‹ Traité de balistique (volume 2)Chapitre 64 sur 90 · DES DIFFERENTES ESPÈCES «DE TIR · texte numérisé non relu

DES DIFFERENTES ESPÈCES «DE TIR

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2.50, Des différentes espèces de tir, La trajectoire que décrit, dans Tair, un projectile d*un calibre déterminé et dont par conséquent le diamètre , la densité et le poids , sont renfermés dans des limites étroites , dépend essentiellement de Tangle et de la vitesse de- projection qu'on pe^t faire varier dans des limites trés-étendues.

Lorsqu'on se donne la vitesse en déterminant le poids de la charge de poudre, on doit déterminer l'angle de projection de manière à faire passer la trajectoire par le point à battre ; c'est le cas ordinaire des canons. Dans d'autres cas , comme avec les mortiers , on f e donne l'angle de projection, et Ton détermine la vitesse initiale, et par suite la charge de poudre que doit recevoir la ,bouche à feu pour l'imprimer. L'angle de chute , la durée du trajet, la vitesse du projectile au but et les autres circonstances du tir en sont des conséquences.

Dans d'autres cas ^ comme dans le tir plongeant destiné à frapper des objets cachés aux coups directs derrière les parapets dont on se couvre dans la défense des plaèes as-

siégéeS) Tangle de chute ou la position du point du terreplein caché que frappe le projectile après avoir effleuré la crête de ce parapet, est une donnée importante ; Ton doit , dans ce cas , déterminer à la fois la vitesse et l'angle de projection qui satisfont à ces conditions. Nous allons indiquer ; 1^ les moyens que Ton emploie pour donner à la bouche à feu TincIInaison voulue ; 2® les charges de poudre au moyen desquelles on obtient les vitesses initiales nécessaires ; 3^ la construction des tables de tir.

Pointage ^es boaches à fea.

251. Pêintage des bouches à feu. Pour pointer une bouche à feu , il y a deux conditions à remplir, savoir : i^ Placer Taxe de cette bouche à feu dans la verticale du point à battre ; 2^ lui donner l'inclinaison nécessaire.

Pour que cela puisse se faire , on a dû marquer à l'avance sur la bouche à feu, par des traits ou par des crans, la trace du plan qui serait mené par Taxe de la bouche à feu perpendiculairement aux tourillons qui sont eux-mêmes perpendiculaires à cet axe.

Les tourillons de la bouche à feu étant placés horizontalement , on amène la ligne qui joint les points ou crans de mire dans le plan vertical du but ; ensuite, on fait tourner la bouche à feu sur ses tourillons jusqu'à ce qutt Taxe , qui reste ainsi dans le plan vertical du point à battre, fasse avec l'horizon l'angle de projection voulu.

Les affûts des bouches à feu qu^on tire dans les sièges , et quelquefois celles de campagne , sont placées sur des plates-formes horizontales ou inclinées dans le sens du tir, ce qui place naturellement les tourillons horizontaux. Les

Zbk SECTION X.

bouches à feu de campagoe au contraire sont ordinairement sur le terrain naturel , d^où résulte que les tourillons sont souvent inclinés. De là , une cause d'erreur et la nécessité de la faire disparaître par une correction dans le pointage dont nous parlerons plus loin (264).

252. Pointage des mortiers. Les mortiers, que Ton tire ordinairement sous de grands angles de projection , sont placés sur des affûts peu élevés et derrière des épaulements d^'oû Ton ne peut généralement pas apercevoir le point à battre ; ils sont dirigés au moyen d^un fil-à-plomb et à vue , sur deux fiches dirigées à Tavance dans le plan vertical passant par le but , ou au moyen d'autres points fixes qui remplissent la même condition.

Ce procédé n^est pas susceptible d^une grande précision ; on en obtient un peu plus en faisant usage d'un cordeau tendu ou de points de repère tracés sur la plate -forme et qui permettent de rectifier le tir d'après le résultat des premiers coups. Néanmoins , les erreurs qui peuvent provenir de ce mode de pointer sont faibles en comparaison des déviations ordinaires qu^on ne sait pas éviter.

On donne au mortier l'inclinaison voulue au moyen d^un quart de cercle , divisé de degrés en degrés^ sur un plateau carré en bois portant un fiI>à-plomb suspendu au centre de Parc de cercle. Ce quart de cercle était autrefois partagé en douze divisions nommées ;7om^^^ d'où sont venues les expressions : donner le point, pointer, pointage.

253. Choix de V angle de tir. Le tir des mortiers a lieu sous des afigles qui dépendent de l'objet qu'on se propose, mais qui sont en général très-élevés , et on fait varier la charge de poudre de manière à obtenir la vitesse initiale et la portée nécessaire ; cette charge est variable suivant la nature et la qualité de la poudre, et suivant l'état de dégradation de Tàme du mortier.

On choisit Tangle de 60° quand on veut obtenir une grande vitesse de chute pour enfoncer des voûtes ou de forts blindages. On emploie l'angle de 50^ quand on veut que le projectile en tombant ne s*enfonce que peu dans le sol et que ses éclats produisent plus d'effets meurtriers à sa surface. Lorsqu^on veut que la bombe ne s^enfonce pas et qu'elle agisse comme les obus dans le tir plongeant, on tire les mortiers sous des angles de 15^ à lO*'.

LMnclinaisoQ la plus usitée est celle de 45^, ou un peu au-dessous, qui, à égalité de vitesse, donne la portée maximum. On regarde cette inclinaison comme donnant le minimum de déviation ; cette opinion n'est exacte qu'en ce qui concerne les déviations renfermées dans le plan vertical et provenant d^un écart dans la direction au départ ; mais elle ne l'est pas en ce qui concerne d^autres causes de déviation et les déviations latérales; celles-ci décroissant rapidement avec les durées des trajets, elles diminuent avec rinclinaison de la bouche à feu par suite de l'augmentation des vitesses initiales nécessaires pour que les projectiles aient la même portée. L'inclinaison à laquelle correspondent les moindres déviations , dépend aussi de la dislance du but , de sa forme , de ses dimensions et du sens dans lequel sont les plus grandes relativement à la ligne de tir.

Dans les applications des formules de balistique au tir des mortiers , il est important de tenir compte d'un relévement habituel de la bombe au-dessus de Taxe des mortiers ; l'observation nous en a prouvé Texistence , que confirme d'ailleurs la comparaison entre les portée^ , les angles de projection et les durées observées , et qui autrement présente des différences inexplicables.

Diaprés quelques observations directes sur des mortiers de 22"", nous avons (rouvé l'angle de relèvement moyennement égal à { de degré.

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