peu d'habitude, il est facile dé constater que tel boulet a frappé à ^, j, -J-, | de la hauteur de la falaise, et, à mesure que l'éducation de l'œil se fait, il peut apprécier des distances de plus en plus petites.

» Pour les écarts en direction, la difficulté est plus grande; mais certains détails des roches, certaines marques apparentes viennent en aide à l'observateur. En comparant à l'avance leur écartement du but à la hauteur de la falaise, on parvient à se faire une idée assez nette des écarts latéraux des projectiles. L'exactitude est, toutefois, un peu moindre que pour les écarts verticaux.

» Ce n'est qu'après m'être exercé pendant une année à estimer les déviations que j'ai commencé à recueillir les chiffres qui figurent dans mon travail.

» Je notais toutes les circonstances du tir et leurs variations. J'appréciais les écarts latéraux en mètres et les hauteurs des points de chute en fractions de celle de la falaise. L'élévation du but étant connue, il était facile d'obtenir les déviations verticales.

» Au bout d'une quarantaine de tirs, j'avais ainsi des observations sur plusieurs milliers de coups tirés dans des circonstances très diverses. »

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Résultats moyens des observations.

OBSERVATIONS

Canon de 3o n® i, boulets massifs, charges S^«j 76 et 2''», 5

Canons de 3o n" 2, idem

Caronade de 3o, boulets massifs, charge i^'Pjeo

Obusier de 22""* n" 1, boulets creux, charge S"*», 5

DéVIATlOn

MOYBIWB

DISTANCE

latérale.

yerticale.

moyenne.

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IIOO

La déviation verticale se montre ici inférieure à la déviation latérale ; mais M. Lewal fait observer que généralement on abaissait un peu la direction du tir, en sorte que le point réellement visé se trouvait au-dessous du centre du ballon. Un nombre considérable de boulets, 24 pour 100, a ricoché sur la mer avant de rencontrer la falaise; il n'en a pas été tenu compte dans la formation du Tableau précédent, qui ne concerne que les coups où la falaise a été atteinte de plein fouet.

Ainsi, quand les boulets s'élevaient au-dessus du point visé, les valeurs assignées à leurs déviations verticales devaient être un peu trop faibles, et, quant à ceux qui passaient audessous, leurs déviations se trouvaient écartées, dès qu'elles surpassaient la hauteur du point au-dessus du niveau de la mer.

Les valeurs des déviations verticales moyennes étaient donc réellement supérieures à celles qui leur sont attribuées dans le Tableau.

Les déviations latérales offrent une anomalie, car le tir

du 3o n® T ne doit pas avoir moins de justesse que celui du

3o n** 2. Quoi qu'il en soit, en comparant leurs valeurs à

celles que donne la formule du § 2, on a les résultats sui-

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INFLUENCE DES AGITATIONS DE l'aI». 889

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